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MARCHE ET SÉMÉIOLOOIE DES MALADIES GENERALES

Les symptômes des maladies g'énérales se présentent d’une façon toute particulière, suivant une marche déterminée, avec des périodes distinctes, qui nous permettent de réunir des états morbides en apparence assez disparates.

Règle générale. — Toute affection se développe suivant des périodes déterminées; c’est à ces périodes que l’on a donné le nom de: 1** incubation, 2“ manifestation g-énérale, 3® localisation, 4“ retour à l’incubation.

«La période est, suivant M. Monneret, une époqûe marquée par des troubles de fonctions ou de structure qui diffèrent notablement de ceux qui les ont précédés ou de ceux qui vont les suivre.»

Examinons ces quatre périodes dans les différentes classes de maladies générales.

Incubation. —On nomme incubation le laps de temps qui s’écoule entre la pénétration dans 1 organisme de la cause productrice et l’apparition des premiers symptômes de maladie.

Quelques maladies locales possèdent une période d’incubation, mais peut-être pourrait-on ramener ces maladies à des causes générales, car il nous

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semble que Fincubation doive impliquer l’idée d’une modification de l’org’anisme antérieure aux manifestations morbides. Ce qui caractérise l’incubation, c’est qu’elle représente une force morbide existant dans l’org-anisme à l’état latent; mais, pour être à l’état latent, la maladie n’en est pas moins réelle. Dans toutes les affections dues à des virus l’incubation saurait-elle être séparœ de la maladie? L’homme qui , mordu par un chien enrao’é n’a pas subi de cautérisation, accuse pourtant une santé florissante, quoique nous n’hésitions pas à prédire sa mort prochaine.

Peut-être toute incubation est-elle aecompag’née de lésions et de symptômes encore inaperçus, mais dans 1 état actuel de nos connaissances, on ne les a pas observés ; par conséquent, nous sommes oblig'és d avouer que dans ce cas la cause seule joue le foie de maladie.

La durée de l’incubation est fort variable pour chaque maladie générale; cependant elles se renferment, suivant leurs causes, dans des limites déterminées.

Dans les maladies virulentes, par exemple, l’incubation ne dure guère plus de trois à sept jours, excepté pour la rage, qui ne peut apparaître qu’entre trente et quatre-vingt-dix jours, et même beaucoup plus tard, suivant certains auteurs.

Dans les maladies infectieuses ou contagieuses^ telles que la fièvre typhoïde, la suette, la diphtérie, le choiera, le typhus, on peut évaluer de même la duree de 1 incubation entre trois et sept jours;

il en est ainsi des affections que l’on détermine au moyen de l’inoculation, variole, roug“eole inoculée, etc.

Le silence de l’org-anisme pendant cette période d’inoculation est du reste parfaitement comparable à ce qui se passe dans l’apyrexie de la fièvre paludéenne.

Pour les diathèses, l’incubation est encore plus variable; les unes vont se développer dans la première et la seconde enfance (tubercule et scrofule), ou bien à la puberté; d’autres vont avoir encore une plus long’ue échéance (g^outte, rhumatisme, cancer).

A côté de ces maladies, il en est d’autres, comme les maladies venimeuses, qui vont produire presque instantanément leurs effets dans tout l’organisme. Aussitôt que le venin est absorbé, les désordres généraux apparaissent ; il n’a pas besoin, comme le virus, d’une élaboration particulière dans l’économie pour produire ses effets.

Quant aux maladies héréditaires, que l’on a voulu ranger parmi les maladies à incubation, comme l’épilepsie, la folie, etc., nous ne pensons pas que ce mot leur soit applicable. Pendant la période de véritable incubation des maladies que nous avons citées plus haut, il s’opère une série de modifications dynamiques dont notre intelligence ne peut nous rendre un compte exact, mais qui vont aboutir à des symptômes complexes dans toutes les fonctions, à des troubles graves des propriétés vitales ou à des altérations de structure; en un mot, à une série de modifications qui seront bien diffé-

rentes de l’apparition d’une névrose de la motilité ou de rintellig*ence, maladie limitée, débutant d’emblée, sans être accompag’née d’une série d’aetes pathologiques dans les autres systèmes?

Pourquoi l’incubation est-elle variable dans sa longueur? Pourquoi chez deux sujets différents le même virus, le même miasme donnent-ils lieu à deux incubations de longueur différente?

La première question nous sert de preuve à l’appui de notre définition de l’affection. A une maladie spéciale correspond une cause spéciale, et à cette cause une incubation de longueur déterminée. Les virus, les poisons, les miasmes ont une incubation spéciale ; mais ce qui caractérise ces agents et porte à les réunir dans une même catégorie comme causes de maladies, c’est que pendant cette incubation il est impossible de noter aucun symptôme ; et les médecins qui ont voulu réunir les symptômes d'incubation ont été forcés de prendre pour tels les troubles prodromiques appartenant à la manifestation générale.

Et si pour un même agent morbide l’incubation varie entre certaines limites, il faut en chercher la cause dans des considérations de plusieurs ordres :

1“ L’organisme peut offrir à la cause morbifique plus ou moins de résistance, et modifier, suivant son degré d’énergie, l’époque d’apparition de la maladie.

2” Les constitutions médicales fixes et saisonnières, les épidémies trouvent dans la maladie en incubation une cause occasionnelle se développant

avec elle et contribuent à rapprocher l’éTolution de cette maladie (1).

3° Enfin deux maladies générales peuvent se développer en même temps chez un individu, et Tincubation peut en être influencée aussi bien que les autres périodes. Quoique l’on ait prétendu que, dans beaucoup de cas, une maladie en incubation préservait d’une autre maladie, nous ne pensons pas que ce fait puisse être admis sans discussion.

Antagonisme. — Certains auteurs ont en effet donné le nom d’antagonisme à une loi en vertu de laquelle plusieurs maladies ne pourraient coexister.

On a cité comme exemple la phthisie tuberculeuse et la maladie paludéenne, le cancer, le tubercule, etc. Ces faits ont donné lieu à de longues discussions, mais l’antagonisme pathologique a été repoussé aussi bien par le raisonnement que par l’expérience. La maladie engendre la maladie; c’est une loi qui domine toute la pathologie, et les maladies soit locales, soit générales, qui se déclarent chez un individu, sont, la plupart du temps, les causes occasionnelles des manifestations de la diathèse; il a été impossible jusqu’à ce jour de former des groupes de maladies essentiellement antagonistiques les unes des autres. Seuls le virus va-

(1) G est à cette cause qu’il faut attribuer le début foudroyant de quelques maladies générales, avec un appareil de symptômes excessivement complexe, témoin l’affection typhoïde

qui change si souvent de forme, suivant les constitutions medicales ou saisonnières.

rioleux et le vaccin donnent lieu à certaines réserves, et font, dit-on, exception à la loi g’énérale qui n’admet pas d’antagonisme. Pour plusieurs auteurs, la vaccine a été toujours considérée comme le résultat de la transmission de la variole du cheval à la vache et de la vache à l’homme, de sorte que l’on a‘ conclu à l’identité du virus vaccinal et du virus varioleux; mais, dans ces derniers temps, MM. Chauveau, Viennois et Meynet ont pratiqué une série d’inoculations sur les animaux, qui ont inspiré certains doutes sur l’identité des virus. Il pai^aîtrait .que l’inoculation varioleuse et l’inoculation vaccinale ont produit des effets très-différents. Il ne faudrait pas se hâter, suivant ces expériences, de conclure à l’antagonisme : le vaccin n’est qu’une variole de cheval modifiée, tandis que le virus varioleux de 1 homme n’a subi aucune modification, et si 1 on se rappelle la difficulté de transmission des virus humains aux animaux, on ne peut rien trouver d étonnant à ce que les résultats soient différents.

