CONCLUSIONS
1° Les pauses cardiaques de longue durée, de l'ordre de 15” à 20” ou davantage, au cours de la maladie de Stokes-Adams, sont rares. Les pauses dépassant une minute sont exceptionnelles. Des pauses supérieures à 20” n’ont été que très rarement enregistrées électrocardiographiquement.
2° Les longues pauses ventriculaires surviennent presque exclusivement chez des malades âgés insuffisants cardiaques et artérioscléreux atteints de pouls lent permanent par dissociation auriculo-ventricu-
laire, complète le plus souvent.
3° En général, les pauses ne coupent pas brusquement le rythme bradycardique habituel. Elles sont en effet, la plupart du temps, précédées de troubles rythmiques surajoutés, altération des complexes ventriculaires, bigeminisme, rarement ralentissement du rythme idio-ventriculaire, très souvent accélération et enfin, notamment dans notre observation, crises de
tachycardie ventriculaire.
4 Cette tachycardie ventriculaire précédant les arrêts cardiaques pose un problème pathogénique particulier. Il apparaît bien qu’elle épuise le potentiel d’excitabilité des formations spécifiques ventriculaires plus ou moins lésées et dont l’automatisme est
déjà diminué.
5° On a pu enregistrer au cours de certaines pauses des lambeaux de fibrillation ventriculaire. Parfois même la fibrillation conditionne l’apparition d’une
pause.
6° Les très longues pauses, de l’ordre de une minute
u davantage, ont permis d’étudier des phénomènes qui leur sont propres : troubles réflexes, troubles respiratoires,.et comportement des oreillettes durant les pauses. Les troubles respiratoires surtout sont intéressants à considérer; au degré le plus marqué ils sont constitués par une suspension de la respiration,
qui apparaît de 50” à 60” après le début de la suspension des systoles ventrièulaires.
7° Les premiers complexes ventriculaires de reprise s'inscrivent habituellement suivant un rythme lent, mais très fréquemment, au bout de 10 à 15 secondes après la fin de la pause survient une crise de tachycardie ventriculaire de durée variable.
8° Les pauses ventriculaires de très longue durée comportent un pronostic des plus graves. Lorsqu'’elles se répètent jusqu’à réaliser un état de mal subintrant
pendant au moins douze heures, elles aboutissent presque fatalement à la mort. :
Le cas que nous rapportons et dans lequel, dix-huit mois après avoir présenté des crises épileptiformes à raison de deux à trois par minute et cela durant trente-six heures, un malade vit encore, apparaît
comme unique.
9° Ce résultat noûus paraît devoir être attribué à la thérapeutique utilisée : l’atropine à doses extrêmement élevées et par périodes extrêmement prolongées, le sucre pour parer à la déficience glycogénique du myocarde, les vaso-dilatateurs pour améliorer la
circulation coronaire.
Vu : Le Doyen, A. BAUDON.
Vu : Le Président de Thèse,
DoNZELOT.
Vu ET PERMIS D'IMPRIMER :
1e Recteur de l'Académie de Paris, GIDEL.