‹ Considérations sur les pauses cardiaques de longue durée dans la maladie de Stokes-AdamsChapitre 10 sur 50 · I. — LES TROUBLES NERVEUX · texte numérisé non relu

I. — LES TROUBLES NERVEUX

On décrit trois catégories d’accidents nerveux de gravité croissante, liés à une pause cardiaque de plus en plus longue, mais variable d’un sujet à l’autre pour un effet identique.

a) Le vertige : ce terme consacré par l'usage est assez mal choisi, car il n’y a jamais de sensation giratoire, il s’agit simplement d’un éblouissement passager, d’un étourdissement, d’une simple tendance syn- Copale apparaissant brusquement et disparaissant de même. Objectivement on remarque une pâleur subite,

Puis rapidement le facies se recolore à la reprise des contractions cardiaques.

b) À un degré de plus apparaît la syncope ; l'arrêt

ventriculaire se prolongeant le sujet perd connais-

L #sance et si la pause n’est pas trop longue, au bout de quelques instants, sans phénomènes nouveaux, avec la reprise des battements cardiaques survient le retour à la normale.

c) Quand l'arrêt cardiaque se prolonge, apparaît la crise épileptiforme. Elle ne rappelle que de loin une véritable crise épileptique ; il n’y a habituellement ni mouvements toniques ni mouvements clo-

EL niques, mais seulement des secousses convulsives prédominant aux muscles de la face, atteignant quelquefois les mains, rarement les jambes. La crise se termine au retour de l’ondée sanguine et la conscience complète reparaît avec rapidité.

£. À La crise épileptiforme ne s'accompagne dans l’immense majorité des cas ni de morsure de la langue, ni de miction involontaire.

Il. — LES TROUBLES CARDIO-VASCULAIRES

a) Les pulsations radiales retiennent tout de suîte l'attention par leur rythme lent, rythme qui dans les cas de dissociation complète se fixe électivement aux environs de 36 à 40. Le pouls est régulier et il est classique de dire qu’il n’est influencé ni par l'effort, ni

par la fièvre, ni par l’émotion.

b) L’ausculation du cœur affirme que la bradysphygmie n’est que le reflet de la bradycardie. Les bruits sont parfois normaux, souvent assourdis, mais

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trois signes caractéristiques ont été décrits, qui se retrouvent avec une grande fréquence :

1° Un souffle systolique de la pointe souvent peus intense et ne se propageant pas.

2° Un renforcement intermittent du premier bruit du cœur ou bruit de canon, dû à la contraction forfuite et synchrome de l'oreillette et du ventricule.

3° Les systoles en écho de Huchard, ou galop de bloc de Gallavardin, se manifestant par de petits bruits lointains pendant les longues diastoles.

La pathogénie des systoles en écho est aujourd’hui bien établie, c’est celle même du bruit de galop. Elles sont dues au choc contre la paroi ventriculaire des petites ondées auriculaires.

c) La dissociation radio-jugulaire est souvent très nette chez certains malades et montre des pulsations jugulaires apparaissant par série de 2, 3 pendant les longues diastoles.

d) La tension artérielle est souvent exagérée, avec augmentation de la pression différentielle.

Il. — LES SIGNES GRAPHIQUES

Qu'on ait recours aux tracés mécaniques ou mieux à l’électrocardiogramme, ils montrent dans la grande majorité des cas l’inégalité de nombre des contrattions autriculaires et ventriculaires, c’est-à-dire la dissociation auriculo-ventriculaire.

Les signes graphiques ont permis d’individualiser deux catégories de dissociation !:

1° La dissociation auriculo-ventriculaire incomplète où partielle, dans laquelle la contraction ven-

LATE (rase

triculaire suit une fois sur deux, sur trois, sur quatre, la contraction auriculaire, ce qui donne des rythmes BY 371, 4/1.

Signalons une forme spéciale de dissociation partiellée dans laquelle les tracés montrent après un espace P. R. normal un allongement progressif de cet intervalle, À un moment, la contraction ventriculaire manque ; deux contractions auriculaires se suivent, séparées l’uné de l’autre par l'intervalle habituel ; la deuxième onde auriculaire est suivie d’une contraction ventriculaire avec espace P. R. normal et le cycle recommence. On donne à cet aspect graphique le nom de « Périodes de Wenckebach ».

2° La dissociation auriculo-ventriculaire est complète ou totale quand il n’existe plus aucun rapport fixe entre les contractions auriculaires et ventriculaires. Il y a indépendance totale entre oreillettes et ventricules; on a vraiment l’impression de deux courbes rigoureusement indépendantes l’une de l’autre et superposées. Il n’est plus alors question d’espaces P. R. normaux ou allongés. Les sommets P apparaissent tantôt à leur place habituelle, tantôt postérieurement à R, tantôt à une grande distance avant le sommet R suivant, tantôt en même temps que l'accident R ou laccident T dont ils déforment les profils.

Remarquons que Géraudel (1) s’est élevé contre cette distinction entre dissociation complète et incomplète. Les contractions auriculaires et ventriculaires

(1) GÉrAUDEL : Le Mécanisme du Cœur, p. 250.

seraient toujours indépendantes même à l’état normal, comme l’envisage la théorie dualiste du mécanisme cardiaque et la dissociation auriculo-ventriculaire incomplète répondrait aux cas où le rapport des battements auriculaires et ventriculaires est entier, la dissociation complète, aux cas où ce rapport est fractionnaire. De fait, chez certains malades, les deux variétés de dissociation peuvent alterner. Il n’en reste pas moins vrai que d’autres présentent des rythmes surtout de type 2/1, remarquablement fixes, avec intégrité de l’espace P. R.

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