Nous n avons point le secret de la transformation qui s’est opérée du cheval à la vache et de la vache à l’homme; et d’aUIeurs ce serait le seul exemple que nous aurions de deux maladies antag-onistiques, car les inoculations de virus vaccinal que l’on a tentées, pour préserver les animaux du tvphus et de la flevre aphtheuse, n’ont donné aucun résultat; dememe lmoeulation de la vaccine n’a pu arrêteraucune des maladies virulentes qui se sont fort bien développées en même temps qu’elle.

n a cherché aussi un antagonisme entre les fié-

— livres éruptives sans aucun succès. Sans doute il v a beaucoup de cas où l’on a confondu la scarlatine avec le variolous rash, et l’on a dit la variole compliquée de scarlatine ; mais il en est d’autres où cette complication est évidente, où les deux maladies existent tout en se modifiant.

La roug’eole et la variole se développent aussi simultanément. Les auteurs du Compendium^ et Rilliet et Barthez disent seulement que cette réunion a pour effet de rendre l’exanthème morhiileux anormal et d’amener une grande difficulté dans le diag’nostic. Somme toute, nous voyons donc que la coexistence de deux fièvres éruptives ou de deux maladies virulentes n’a pas pour effet d’anéantir l’une des deux maladies, mais seulement de modifier les manifestations locales.

Enfin la fièvre typhoïde a été citée comme un obstacle à la manifestation des maladies éruptives, sans doute; de même qu’une épidémie suspend la manifestation de presque toutes les maladies g*raves. L’influence du miasme se fait’sentir avant celle de la contagion, qui s’efface devant la première. La fièvre typhoïde a été. citée aussi comme n’atteignant jamais les phthisiques, ce qui semble rien moins que prouvé, un grand nombre d’observateurs ayant cité des cas de coïncidence de ces deux maladies.

Enfin la loi d’antagonisme posée par M. Boudin entre la phthisie pulmonaire et l’impaludisme n’a pu s’étayer sur des fondements plus sérieux. Il suffît de lire l’article si complet du Compendium de médecine pour se convaincre que les statistiques nombreuses faites à ce sujet ne peuvent élucider

— sa¬

la question. Il est certain que là où une maladie acquiert une g*rande prédominance, elle laisse naturellement peu de place pour les autres, et que si la nature humaine paye un ample tribut à une cause de destruction, la statistique constatera une mortalité moindre pour les autres maladies. D’ailleurs, l’observation journalière a montré des cas où des individus atteints de fièvre palustre succombaient à la phthisie, et réciproquement. L’antag'onisme posé par Beau entre l’intoxication saturnine et la phthisie est aussi illusoire, de même que la méthode thérapeutique fondée sur cette opinion erronnée; et du reste dn voit de vieux cérusiers mourir phthisiques.

Quelques autres maladies g*énérales, comme la goutte, le rhumatisme, l’herpétisme, ont été proclamées antagonistiques de certaines autres, comme la scrophule, le tubercule ; mais les observateurs qui ont donné ces lois ont pu tout au plus signaler l’influence réciproque de ces maladies.

Deuxième 'période ou manifestation générale.

La période de manifestation générale précède 1 apparition des localisations, et n’est annoncée que par des phénomènes généraux.

C’est cette période qui correspond au temps d’invasion des autres maladies. Elle est comprise entre l’apparition du premier phénomène morbide et le développement du symptôme qui nous permettra de reconnaître l’espèce nosologique. Bien que dans certaines maladies générales, comme dans les dia-

thèses par exemple, les symptômes qui marquent ce temps d’invasion soient peu marqués, il ne faut pas faire de cet état un intermédiaire entre la vie êt la santé comparable à la convalescence.

Les médecins angolais donnent à ces phénomènes le nom de prémonitoires. Ils consistent surtout dans des troubles des actes vitaux, de la sensibilité, de la motilité, de l’intellig'ence;, ainsi que de la calorification et de la circulation. Parmi les phénomènes avant-coureurs, les uns disparaissent quand la localisation s’est opérée, comme le lumbag*o et le vomissement dans la variole, la céphalalg*ie et la fièvre dans un g'rand nombre de cas, d’autres persistent jusqu’à la fin.

Aussitôt que la première détermination locale appréciable est apparue, la deuxième période cesse pour faire place à la période de localisation qui introduit de nouveaux éléments dans la maladie ; telle est l’apparition de la papule dans la vaccine, de la cong*estion dermique dans la scarlatine, des vésicules dans la suette, du tubercule, du cancer, de la colique saturnine dans la tuberculose, la diathèse cancéreuse, l’empoisonnement plombique.

Cette période est pour ainsi dire particulière aux maladies g’énérales, il n’y a que les maladies locales dépendant d’une cause g’énérale, qui soient précédées par un ensemble de symptômes d invasion.

La durée de T invasion est fort variable pour chaque maladie g*énérale; elle est nulle dans les maladies venimeuses; courte dans les fièvres à localisation cutanée, dans la fièvre typhoïde, les fièvres paludéennes; long’ue dans la tuberculose, peu mar-

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quée dans la rage. Elle offre aussi des caractères particuliers pour quelques maladies, caractères que le médecin expérimenté peut quelquefois reconnaître, ou du moins qui l’engagent, dans tous les cas, à attendre, avant d’agir activement, que la localisation se soit effectuée. D’ailleurs on voit souvent la maladie s’arrêter brusquement, et se borner à la période d’invasion.

Dans le choléra, les grandes et petites épidémies, les- sujets n’éprouvent souvent que des symptômes prodromiques; dans les maladies générales, oh les périodes sont les plus régulières, dans les fièvres éruptives, par exemple, il n’est paslrès-rare de voir la maladie se borner à des prodromes.

Localisation. — La troisième période de la maladie générale est la localisation. Elle est marquée par iapparition d’un certain nombre de lésions toutes locales, qui apparaissent aux yeux du praticien et lui permettent d’établir un diagnostic certain sur la nature de l’affection. ^

«L’organisme humain, la substance de l’homme, dit M. Monneret, se détruit suivant un petit nombre e OIS, et au moyen d’actes morbides très-restreints. Le nombre des maladies n’est pas considérable, il n est pas illimité, comme on l’a dit faussement. Si a 1 er e est la loi morale de l’homme (et nul plus que nous n’aime à proclamer ce principe qui fait notre grandeur et notre force), la fatalité au conmre es la loi physique devant laquelle il doit plier

oran^ r, ' organisés ou non

organises de la nature. Au point de vue morbide.

l’homme est ég-alement soumis à une loi nécessaire qui veut, qu’à un moment donné, la matière soit détruite, d’après un petit nombre d’actes morbides locaux, tantôt accidentels, tantôt placés sous la dépendance d’une affection. Ordinairement celle-ci ne détruit l’homme que par l’intermédiaire d’une maladie locale. »

Ces actes morbides locaux se réduisent à dix, et se résument tous dans les suivants : 1® altération du sang* ou hémies, 2® hyperémies ou cong'estions, 3® phleg'masies, 4“ hémorrhag*ies,. 5® hétérocrinies, 6“ névrose, 7® troubles de calorification, 8° lésions de nutrition, 9® produits morbides homologues, 10" produits morbides hétérologues.

Ces dix états pathologiques se trouvent groupés de différentes manières dans les maladies générales. Quelques-unes n’en offrent qu’un ou deux, d’autres nous permettent d’en considérer un certain nombre, il en est enfin dans lesquelles nous trouvons réunis tous les actes morbides connus.

