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quels se heurtent en hypothèses fallacieuses les déductions de nos intellectuels, ont sans doute une attraction profonde sur la race humaine.
Leur perennité limpide et impalpable, qui défit le temps et surpasse les générations des hommes et des siècles, nous inspire une idée supérieure de force et de vitalité.
Le passage est facile et attrayant, entre ce concept du prestige de l’inconnu et lPidée de l’usage de ces éléments naturels comme moyen de cure.
Et l’homme s’est approché, lentement, précautionneusement, d’abord, de ces sources de force et de santé — puis, quelque tentative heureusement réussie, quelque apostolat prévoyant courant, serpentant parmi la foule des souffrants, fit la notoriété de l’élément miraculeux, constituant un ultime espoir contre les maux qui assaillent l'humanité.
Etant donné sa lointaine origine, il est justifié que, comme les autres thérapies, l’empirisme dit prédominé pour plusieurs siècles sur les cures naturelles.
Le mystère de l’eau, créa autour de la cure qui dérive d’elle, comme une auréole de mystère suggestif, qui loin de nuire, aida, parmi les populations primitives, à la divulgation et au prestige du moyen curatif même.
C’est ainsi qu’on valorisait dans l’antiquité une cure, la plaçant sous l'égide de la divinité, lui léguant l’explication de faits que la pensée humaine était impuissante à pénétrer.
Le coefficient religieux fit le premier œuvre de
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connaissance et sur l’usage de quelques éléments naturels — et notamment de l’eau -- et sur le moven hygiénique comme agent curatif.
Chez les Hindous, par exemple, l’ablution matinale était prescrite par le rite : ainsi, dans l’Inde, la loi était très ancienne de laver les nouveau-nés dans l’eau chaude, immédiatement après leur naissance.
En Egypte, il semble qu’il existât des établissements balnéaires très luxueux : à l’époque de la guerre de Troie, d’après Homère, Menelaüs rapporta d'Egypte des vasques de bains en argent ; la scrupuleuse propreté du corps et des habits des sacerdoces égyptiens, imposée par la religion, font foi, d’autre part, de ces perfectionnements en matière d’hygiène.
Parmi les Hébreux aussi, les pratiques balnéaires étaient étroitement liées au rite religieux ; les prescriptions étaient très sévères : on connaît les normes auxquels devaient s’astreindre les impurs, les convalescents de maladies graves, les femmes en période menstruelle et les gestantes. |
Chez les Romaïns, les pratiques hydrominérales étaient très populaires, et leur diffusion crût progressivement jusqu’à l’époque de Constantin, à laquelle on dit qu’il existait à Rome 856 établissements de bains, d’aucuns très somptueux, dotés de vastes salons, de jardins, et embellis d'œuvres d’art d’inestimable valeur, que nous pouvons encore admirer aujourd’hui dans les musées du Capitole et du Vatican.
D’après Gallien, le bain classique Romain, se sub-
divisait en quatre temps différents par ses propriétés; entrant dans le therme, le baiïgneur se soumettait 4abord à l'influence de l’air chaud, puis à celle de l'eau chaude, pour passer à celle de l’eau froide et finir enfin avec le massage et l’onction. Ces procédés réclamaient des locaux spéciaux dits : Tepidarium, calidarium, frigidarium et ‘untorium.
Agrippa introduisit à Rome le bain de vapeur, du laconicum, qui provoquait d’abondantes transpirations et était suivi ou de bain, ou de douche froide, ou d’ablutions.
Dans tous ces grandioses établissements thermaux, on trouve les diverses méthodes employées pour chauffer l’air et l’eau dans les salles. On peut voir aujourd’hui, à Rome, à Pompéi, à Agnano même, des trauvaux importants et perfectionnés de calorifères à air et à eau, qui nous rendent perplexes sur le peu d'originalité de nos établissements modernes.
« À Rome, dit le Professeur Andrea, dans les stations balnéaires, nommées Thermcæ, si dotées d'eaux thermales, ou Acqgn®, si disposant d'eaux froides, les malades et les baigneurs accouraient en foule, surtout pour les eaux froides. Chaque source était placée sous la tutelle et la consécration d’une divinité, à laquelle les malades guéris offraient des monnaïes d'argent, les jettant dans les vasques et dans les pisci- . nes mêmes. On trouve encore aujourd’hui, dans nos stations balnéaires, les vestiges de ces usages sacrés ».
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L'origine sacrée des piscines ne fait donc pas de doute. À Epidaure, la ville sainte d’'Esculape, des tuyaux en poterie amenaient l’eau de la source sacrée à la piscine où l’on plongeait les malades. L’empereur Antonin fit édifier, au nord de l’Alalon, C’està-dire, du dortoir où reposaient les pélerins, des bains somptueux, dont on a retrouvé les vestiges. Il existe au Louvre un vase fort curieux, du Ve siècle lonien, où l’on voit une femme nager dans une piscine, pendant que d’autres femmes s'apprêtent à se Jeter dans l’eau.
Dans les villes Grecques d’Asie-Mineure, on retrouve le même luxe des thermes. Dans les maisons des riches citoyens, comme dans les gymnases, il y avait des piscines où chacun rivalisait de luxe et de
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générosité.
Un décret du Ile siècle avant notre ère, remercie le: gymnasiaque Metrodoros d’avoir largement pourvu d’eau, les bains de Pergame — et une inscription recueillie par Ph. le Bois dans les îles de la mer Egée, nous apprend que le Sénat et le peuple de Tenos, élevèrent une statue à Satyros, pour avoir doté sa ville d’une piscine et d’un capital de 5.000 deniers, dont le revenu devait servir à en assurer le chauffage.
