chapitre les rapports de lépilepsie et de Fintoxication alcoolique
Causes occasionnelles des attaques épileptiques
Sous le nom d’épilepsie réflexe ou sympathique, Brown- Sequard classait un certain nombre de faits où l'attaque survenait à la suite d’excitations nerveuses périphériques. En coupant et en irritant des sciatiques de cochons d’Inde, ce physiologiste déterminait au bout d’un certain nombre de jours des crises comitiales. Ainsi préparés, ces animaux réagissaient par l’excitation de certaines régions cutanées que l’on a appelé « zones épileptogènes », par exemple la région cutanée de l'angle de la mâchoire inférieure. Brown-Sequard a réuni ainsi trente observations où l'excitation des zones épileptogènes étaient suivies d'attaques.
Voisin rapporte le cas d’un malade chez lequel la pression de l'angle maxillaire droit provoquait des convulsions dans les muscles du cou, dans ceux de la face du même côté et un étourdissement passager suivi de rougeur du visage. Le malade de Defoy faisait une attaque dès qu'on lui pinçait l’aile du nez ou l'oreille. Bochefontaine trouva une zone épileptogène qui comprenait le lobule de l'oreille gauche et la région cervicale correspondante (1875). Le malade de Gowers (1881) provoquait des attaques à volonté dès qu'il se touchait la peau au niveau de l'angle inférieur de l’omoplate gauche. Dieulafoy dans sa thèse d'agrégation de 1875 parle d'un malade chez qui un pincement de la peau du cou et de la face du côté gauche suffisait pour amener des convulsions du côté gauche. Un amputé d’Azam, était pris d'attaques épileptiques en même temps que de douleurs atroces dans le sciatique : une section du nerf suspendit les convulsions et les douleurs (Letievant). Billeroth parle également d’un sujet qui faisait des crises à l’occasion d’une contusion du sciatique. Garnier (1872) donne une observation identique. Citons
encore le cas de crises consécutives à une tumeur du pouce
(Caron, 1802), celui de Lande (1875) dans lequel les attaques
semblent produites par une plaie du médian due à un coup de feu. Périer, cité par Féré, a vu des crises, en rapport avec la présence d’un fragment d’aiguille, se produire pendant douze ans et cesser à la suite de l'extraction de ce corps étranger. Magnan a vu un malade faire des crises à la suite d’un coup de pied de cheval au talon gauche. Van Swieten, Esquiral, Russel, Reynold ont cité des cas où les attaques étaient provoquées par l'excitation de la région plantaire.
Les rapports de l'épilepsie et des accidents de la dentition sont connus. Ces convulsions des dents des enfants ne peuvent être séparées de l’épilepsie. Un malade de Féré, après une suspension de dix ans fut repris d'attaques épileptiques à propos de l’éruption douloureuse d’une dent de sagesse. Foville a vu des cas où les crises paraissaient être redevables de la carie dentaire et Trousseau rapporte l'observation de ce clerc de notaire dont Foville supprima les paroxysmes comitiaux par l'avulsion des dents malades. Fiber cite un cas d’épilepsie réveillée par une névralgie faciale.
Ces excitations anormales des branches du trijumeau ont été accusées par divers autéurs de produire les crises. Galesowski, en 1889, dans une note à l'Académie de médecine rapporte l’observation d’un jeune homme qui avait perdu l'œil gauche depuis six ans et dont les premiers accidents épileptiques coïncidaient avec une névrite optique et qui disparurent ultérieurement par l’énucléation de l’œil.
Les vers dans les narines (Sauvages), les corps étrangers dans les sinus frontaux (Legrand du Saulle), les polypes du nez (Finke) ont été également notés comme ayant été la cause d’attaques.
Lesirritations du nerfauditifdétermineraient souvent les manifestations comitiales : Magnes et Nocard ont démontré que l’épilepsie du chien était très souvent en rapport avec un bouchon de cérumen renfermant des acares particuliers dont la présence rend la maladie contagieuse. Voisin, Hamilton (1878), Bouche-