Quelques auteurs ont cru pouvoir distinguer les lésions-, causées par chaque maladie générale; nous ne pensons pas que ce soit chose facile. Beaucoup de praticiens se trompent quand il s’agit de reconnaître les caractères qu’on assigne à ces lésions : ce qui ne contribue pas à donner une idée bien nette de l’exactitude de ces caractères.

Pour nous, s’il nous est permis de le dire, nous croyons que les souffrances de l’organisme s énoncent par un certain nombre d’actes pathologiques, que ces actes sont invariables, qu’ils possèdent la même physionomie pour chaque affection.

sauf le degré, aussi bien que pour chaque maladie locale.

Il nous est permis seulement de caractériser certaines affections, par la prédominance d’un ou plusieurs actes morbides, qui apparaissent toujours dans ces mêmes affections^ au même endroit et dans un ordre déterminé. Exemples :

Dans les fièvres graves, la fièvre jaune, la fièvre typhoïde, le typhus, nous trouvons une altération profonde du sang, qui se traduit par certaines hémorrhagies.

Dans la maladie paludéenne, dans certains exanthèmes, c’est l’hyperé'mie qui sera l’acte morbide prédominant, avec le trouble de la calorification.

Le rhumatisme, la variole, nous offriront à considérer des phlegmasies, etainsidesuitepour chaque classe de maladies générales et pour chacune d’elles en particulier.

La notion du siège où s’effectuera Iq, localisation nous sera aussi un précieux indice. Certaines affections se localisent de préférence sur le tube digestif, d’autres sur la peau, d’autres encore dans le cerveau, ou sur le système nerveux périphérique.

La maladie saturnine, par exemple, amènera une paralysie, qui ne différera point de toute autre abolition de la motilité, mais le praticien tirera certaines indications, si la localisation s’effectue dans les extenseurs communs ; de même que la convulsion des muscles du pharynx lui fera supposer une attaque de rag-e et rechercher la cause pour confirmer

son opinion.

La localisation des maladies g-énérales s’effectue suivant plusieurs modes qu’il importe de distinguer :

1“ Dans le premier mode, nous voyons une maladie locale simple, apparaître et rester bornée au tissu ou à la fonction qu’elle a attaqués.

Ainsi nous voyons un nerf, un muscle, ressentir l’influence rhumatismale, et la maladie se borner exclusivement à ce nerf, à ce muscle, de même que la g’outte'peut n’attaquer qu’une seule articulation.

2° D’autres fois aussi, l’org’anisme présente une série d’actes morbides, puis ces actes morbides sont remplacés par d’autres d’une façon rég*ulière, et la maladie g’énérale peut se diviser en un certain nombre de périodes, elle est dite alors rég’ulière : rég*ularité que l’on doit noter comme une circonstance favorable.

3® Enfin l’affection peut jeter une de ses localisations sur un système, puis tout à coup la maladie locale disparaît du premier point pour se jeter sur un autre plus ou moins éloig'né et se" porter, par exemple, du cœur au cerveau, du ventre au poumon, etc.

Cette ataxie, dans la marche des maladies, a donné lieu chez les anciens à la doctrine des métastases^ métastases que l’on s’explique aisément, quand on connaît la nature de l’affection et son mode de propag*ation. En effet, quand on voit une maladie locale se reproduire dans un point éloig-né du tissu qu’elle occupait d’abord, il existe presque toujours un état morbide g‘énéral qui domine la

maladie locale, élément général, qui tantôt est primitif, comme dans les cas de rhumatisme, de scrofule, où l’on voit les douleurs, les phlegmasies les congestions, les flux se transporter d’un endroit dans un autre ; tantôt est secondaire, s’est développé à la suite de cette maladie, a préparé et amené l’acte qui constitue la métastase. «La métastase, dit M, MonnereL appartient alors aux affections, par le travail morbide général, aux maladies, par l’accident local qui le précède. »

Terminaisons de Vaffection.

Les terminaisons de la maladie générale sont subordonnées à plusieurs conditions : 1“ à la nature de l’affection, T à la manière dont s’est effectuée la localisation, 3* à la nature de la maladie locale, 4” à l’état du support. Ce sont ces conditions qu’il est d un praticien éclairé de bien analyser pour se rendre un compte exact de l’affection.

1° L’affection peut avoir par elle-même une gravité extreme et le malade peut succomber au moment où se développent les phénomènes généraux qui d’ordinaire précèdent la localisation.

2** La localisation peut se faire dans un organe important et déterminer, par sa présence, des maladies secondaires qui emporteront le malade: ainsi le tubercule des méninges sera plus grave que celui du poumon par la nature même de l’organe où se fait laîocabsation; quelquefois aussi les localisations sont multiples, comme dans le rhumatisme articu^

laire g*énéralisé, et les maladies locales se surajoutent pour produire des effets dangereux.

3° La maladie locale peut être grave, soit par elle-même, soit par les désordres qu’elle peut amener en se propageant par continuité ou contiguïté.

4® Le sujet peut être faible, anémié, il en résulte qu’il présente une résistance moins grande à la cause morbifique : c^est d’ordinaire ce qui arrive chez les individus qui ont subi une ou deux attaques d’une affection ; ils revêtent un état particulier que les auteurs ont nommé cachectique. On a assigné à cet état des caractères particuliers pour chaque maladie, distinguant une cachexie scrofuleuse, goutteuse, cancéreuse, etc. Ces caractères ne sont rien moins que probants, car la cachexie n’est autre chose que l’état d’affaiblissement, d’anémie extrême, amené par les pertes, incessantes que subit l’organisme en puissance d’affection. La cachexie n’est pas une maladie particulière à l’affection, elle persiste longtemps ^rès que celle-ci a disparu.-

On voit donc que la maladie générale peut se terminer de plusieurs manières.

Les maladies locales peuvent guérir, alors l’aftion rentre dans une période silencieuse que nous qualifierons retour à tincubation, retour qui ne s effectuera pas sans laisser des traces plus ou moins redoutables de l’affection, comme l’anémie après la maladie saturnine, les hydropisies à la suite de la scarlatine, les abcès, la gangrène après l’état typhoïde.

La maladie locale peut être mortelle, il est même certaines maladies g’enérales où elle ne guérit ja

mais et conduit fataiement le malade à sa perte ‘ comme le tubercule, le cancer.

Quant à la g-uérison de l’affection elle n’arrive g-uère que dans certaines classes de maladies g*énéraies, comme dans les pyrexies, les maladies venimeuses, quelques maladies virulentes ; elle est fort douteuse pour les diathèses rhumatismale, scrofuleuse, goutteuse ; impossible pour le cancer et le tubercule. La plupart du temps on n’obtient que le retour de l’affection à l’incubation, heureux si les attaques s’éloignent et si le malade ne succombe point à leur violence.

Si la guérison doit arriver, la convalescence est pénible et le retour de l’organisme à son état normal ne s’effectue pas sans une série de troubles généraux.

Pour que la convalescence d’une maladie générale ait cessé il faut: 1° que l’acte ou les actes morbides essentiels, et les symptômes qui les caractérisent aient disparu ; 2“ que les actes morbides secondaires immédiatement enchaînés aux premiers disparaissent à leur tour; 3« que ces troubles généraux aient perdu toute leur intensité. Un typhique est convalescent quand il ne présente plus de diarrhée, de météorisme, de congestion splénique, quand la fièvre et les troubles ataxo-adynamiques ont cessé complètement, mais il n’est pas guéri puisqu’il présente encore de l’amaigrissement, de l’insomnie, une certaine faiblesse générale et des sens spéciaux.

