Due à l’obligeance de M. Delmas. chef de clinique
Il a deux sœurs bien portantes, cinq sont mortes en bas Âge de cause inconnue.
Antécédents personnels. — Le malade n’a pas de renseignements de ses premières années ; on n’a pas entendu dire s’il avait été. malade à cette époque.
A l’école jusqu’à 13 ans, il n’a pas eu son certificat d’études. Il apprenait d’ailleurs difficilement.
Jamais de crises à cette époque.
Ïl a travaillé après sa sortie de l’école pendant deux ans dans une maison de caoutchouc ; il aurait quitté cette maison, parce que, dit-il, il se battait avec ses camarades. Il est devenu ensuite débardeur pour le charbon, profession qu’il a exercé jusqu’à son internement.
Il buvait beaucoup. Il avoue qu’il lui arrivait de consommer jusqu’à cinq ou six litres de vin par jour, sans compter le rhum dans de café et les différents apéritifs : goudron, amer, absinthe.
De temps en temps il faisait un excès massif et rentrait ivre une ou deux fois par semaine.
Les signes de l'alcoolisme chronique ne tardèrent pas à apparaître, il eut bientôt des crampes dans les jambes, du tremblement, des céphalées.
Première crise. — Il avait 18 ans, un an par conséquent avant son internement, lorsqu'il fit sa première attaque d’épilepsie. Le lendemain matin d’un jour où il avait bu plus que de coutume, il se promenait avec son père dans la rue, lorsque brusquement il est tombé comme une masse, sans aura. Il est resté environ trois minutes sans connaissance, sans se débattre, sans morsure de la längue, sans miction.
Répétition des crises. — Depuis cette époque, les crises se sont répétées continuellement de façon plus ou moins espacée, tantôt tous les quatre ou cinq jours, tantôt seulement tous les quinze jours. Ces crises, dit le malade, survenaient à chaque excès de boissons, et se reproduisaient toujours de la même façon : pas de cri initial, pas d’aura, chute brusque, en avant et sur le côté droit, perte de connaissance de deux à trois minutes. Pas de convulsion, ni morsure de la langue, ni miction. Un jour, il s'est, dans une chute, fracturé les deux incisives gauches de la mâchoire supérieure.
Ces crises ne sont jamais survenues au cours du travail, elles sont toujours apparues dans les heures ou la journée qui suivait une ivresse. :
1% mai 1908. — Le malade est depuis quinze jours dans le service lorsqu’en jouant aux cartes il a un vertige, puis il tombe par terre. Il se relève aussitôt, il n’a pas perdu connaissance.
4æj juin. 1908. — Le malade n’a pas s présenté. jo crises Hs dans le service. AN ET
| Observation 4 (personnelle). — A/coolisme chronique. — Première de attaque à 25 ans. — Attaques peu fréquentes, directement en relation avec l'intoxication alcoolique. — Internement. — Disparition des % crises. ; L..., Alexandre, fleuriste, 43 ans, est un malade que n’a aucun ann : cédent héréditaire. Son père est mort de vieillesse à 77 ans : sa mère ne est morte de tuberculose. re C’est un alcoolique avéré. Il est d’ ailleurs entré dans le service spécial de Ville-Evrard à l’occasion d’accidents cérébraux alcooliques: avec idées ess et haluemations multiples de la vue et de ie ouie.
Il a eu sa première crise d’ épilepsie ily a “re ans, à l’âge de 25 ans, par conséquent. ; Cette première: Hanifeétation comitiale da survenue à la ue : d’un choc moral, d’une peur. Mais d’après les circonstances qui entouraient cette attaque, notamment le délire alcoolique typique, tout porte à croire que l'alcool ne fut pas étranger à cette manifestation de l’épilepsie. de Ces attaques se is reproduites huit ou dix fois en deux ans et tou- î jours à la suite d’excès alcooliques.
Le malade rompit alors avec ses mauvaises habitudes et pendant ! quinze ans il n’a plus de crise, il lui reste cependant des petits vertiges Es « d’un instant ». a - Quinze mois avant son entrée à asile, le malade fait une nonelle crise d’épilepsie à la suite d’un nouvel excès. ;
E 2 juin 1902. — Le malade ne renonce pas à ses habitudes de bois- sons, il prend de Palcool, surtout du curaçao et de l’anisette, à raison [0 de deux ou trois par jour.
De Il fait alors une nouvelle attaque comitiale suivie d’un délire violent,
04 Il va se plaindre au commissaire de police qui l'envoie au dépôt Gui | < = 1902).
É. A l'asile, le malade présente tous les symptômes de l'alcoolisme
| — chronique, il raconte qu’il boit du vermout et des amers indépendam- : ment du vin.
nn Dans le service, L... ne présente aucun accident comitial et sort le É 12 juillet 1902.
Observation 5 (personnelle). — Syphilis. — Alcoolisme chronique. — Première attaque d'épilepsie à 38 ans avec délire consécutif. — Vertiges. — Deuxième attaque six mois après en rapport avec de nouveaux
excès de boissons. — [nternement. — Disparition des vertiges et des
allaques. :
Ch... Jean, 38 ans, boulanger, entre dans le service des alcooliques de l'asile de Ville-Evrard pour délire post-épileptique
Anlécédents héréditaires. — Rien dans la famille. Le père est mort d'accident (noyade). Il n’était pas buveur.
La mère est morte de vieillesse à 70 ans. Un frère se porte bien.
Une fausse couche due sans doute à la syphilis du père.
Deux enfants, dont un bien portant, l’autre mort à trois mois de diarrhée. .
Pas d’aliénés ni d’épileptiques connus dans la famille.
