R LE L
ER te ù
im ee Ch secure
À Le
“hérents. nets extrême. Tremblement des doigts et de Ja langue,
> instruit et d’une intelligence naturellement bornée.
LES RAPPORTS DE A MBILEDENE BATENTE Avec. L'ALCOOLISME ÿ 107
embarras de la parole ; pituites.
Jusqu'au 1e octobre suivant, stupeur lypémaniaque rot de interrompue par de courts accès de fureur avec congestions cérébrales légèreset céphalalgie. Plusieurs fois il faut alimenter le malade avec 12% sonde. | Un traitement hydrothérapique régulier améliore enfin l’état physique et mental de Reyn..… au moment où le découragement nous gagnait. À partir du mois d'octobre, il revient à lui très vite, sort de sa stupeur, se met au travail et raisonne sensément, mais il paraît 4 avoir oublié ses hallucinalions passées ainsi que les actes qui ont signalé son délire. Cette lacune dans ses souvenirs inspirant des doutes sur le caractère définitif de sa guérison, il est maintenu à l'asile en observation, malgré son calme et sa lucidité à peu près complète. Le seul point défectueux dans ses raisonnements consiste à soutenir qu’il se a été beaucoup moins fou que nous le disions, et cette argumentation | ou vicieuse est la conséquence fort simple de l'amnésie chez un homme peus Pr
Malgré cela, Reyn.….. allait obtenir sa sortie lorsque tout à à coup, lens 7 janvier 1873, au milieu de la nuit, il éprouva une violente attaque d’épilepsie. C'était la première et jamais, dit-il, il n’y a eu aucun épis A leptique dans sa famille. Le 18, nouvelle attaque se manifestant comme Ï la première en dehors de tout autre désorde appréciable, alors que les signes ordinaires de l’intoxication alcoolique ont disparu.
Observation 19 (Drouet, Recherches sur l’épilepsie alcoolique, Société médico-psychologique). — Une seule crise d ie après un excès massif. | Il s’agit d’un gafdien de la paix, Lap..., âgé de 30 ans, qui nousa |
toujours soutenu avec une grande apparence de sincérité qu'il était He
ordinairement très sobre. Ses excellents certificats et ses états de ser-
vice sur lesquels aucune punition n’était inscrite nous autorisaient à
ajouter foi dans une certaine mésure à ses déclarations réitérées.
D’après son récit, trois jours avant sa séquestration, il avait été débau-
ché d’une façon tout à fait contraire à ses habitudes par un de ses amis.
qui l'avait entraîné à Suresnes « pour y faire la noce et fêter son réengagement ». Leur programme avait été si bien rempli que le soir Lap.….
couchait au poste. C’est là qu’il eut une crise d’épilepsie très caracté-
risée. Il avait bu du vin, de l’eau-de-vie et un verre (un seul) d’absinthe. Le lendemain il était calme et put entrer à l'hôpital du Midi où, pour comble de malheur, il avait une blennorrhagie à faire soigner. A peine arrivé dans les salles, il fut pris de délire alccolique intense : hallucinations terrifiantes de l’ouïe et de la vue, vision de flammes, de
lueurs, d'objets hideux et effrayants, crainte d'être empoisonné par les potions prescrites ou d’être assassiné la nuit, agitation, etc .. Conduit
aussitôt à Sainte-Anne et de là à Ville-Evrard, Lap... n’éprouva aucune nouvelle attaque convulsive et guérit en peu de jours.
Observation 20 (personnelle). — Traumatisme à 33 ans. — Première crise d'épilepsie quelques mois après. — Alcoolisme chronique. — Equivalents épileptiques en rapport avec l'intoxication alcoolique. — Deux internements 1906-1907. — Disparition des manifestahions épileptiques par l'abstinence.
P... Gentien, 44 ans, tripier, entre dans le service spécial des alcooliques de l'asile de Ville-Evrard en novembre 1907.
