‹ Considérations sur les rapports de l'épilepsie latente avec l'alcoolismeChapitre 48 sur 58 · Communiquée par M. Delmas, chef de clinique · texte numérisé non relu

Communiquée par M. Delmas, chef de clinique

OBSERVATIONS on

le premier de sa classe et son père regrettait de n'avoir pas les moyens © de lui faire continuer ses études. Il a eu son certificat d’études. Vif, gai, expansif, jamais triste, il n’a jamais eu de mouvements PTE l'excès. Il n’a jamais eu de crises durant sa jeunesse. se U quitte l’école à 45 ans et jusqu’à 19 ans il aide son père aux tra: vaux des champs.

à À 19 ans, il vient à Paris pour s’y faire une situation. Il travaille d’abord chez son oncle comme garçon marchand de vins pendant deux mois puis comme sommelier dans un restaurant pendant deux ans. Ine buvait que très peu jusqu'à son arrivée à Paris mais après il commença à s’alcooliser (1 litre 172 de vin par jour, quelques petits verres, etc.).

A 21 ans il part sous les drapeaux et fait une année à Chaumont . (frère sous les drapeaux). Durant son séjour à la caserne il n’a encouru aucune punition. Il ne buvait pas beaucoup faute d'argent.

Rendu à la vie civile, il reprend son métier de sommelier, profession

qu'il a toujours exercée jusqu’à la veille de son internement. Il n’a fait que deux patrons et est resté 14 ans chez le dernier.

Vers l’âge de 25 ou 26 ans, le malade a eu une écorchure à la verge sur le prépuce qui aurait duré une quinzaine de jours. Cet accident dont il est difficile de bien préciser la nature ne paraît avoir eu aucune suite.

J...se marie au mois de juin 4908.11 a un enfant venu à terme, bien portant mais qui meurt à un an au milieu de convulsions.

sommation en alcool. [l prétend ne s'être saoûlé que très rarement mais il avoue qu’il buvait régulièrement tous les jours 2 litres 1/2 de vin,un petit verre après le repas du midi et un apéritif de temps en temps Il en arrive bientôt à boire trois ou quatre absinthes par jour et finit par y renoncer parce que ses excès absinthiques lui donnaient « la tremblotte ». En réalité ce n’est que depuis cinq mois qu’il a cessé de prendre de l’absinthe

Octobre 1905. — Première crise. — TLorsqu’en 1905, en faisant un déménagement, vers quatre ou cinq heures de l'après-midi, il tombe brusquement, perd connaissance, se contracte violemment. Cette période de contraction est bientôt suivie d’une autre de mouvements convulsifs. L'écume apparaît entre les lèvres, il y a du mâchonnement mais pas de morsures de la langue. Pas de miction involontaire.

Cet état dure quelques minutes, le malade revient à lui et retombe dans un sommeil torpide qui dure une heure. Amnésie complète.

Le surlendemain le malade reprend ses occupations et ses habitudes de boisson comme d’habitude.

Au cours de l'exercice de son métier, il augmente petit à petit la con-.

6 (LES narnonrs DE L’ "ÉPILEPSIE

Fe 1908. — nr avant cette première crise le malade n 'avit. é eu de manifestations convulsives. Il n’eut plus d'attaques après ce prée mier accident jusqu'en 1908. ;l

Depuis le 1er avril 1908 il présentait des signes évidents d’alcoolisme “ chronique : il avait des cauchemars nocturnes qui survenaient plusieurs nuits de suite et disparaissaient. [l pouvait ainsi passer huit à dix nuits de suite dans le calme. Il voyait dans ses rêves des animaux de toutes sortes, il avait également des préoccupations pe ONCE pathospomaniques ph

Dans la journée il lui arrivait d'avoir des illusions ou des hallucina- | tions, tantôt c'étaient des objets divers qu'il voyait sur la table, tantôt +

c’étaient des animaux (chats) et il se dérangeait pour chasser ces fan- 0 tômes imaginaires. | ea Len

Les troubles gastriques étaient fréquents : pyrosis, nausées le matin, pituites. Depuis longtemps déjà le tremblement des doigts était ci apparu. D “

Deuxième crise. — Un ne soir, le 6 Fe vers six heures, pendant

- son travail, il tombe et perd connaissance. T1 ne sait pas ce qui s’est passé, mais on lui a dit qu’il s'était remué un peu une fois à terre et que sa perte de connaissance n'avait duré qu'une minute ou deux.