Antécédents personnels. — Le malade contracte un chancre induré en 1899. Mauriac pratique sur lui l'éradication du-chancre. Il n’eut, paraîtil, aucun accident secondaire ni aucune suite. Il se traita par le mercureipendant quelques jours et cessa tout traitement.
Depuis quelques années, il présente un gros foie, du subictère des conjonctives ; $es urines sont jaunes acajou. Il a des épistaxis fréquentes. Pas d’autres maladies.
Ce malade est un buveur. Il buvait surtout autrefois. Actuellement il consomme trois litres de vin blanc par jour. Il ne prend plus d’absinthe depuis dix ans.
Il ya six mois, le malade présenta pour la première fois une attaque d'épilepsie. Il sentit tout à coup une boule lui remonter le long du cou et s'arrêter dans la gorge, puis il tomba raide sans connaissance. Il se réveilla quelques temps après la langue mordue, la bouche ensanglantée. Il n’y a pas eu d'émission d'urine ni de matières fécales.
Trois jours après cette attaque, le malade fit des accidents cérébraux subaigus avec hallucinations multiples de la vue et de l’ouïe où prédominaient ses préoccupations professionnelles : il voyait ses clients, rendait la monnaie, ete. Ces accidents post-épileptiques durèrent deux
jours.
Jamais il n'eut de crise de nerfs ni de vertiges. Jamais il ne s’est éveillé avec la langue mordue, ses draps mouillés d'urine. Il n’a pas eu de convulsions dans sa jeunesse.
Ch... avait fait des excès de boissons quelques jours avant l’attaque. Il se promet d’être sobre et effectivement, pendant quelques temps, il boit beaucoup moins. Mais ses bonnes résolutions ne durent pas.
Ls 28 janvier 1908, le malade entre dans le service pour de nouveaux accidents post-épileptiques. Depuis sa première crise il avait des étourdissements et des vertiges, lorsqu'un jour il a tout à coup un tremblement énorme qui dure quelques secondes, tombe raide et reste une
demi-heure sans connaissance ; il se débat par terre, se mord la langue. Il revient bientôt à lui, tout étourdi. se,
Trois jours après, un délire violent apparaît : il a des hallucinations de la vue: des hommes marchent devant lui en tous sens, des représentations cinématographiques défilent devant ses yeux, un prêtre lui jette de l’eau bénite, etc., il va se plaindre au commissaire de police qui l'envoie au dépôt.
A l'asile, le malade avoue ses excès alcooliques. Il présente d’ailleurs tous les signes de l’intoxication chronique : pituites, crampes, zoopsie, tremblement accusé des mains, etc. Les hallucinations ont disparu.
Le 10 février 1908, quinze jours après son entrée, le malade va bien. Il est soumis à l’abstinence et n’a pas eu de nouvelles crises depuis qu'il est dans le service.
Le 3 mars 1908, ce malade n’a présenté dans le service aucun accident épileptique. Il sort très amélioré.
En somme Ch... a eu à 38 ans pour la première fois un attaque épileptique bien caractérisée. Cette crise est provoquée par l’intoxication alcoolique. Il se modère ensuite mais ne tarde pas à faire de nouveaux excès qui réveillent l’épilepsie devenue latente, Dans le service le malade sevré d’alcool n’a plus aucun accident comitial, pas même les vertiges quil présentait avant la seconde crise.
Observation 6 (personnelle). — Paludisme. — Alcoohsme et absinthisme. — Première attaque d'épilepsie à l’âge dc 38 ans sous l'in-
[luence ‘le l'alcool et de la fièvre paludéenne. — Six attaques espacées
ensuile, en rapport avec le paludisme et l'alcool. — Internement. —
Suppression des attaques.
V..., Emile, 40 ans, homme de peine, entre dans le service spécial de Pile de Ville-Evrard pour accidents cérébraux subaigus alcoohques.
Antécédents héréditaires. — Le père est mort de tuberculose. La mère est morte à 77 ans Il est le seul survivant de huit enfants morts de la tuberculose. Le malade a trois enfants bien portants.
Pas d’aliénés ni d’épileptiques connus dans la famille.
Antécédents personnels. — Le malade à contracté le paludisme au Tonkin en 1885 où il resta 31 mois. Les fièvres ont duré quatre mois sans discontinuer et les accès reviennent de temps en temps.
C’est au Tonkin qu'il a pris l’habitude de boire. En Algérie 1l commença à boire de l’absinthe. Il ÿ a quelques années il eut une congestion pulmonaire, peut-être une poussée aiguë de tuberculose.
Septembre 1905.— Dans les premiers jours deseptembre1905ila une crise épileptiforme. I est tombé tout à coup sans connaissance, s’est débattu par terre et s’est mordu la langue.
Lorsqu'il revint à lui il fut en proie à une agitation extrême. Pendant quatre jours et quatre nuits, il eut des hallucinations multiples de la vue et de l’ouie avec du tremblement et des sueurs abondantes. Le cinquième jour, le matin, il s’est levé en sursaut, il voyait un homme devant lui, armé d’un couteau. Hs’est sauvé dans l'escalier en criant : «au secours ! à l'assassin ! ». C'est dans ces circonstances que V... fut arrêté et envoyé au dépôt.
Il eutsa première attaque deux ans auparavant, c’est-à-dire en 1903, au mois de juin, iltomba également sans connaissance et s’estmordu la langue. [l'avait bu ce jour-là et avait eu un accès fébrile ie matin.
Depuis ce temps V... a fait cinq ou six attaques d’épilepsie coïncidant avec une poussée fébrile et aussi avec des excès de boissons. ©
A son entrée à l’asile de Ville-Evrard, V. .. présente tous les signes de lPalcoolisme chronique. Il se rappelle son délire qu’il qualifie « d’espèce de cauchemar ». Il ne se souvient pas de ses attaques épileptiformes, il s’est cependant rendu compte qu'il s'était à plusieurs reprises mordu la langue.
