TROUBLES OBSERVÉS PENDANT LES PAUSES
Ils dépendent avant tout évidemment de la durée de la pause. | €
D'une façon générale, le vertige apparaît au bout de 5” à 6”, la syncope lui fait suite vers la dixième seconde.
Il est plus difficile de donner: des chiffres même approximatifs en ce qui concerne les crises convulsives. Si dans beaucoup de cas on les voit apparaître vers la 20° seconde, on peut par contre, soit les voir survenir beaucoup plus précocement, dès le débu’ même de la pause, soit au contraire les voir manquer complètement. C’est à leur sujet essentiellement qu’il faut faire intervenir les susceptibilités individuelles et l’état antérieur de la circulation cérébrale.
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Laubry, dans son traité des maladies du cœur, G. Marchal et Trocmé, Langeron, se sont attachés à étudier le mécanisme des accidents nerveux du Stokes- Adams.
« En général (1), écrit Laubry, ces accidents sont « parallèles la plupart du temps à des modifications « du rythme cardiaque, mais il"n’y a pas commune « mesure entre les deux phénomènes et un même «trouble du rythme n’est pas forcément suivi des « mêmes effets. Il ne serait pas exact de vouloir pro- « portionner l’intensité de la syncope à la durée de «la pause ventriculaire. S'il en est souvent ainsi, « l'inverse est tout aussi fréquent. Tel malade aura « des absences à chaque blocage partiel et fera, si les « manques ventriculaires sont fréquents, un véritable « état de mal. Chez tel autre, et le cas heureusement «n’est pas rare, les arrêts ventriculaires passent en « grande majorité inaperçus. Ce n’est que de loin en « loin, à l’occasion d’une émotion, d’un effort, pen- « dant le courant de la digestion ou pour tout autre «cause minime et insignifiante, qu’une obnubilation. « est fortuitement éprouvée. Il en est de même pour «la syncope : tantôt elle apparaît alors que la pause « ventriculaire a été très courte, tantôt elle fait dé- « faut même pour des arrêts de 6 à 10 secondes. Bien « entendu, au delà de cette limite, si la pause se ns « longe, il y a fatalement syncope.
(1) Maladies du Cœur et des Vaisseaux (tome III du Nouveau Traité de Pathologie interne, p. 314 (Paris, Doin, 1930).
« Fait également digne de remarque dans l’éclosion de ces symptômes fonctionnels nerveux, c’est leur apparition presque simultanée avec le trouble rythmique, Une syncope tardive par rapport au début d’une pause ventriculaire n’a rien pour sutprendre, mais il est intéressant de noter que le plus souvent la syncope suit d’une seconde ou d’une fraction de seconde l'arrêt du ventricule. Bien
« mieux, certaines absences se produisent pour un
seul manque ventriculaire. Enfin, moins fréquemment il est vrai, la perte de connaissance se déclenche à propos d’un changement d’allure du rythme bradycardique régulier : soit salve de tachycardie, soit ralentissement plus marqué, sans qu’il y ait cessation dans l’un et l’autre cas de Factivité ventriculaire. »
Et nous lisons plus loïn (p. 317) :
« IL est évidemment tentant de subordonner les troubles fonctionnels aux irrégularités circulatoires, mais une explication purement mécanique des faits biologiques est forcément incomplète et restreinte. Nous convenons que les causes mécaniques jouent parfois le principal rôle. Il est certain que le processus évolutif conduit du simple espacement de l'intervalle oreillette-ventricule au blocage complet, définitif, en passant par le blocage simple et la dissociation incomplète. Il est certain que ces étapes successives dans l'altération du rythme correspondent, lorsqu'il y a lieu, à des lésions de plus en plus accentuées ou étendues, mais les troubles fonction-
« nels ne nous donnent aucune indication à ce sujet. « Réactifs habituels des processus évolutifs ou des. « phénomènes irritatifs, ces troubles fonctionnels dé- « pendent directement de ces deux facteurs comme «en dépendent, de leur côté, les altérations du « rythme. L'association de ces deux groupes de signes «n’a donc rien pour surprendre, mais l’un ne con- « ditionne pas l’autre. Ce n’est pas la stabilisation « du rythme en dissociation complète qui fait cesser «les crises, c’est l’arrêt dans l’évolution morbide ou . « la suppression de l’irritation. »
En somme, il faut faire intervenir dans la genèse des accidents nerveux : |
1° Un facteur cardiaque, le plus important, agissant par ischémie.
2° Un facteur dont l'importance est liée à celle du déséquilibre vago-sympathique, agissant par réflexes vaso-moteurs dont le point de départ peut être le plexus cardiaque.
3° Un facteur cérébral : susceptibilité individuelle, surtout lésions groupées sous le terme classique de « cerveau sénile » (Marchal et Trocmé).
C’est seulement dans les cas de très longues pauses qu'ont pu être étudiés en détail les troubles réflexes, vaso-moteurs, respiratoires, et le comportement des oreillettes pendant l'arrêt ventriculaire.
Cette étude a été faite par Froment et Gonin, ce dernier en a donné une longue description dans sa thèse. Nous en rappellerons ici l’essentiel.
RG