Revenu à lui, il ne se sent ni très fatigué, ni très mal à la tête,néan-

moins il rentre se coucher chez lui.

4 Troisième crise. — I] vient de se mettre au lit lorsqu'il a une nou-

‘1 velle perte de connaissance avec quelques mouvements. convulsifs, le x tout rapide et peu intense ; il n'urine pas au lit et ne se mord pas la < l langue. À L- Délire alcoolique et internement. — Alors dans la nuit surviennent des :

troubles psycho-sensoriels, une désorientation complète, une agitation motrice incessante. Il a des visions terrifiantes d'animaux ayant des formes fantastiques et étranges. Il perçoit des sensations de contact, d'attouchements sur la peau, des bêtes courent sur lui. Des bruits CON 520 % fus de voix frappent son oreille sans qu’il puisse distinguer les mots. Il | #4 veut se lever, sortir par la fenêtre qu’il prend pour une porte. ES. Cet état persiste le lundi et le mardi, puis il y a un trou dans la À mémoire du malade etil ne se souvient pas du médecin qui l’a visité, ve de l'infirmerie spéciale, de l'asile clinique. C'est le mercredi matin seulement, après avoir dormi, qu’il se (4 réveille et apprend par ses camarades de lit, qu’il se trouve hospitalisé. Mai 1908. — Actuellement le malade est redevenu très lucide, reconnaît le caractère morbide de ses troubles et convient très nette- Fe ment que ce sont les excès de boisson qui les ont amenés. à É- Jl Un cependant quelques symptômes inquiétants et peu rares

dans l'alcoolisme chronique. Il a de l'inégalité pupillaire, un tremblewent fibrillaire dé la langue avec une plaque leucoplasique sur le bord droit de cet organe que le malade attribue à un chicot. Les réflexes patellaires sont un peu faibles. La ponction lombaire a été négative quant à l’albumine et aux lymphocytes.

Le malade n’a pas eu de nouvelles crises ddr sont internement et sort le 45 mai 1908 sur la demande de sa femme.

En résumé J... n’a pas d'hérédité alcoolique, nerveuse ou vésanique avérée, n’en à pas moins eu un enfant mort d'accidents, bien probablement comitiaux. Il se livre à partir de 22 ans à des excès de boisson qui augmentent progressivement. À 34 ans l'aptitude convulsive jusque-là latente, se réveille pour la première fois.

À 37 ans deux nouveaux paroxysmes manifestent une épilepsie redevenue latente. L'origine alcoolique des crises est suffisamment attestée par les aveux du malade, ses signes objectifs et surtout l'accident subaigu qui à nécessité l’internement.

Observation 2 (service de M. le professeur Joffroy) (1). — Hérédo-

alcoolisme. — Convulsions dans l'enfance. — Alcoolisme el absinthisme depuis l'âge de 14 ans. — Première attaque à 21 ans. — Répétition fréquente des attaques en relation avec les abus de boissons. — Internement.

L... Alphonse, 26 ans, charretier, entre le 31 mars 1908, dans le service de la clinique de Sainte-Anne.

Antécédents héréditaires. — Le père est vivant ; il a 55 ans, c’est un alcoolique qui est presque toujours ivre. I boit surtout du vin et du rhum. La mère est vivante, elle a 48 ans et se porte bien.

Le malade a eu trois sœurs mortes entre 3 et 4 ans au milieu de

convulsions. Trois frères sont morts en bas âge ; ils avaient également des convulsions. Il existe quatre frères vivants n’ayant jamais présenté d'accidents épileptiques.

Antécédents personnels. — Venu à terme, L... a présenté dans son enfance des convulsions à un ou äeux ans. Jamais d'autre maladie. Il va en classe, mais il ne fait aucun progrès et ses parents n’en pouvant rien faire, le retirent de l’école à 11 ans et l’envoient garder des vaches. Ilentre à 14 ans dans une faïencerie et à 17 ans devient cocher dans la même maison et fait la livraison. Il fait son service militaire, et bientôt il est réformé au bout de sept mois de service et redevient cocher de livraison jusqu'à 24 ans. Il devient ensuite cocher chez un tapissier où il travaille encore aujourd'hui.

Il boit depuis l’âge de 14 ans. C’est à partir de ce moment qu'il con-

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