Le 24 octobre 1905, le malade est dans le service où il s'améliore. Il rêve moins. [n’a pas de crises.
Le 30 novembre 1905, le malade sort de l'asile. Il n’a eu aucun accident comitial dans le service.
Observation ‘7 (personnelle). — Hérédo-alcoolisme. — Dégénérescence familiale. — Alcoolisme et absinthisme.— Première et deuxième crises d’épilepsie à 26 ans. — Délire alcoolique. — Internement. — Pas de crises à l'asile.
V..., Paul, 26 ans, tonnelier, entre dans le service spécial de l'asile de Ville-Evrard pour accidents cérébraux alcooliques aigus.
Antécédents héréditaires. — Le père est albuminurique. C’est un alcoolique chronique. Son crâne est bombé. Il présente des signes nombreux de dégénérescence.
La mère est hémiplégique gauche.
l'y à eu dix-sept frères et sœurs, trois seulement sont vivants, trois accouchements gémellaires, huit venus prématurément et morts-nés. Le dernier est venu avec une présentation vicieuse.
Parmi les six décédés aucun wa dépassé 5 ans 1/2.
Parmi les trois vivants, une fille de 22 ans bien portante, mariée. Un
frère épileptique, l'aîné de tous. C'est un buveur. Il à des crises depuis
l’âge de 16 ans. Pendant ses trois années de service militaire, ce jeune homme à eu une bonne conduite et n’a pas eu d'attaques.
Le dernier est le malade qui nous occupe et qui est le frère jumeau d’une petite fille, morte à 21 mois de tuberculose aiguë.
Antécédents personnels. — Ce malade est un grand buveur. Il boit du
LES HAFPORTS DE L ÉILRPETE, EATENTE AvRe f L' ALCOOLISME |
| vin, de l’absinthe. des amers. Il buvait dans ces derniers tape jusqu à
remontent à cinq ou Six ans.
Il a fait un an de service militaire et n’a subi aucune punition.
Pas de convulsions dans l'enfance. Pas de meMdie grave dansla rs Ÿ
nesse | #:
f 30 mai 1904. — Il y à une dizaine de jours, le malade eut des ta. lucinations multiples de la vue et de l’ouïe. Il voyait des apaches qui voulaient lui donner des coups de couteau. Un matin, il fait une chute au bas de son lit, il est raide, sans connaissance, puis il fait des convulsions, il se mord la langue, un sang spumeux s'écoule de la bouche.
Cette crise dure 10 minutes. Il revient à lui etse trouve en De àdes
Do. hallucinations terribles.
‘4 C'est sa première attaque (15 mai 1904). Jamaïs il n'avait eu le moin-
dre accident comitial. Cette crise et le délire qui l'a précédée sont en
HE. rapport avec des excès de boissons récents.
Be : Deux jours après, le 17 nai, le malade fait une nouvelle attaque puis
© tout rentre dans le Calme. Le délire alcoolique seul persiste. G
Internement. — Il entre dans le service le 30 mai. Il présente à ce
: moment tous les signes de l'alcoolisme chronique et des stigmates nom-
breux de dégénérescence.
“04 14 juin. — Le malade est amélioré, le délire à disparu. Pas d’ acci-
‘540 dent épileptique depuis l’internement. À
30 juillet. — Le malade sort de l'asile. Il n’a pas eu d attaque depuis …
4 son entrée,
Observation 8 (personnelle résumée). — Alcoolisme chronique. — Première crise à 30 ans après un excès de boissons. — Deuxième crise À avec délire. — Internement. — Pas de crises dans le service. # C-., Louis, 50 ans, employé, entre le 13 juin 1907 dans le service. Antécédents héréditaires et personnels. — Père, 12 ans, sobre ; mère, morte à 66 ans, cardiaque ; un frère, une sœur bien portants et sobres. 1} Fièvre typhoïde à l’âge de 12 ans, habitudes de boissons depuis cinq ou es Six ans.
4 Le malade a eu sa première crise d’épilepsie en 1889, le lendemain Ant de son mariage, par conséquent après de copieuses libations. | La deuxième crise est survenue quelques Jours avant son interne- |. ment. Après deux ou trois jours de malaise et d'insomnie, il tomba par KZ terre pendant qu’il déjeunait. Il a perdu connaissance et s’est mordu la langue. Dans la nuit il à eu du délire ; il voyait autour de lui des voleurs, des soldats, il se figurait être au restaurant, en train de servir les clients. C’est dans ces circonstances que le malade a été amené à se placer dans un asile.
Dans le service, C... n’a pas eu jusqu'à présent d'accident comitial (mai 1908).
Observation 9 (personnelle). — Alcoolisme. — Vertiges et allaques. — Internement. — Disparition des phénomènes comitiaux par l'abstinence. :
L..., 45 ans, employé à la pharmacie centrale des hôpitaux, entre le
4er septembre 1907 à l'asile de Ville-Evrard dans le service spécial des
alcooliques pour accidents aigus d'’alcoolisme chronique « délire furieux, dit le certificat de placement, avec vertiges épileptiques ».
Antécédents héréditaires. — Le père est mort à 62 ans de goutte.
La mère est morte de vieillesse.
Un frère est mort à 45 ans de tuberculose.
Sa femme se porte hien. Cinq fausses couches. Deux enfants morts de méningite tuberculeuse.
Antécédents personnels. — Le malade à eu quatre ans avant son entrée une attaque de rhumatisme articulaire.
Il s’alcoolise depuis longtemps : il boit quotidiennement trois litres
de vin et prend tous les jours du kirsch dans son café, sans compter |
les excès hebdomadaires.