La convaiescence des maladies générales exige en outre une surveillance attentive de la part du

médecin, car c’est surtout dans ces maladies que l’on observe de fréquentes rechutes, l’organisme est encore en puissance comme disait Galien, l’affection peut faire reparaître les maladies locales sous l’influence de causes occasionnelles minime^. L’organisme même après la guérison garde encore une impression profonde de la maladie générale puisque cette maladie reparaîtra difficilement ou même n’aura point de pouvoir sur le sujet, quoiqu’il soit exposé à la cause spéciale qui la produit. En un mot la maladie générale crée ïimmunité qui est cette disposition spéciale en vertu de laquelle on contracte difficilement une seconde fièvre typhoïde, une seconde variole, une autre syphilis.

Cette immunité est plus ou moins complète, elle est subordonnée au temps qui s’est écoulé depuis les dernières manifestations de la maladie générale et à la nature de cette maladie. Nous en avons un exemple dans la vaccine qui crée une immunité très-faible chez certains sujets, tandis que chez d’autres cette préservation de la variole, d’abord très-efficace, devient nulle au bout d un certain temps. M. Moutard-Martin a cité, dans la Gazette médicale, un cas très-curieux dans lequel il y a eu vaccination, puis variole, nouvelle vaccination et une seconde attaque de variole.

Il est donc bien difficile d’assigner à l’immunité des règles précises, elle diffère suivant 1 état du support, la nature de l’affection, lés conditions cosmiques, etc. L’état sans cesse changeant de la matière et des forces qui par leur union constituent le corps humain, l’expose à des variations semblables

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de la part de la résistance vitale. Il suffît d’un instant très-court où la constitution est affaiblie pour que l’org^anisme devienne vulnérable à la cause morbifique.

Il est aussi certaines catég^ories de maladies g-énérales qui récidivent facilement, de même qu’il en est d’autres pour lesquelles cette récidive est excessivement rare.

L’org-anisme n’a pas à la suite d’une affection conquis une disposition indépendante, c’est toujours l’influence de cette même affection qui donne à l’homme la faculté de résister à une cause identique, quoiqu elle ne soit plus assez violente pour produire des loicalisations.

^ En résumé 1 immunité est excessivement variable, c^est une condition dynamique stasique qui comme toutes les forces de ce genre ressent aisément les influences de toute force en action.

Au point de vue des terminaisons nous venons de voir que la maladie générale pouvait se guérir dans certains cas d’une façon complète, que dans d autres cas les maladies locales seules étaient susceptibles de guérison et que l’aff’ection revenait à la période d’incubation, sauf à déterminer plus tard d autres localisations ; enfin que l’essence de certaines maladies générales était de donner lieu à des maladies locales incurables. On pourrait donc à ce point de vue partager les affections en trois grandes classes :

1° Affections susceptibles de guérison 2» Affections susceptibles de retour à l’incuba-

3° Affections amenant des localisations mortelles.

La terminaison funeste des maladies générales peut aussi s’efiectuer de plusieurs façons qu’il importe de noter :

1“ La mort arrive par l'affection, c’est-à-dire que les troubles généraux qui précèdent la localisation sont tellement marqués que l’innervation, et par suite toutes les fonctions sont plongées dans un état d’ataxie qui amène rapidement la mort. C’est ce qui arrive dans le typhus, la fièvre typhoïde, etc. On doit aussi ranger dans cette catégorie les maladies qui amènent la mort par le trouble de la calorification, l’abaissement de la température (choléra, sclérème et certains agents toxiques).

2“ L’intoxication du sang, qui arrive avec une rapidité si grande dans certaines maladies venimeuses peut aussi causer la mort en peu de temps.

3° Cette terminaison peut être la suite d’une localisation grave sur un organe important.

4® L’état cachectique dans lequel tombe le malade peut le conduire à un tel état d’épuisement que les organes privés de stimulus normal cessent leurs fonctions. C’est une sorte de mort par inanition, telle que l’a décrite M. Chossat ; elle provient de la diminution des matériaux réparateurs que le sang doit contenir pour exercer sur tous les tissus une stimulation physiologique. Une malade atteint de cancer gastrique,un phthisique,une chlorotique périssent souvent de cette manière. Que ce soient les globules, la fibrine ou l’albumine qui manquent au sang, la mort n’en est pas moins due à cette soustraction des matériaux alibiles.

Etiologie des affections.

Il s’est trouvé un temps où sauf quelques maladies, comme les maladies virulentes , on n’avait cru devoir considérer que des maladies locales peu à peu les progrès scientifiques ont fait justice de ces idées absolues. Les hommes qui se sont livrés à l’étude sérieuse et si profitable de l’étiolog-ie, aussi bien qu’à celle non moins utile de l’anatomie patholog-ique, ont pu rattacher à une même cause des lésions et des symptômes jusquelà isolés. Nous pensons que ce mouvement se continuera, qtie l’étiolog’ie fera rentrer dans de g*randes catég-ories des maladies considérées encore comme purement locales, et nous sommes persuadés que la medecine de l’avenir pourra énoncer cette loi : « La souffrance de l’org-anisme se traduit suivant une série d’actes patholog’iques invariables, et la plupart de ces actes sont sous la dépendance de causes g’énérales. »

L homme reçoit de ses ascendants le g'erme d’un certain nombre de maladies qui se développent à une époque variable de son existence. Parmi ces maladies que l’on désig-ne sous le nom de maladies héréditaires, il faut établir quelques distinctions.

La première classe se compose de prédominances morbides vers un appareil ou une fonction, lesquelles donneront lieu, à un moment donné, soit a une ypertrophie d org’ane , soit à une névrose ou a toute autre maladie, sans que jusque-là l’org-anisme ait été aucunement troublé, et sans qu’à

cette époque il y ait autre chose que le trouble de fonction ou la lésion d’org*ane transmis par l’ascendant.

La seconde classe se compose des états g*énéraux de rorg*anisme transmis par hérédité, états complètement latents jusqu’à l’époque où ils déterminent des maladies g-énérales caractérisées par des lésions ou des troubles fonctionnels disséminés dans un grand nombre de points, mais identiques par leur nature et cédant à la même médication.

C’est l’ensemble de ces états généraux qui constitue la première classe de nos maladies générales sous le nom de diathèses.

Quoique venant le plus souvent par hérédité, la diathèse peut aussi devoir son origine à une loi qui préside à la formation de tous les êtres, et que l’on nomme loi dlinnéité. Cette loi commune aux maladies locales et aux affections pourra donner au sujet une prédisposition locale ou une diathèse.

La diathèse est donc un état morbide constitué, héréditaire ou inné qui contient la maladie future en germe, à l’état d’incubation et qui détermine, à un moment donné, la cause occasionnelle aidant, telle espèce morbide et non telle autre. C’est ce qui distingué parfaitement la diathèse de la prédisposition, «car, dit, M. Monneret, la diathese est un état de maladie, la prédisposition ne 1 est pas (Ij - » D’ailleurs la pathologie expérimentale nous vient en aide pour faire ressortir davantage cette distinc-

(i) Monneret, Pathologie générale.

tion. «Un animal meurt d'inanition; à l’autopsie on trouve tantôt une pneumonie, tantôt une pleurésie tantôt une entérite. Evidemment, cela ne s’est pas fait au hasard, il fallait qu’il y eût là une prédisposition. Nous allons la créer en coupant le nerf grand sympathique avant de soumettre l’animal à l’inanition. Le lésultat immédiat sera une simple dilatation vasculaire. Tant que l’animal sera bien nourri, les choses en resteront là, mais sitôt qu’il sera mis à la diète, nous verrons éclater une violente-inflammation dans le point ainsi constitué en état d’imminence morbide. Les résultats funestes de 1 abstinence auront porte sur le pars Minoris resis-^ tentiæ, ce que l’on pouvait prédire à l’avance (I).» Tandis que plus loin, le même auteur dit que : «Nous ne possédons aucun moyen de produire 1* imprégnation profonde de l’économie tout entière dont les maladies diathésiques nous offrent le saisissant tableau, imprégnation tellè que la cause morbide semble désormais identifiée avec l’individu, 1 accompagne jusqu’à la mort et bien plus lui survit dans la postérité (2). »

De meme nous devons distinguer la diathèse de l influence pathogénique des accendants sur leurspix^uits, créant certaines maladies qui n’existent pas diez les premiers, comme, par exemple : Tidiotie, l’épilepsie que les aliénistes attribuent à Tivmgneriedes génémteurs. Le tempérament et la prédominance organique sont aussi bi^ difféi«nt&

(1) Sée, Leçons depatholoi^e expérimentak.