Antécédents héréditaires. — Le père et la mère sont morts d’affection inconnue. Une sœur se porte bien mais est nerveuse. Pas d’antécédents nerveux du côté du père. :
Antécédents personnels — Marié, il n'a pas d'enfant. La femme n’a -pas fait de fausse couche Pas de syphilis. Jamais de maladies.
Il y a dix ans, le malade en déchargeant une voiture de paille a glissé et a fait une chute à travers le trou du plancher du grenier où il se tenait pour recevoir les bottes de paille. Il n’était pas sujet à cette époque aux étourdissements et cet accident est dû uniquement à la maladresse. Il tomba d’une hauteur de 7 à 8 mêtres d’où on le releva sans connaissance et on le transporta à Saint-Louis. Il resta dans le coma une quinzaine de jours, il avait une plaie profonde à la tête. Quelque temps après, le malade eut du délire, il fallait entourer son lit de planches. On ne fit aucune intervention sur le malade à l'hôpital.
Un mois après la sortie de Saint-Louis, P... fit une attaque d’épilepsie bien caractérisée avec morsure de la langue, écume, convulsions touiques et cloniques, perte de connaissance, stertor.
Pareil accident survint depuis lors tous les quinze jours : le plus souvent c'était tous les mois et dans la même journée il avait quatre ou cinq crises. Il est rarement resté plus d’un mois sans en avoir.
En outre, le malade buvait. Il eut des accidents aigus d’alcoolisme chronique et il fut atteint à trois reprises de troubles cérébraux : tout à coup, il voyait des fils de fer enroulés d'une façon inextricable autour de lui, tantôt c'était l’eau qui inondaït sa chambre. Cette même hallucination de l'eau, assez curieuse, et qui n’est pas très rare chez les buveurs, revint à chaque accident cérébral Un autre jour il entendait chanter à côté de chez lui.
En général, 1l ne se rappelle pas de son délire, ce qui porte à croire que ces accidents tiennent autant de l'épilepsie que de l'alcoolisme.
Mais voici quelque chose de plus intéressant : il entre un jour chez un marchand de combustibles, prend quelques morceaux de charbon
qu'il met dans son mouchoir et sort. Il est immédiatement appré-
hendé, conduit au commissariat de police. Il ne se rappelle de rien. Il 2e
ne sait pas ce qu'il à été faire dans cette boutique ni pourquoi il a du charbon dans son mouchoir.
Cet acte est purement automatique. On a tout lieu de le considérer comme un équivalent épileptique.
C’est dans ces circonstances que P... est envoyé à l’infirmerie spéciale du dépôt, puis à Sainte-Anne.
Quelques jours après il vient à Ville-Evrard dans le service spécial des alcooliques où il entre le 28 août 1906.
Premier internement, août 1906. — C’est un alcoolique chronique, il en à tous les stigmates ; son régime n’était rien moins que 5 litres de vin par jour plus l'alcool qu'il prenait comme apéritif. Il ne buvait pas d’absinthe, dit-il.
I a un tremblement intense des mains, il paraît triste, déprimé ; sa figure, son front, son nez sont couturés de cicatrices nombreuses et profondes. :
10 septembre 1906. — Soumis à l’abstinence, le malade s'améliore, il est moins triste. Les rèves terrifiants qu'il présentait à l’entrée ont disparu ; il n’est plus le même homme dit-il. Il rêve encore à son métier, ses mains tremblent encore.
Pas de crise, ni de vertige dans le service.
11 mai 1907. — Le malade travaille depuis plusieurs mois à l’intérieur de l'asile. Il n'a pas eu de crises. 11 demande sa sortie on le conserve encore quelque temps. |
6 juin 1907. — Le malade n’a plus rien de comitial dans le service : « J'ai bien eu des inquiétudes, au début de mon séjour à l’asile, actuellement tout a disparu ».