Depuis deux ans L... présente des vertiges : « je ne pouvais, dit-il, rester un mois sans en avoir. J’en avais tous les jours par moments. Il m'est arrivé plusieurs fois de tomber sans connaissance, mais je ne me mordais pas la langue. Parfois il me semblait, toup à coup, que je partais, alors je me campronnais à un arbre ou à un bec de gaz pour ne pas tomber ».
Le malade s'améliore dans le service, il n’a plus ni crampes ni pitaites, le tremblement des mains est moins accusé.
Les vertiges ont complètement disparu.
14 septembre 1907. — Plus de vertige.
25 novembre 1907. — Aucun accident épileptique. Sortie.
Observation 10 (personnelle). — Trois attaques d'épilepsie. — 1877, 1894, 1902. — Deux attaques survenues sous l'influence de l'absinthe. — Internement. — Disparition des crises.
L..., 35 ans, marchand de quatre saisons, entre pour la deuxième fois dans le service spécial de Ville-Evrard, le 23 mai 1902, pour délire avec tentative de meurtre sur sa maîtresse.
Ce malade ne présente aucun antécédent héréditaire. Son père et sa mère sont bien portants ; un frère et une sœur bien portants également.
A l’âge de 10 ans, L... à fait une crise d’épilepsié, mais nous Ign0rons sous quelle influence.
3 el
AE
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es
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En 1894, à la suite d'une intoxication absinthique, il tombe tout à coup dans la rue a fait une attaque bien caractérisée. Il se réveille à la Pitié.
1902. -— Le malade n'a jamais présenté d'autre accident convulsif que les deux attaques dont nous venons de parler. Depuis sa dernière
crise il n'avait jamais eu de vertige ni d’étourdissement, lorsqu’en
1902, au mois de mai, il était aux Halles et prenait livraison d'un achat de légumes lorsqu'il tombe tout à coup. On le transporte à lin- :
firmerie spéciale du dépôt et c’est dans ces See que:L.:entte ss
à l'asile de Ville-Evrard. \
27 août 1902. — Le délire finit par disparattré et le malade se rend compte de son état. Il attribue sa maladie à une forte ingestion d’absinthe. 11 n'a pas eu d'accès vertigineux ni de crise de nerf dans le service.
II est soumis au régime de l’abstinence complète et reste dans le service jusqu’en novembre 1902. Il ne présente pas d'accidents comitiaux à l’asile. Il sort le 26 novembre 1902.
Observation 1 (service de M. le professeur Joffroy) (1). — Æérédoalcoolisme. — Traumatisme cérébral grave. — Intoxication alcoolique répélée et manifestations épileptiques consécutives (vertiges, équivalents et attaques classiques). — Internement et suppression de l'alcool : disparition complète des crises el latence de l'épulepsie.
P... Gaston-Romain, âgé de 26 ans, entre dans le service de la clini-
que le 2 décembre 1907.
Antécédents héréditaires. — Le père, âgé de 57 ans, était buveur depuis l’âge de 26”à 27 ans, assez bien portant actuellement.
La mère a 49 ans, elle est sobre, bien portante.
Comme enfants il y a : 1° une fille morte à dix mois de méningite ;
20 et 3, deux jumeaux dont le premier, le malade qui nous occupe, la
deuxième, une sœur de 26 ans, assez bien portante, un peu nerveuse,
très coléreuse ; 4° un garçon mort à quelques mois de ? ; 5° un garçon mort à dix mois de ?; 6° un garçon de 18 ans, sérieux, bien portant.
Pas de fausses couches ; pas d’antécédents nerveux ni vésaniques chez les autres ascendants ou collatéraux.
Antécédents personnels. — P... est venu à terme, Elevé en nourrice il devint athreptique et c’est seulement à partir de six mois qu'il fut bien portant.
A l’âge de 9 ou 10 ans il fit une otite suppurée qui dura plusieurs semaines.
Il va en classe de 5 à 13 ans et obtient son certificat d'études à 11 ans.
1. Due à l'obligeance de M. Delmas, chef de clinique. Gelma 7
OS LES RAPPORTS DE L'ÉPILEPSIE LATENTE AVEC L ALCOOLISME ILa vécu ainsi jusqu’à 13 ans à la campagne et à partir de cet âge il vient travailler comme garçon marchand de vins chez ses parents. ‘Il boit à cette époque environ deux litres de vin par jour mais il ne 4 s'est jamais grisé. Il se porte bien jusqu'à son départ pour le régi-
* ment et l’on ne constate chez lui rien d’anormal dans l'humeur et dans le caractère,
Il devient brigadier pendant son service militaire (train des équipa -
; ges)-et un jour il lui arrive de conduire un détachement de six cavaliers L ai de Nantes à Fontenay-le-Comte. +
i Juin 1904. — Entre Nantes et Montaigu, sa jument « Brunehaut »
de qu’il montait s’emballe; il est précipité à terre et tombe sans connais-
no sance ainsi qu'en témoigne le certificat d’origine de la blessure établi
: | parle médecin-major de 2€ classe Louët qui dit que « P... a été atteint
ia à la suite d’une chute de cheval de commotion cérébrale qui a nécessité son entrée immédiate à l'hôpital de Clisson » (41 juin 1904). P... est resté quatre jours dans le coma et il est sorti le cinquième jour de cet état par des convulsions.
Son amnésie est alors complète. Il n’a pas la moindre idée de HN Pece qui lui est arrivé et ses souvenirs s'arrêtent à la dernière bourgade è traversée : la Haie-Fouassière. On lui raconta alors qu'il était resté
absolument inerte péndant 24 heures et qu’ensuite il avait eu comme | | du délire : il ne reconnaissait plus personne, il prenait les officiers, qui | étaient venus le voir, pour des employés d'octroi de Paris. | Le malade est peu après transféré à l'hôpital de Nantes où il reste trois ou quatre semaines et obtient un mois de permission à titre de convalescence. à Rendu pour quelques temps à la vie civile il rentre chez ses parents. On le trouve bien changé chez lui. Il était triste, il avait des humeurs noires, il disait parfois quand on Ie questionnait : «Je suis ennuyé, je ne sais pas ce que j'ai ». 4] Sa mémoire était troublée : il oubliaitsouvent des choses qu'on venait $ de lui dire. : 1.