(2) Ibid.

de la diathèse, on peut les reconnaître à des signes visibles, tandis que la diathese ne se manifeste par aucun symptôme spécial jusqu’à l’évolution des maladies diathésiques.

Ces maladies diathésiques se développent sous l’influenee d’un certain nombre de causes occasionneltes souvent minimes, la connaissance de la cause première nous a permis de ranger parmi ces maladies un certain nombre d’états locaux que l’on avait considérés autrefois comme héréditaires , mais qui ne sont que les déterminations locales de la diathèse.

Quant à Finnéité, telle que nous l’entendons, elle exclut les maladies que l’enfant a pu contracteT dans Futérus, soUs des influences que nous ne pouvons étudier ici, et qui dépendent de 1 état général de la mère pendant la gestation.

Outre l’hérédité et Finnéité, il est des causes so¬

matiques qui peuvent produire des états generaux, lesquels donnent aux maladies locales un caractère particulier. Be ce nombre est l’état puerpéral qui sert d’intermédiaire entre les diathèses et les affections

par causes dynamiques, lequel constitue une prédispositibn & la maladie plus redoutable et même plus menaçante que toute autre. 11 nous offre un exemple marqué de l’imminence morbide, et en même temps de ce que peut faire la prédisposita quand elle est portée à un degré extrême. 11 suffit, en effet, qu’une causelégère agisse sur une femme, depuis le moment de la conceptmn jusqu a la Bn de la lactation pour qu’il se déclare-des aomdente

graves tiers de toute proportion avec la cause qui les a provoqués.

Ils ont comme les accidents diathésiques des caractères communs qui les rapprochent, et révèlent l’existence d’une cause spéciale. C’est une véritable diathèse acquise et que l’on doit ranger parmi les maladies générales provenant des causes somatiques statiques.

Nous avons considéré les causes statiques,^ voyons comment se comportent les causes dynamiques. Les unes viennent des hommes et des animaux, les autres du cosrnos.

Si nous considérons d’abord une collection d’hommes sains ou malades reunis en nombre assez grand, nous verrons cette collection d’individus engendrer un certain nombre de maladies par suite de la viciation de l’air respirable par les miasmes somatiques; c’est à cette catégorie de maladies que nous donnerons le nom de maladies infectieuses. On avait réuni autrefois sous cette cause un certain nombre de maladies fort disparates, comme l’asphyxie par le charbon et la fièvre paludéenne, le choléra et les effets du méphitisme, ce qui a contribué à introduire dans la classe des maladies infectieuses une certaine confusion que l’on évite en limitant l’infection à l’influence directe, restreinte, non contagieuse qu'exerce le corps de l’homme sain ou malade sur son semblable. De cette façon, on n’arrive à considérer comme infectieuses que trois ou quatre maladies, telles que le typhus, la fièvre typhoïde, la dysentérie, etc. L’in-

fection est distincte de la contag*ion, en ce que Fagent infectieux n’agit qu’à une petite distance du foyer d’infection, tandis que le contagium se transmet au loin.

D’ailleurs les maladies infectieuses se rapprochent toutes par des caractères communs qu’il importe d’indiquer ici, et qui ont été donnés dans l’excellent article Infection^ du Compendium de médecine : 1” Elles sont dues à un principe spécifique; 2® elles ont une période d’incubation ; 3® elles sont générales, c’est-à-dire qu’il est impossible de les localiser dans tel ou tel organe, et d’en rapporter les symptômes à la lésion de tel ou tel appareil. Ces symptômes consistent principalement dans une asthénie profonde ou une perversion des fonctions du système nerveux, dans une altération du sang dont la fibrine tend à diminuer ou s’abaisse notablement au-dessous de la quantité physiologique ; de là des phénomènes de putridité, de pestilence, de malignité dont parlent les plus anciens auteurs, la formation de dépôts purulents, d’abcès, en un mot la génération purulente y est plus commune que dans les autres maladies. 4° Elles donnent aussi souvent lieu à des mortifications, des hémorrhagies, des pétéchies, des déterminations morbides vers la peau et les glandes. Lorsque ces symptômes ne se manifestent pas, le système nerveux et la circulation n’en sont pas moins fortement troublés. 5° La mortalité est beaucoup plus grande dans les maladies infectieuses ; elles résistent en grande partie aux moyens dirigés contre elles, et la nature fait presque tous les rais de la guérison.

— jo¬

li est un autre ordre de maladie§%énérales que l’on doit rapporter à la contag'ion. La contagion est le mode suivant lequel l’homme ou ranimai malades transmettent à l’homme sain la maladie dont ils sont affectés.

Tantôt cette contagion s’effectue à l’aide d’un agent spécial contenu dans un liquide et auquel on a donné le nom de virus; tantôt c’eSt l’air luimême qui se charge de transmettre d’un sujet à un autre les parcelles d’épithélium ou les vapeurs qui servent de transport aux agents morbides.

De ces deux modes dérivent deux sortes de maladies^ les unes sont les maladies virulentes qui viennent à la suite d’inoculation; les autres^ les ma* ladies contagieuses miasmatiques dont il faut soigneusement distinguer les maladies épidémiques^ ce qui n’est pas toujours facile, témoin le choléra.

Il est bon de remarquer aussi que, sauf les maladies virulentes , certaines maladies contagieuses peuvent se développer spontanément et devenir sporadiques si les conditions telluriques ou cosmiques qui leur ont donné naissance se trouvent de nouveau réunies.

Les maladies contagieuses sont forcément générales, il serait difïîcâle de les considérer d’une autre manière. Les liquides, et en particulier le sang sont toujours plus ou moins altérés, les solides portent la trace de nombreuses lésions, 6u bien tout le système nerveux est troublé; puis ensuite ces maladies ne se manifestent jamais d’emblée , il faut un certain temps entre la pénétration du virus et la première manifestation de la maladie, pour

que l’organisme ait le temps de s’imprégner de l’agent toxique. On dirait que pendant ce temps le corps tout entier s’assimile la semence morbifique (1).

Quel, est l’agent qui produit la contagion ? Nous ne le connaissons pas, nous savons que certains virus ont leur siège d’élection dans des liquides dé^ terminés, le virus rabique dans la salive, le virus morveux dans le sang et les liquides purulents, sans que nous ayons pu en déterminer la nature.

Les miasmes et les virus pénètrent d’autant plus facilement dans l’économie qu’elle est plus affaiblie. ‘Si vous voulez empêcher le virus morveux d’être absorbé, fortifiez autant que possible, il en est de . même pour les 'maladies épidémiques. Les constiiutions affaiblies leur offrent l’opportunité morbide la plus grande possible. Pour combattre ces malad.ies ou mieux encore pour les prévenir, 1 indication majeure sera de tonifier. .G est dans 1 intelligence de ces conditions premières de la maladie et dans le choix raisonné des moyens à leur opposer par avance, qu’éclatera le véritable tact médical éclairé par la physiologie.

