‹ Considérations sur les rapports de l'épilepsie latente avec l'alcoolismeChapitre 41 sur 58 · Joffrov et Serveaux, Revue neurologique, 1900, p · texte numérisé non relu

Joffrov et Serveaux, Revue neurologique, 1900, p

re

LA

74 LES RAPPORTS DE L'ÉPILEPSIE LATENTE AVEC L ALCOOLISME de

% ont eu des convulsions généralisées mais n’affectant pas le type épileptique ; 83 ont eu des convulsions localisées ;

25 n’ont présenté aucun phénomène convulsif.

Sur les 32 chiens mis en expérience :

1 seul à eu une attaque d’épilepsie ;

Aucun n’a eu d'attaques convulsives généralisées ;

22 ont eu des convulsions localisées ;

9 n’ont présenté aucun phénomène convulsif.

« De sorte que l’on peut conclure que l’intoxication éthylique suraiguë grave, donne rarement lieu à l’épilepsie ainsi qu'aux convulsions généralisées ; souvent elle donne lieu à des convulsions localisées, parfois elle ne donne lieu à aucun phénomène convulsif ».

2° INTOXICATION PAR LE FURFUROL ({oxicité expérimentale el toxicilé vraie).

Ces recherches ont été faites avec du furfurol du commerce et du furfurol chimiquement pur fourni par le laboratoire.

Sur 85 animaux qui ont servi à ces expériences :

19 ont eu une grande attaque d’épilepsie ;

18 ont eu des convulsions généralisées ;

25 ont eu des convulsions localisées ;

23 n'ont présenté aucun phénomène convulsif.

« De sorte que l’on peut conclure que l’intoxication furfurolée suraiguë grave se traduit chez la moitié des animaux par de l'épilepsie où des convulsions généralisées, chez un quart, par des convulsions localisées, pendant que le reste des animaux. un quart environ, ne présente aucun phénomène convulsif ».

3 INTOXICATION PAR L'ALDÉHYDE. — 50 lapins ont été injectés.

Toxicité expérimentale

5 lapins ayant recu dans la veine marginale de l’oreille une injection d'aldéhyde jusqu'à production de la mort, ont présenté tous des convulsions localisées.

Toxicité vraie et

45 lapins ayant recu dans les veines ou dans l'épaisseur des

muscles une quantité de solution d’aldéhyde se rapprochant de la dose toxique, 22 sont morts, 23 ont survécu.

8 lapins dont 3 ont survécu ont présenté une grande attaque | d’épilepsie.

9 ont eu 14 MAT généralisées.

17 ont présenté des convulsions localisées.

11 n’ont présenté aucun phénomène convulsif. :

8 chiens ont également reçu dans les veines ou dans l'épais-

seur des muscles une quantité d’aldéhyde voisine de la dose toxique : 3sont morts ; 2:

5 ontsurvéeu.

Aucun de ces chiens n’a eu de convulsions.

4° INTOXICATION PAR L'ABSINTHE ({oxicité expérimentale.

10 lapins ont recu dans la veine marginale de l'oreille, une injection d’une solution d’absinthe continuée jusqn ’à ce que la mort soit survenue.

1 de ces animaux a eu une grande attaque d’épilepsie.

2 ont en des convulsions généralisées ;

4 n’ont eu que des convulsions localisées ;

3 n’ont présenté aucun phénomène convulsif.

Conclusions. — « En se basant dans des conditions expéri-

mentales aussi semblables que possible, on arrive pour certains

symptômes et en particulier pour ce qui a trait aux phénomènes convulsifs, à des résultats tout à fait dissemblables.

Pour expliquer la variabilité des réactions motrices dans des expériences identiques, on est obligé d’invoquer la différence des propriétés de l’organisme, différence qui se rattache aux conditions variables dans lesquelles se sont faits la conception et le développement intra et extra-utérins ; on est obligé en un mot d'invoquer la prédisposition originelle ou acquise qui fait que certains animaux ont les uns une aptitude convulsive excessive, les autres une aptitude convulsive moindre et presque nulle »

(J. et S.).

furfurol, etc.), se suffisent à elles-mêmes pour produire de toutes

accès délirant qui l’a obligé d'abandonner la diplomatie. Il n'a

Comme on le voit, Joffroy s'éloigne de la conception que s'était faite Magnan au sujet du rôle de l'absinthe, des essences et des alcools supérieurs dans la genèse de l’épilepsie.