Parfois pendant une heure ou deux on le trouvait hébété, ÉEnubité, le regard fixe. Cet état débutait par de la pâleur et pendant quelques minutes il restait hébété et ne pouvait trouver tout de suite les réponses aux questions qu’on lui posait. [l ne revenait tout à fait À lui qu’au bout | d’une heure ou deux. Néanmoins, il n’y avait jamais d'absence complète, ni d’amnésie consécutive.
Pas de crises convulsives ou de manifestations épileptiques autres pendant ce premier mois de convalescence.
Août 1904. — P... revient à Nantes à l’ expiration de sa permission, mais il se plaint de l’infidélité de sa mémoire et demande à rentrer à
LS Raprouts DE L'ÉPILEPSIE LATENTE AVEC | L'ALGOOLISNE #99
l'hôpital où il est admis. Il ne tarde pas à être renvoyé * nouveau i en permission de convalescence de trois mois avec ce diagnostic : Su « troubles de lidéation et de la mémoire, suite de commotion cérébrale ». | É Mani Chez lui (septembre, octobre, novembre 1904) il paraît s'améliorer, il travaille même un peu alors qu'on ne pouvait les mois précédents lui. sn confier un travail un peu sérieux. Néanmoins il présente encore des crises au cours desquelles il se montre comme posa hagard, confus, désorienté. A “| Novembre 1904. — I revient au régiment et aussi à l’hôpital it a taire, toujours pour les mêmes troubles RE il oublie tout ce k qu’on lui dit. FAN Finalement il est réformé le 6 avril 1905 avec ce certificat : « vertiges et diminution notable de la mémoire ». LE Avril 1905. — Rentré chez ses parents, il continue à les aider dans leur commerce et pendant ce temps il présente : | 1° Des sortes de crises se traduisant comme autrefois par de l hébétude, de la fixilé du regard, de la pâleur de la face, de l incompréhension ee de ce qu’on lui disail, des efforts qu'il faisait pour essayer de ré ‘pondre u en cherchant des mots qu'il ne trouvait pas. Het Cet état durait d'habitude 1 heure à 1 heure 1/2, au cours duquel le malade agissait d'une façon automatique, oubliant à tout moment ce | qu’il allait faire et s’arrêtant hébété. Ces sortes de crises se répétaient : 4 irrégulièrement tantôt une fois par jour, tantôt seulément deux ou trois fois par semaine.
D 2 Des troubles de la mémoire en dehors de ces crises. Il lui arrivait d'oublier ce qu’il devait faire et surtout ce qu’on lui disait de faire. Un jour qu'il avait accompagné sa sœur à la Belle Jardinière, il ne retrou-
: vait plus son chemin au retour ; il allait droit devant lui et sa sœur | | 4 devait toujours le ramener dans le bon chemin, Par contre il comptait
| - sa monnaie avec exactitude et pouvait jouer aux cartes en comptant
| E. bien ses points.
F4 Il dormait assez bien. Rien d’anormal la nuit : ni grincements de
1 dents, ni miction, ni sang sur l’oreiller, ni céphalée au réveil. [4 Son état mental n'avait rien de bien spécial en dehors des troubles Li précités. Il faut noter cependant une indifférence émotionnelle particu- | + lière et de la dépression.
l. Mais ce qu'il faut noter surtout c’est que pendant ce séjour chez ses parents, P... buvail au moins deux litres de vin et de l'alcool avec son café. 1 ne prenait pas d’apéritif.
Le père raconte que c'est surtout en remontant de la cave que son fils présentait des crises décrites plus haut. Il le voyait descendre à la cave
Le.
pr
normal et cinq minutes après il reparaissait hébété : le fait se reproduisait souvent.
Septembre 1904. — Les crises s’espacent légèrement, les troubles de la mémoire n’augmentent pas. P... se place alors chez un marchand de vins en gros, à Nanterre, où il reste jusqu'en juillet 1907, c’est-à-dire dix-huit à dix-neuf mois. Il est employé à rincer des futailles et à empiler des fûts. Le'père ne peut dire comment il s’est conduit dans cette place, toujours est-il que le dimanche P... venait voir ses parents et parfois arrivait en état d'ivresse. Il est probable qu'en ces dix-huit mois le malade buvait beaucoup.
Juillet 1907. — P... quitte sa place et rentre chez ses parents où il reprend son existence d'autrefois. Les troubles de la mémoire sont identiques, les crises surviennent toujours et coëncident avec les desoentes à la cave.
Septembre 1907. — Le 11 septembre 1907, à 10 heures du matin, comme P... était au comptoir, n'ayant pas bu dans la matinée, paraît-il, il tombe et reste un moment raidi, les bras contournés au-dessus de la tête, l'écume à la bouche : un client lui ayant mis les bouts des doigts dans la bouche pour éviter une morsure de la langue à été luimême cruellement mordu ; après cette phase tonique le malade serait resté immobile sans convulsions cloniques avec stertor et résolution musculaire. On l’a porté sur le lit où il a rouvert les yeux 20 minutes après la crise ; et ce n'est que trois quarts d’heure après qu'il est revenu à lui petit à petit. Amnésie complète, grande lassitude.
Les jours suivants, plus de crises, même état mental.