A l’époque Romaine, les piscines se multiplièrent. -Mecène, dont on connaît les libéralités, en fit installer une chez lui, en plein air, et décorée de superbes mosaïques ; et les riches praticiens, pour l’imiter, installèrent dans leurs palais, des piscines où leurs hôtes se baïgnaïent en commun.
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Les thermes d’Agrippa, de Néron, de Caracalla sont justement célèbres par leurs dimensions et par leur splendeur. Ceux de Dioclétien, avaient une piscine de 3.600 mq et dans celle des thermes de Caracalla, 3.000 personnes pouvaient se baigner en même temps. Tout autour de cette piscine, on a retrouvé 1.600 sièges en porphyre ou en marbre.
L’ornement de ces thermes était d’une richesse prodigieuse — et qu’on ne saurait imaginer. C’est, dans ceux de Caracalla qu’on a découvert le Torse antique, l’Hercule et le Taureau de Farnèse. C’est dans les Thermes de Titus qu’on a retrouvé le splendide groupe de Laocoon que tout le monde admire.
En Algérie, à six kilomètres de Khenchela, dans une gorge boisée, en un endroit appelé aujourd’hui « fonlaine chaude > existent des ‘thermes Romains qui comptent parmi les plus intéressants, et que M. Gsell a étudiés avec soin.
Les Eaux Flaviniennes (c’est ainsi qu’on appelait ces stations), étaient déjà fréquentées dès la plus haute antiquité — aussi, les Romains qui aimaient le luxe, n’avaient pas hésité à élever dans ce coin perdu de l’aurès, un établissement digne des sources.
La piscine du milieu était rectangulaire et mesurait 10 m sur 13 m. 80 ; au nord, dans une niche, se . trouvaient, comme il était naturel, les statues d’'Esculape et d'Hygie. À l’est, il y avait une autre piscine circulaire de 8 m. de diamètre.
- Tout autour, se trouvaient des vestiaires ainsi que
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des petites salles de bains individuelles où les mala des devaient sans doute se nettoyer avant d'entrer dans la piscine. |
L’eau qui alimentait les thermes Romains, était de
l’eau de source amenée par des canalisations souterraines ou des aquedues — et comme on attachait un grand prix à ce que l’eau fut très claire, on suspendait parfois comme à Rome, par exemple — des sacs de toile à l’ouverture des canalisations, pour la filtrer, en quelque sorte.
On tenait aussi à ce que la lumière entrât à flots à toute heure du jour. Aussi les établissements étaient-ils le plus souvent orientés vers le midi et le couchant et étaient pourvus de larges fenêtres.
Jusqu'à l’avènement de l'Empereur Justinien il semble bien qu'aucun règlement n'ait régi le fonctionnement des thermes publics”
C’est Justinien, qui le premier, en effet, promulga des édits défendant aux lépreux et à tous les malades contagieux, l’accès des piscines. Ces édits méritent d’être signalés.
Au moyen âge, et pendant la Renaïssance, les pratiques balnéaires furent aussi en honneur dans toutes les classes de la société. |
L’historien de Charlemagne, Eguibard, nous apprend que cet empereur avait dans son palais d'Aix la-Chapelle, une piscine où cent personnes pouvaient prendre leur baïn en même, temps.
A Paris, la plupart des quartiers avaïent leurs étuves, et chose interéssante, en temps d’épidémie,
les établissements étaient fermés, par mesure d’hygiène. |
Montaigne nous dit que le Bailli des Vosges publiaïit chaque année un règlement concernant les eaux de Plombières.
« Les maistres des dits béings doivent prendre soigneuse garde, et visiter le corps de ceux qui y entrent tant de jour que de nuit, et, celà pour obvier à plusieurs contagions et infections qui s’y pourraient ensendrer ».
… Sous Louis XIII commença le déclin des piscines. Les médecins en furent un peu la cause, car ils les accusaient de propager la syphilis. La rumeur publique, qui prend naissance parfois on ne sait Comme, accusa les piscines de « rendre mères les femmés de bien et les nubiles, à leur insu ».
Cette accusation ridicule donna le coup de grâce aux établissements de bains.
Puis, vint la tourmente Révolutionnaire, et ce n’est guère qu’au début de XIXe siècle que réapparurent les établissements de natation. Célui de Tivoli, sis, 88, rue Saint-Lazare, fut parmi les plus célèbres, mais d’une façon générale on peut dire que ces établissements n’étaient accessibles qu'aux gens fortunés.
Il faut arriver aux toutes dernières années d’aprèsguerre, pour voir enfin les piscines prendre l'essor qu’on connaït.
Avant la guerre, Paris possédait des établissements de natation, maïs leur état de délabrement était tel, qu'on en vint à construire de nouveaux, plus vastes et plus somptueux.
Ces piscines sont très fréquentées, surtout en été ; on estime, en effet, que l’une d’elles a reçu plus de 600.000 baigneurs en un an.
On connaît à Paris, les piscines privées et les piscines municipales. Elles sont alimentées en eau po- - table ou en eau de puits artésiens. Bien souvent, malheureusement, l'eau n’est pas courante et est simple- ‘ment ‘renouvelée une fois par semaine. C’est pourquoi les directeurs des établissements, cherchent à ‘épurer leur eau par divers procédés : filtration contivue sur quartz — clarification préalable ou sulfate d’alumine — stérilisation au chlore.
La piscine d’un établissement ultra-moderne de Paris, mérite d’être citée. Elle mesure 33 mètres de long sur 9 de large, et a une contenance de 55.000 litres environ. Elle est alimentée en eau de source, eau potable, dont la température est portée de 12° à 27°.
L'appareil épurateur est constitué par un réservoir
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