En ce moment, il est pour ainsi dire dans une période de vertige simple servant de transition à la guérison, mais il faut bien le dire, guérison relative. L'épilepsie est en effet redevenue latente grâce au régime.
Le malade sort de l’asile en bon état.
Malheureusement, P... n’écoute pas les conseils qu'on lui donne, / boit peu mais il boit encore du vin.
Octobre 1907. — Il fait de nouveaux accidents cérébraux, il a des hallucinations multiples de la vue et de l’ouïe, il entend sa concierge lui débiter à haute voix à travers le plafond, pendant la nuit, la liste des amants de sa femme. Ses souvenirs sont bien conservés.
Deuxième internement, à novembre 1907. — Le malade revient dans le service; il est en plein délire. C’est sa femme qui l'a fait enfermer pour pouvoir faire la vie avec ses amants. Il ne se rappelle pas avoir
“fait du bruit la nuit, ce qui a cependant motivé l'intervention de la police.
On a, sans doute, encore affaire à un équivalent CNED Depuis
sa sortie le malade n'aurait pas eu de crise.
10 novembre 1907. — Le malade est toujours convaincu que sa femme le trompe avec de nombreux amants. Cependant il’s’améliore, il a moins de rêves professionnels, son état général est meilleur. Pas d'accident épileptique depuis l’internement.
26 novembre 1907. — La femme du malade vient raconter que son mari s’est de nouveau livré à des excès de boisson. Il voyait des hommes pleins sa chambre et c’étaient les amants. Il voyait également couler de l’eau dans son logement et s'était mis en devoir de transporter ses meubles vers la fenêtre pour les sauver de l’inondation.
23 avril 1908. — Le malade est amélioré, il ne croit plus à son délire. 1 l’a oublié (1). Ge qui nous importe c’est que le malade n’a pas eu d'attaques ni d’autrss phénomènes épileptiques dans le service.
L’épilepsie est redevenue une seconde fois latente jusqu’au moment où une intoxication alcoolique nouvelle viendra la réveiller.
Observation 21 (personnelle). — Parents inconnus. — Première crise à 19 ans. — Crises nombreuses. — Fuques, équivalents épileptiques. — Alcoolisme el hygiène défectueuse. — Nombreux internements. — Disparition graduelle des accidents épileptiques. — Depuis 18935 aucun accident cominal. — Epilepsie latente.
V... Louis, 50 ans, n'a jamais connu ses parents. Il a été élevé par
l'assistance publique. Il n’a pas été malade avant 17 ans. A cet âge il :
eut pour la première fois nne crise d’épilepsie. Voici dans quelles circonstances. Îl était placé chez des cultivateurs ; ses patrons le trouvèrent, un jour, étendu sans connaissance dans un bois où il avait été envoyé. Il portait au sourcil gauche une plaie profonde dont on voit encore la cicatrice. Son front, ses bras, ses mains étaient recouverts d’égratignures ; il s'était mordu la langue. Ramené dans son lit il se réveille tout engourdi et ne se rappelle de rien. Puis tout d’un coup il se lève, va vers la cheminée et jette une pelletée de feu au milieu de la chambre. Cet acte était purement automatique, le malade n’en a aucune souvenance.
Ses patrons l’envoyèrent à l'hôpital d’Avallon. Il y reste 45 jours ; il se rappelle qu'il a été agité, qu'on a été obligé de l'attacher, Tout cela
1. Cette observation a été publiée, en partie, par MM, Benon et Gelma dans le travail : Les délires à éclipses chez les alcooliques (Annales médico-psychologiques, 1908.