Novembre 1907 — Le lundi 11 novembre, P... descend à la cave, il est 10 heures du matin. Au bout d'un moment sa sœur descend et le trouve complètement hébété dans la cave, la bougie à la main, ne sachant ce qu'il faisait et demandant à sa sœur d’aller chercher du vin blanc à la cave, ne se rendant pas compte qu'il s'y trouvait.
On le remonte et on constate que son pantalon est couvert de sirop. Le malade ne se rappelle de rien et lepère, sans pouvoir reconstituer la scène, croit que son fils à dû faire une crise, tomber, casser une bouteille de sirop d’où les taches sur son pantalon:
Pas de miction, pas de morsure de la langue, mais immense lassitude. Il s'est couché et a dormi. ;
La nuit, nouvelle crise : le malade donne des coups dans la cloison else promène dans sa chambre automatiquement, complètement hébété pendant quelques heures. On trouve dans le lit des taches de sang. Pas de miclion, grande fatigue, amnésie.
Le 12 novembre, le mardi matin, à 10 heures, il s’est recouché à cause de la fatigue ; on entend au bout d’un moment des gémissements.
LES RAPPORTS DE L'ÉPILEPSIE LATENTE AVEC is LOT SE
On accourt et on trouve le malade en phase te avec quelques rares mouvements cloniques, écume à la bouche, stertor et résolution musculaire, morsure de la langue, miction.
Un quart d’heure après le malade revient à lui et reste hébété. Vers 11 heures (une demi-heure après) nouvelle crise de même durée. À 2 heures, troisième crise.
À 3 heures, quatrième crise.
Re: A T heures, cinquième crise. ë 3 Le tableau clinique est toujours identique : longue phase tonique, . # peu de clonicité, morsure de la langue. Hébétude entre les paroxysmes. 1 Dans la nuit du mardi au mercredi : agitation dans le lit mais pas de Re. crises. Bromure à haute dose. £ je
Mercredi 13 novembre. — Même état insomnie.
| Jeude 14 novembre. — L'hébétement est à peu près disparu, le 4 malade se reconnaît. ; | R: Vendredi 15 novembre. — Vers 8 heures du matin, propos incohé- d
rents, hallucinâtions visuelles, visions de bêtes, de hon Dieu, d’enfer!. Attitude terrifiée, réactions de défense.
E À 10 heures le malade se met à genoux sur son lit, les mains jointes, L les yeux au ciel. $ ds Dans la journée il montre à ses parents des rats, des hommes qui
3 veulent lui faire du mal, une guillotine. Idées de persécutions. % Le soir, vision terrifiante de l'enfer ; il se lève pour fuir en criant: « on veut m'emporter en enfer ! »
Dans la nuit, hallucinations nombreuses, agitation motrice. Le samedi soir le malade entre à Sainte-Anne.
A l'asile il est soumis au régime de l’abstinence. Une vie régulière, une hygiène saine ne tardent pas à faire disparaître non seulement les il troubles délirants, mais encore les manifestations comitiales. Le certifi-
| cat de sortie suivant résume bien, d'ailleurs, la situation : € Entré à l'asile clinique le 26 novembre 1907 pour des accidents hallucinatoires ù- et délirants qui auraient succédé à une série de crises épileptiformes
re survenues le 41 et le 42 novembre, est un alcoolique chronique, victime 3 le 10 juin 1904d'un accident de cheval qui aurait déterminé un trauma- “à tisme cérébral gra ve,à la suite duquel ilaurait été réformé du service mili-
| taire. Depuis son entrée à l'asile, ce malade n’a présenté aucun nouvel
l 4 accident convulsif, hallucinatoire ou délirant ; il est actuellement très
| amélioré et peut être rendu à sa famille qui le réclame et s'engage à le
| : surveiller surtout au point de vue de l'alcoolisme ».
le Signé : Rocer Dupouy, chef de clinique.
a Le malade sort le 10 janvier 1908.
Lt
‘4 En résumé, cette observation est l'histoire d’un malade dont l’héré- À
dité alcoolique est bien caractérisée et qu’un traumatisme cérébral grave vient prédisposer à l'épilepsie. Le terrain est créé, l’épilepsie reste latente et se manifeste sous l'influence de l’intoxication alcoolique tout d’abord par des vertiges, par des équivalents, puis enfin par des attaques comitiales classiques. L’abstinence fait disparaître ces manifestations et l’épilepsie redevient latente.
Observation 13 (personnelle). — Hérédité. — Crise d'épilepsie larvée survenue pour la première fois à 44 ans. — Internement. — 1 d'accident épileptique dans le service. — Sortie.
T... Jules, 44 ans, homme de peine, entre le 10 mars 1906 dans le service spécial des alcooliques à l'asile de Ville-Evrard, pour accidents cérébraux alcooliques subaigus.
… Antécédents héréditaires. — Son père est mort de fièvre typhoïde. Sa
mère étail épileptique. Elle avait eu pour la première fois des crises à
45 ans. Depuis celte époque les attaques devenaient de plus en plus
fréquentes et elle en était arrivée à en avoir presque tous les jours.
Elle est morte à 75 ans.
Quatre enfants : deux frères bien portants.
Le malade.
Une sœur bien 'portante.
Pas de fausses couches.
Antécédents personnels. — Son passé pathologique n’a rien de remarquable. Il y a 6 ou 7 ans il a eu un ictère catarrhal bénin. Il est artérioscléreux. Il n’a jamais eu de crises ÉPRMBS dans son jeune âge.
Au début de mars 1906, il se sentit un jour mal à l’aise, il était fatigué, il ressentait des douleurs dans les membres et une courbature générale. Puis survinrent des bourdonnements d'oreille. du dégoût pour: les matières grasses et la viande, le tout accompagné de phénomènes généraux : frisson, température, sueurs.