(t) Nous ne parlons point ici de certaines maladies, comme la blennorrhagie, l’ophthalmie purulente, qui possèdent la propriété de se transmettre aussi par contagion, mais en se limitant à un tissu et sans amener de troubles généraux, pas plus que des maladies parasitaires que quelques auteurs ont fait entrer dans les maladies contagieuses. Il serait d ailleurs difficile de ranger parmi les maladies générales des maladies comme la blennorrhagie, l’ophthalmie, qui ne sont pas inoculables.

Parmi les modificateurs cosmiques, la chaleur et le froid peuvent aussi entraîner des maladies g^énérales; mais, pour la chaleur comme pour le froid et tous les modificateurs g*énéraux qui ag-issent sur le. système nerveux et de là sur le sang*, il faut que Faction soit permanente et prolong*8e, car à part les virus et les miasmes, les maladies g*énérales ne sont produites qu’à la suite d’une modification lente et profonde de l’économie.

La chaleur est la cause d’un g'rand nombre de pyrexies de nature g*astrique et bilieuse. De même qu’il est une sorte d’anémie qu’il faut rapporter à l’influence d’une température exag'érée, de même aussi le froid humide accompag*né de conditions hyg'iéniques mauvaises peut ag*ir comme cause déterminante du scorbut. L’humidité accompag*née de chaleur donne plus d’activité aux effluves et aux miasmes, en sorte que les maladies infectieuses, épidémiques et contag*ieuses exercent plus de ravag‘es dans les pays chauds que dans les pays froids.

Il est certaines maladies qui s’ajoutent aux maladies rég*nantes et compliquent singulièrement leurs symptômes, nous voulons parler de celles que l’on désigne sous le nom de constitutions médicales, épidémies fixes ou stationnaires. Bien différente de ia grande épidémie qui crée de toutes pièces la maladie et semble effacer les autres du cadre nosologique pendant le temps qu’elle sévit, la petite épidémie paraît jouer seulement le rôle de cause surajoutée vis-à-vis de la maladie, il faut qu’elle trouve celle-ci déjà constituée pour introduire l’élé-

ment morbide qui la caractérise. D’ailleurs sa nature reste la même quelle que soit la maladie à laquelle elle se joint.

€omment expliquer la constitution médicale? Il nous semble que c’est une force particulière imprimée aux fonctions de nos org>anes par les qualités des modificateurs g-énéraux et qui fait prédominer à un moment donné les états bilieux, inflammatoire, gastrique, etc., et quelles se rapprochent des maladies générales par la modification totale de l’organisme.

L’épidémie par excellence que l’on nomme éventuelle, a pour caractère de sévir d’une manière brusque dans une localité, sur un grand nombre d’individus, et de disparaître sans laisser de traces de son passage.

Les maladies épidémiques, quelles que soient leurs manifestations extérieures ou leurs lésions sur les organes internes, sont des maladies générales et répondent à notre définition. Gomment expliquer autrement leur manière de se développer? Elles ont pour caractères d’offrir les mêmes symptômes dans tout le cours de leur durée et pour chaque cas particulier, seulement ces symptômes peuvent être atténués chez certains sujets, chez d autres au contraire offrir une violence très-grande. Ordinairement l’épidémie débute d’emblée par des cas graves, quelquefois elle est précédée d un état d indisposition, la plupart du temps la cause des épidémies est si violente que l’organisme semble bouleversé d’emblée sans modification préalable. La manière dont elles se propagent est irrégulière; leur cause

est inconnue, quelles que soient les hypothèses que nous fassions sur ce sujet, nous en sommes toujours réduits au quid divinum ? des anciens. Les influences atmosphériques, les fermentations véo*é~ taies et animales, les effets du froid et de l’humidité les vents, l’électricité, ne peuvent nous en rendre aucun compte. Les épidémies s’attachent à l’homme le suivent dans tous les climats au milieu des modificateurs différents qui l’environnent et qui peuvent jouer tout au plus le rôle de causes occasionnelles. Certaines maladies épidémiques sont contàg*ieus€^, pour d autres nous sommes réduits au statu ,quo tant il est difficile de faire la part de ces deux modes de production de la maladie dans un foyer épidémique.

Un g^rand nombre de maladies .g*énérales sont endémiques, c est-à-dire qu’elles restent confinées dans une contrée et s’y produisent d’une façon périodique et permanente avec les mêmes symptômes sur une certaine quantité d’individus.

Il est impossible de rang-er dans les endémies toutes les maladies qui ont été admises comme telles par les auteurs. Nous devons considérer comme endémiques, seulement les maladies dont nous ignorons la cause,-et si nous troifTons que l’un des modificateurs cosmiques est cause d’une maladie, nous devons la rayer des endémies ; c’est une maladie sporadique. De même il ne faut point admeUre parmi les endemies les maladies héréditaires et celles quiaont causées par des parasitas, tes maladies endémiques peuplent devenir épi-

démiques, quelques-unes d’e;ître elles sont contag-ieuses.

C’est près des maladies endémiques qu'il faut placer les maladies paludéennes causées par des miasmes d’orig*inevégétale.

Quelques maladies générales comme les fièvres gastrique^ éphémère, etc., doivent leur origine au changement de saisons^. C’est pendant les oscillations de température qui servent d’intermédiaire entre une saison froide et une chaude que naissent ces maladies^ mais la plupart du temps les saisons ne jouent que le rôle de causes occasionnelles.

L’alimentation exagérée, la répétition continuelle de Testomac, l’excitation constante du système circulatoire et de la sécrétion gastro-hépatique, en outre la pénétration dans le sang de certains principes excitants ne tardent pas à altérer la constitution, à amener le pléthore et tout le cortège de ses accidents locaux, de même que le régime débilitant produit l’anémie. La chloro-anémie qui règne dans certaines classes pauvres ne reconnaît pas d’autre cause que cette insuffisance prolongée d’aliments, il en est de même de certaines albuminuries.

L’sdtération des substances alimentaires par les parasites végétaux peut aussi engendrer certaines maladies de nature encore peu connue comme Fergolisme et la pellagre.

Les boissons alcooliques prises en quantité sont la cause de cette affection complexe connue sous le nom d’alcoolisme et que fon peut ranger parmi les intoxications.

Enfin il est une classe de maladies g‘énérales qui est déterminée par la pénétration dans le sang* d’un poison et par l’altération du liquide et du solide consécutivement. La plupart du temps ces maladies sont limitées aux personnes qui sont employées à la fabrication de matières toxiques et elles n’arrivent qu’à la long*ue quand l’absorption a fait pénétrer une certaine quantité de poison et que rorg*anisme a eu le temps de se modifier. Le mercure, le plomb, le phosphore, le sulfure de carbone, l’aniline, nous offrent de fréquents exemples d’intoxication.

Telles sont les causes des maladies g*énérales. Quelle conclusion tirer de ce rapide examen ?

Ces causes sont de natures très-diverses : la plupart comme les virus, tes miasmes, somatiques et telluriques, nous sontparfaitementinconnues; quelques autres comme l’intoxication tombent plus facilement sous nos sens, mais sans que nous puissions encore bien pénétrer la manière dont elles modifient l’org^anisme : il y a donc dans la manière dont se produit chaque affection une inconnue que nous ne pouvons dég*ag*er. De plus, nous voyons que sauf les causes dè nature spécifique, la plupart du temps les modificateurs internes et externes ne font que jouer le rôle de causes occasionnelles visà-vis des affections, et que si l’on peut rapporter à 1 action de ces modifications quelques maladies générales, il faut que cette action ait été long*temps continuée, lente et soutenue. Le froid, l’humidité produisent brusquement une pneumonie, une

ophthalmie, une angine; rhomme résiste-t-ii à ces influences, s’il se trouve longtemps au milieu de ces agents l’organisme entier deviendra malade.

