‹ Considérations sur les pauses cardiaques de longue durée dans la maladie de Stokes-AdamsChapitre 30 sur 50 · RU D · texte numérisé non relu

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ventriculaires sont espacées, on peut voir des phénomènes d'échappement ventriculaire et pendant une quinzaine de secondes des complexes ventriculaires autonomes ;

— si la pause a été très longue, le rythme nodal, que traduisait la négativité des-ondes P, persiste à la reprise pendant quelques secondes.

2° Dans les blocs totaux on assiste, suivant les cas, à la reprise :

—— soit au rythme ïidio-ventriculaire d'avant la pause ;

— soit à un rythme d’origine différente, avec complexes de sens d’amplitude et de forme variables, revêtant l’allure, soit de complexes supraventriculaires, soit de complexes de branches.

Dans tous ces cas, quel qu’ait été le mode de reprise, survient assez souvent au bout de quelques secondes (12-15) un épisode de tachycardie ventriculaire. Froment et Gonin ont particulièrement insisté sur ce fait, qui semble avoir été négligé avant eux.

Dans les observations que nous reproduisons, on retrouve neuf fois une tachycardie de reprise ; dans cinq cas il s’agit avec certitude de tachycardie ventriculaire (Obs. I, VIII, IX, XI, XII). Toutefois, dans notre observation personnelle, la tachycardie ventriculaire de reprise est inconstante.

Les auteurs précités donnent de cette tachycardie l'explication suivante :

« L’adrénaline, libérée en exéès durant la pause « ventriculaire, est mise en circulation par les pre-

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« mières nystoles du rythme idio-ventriculaire lent ; «arrivant ainsi au cœur, cette substance déclenche «une tachycardie ventriculaire, et ce probablement « parce qu’elle intensifie les effets « irritatifs » d’une « lésion pathologique. » (1)

Il y a là sans doute une pathogénie possible pour certains cas, comme tendrait à le prouver l’observation de Clerc, dans laquelle on voit la tachycardie ventriculaire succéder au bout d’à peine 3 secondes à une injection intra-cardiaque d’adrénaline après une crise avec aspect de mort apparente pendant 1’ 38”.

Dans le cas de notre malade, au contraire, cette pathogénie est inadmissible. Chez lui en effet, la tachycardie ventriculaire précède la pause et ne la suit qu’inconstamment.

La reprise d’activité ventriculaire pose un problème extrêmement difficile à résoudre, sur lequel nous aurons l’occasion de revenir.

(1) Arch. Mal. Cœur, 1938, p. 653.

LES SYNCOPES PAR FIBRILLATION VENTRICULAIRE

Depuis l'observation de Laubry en 1909, on sait que des crises de tachycardie paroxystique peuvent apparaître chez des sujets atteints de dissociation auriculo-ventriculaire complète. Il s’agit, nous le savons aujourd’hui, de tachycardie paroxystique ventriculaire. Une étude très poussée de ce trouble rythmique a été faite par Froment dans sa thèse. Pour cet auteur, qui a étudié en particulier l'association de tachycardie ventriculaire et de pouls lent par blocage, la tachycardie ventriculaire est souvent, dans la dissociation auriculo-ventriculaire, du type préfibrillatoire. « Pareille association, écrit Froment, n’est pas tout à fait exceptionnelle ; loin de n’avoit d’ailleurs qu’un intérêt de curiosité « rythmologique », elle touche au mécanisme de production des accidents syncopaux et de la mort dans certains cas de maladie de Stokes-Adams. » (1)

La tachycardie ventriculaire peut, comme nous l'avons déjà vu, aboutir par son exagération à {a

(1) FRoMENT : Thèse de Lyon, 1931-32. p. 280.

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