I entra à l’hôpital Lariboisière. Il y resta deux jours au terme desquels il fit brusquement des accidents cérébraux. Assailli de troubles psycho-sensoriels, sa désorientation devint complète. L’agitation motrice fut extrème et il frappa plusieurs de ses voisins de lit. On l’envoya immédiatement à Sainte-Anne d’où il vint à Ville-Evrard et le 10 mars 1906 il entre dans le service spécial.
Il ne se souvient absolument de rien. Il ne peut s'expliquer son arrivée à Sainte-Anne. //y a un trou d'un jour et demi dans sa mémoire et son dernier souvenir date de son départ pour Lariboisière. Son premier souvenir date de Sainte-Anne ; il se rappelle qu’il a demandé à boire et qu’on lui a donné de la limonade. Mais un. voile recouvre toute cette tranche de vie de son séjour à Lariboisière. |
FA Las RAPPORTS DE L'ÉPILEPSIE LATENTE Avr L'ALC OuSuR
h ’ 2 V4 4 Lo arr ‘Le malade avait fait dés excès de boissons queues jours avant so | entrée à l’hôpital. RON EC PARTS “4?
L'impulsivité, Ja violence du malade au \mobcént de sa “crise, et l’amnésie consécutive ont fait admettre le diagnostic d’épilepsie larvée. Jamais de vertiges, ni d’ étourdissements antérieurement et cet accident semble être re tete HAMMEI CONAU RES il, Dès son arrivée-à à Ville-Etrard. le: milide el D idre il ne are a sente plus d'accidents ni re il est polyurique et donne deux litres 100 par 24 heures. I n’y à pas d’albumine ni de sucre mais une indicanurie considérable. pa PIRE 23 mars 1908. — L' amnésie persiste toujours. Aucun accident. comi tial dans le service...
9 avril 1908. = Te malade sort de l'asile avec un bon état général, I n’a eu aucun accident épileptique durant son séjour.
Observation 14 (personnelle). — Hé ddie. — Alcoolisme chronique. — Attaque d'épilepsie unique à à 5 1 ans suivie dé délire. — Internes 5 ment, — Pas de crises dans le service.
V= François, 51 ans, entre dans le service al de l'asile de Ville-Evrard pour délire post- épileptique. A Antécédents héréditaires. — Son père est mort nue a: 71 ans. “a
jf \ f ae
Sa mère est morte en couches, Fe Deux sœurs et un frère bien portants.
Cinq enfants bien portants dont un tuberculeux. Pas de fausses cou-
É: ches:,,;
: Antécédents personnels. — Pas de dar pas de convulsions dans = lenfance, pas de syphilis. RE
= V... est un alcoolique chronique. Il à de vieilles habitudes de boïis- LRHN
sons et présente tous les signes de l’intoxication. Il fait à 51 ans, pour dE. la première fois une crise d’épilepsie, avec convulsions, morsure de la #0 ; langue, miction involontaire, amnésie consécutive. À la suite de cette i ‘4 attaque, le malade fait des accidents cérébraux très graves qui Famè- . nent à l'asile. |
V... depuis quelque temps dépérissait, ne mangeait plus. Il avait
€ des crampes ; des cauchemars le réveillaient brusquement la nuit. C’est
à la suite d’un excès de boissons que la crise est apparue.
: : Le malade se remet rapidement dans le service. Les étourdissements disparaissent sous l'influence du régime.
2 Il sort après deux mois de séjour n’ayant eu dans le service aucune
À manifestation épileptique. |
Observation 15 (personnelle).— Maladies infectieuses dans l'enfance
(typhoïde et scarlaline). — Alcoolisme et absinthisme. — Première et unique attaque à 45 ans. — Etourdissements fréquents depuis la fièvre typhoïde. — Délire alcoolique. — Internement. — Disparition
des étourdissements.
B... Charles, 47 ans, ébéniste, marié, trois enfants, entre dans le
service spécial de l'asile de Ville-Evrard, le 31 décembre 1907...
C’est un alcoolique présentant tous les stigmates de l'intoxication et qui vient dans le service à l’occasion d'accidents cérébraux alcooliques subaigus.
Antécédents héréditaires. — Rien dans la famille. Père mort à 67 ans. Mère vivante. Trois enfants bien portants. Une fausse couche de cause indéterminée. Pas d’aliéné ni d’épileptique dans dans la famille.
Antécédents personnels. — Fièvre typhoïde à l’âge de 10 ans: Scarlatine et pneumonie vers 11 ans. Il n’a pas fait son service militaire (varices).
Le malade se livre depuis de longues années à la boisson. Il boit de l'absinthe. Nombreux excès. Pas de syphilis. Depuis sa fièvre typhoïde le malade est sujel fréquemment à des étourdissements.
Internement. — Quelques semaines avant son entrée, le malade a un soir du tremblement, des sueurs, un pouls rapide. Dans la nuit il voit des chats sur son lit. Il lui semble que les murs vont tomber. Un cinématographe lui envoie des rayons, on perce le mur.
Il se lève et court au commissariat de police.
La femme, raconte incidemment, qu'il y a deux ans, il eut comme une faiblesse. Cela l’a pris comme cette fois par des tremblements. Il est tombé par terre el dans sa chute il s’est mordu la langue. Jamais cela ne s’est reproduit. Cette attaque était en rapport avec un excès de boissons.
Interrogé, le malade déclare qu’en effet, il y a deux ans, il est tombé comme une masse, qu'il à perdu connaissance, qu'il s'est mordu la langue et qu'il s'est réveillé peu de temps après. Jamais il n’a eu de crises depuis. I à, dit-il, des étourdissements depuis sa fièvre typhoïde : «c'est l'affaire d'un instant, un voile passe devant mes yeux et c’est fini ».