Parallèle entre la maladie locale et la maladie générale.

Après avoir étudié quels sont les caractères de la maladie générale, comment ces caractères la différencient de la maladie locale, il nous paraît utile de donner un court parallèle entre les deux modalités de la maladie, ce sera le résumé de ce que nous venons d’exposer.

I. La maladie locale s’attaque à un tissu, à un organe, à une fonction ; la maladie générale à toute la substance.

Avant de déterminer des actes morbides locaux, la maladie g’énérale offre à considérer une période plus ou moins longue que les anciens avaient nommée incubation, et pendant laquelle l’organisme semble se modifier sous l’influence de la cause morbifique. Cette modification générale de l’organisme constitue l’affection qui précède toujours les déterminations morbides.

IL La maladie locale reste parfaitement circonscrite dans le lieu qu elle occupe depuis le commencement jusqu’à la fin, partout ailleurs les organes et les fonctions jouissent de leur intégrité, ou si elle se complique d’actes morbides secondaires, ce n est que lentement, tandis que la maladie générale donne lieu d’emblée à des lésions multiples.

IIL II est probable que le nombre des actes mor-

1867, - Viser.

bides locaux est invariable ; provisoirement nous en considérons dix, qui sont :

L’altération du sang*, l’hyperémie, la phlegmasie riiémorrhag-ie, l’hétérocrinie, la névrose, le trouble de la calorification, la lésion de nutrition, la production de matières homologues, et enfin les produits morbides hétérologues (tubercule, cancer). De ces dix actes, neuf se présentent dans presque toutes les maladies générales; ils peuvent exister tous dans les diathèses cancéreuses et tuberculeuses. La maladie locale, au contraire, débute toujours par un acte morbide isolé.

IV. Une maladie locale ne débute que par des symptômes locaux, ce n’est que consécutivement que l’on voit apparaître des troubles généraux; tandis que c’est par ces derniers que débutent les maladies générales; iis sont le premier signe de 1 affection qui se démasque ordinairement en troublant les grands actes de la circulation et de la calorification.

V. On ne peut distinguer la maladie locale simple de la maladie déterminée par upe affection. C’est à la notion de la cause qu’il faut remonter pour établir le diagnostic. Il faut aussi examiner l’ensemble de la maladie générale, et le siège de ses déterminations.

VI. La maladie locale donne toujours lieu à des symptômes dont il nous est possible d’expliquer la provenance, et d’apprécier la g-ravité par la considération de la lésion ; la maladie générale se dis-, ingue par la disproportion qui existe entre L’affection et la maladie locale. Dans la ffèvre typhoïde.

par èxemplè, les symptômes g-énéraux peuvent être graves et la localisation faible, et vice versa.

VIL Avant d’apparaître, les maladies locales d’origine diathésique sont précédées d’une incubation plus ou moins longue; la maladie locale simple apparaît sans incubation.

VIII. Quand une maladie locale est guérie, le sujet revient à la santé après une convalescence plus ou moins longue, suivant la gravité de cette maladie, tandis que, dans presque toutes les maladies générales, la convalescence est fort longue, le malade présente des troubles généraux, et souvent l’affection ne fait que rentrer à l’état latent, pour déterminer plus tard d’autres localisations. Après la guérison d’une maladie locale, le sujet peut être atteint de la'même maladie aussitôt après ; tandis que la maladie générale rend, jusqu’à un certain point, l’organisme réfractaire à l'action des mêmes causes.

IX. L’antagonisine n’existe pas davantage pour les maladies générales que pour les maladies locales ; cependant, lorsque deux maladies générales existent dans l’organisme, elles se modifient mutuellement.

X. Les maladies générales présentent des périodes bien tranchées ; elles ont des formes distinctes ; les maladies locales n’ont que des degrés- Quand une maladie locale donne lieu à des symptômes compliqués, il faut presque toujours la rapporter à une affection ; il èn est de meme des types intermittent et rémittent.

XL Le pronostic diffère essentiellement dans la

maladie g*énérale et la maladie locale simple. Tandis que dans cette dernièreTe praticien peut établir un pronostic à peu près certain ; il devra se garder

de se prononcer dans la maladie générale, dont la terminaison est très-variable et arrive souvent d’une façon imprévue.

XÏL II faut établir aussi en thérapeutique une grande différence entre les deux classes de maladies. La thérapeutique des maladies générales consiste à s’adresser aux localisations, car, sauf le quinquina et le mercure pour l’affection paludéenne et la syphilis, on ne connaît aucun agent capable de guérir l’affection. Le traitement de ces localisations différera, dans certains cas, de celui des maladies locales simples de même nature; le médecin ne devra pas oublier que l’affection qui est en puissance de l’organisme l’affaiblit, et il sera sobre de'moyens débilitants; c’est par des moyens fortifiants, empruntés à une hygiène bien comprise, qu’il atténuera les effets de cette affection.

XIII. Les types morbides ne se transforment pas, ce qui est vrai aussi bien pour la maladie générale que pour la maladie locale, seulement chaque affection est produite par une cause spécifique qui ne peut déterminer une autre affection; tandis que toute maladie locale peut naître sous des influences multiples. C’est dans la présence d’un agent spécifique surajouté à l’organisme, qu’il faut voir la cause de la maladie générale, tandis que la maladie locale vient plus particulièrement des modificateurs cosmiques et des agents physiques, lesquels

puent souvent le rôle de causes occasionnelles par rapport à l’affection.

Classification provisoire des maladies générales.

Ce n’est pas sans raison que nous inscrivons en tête de ce chapitre le mot de provisoire. Évidemment dans l’état actuel de la science nous ne pouvons fonder de classification sur la nature de la maladie, en particulier pour les maladies g’énérales, qui pour la plupart nous sont peu connues, et dont nous ne pouvons apprécier que la nature apparente. D'un autre côté, il est bon de réunir dans de g'randes classes les affections que nous connaissons; nous ne pouvons donc établir que des divisions provisoires, puisque chaque jour peut amener la découverte de nouvelles affections, et modifier les idées que nous avons sur les autres.

Sur quoi doit s’appuyer une pareille classification? Si dans les maladies locales nous pouvons nous servir de l’ordre anadomo-physiolog*ique, il n’en est pas de même pour les maladies g*énérales qui peuvent déterminer des localisations morbides dans plusieurs org’anes, ou sur des fonctions essentiellement différentes. Il faut donc baser la division des maladies g’énérales sur plusieurs ordres d idées suivant les connaissances plus ou moins avancées que nous avons de chacune d’elles. Pour les unes, nous ferons intervenir la notion de la cause, pour d’autres, celle des actes morbides prédominants, et la considération du siège de ces mêmes actes, etc. D’ailleurs, les divisions fondamentales sont celles

des patholog-istes anciens et modernes, quoique noms à Faide desquels nous désig*nons les classes le mode des espèces, l’ordre dans lequel elles sont disposées, aient chang’é.

Il ne s’ensuit pas que cette classification soit irréprochable; il est certaines entités qui sont placées arbitrairement les unes à côté des autres, mais ce serait une prétention assurément peu justifiable, de donner à la classification des maladies générales la rigueur des nomenclatures chimique ou botanique.

Première Classe. — pyrexies.