Tandis que Joffroy réclame pour la production des attaques sous l’influence des intoxications alcooliques, une prédisposition

due à l'hérédité, aux circonstances de la conception, de Ia naissance, du développement, € une déviation de l'organisme », Magnan pense que certaines substances particulières (absinthe, ‘4

pièces l’attaque. Seule, l’intoxication éthylique nécessite pour t. cet auteur l'influence de la prédisposition. À

Joffroy, à l'appui de ces expériences, donne un certain nombre d'observations cliniques où l’on. voit l’absinthe absorbée à

haute dose ne produire aucun accident comitial. Une des plus | typiques est celle-ci (1) :

« Il s’agit d’un ancien diplomate âgé de 50 ans, ayant des 4 habitudes alcooliques depuis l'âge de 18 ans. Il abuse de toutes | espèces de boissons alcooliques : vins, cognac, coktail, mais sur- | tout absinthe. Depuis plus de vingt ans, il boit quotidiennement deux ou trois verres d’'absinthe. Ce chiffre minimum est généralement dépassé et il n'est pas rare qu'il en prenne cinq | ou six et même parfois jusqu'à quinze dans la journée. Cet | homme présente aujourd'hui d’une manière non douteuse, les stigmates de l'alcoolisme chronique... [l y a dix ans, il a fait un

pas pour cela renoncé à ses habitudes alcooliques ; mais, et c'est là le point intéressant pour nous, ce grand buveur d'absin- | the n'a jamais, jusqu'à ce jour, éprouvé le moindre accident convulsif ».

Depuis longtemps d’ailleurs, la notion de l’absinthe fatalement convulsive à été combattue. « Si l'on procède par la voie d'absorption gastrique, écrit Drouet (2), il faut, d'après Magnan, administrer 4 grammes et plus d'essence d’absinthe à un chien |

1. Joffroy. De l'aptitude convulsive, loco citato. 2. Drouet, loco citato.

de petite taille (pesant 6 kilogr.) pour le rendre épileptique. En supposant à l’homme une susceptibilité convulsive égale à celle des animaux du genre canis, il faudrait, vu la différence du poids entre l'homme et le chien, donner à un adulte au moins 40 grammes d'essence pour amener les mêmes attaques. MM. Marcé et Debout, qui se sont occupés incidemment de sa composition, nous apprennent, en effet, qu'elles renferment au maximum 20 grammes par 100 litres: Quel buveur à jamais absorbé en peu de temps pareille dose de liquide ? » 6

Drouet parle de nombreux buveurs qui absorbent douze, quinze et même dix-huit petits verres d'absinthe dans une seule Journée sans jamais avoir d'attaque. Il donne une série de faits à l’appui de la thèse qu'il défend et conclut que ces faits « prouvent surabondamment, non pas que l’absinthe ne produit jamais de convulsions, mais qu’elle est loin d’en déterminer d'une facon constante ou même habituelle ». |

La rareté des épileptiques dans le nombre considérable des buveurs d’absinthe est un fait connu.

Pour notre part, durant notre première année d’internat que nous avons faite dans le service spécial des alcooliques de lasile de Ville-Evrard, nous avons vu maintes fois des malades n'avoir jamais eu de crises épileptiques ou même de simples vertiges malgré une intoxication absinthique des plus intenses. Nous ne pouvons nous empêcher de citer l'observation (1) d’un ancien soldat de la légion étrangère, Sigur G... P..., qui contracta aux colonies l'habitude de boire de l’absinthe et qui, revenu à Paris, put obtenir une place dans une ambassade de son pays d’'origine. Cet ancien militaire continua à Paris ses habitudes d’intempérance. Il passait des nuits entières à boire et prenait souvent dans la même journée, nous a-t-il avoué, dix ou quinze absinthes. Le résultat ne se fit pas attendre : bientôt des idées vagues de persécution germent dans son esprit, son entourage lui en veut, le ministre le coupera en morceaux. Des hallucinations terrifiantes surviennent. À l’asile ces accidents durent six

Page 1