‹ Considérations sur les Piscines des Villes et des Stations ThermalesChapitre 6 sur 21 · SITES · texte numérisé non relu

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de 50 litres d’eau de Javel, c’est-à-dire 164 grammes de chlore qui suffisent à stériliser le volume total de la piscine en 24 heures.

L'eau est refoulée sur une batterie de six filtres de 1 m. 50 de diamètre sur 1 m. 60 de haut.

Une fois par semaine,-la piscine est vidée entièrement et nettoyée à l’aide d’un balai aspirateur.

Malheureusement, il n’en est pas toujours ainsi et il existe des piscines — de moins en moins cependant, on doit le reconnaître — qui ne prennent pas toutes ces précautions. — Aussi, les maladies transmises par l’eau des piscines ont-elles été signalées depuis longtemps.

Nous avons vu que Justinien, pressentant les possibilités de contagion, avait pris un édit interdisant l’accès des bains aux lépreux et aux contagieux ; nous avons vu également qu’au XVIe siècle, à Plombières, le baïlli des Vosges prenait tous les ans un arrêté « pour obvier à plusieurs contagions et infections qui s’y pourraient engendrer » ; enfin, nous avons dit que sous Louis XIII les médecins accusaient les piscines de propager la syphilis..

Mais, il a fallu attendre jusqu’à ces dernières années pour que la question fut étudiée avec les soins qu’elle mérite.

Le professeur Bordas, a, dans plusieurs rapports, notamment à l’Académie des Sciences, appelé l’attention des hygiénistes sur cette importante question et le Professeur Tanon avec ses collaborateurs, les

Docteurs Neveu, Petitclere et Strouzer, ont publié plusieurs études d'ensemble sur ce sujet.

Déjà, en 1899, Schultz avait accusé une piscine de Berlin, d’être la cause d’une épidémie de trachome, et, en 1900, Fehr recueillit 40 nouvelles observations — les autorités, justement émues, fermèrent les piscines. En 1911, Atkins décrivit de nombreux cas de contamination.

En 1913, à Londres, une commission nommée par le Royal Sanitary Institute, fut chargée d’analyser l'eau de différentes piscines, et constata que les eaux étaient fortement polluées par les baiïgneures, puisqu’on y trouva du Bacille d'Eberth et même du Bacille de Koch.

En 1922, le Docteur Terlinck, signala, à la Société Belge d’ophtalmologie, 20 cas de trachome dont 17 imputables à un seul établissement.

Un peu plus tard, en 1924, le Docteur Levassort rapporta plusieurs cas de spirochétoses chez des habitués des piscines à Paris.

C’est à ce moment, qu’à la suite d’une demande de renseignements de la Direction de l'Hygiène, des enquêtes furent faites, et firent l’objet d’un rapport du Docteur Bordas au conseil supérieur d’hygiène publique de France.

Voici les principales conclusions de ce rapport du 31 mars 1924, que le Conseil adopta :

« Obtenir la pureté chimique et bactérienne de

l’eau initiale ;.

DEC ee

Cette eau, avant tout contact, doit être renouvelée quotidiennement, ou presque ;

La disposition des locaux doit obliger le public, avant qu’il ne soit admis au bassin, de passer par une visite médicale, un pédiluve soigné, une douche :avecsavonnage ;

Outre le service nrédiénl, il existera un service d’ordre analogue à celui des théâtres, vélodromes, réunions sportives, pour faire respecter les règlements-et la discipline ;

Modifier ou éomptétér les règlements régissant les établissements de bains publics ;

Eduquer les masses ».

Chargé de faire des, prélèvements .dans les, différentes piscines, le Docteur Neveu a. trouvé. de 25.000

à 40.000 coli-bacilles par litre. Les chiffres variaient selon le nombre de baigneurs et la date du prélèvement. Le Docteur Neveu . a confirmé, par ses recherches, que l'accroissement rapide du nombre de germes pendant les 3 premiers jours, subissait après cette date, un arrêt de développement.

Les analyses ont montré également, que le nombre des colonies microbiennes était plus élevé dans les piscines fréquentées par les femmes. Ce fait a déjà été signalé en Angleterre.

Les causes de contamination s' ‘expliquent fort bien: d’abord, la peau des baigneurs apporte les souillures de ila ville, ainsi que certaines affections :parasitaires ; ensuite, certaines maladies, comme la blen-

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