Nous formerons, sous le nom de pyrexies, la première classe des maladies générales; elle est caractérisée par une augmentation très-grande de la température du corps et des troubles marqués dans la circulation.

Il est facile de classer les fièvres suivant les bianifestations qu elles donnent ôùlre les deux actès morbides que nous venons de remarquer.

1 er ÔRDRE. Fièvre simple. ~~ Sans manifestation particulière.

ORURE. - Fièvre gastrique. — Trouble des fonctions de l’estoKiac.

fàfiétés. — Fièvre gastriqfe. biiièusé. — État bilieux.

3' ORDRE. - Fièvre bilieuse. - Teinte ictérique. - Tendance forte ~ Adynamie plus ou tnoin^

i Espèce. ^ Fièvre rémittente, bilieuse, nostras.

Fanetes. - Sporadique ou épidémique.

1 Espece. Fievre bilieuse des pays chauds.

Ictère. — Vemissements bilieux. — Ataxô-

adynatôîè.

~ Plèvre laune. — Hémorrhagies intestinaleiS. Espece. — Ictere hémorrhagique grave.

4' ORDRE. — Fièvres mec lésions intestinales. — MYnsimie.

!'• Espèce. — Affection typhoïde. — ( Éruption fplliculeuse de l’intestin grêle.)

Variétés. — (Actes morbides prédominants du côté du système nerveux, du sy^stème sanguin, du foie, etc., d’où fièvre typhoïde ataxo-adynamique, bilieuse, * inflammatoire, etc.)

2® Espèce. — Fièvre .dysentérique. — Ulcération de la muqueuse du gros intestin.

5® ORDRE. — Fièvres avec hémorrhagies cutanées.

Espèce. — Typhus.

Variétés. — Épidémique, contagieuse. -- Typhus fever.

6® ORDRE. — Fièvres gangréneuses.

Ire Espèce. — Fiqvre charbonneuse (?).

2® Espèce. — Peste noire (gangrène et bubons).

7* ORDRE. — Fièvres exanthématiques. — Caractérisées par d:es éruptions du côté de la peau, l^e Espèce. — Variole. — Phlegmasies suppuratives et pseudo-membraneuses, multiples , du derme.

Variétés. — Varioloïde. ^ Varicelle (1).

Espèce. — Rougeole. — Congestion dermique et de » la muqueuse des yeux, du nez et des bronches.

3* Espèce. — Scarlatine. — r Congestion dermique. — Angine pultacée, '

4® Espègb. — Suette. — Sueurs, éruption vésiculeuse.

Vctmét^. ^ Non épidémique. Fièvre miliaire.

Se Espèce. Fièvre érysipélateuse : Congestion de la peau, et souvent dermite limitée, s’ac-.

compagnant d’états généraux graves (bilieux, gastrique, ataxo-adynamique).

Veméti^^ Suivant le siège, ambulant, etc.

Deuxième Classé. — apfeotion falubbenne.

Actes morbides principaux : Trouble de la circulation et de la calorification.

Congestign splénique et hépatique.

Cause expérimentale : Miasme^, palustres.

(1) C'est à côté de la variole que nous placerons la vaccine ou variole modifiée, qui semble appartenir aux maladies virulentes par son mode de penedans llorgawsu^.

GENRE. — Fièvres intermittentes.

Ce g*enre est caractérisé par des accès fébriles séparés par Fapyrexie complète.

i” Espèce. — Fièvre quotidienne.

2® — Fièvre tierce.

3® — Fièvre quarte.

Outre ces variétés, qui sont les principales, on en constate beaucoup d’autres qui diffèrent seulement par la long*ueur de Fapyrexie.

2 GENRE. Fièvre intermittente pernicieuse.

Elle est caractérisée par des actes morbides causés par Faffection paludéenne et qu’accompag>nent les accès de fièvre intermittente.

Congestion cérébrale . . .

Délire.

Convulsion.

Abaissementde la chaleur.

Sueurs profuses.

Troubles digestifs.

l""* Espèce. — Fièvre comateuse.

2® — . Fièvre délirante.

3® — Fièvre convulsive.

— Fièvre algide.

3® — Fièvre sudorale.

3* — Fièvre cholériforme.

Fièvre dysentérique.

Outre ces espèces, il en est encore un g*rand nombre plus ou moins fréquentes et qui prennent toutes leur nom de l’acte morbide, et du siég*e de cet acte.

3« GENRE. — Fièvres rémittentes.

Ces fièvres sont caractérisées par une pyrexie continue avec exacerbation des symptômes à des époques rég*ulières.

Espece. — Rémittente simple quotidienne.

^ — Tierce.

~ Double-tierce.

Ces fievres peuvent aussi se compliquer de quel-

ques états morbides graves, états bilieux, adynamique, ataxique, qui sont encore sous la dépendance de l’affection paludéenne, c’est en particulier à des congestions viscérales que l’on doit rapporter la remittence pernicieuse.

4e GENRE. — Fièvres paludéennes continues.

Accès pernicieux mettant le malade en danger de mort et disparaissant sans que l’affection détermine d’autres manifestations.

5e GENRE. — Accidents paludéens non fébriles.

Désignés à tort sous le nom de larvés. La maladie paludéenne peut émettre certaines localisations à type intermittent et qui n’ont rien de fébrile, ce sont ou des névralgies, ou des cong’estions, etc., que leur intermittence fait distinguer facilement, qui cèdent à l’emploi du quinquina, et que nous avons dû ranger parmi les maladies locales paludéennes.

Troisième Classe. —maladies algides.

Elles sont caractérisées par un abaissement total de la température, un ralentissement de la circulation et de la respiration.

n® Espèce. — Choléra-morbus épidémique.

Yariété sporadique.

2 e Sclérème.

Quatrième Classe. — maladies du sang, ou hémies.

Les maladies du sang: peuvent être considérées comme des éléments de maladie ou comme des maladies primitives. Ce sont celles-ci qui méritent seules le nom de générales. Nous ayons autant de

1867. - Viger.

maladies du sang* que ce liquide renferme de principes , et en g*énéral ces maladies se compliquent les unes des autres.

ier GENRE. — Affection des globules rouges.

Ire Espèce. — Pléthore.—Augmentation de ces globules.

“2e — Anémie. — Chlorose — Diminution des

globules.

2e GENRE. — Affection des globules blancs.

Espèce. — Leucémie.

3® GENRE — Affections de la fibrine.

Espèce. — Scorbut. (Diminution de la fibrine. — Hémorrhagies.)

4 e GENRE. — Diminution de l’albumine { albuminurie.)

S* GENRE. — Augmentation ou diminution de la sérosité.

Q GENRE. Présence dans le sang de produits homologues.

Espèce. — Glycosurie.

7* GENRE. — Présence de produits organisés.

Espèce. — Pyémie.

Cinquième Classe. — maladies puerpérales.

L affection puerpérale est Fexag’ération des actes physiolog*iques portés à un degré morbide. Elle constitue une maladie générale non fébrile, marquée par des altérations du solide et du sang. Les maladies puerpérales sont les altérations de fonction ou de structure qui traduisent localement l’affection puerpérale. «Celle-ci est la cause, la maladie est l’effet, le mode de manifestation de l’affection. Dans tous les ca*s, nous constatons un état morbide général dominateur de tous les états morbides, Inc^ux pu partiels {l}. L’affection puerpérale commence au moment de la con, œption et se termine après la lactat^n ^ pendant

(1) Monneret, Pathologie interne^

cette long-ue période, la plupart des maladies de la femme sont sous la dépendance de la puerpéralite et elles revêtent une physionomie particulière qui a frappé les observateurs.

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