B... sort guéri le 5 février 1908. Il n'a pas eu d’étourdissements ni d'attaques dans le service: Il est à présumer que l’épilepsie restera tou- Jours latente si le malade devient abstinent et s’il se soumet à un régime sévère.
Observation 16 (personnelle). — Affaques dans l'enfance. — Paludisme et alcoolisme. — Crise à 28 ans. — Fugues, équivalents déli-
rants. — Internement. — Pas de crises ni d'équivalents dans le ser-
ve — Sortie.
… Joseph, 38 ans, employé de magasin, entre dans le service spé- 5 ie alcooliques de l’asile de Ville-Evrard pour délire alcoolique.
Antécédents héréditaires. — Le père est mort à 58 ans. Il se porte bien. Il est sobre. :
La mère est morte il y à trois ans de fièvre typhoïde.
Antécédents personnels. — N... n'a jamais été malade étant jeune. Il a fait cinq ans de service au Cane où il à contracté le paludisme. C’est là également qu'il a commenté à boire.
Etant tout jeune, il avait déjà eu des attaques d’ épilepsie bien caractérisées. [l'avait alors 6 ou 7 ans. -
Il y à 10 ans, il a fait de nouveau une crise d'épilepsie : il est tombé de sa chaise, s’est mordu la langue et s’est relevé peu de \énpe après sa chute, ne se rappelant de rien.
Il n’a jamais rien eu depuis. Cependant la prédisposition latente s'est manifestée par des fugues, des bouffées délirantes et d’actes suivis d'amnésie, de miction nocturne involontaire, etc. [Il n’a cependant ni vertige, ni étourdissement.
Le 13 mai 1901, le malade entre dans le service spécial. Il à tout l'aspect d’un alcoolique chronique. Il avoue d’ailleurs ses habitudes de boissons. Il présente encore des rêves terrifiants, des idées de jalousie morbides. Son internement s’est effectué dans les circonstances suivantes : il se lève un matin chez lui et croit voir des voleurs dans la maïson, il se précipite chez le commissaire de police qui l'envoie au dépôt.
” A l'asile, le malade est encore tout à fait délirant : il a arrêté les voleurs qui étaient entrés chez lui, il a trouvé l'assassin des cinq enfants de Corancez. Le délire disparaît petit à petit. :
28 mai 1901. — Le délire a disparu. Le malade n'en a aucun souvenir. I travaille à l'asile. Pas de nouvel accident épileptique.
14 janvier 1902. — Le malade va bien. il n’a pas de crises. Il sort
en liberté. -
En somme, V... a eu des attaques épileptiques extrêmement rares et à manifestations différentes; ce sont tantôt l'attaque ordinaire, tantôt des équivalents, des fugues, du délire qui a bien l'apparence d'un équivalent délirant. L’abstinence et une hygiène rigoureuse font tout rentrer dans l’ordre.
Observation 17 (résumée, personnelle). — Attaque d'épilepsie unique survenue à la suite d'ingestion d'absinthe. — Délire consécuhf. — Internement. — Pas d'attaque dans le service.
M... Louis, 43 ans, parqueteur, entre dans le service spécial à
Ville-Evrard le 15 juillet 4897, pour accidents cérébraux alcooliques subaigus.
Antécédents héréditaires. — Son père est mort à 72 ans dans un hospice de vieillards Sa mère est morte à 56 ans d'un cancér de
Futérus. Quatre frères et une sœur bien portants. Un seul frère buveur. :
Antécédents personnels. — N'avait jamais été malade. Il buvait depuis longtemps déjà. Il consommait surtout du vin et en prenait environ deux litres par jour.
Sur trois enfants qu'il avait, il a perdu une fille de 12 ans de tubercu-
lose. Les deux autres ont 17 ans et 21 ans,
Internement. — Le 10 juillet 4897 il se sentit indisposé et garda le lit. 11 resta couché ainsi trois jours lorsque dans la nuit du troisième au quatrième jour il a perdu connaissance et à son réveil il s’est aperçu qu'il s'était mordu la langue. Cette perte de connaissance aurait duré ‘environ un quart d'heure.
Jamais Je malade n'avait éprouvé de cerise semblable, il n'avait jamais présenté d'attaque, ni d'absence, ni de vertige.
Le lendemain de cette crise, il s’est mis à délirer : il voyait des bêtes partout, il se croyait poursuivi. C’est dans cette circonstance que M... entre à l'asile.
30 juillet. — Te délire persiste mais les troubles psycho-sensoriels et la désorientation paraissent s’atténuer.
* Pas d'accident comitial dans le service.
Observation 18 (Drouet, Recherches sur Pépilepsie alcoolique). — Alcoolisme chronique. — Deux internements. — Apparition des crises après cessation complète des symptômes de l'alcoolisme.
Le malade, sujet de cette observation anormale est un homme de 45 ans, Reyn..., scieur de pierres, habitué à faire de graves excès de boissons. En 1871 il a été séquestré pour la première fois à Sainte- Anne d’où il est sorti six semaines plus tard guéri d'un accès de delirium tremens. En avril 1872, nouveaux accidents et nouvelle séquesration. Cette fois encore le diagnostic alcoolisme est porté par trois médecins à peu de jours d'intervalle. On signale chez le malade des alternatives d'agitation et de lÿpémanie avec des idées de persécution. Il se plaint d’être empoisonné. Il éprouve des hallucinations multiples de l’ouïe et de la vue. Tout autour de lui des coqs chantent, des chiens aboient, des chats miaulent. Plus de quarante personnes le poursuivent en criant des mots vides de sens. Il lui semble qu'on le surcharge de pièces de vingt francs et qu'il en a plein la doublure de ses vêtements. Ses compagnons prennent de faux noms pour le dérouter. Propos inco-