’est confus. Hu lui ; ils se in fort ARRET d’ avoir sue pour un motif des plus futiles, la religieuse qui le soignait. À l'hôpital il est pris de crises convulsives de plus en plus fréquentes? ki au cours desquelles il perdait entièrement connaissance. II se mordait la langue et urinait au lit. Au cours de ces paroxysmes il lui serait arrivé à deux ou trois reprises de chercher : à se suicider, :
C'est à la suite de son agression contre la religieuse qu'il est wansféré à l'asile d’ Auxerre, le 26 décembre 1874. ;
À Auxerre, il a des vertiges : cela le prenait, ie til par Ja | jambe et remontait jusqu'à la hanche. A ce moment perte complète de connaissance. Souvent, au début de la crise, le malade voyait passer devant ses yeux des petites boules de feu, Ces accès se reproduisaient tous les trois ou quatre jours. JR
Le malade reste à Auxerre pendant un an, soit tone au 3 désires | 1875. Il est transféré à Sainte-Anne pour être placé a Bicêtre. rs
A Bicèétre, il entre dans le service de Falret; on essaye de |’ envoyer er en classe, mais, en raison de la fréquence il ses vertiges, il est dans l'impossibilité de travailler. On l'envoie au jardin avec les adultes. On : le transfère à Saint-Alban (Lozère) le 14 décembre 1876.
Là, les vertiges commencent à diminuer et au bout de deux ans il n’en a bientôt plus et on l'envoie aux enfants assistés où il entre le 26 octobre 1898. On le place quelques jours après chez des cultivateurs dans la Nièvre.
Mais bientôt il /ai une fugue, il ne peut dire après combien de temps de séjour chez ces cultivateurs. I ne sait pas dans quelles ue AA constances il a fait sa fugue.
Il se réveille à Paris dans un poste de garde républicain. Il à su. depuis qu'on l'avait trouvé accroupi dans l'encoignure d’une porte. Dans les premiers moments de son réveil il est tout abasourdietne peut répondre à aucune question. :
Il rentre de nouveau chez Falret en décembre 1878 el comme il ma ni crises ni vertiges il est rendu à la liberté après cinq mois d’internement. ; |
Placé dans une ferme, par les soins de assistance publique, il est | Auf brutalisé et devient le souffre-doulenr de tous ses camarades. Un soir il éprouve des bourdonnements d'oreille, il se lève et va frapper inconsciemment à la porte de ses patrons. De cet acte automatique, le malade n’a gardé aucun souvenir.
Sujet a des hallucinations, il entend fréquemment des VOIX impéra- | tives : « vat’en ! frappe ! viens ! ». Un jour il prend un bâton et frappe sur les bêtes qu’il était chargé de garder. Il quitte bientôt ses palrons et est placé successivement dans plusieurs fermes. À partir du
25 décembre 1877 jusqu’au 14 décembre 1880 le malade ne sait plus ce : qui s’est passé dans son existence, ce qu’il a fait et où il a passé.
Le 25 décembre, il sort de cet état second, inconscient et se retrouve dans l'arrondissement d'Auxerre. Il est en loque et se voit entre deux gendarmes qui l’arrêtent en linculpant d'un incendie qu’il aurait allumé dans une ferme. Interrogé par les gendarmes il aurait répondu que c’êtait lui qui avait mis le feu à la ferme. Il n’a gardé de ces faits aucun souvenir, et il n’a su tout cela qu'en entendant la lecture du rapport de la gendarmerie.
Il passe en cours d'assises et bénéficie d’un acquittement. Il est interné de nouveau à l'asile d'Auxerre le 4e avril 1881. Ce malade va d’asile en asile, s'évade, se fait réintégrer. Finalement il entre dans le service spécial de Ville-Evrard en 1888. 11 présente fous les signes de l'alcoolisme chronique et avoue des excès de boissons qui ont assurément contribué pour leur part dans l'apparition des vertiges et des accidents épileptiques.
Depuis 1895 il n’a plus eu de crises ni de vertiges. Il travaille régulièrement à l'asile et sort de temps en temps jen permission. Il ne présente aucun phénomène comitial. Sa mémoire est excellente (1908).
Ce malade paraït donc avoir été nettement épileptique. [l n’a jamais eu d'attaque à Ville-Evrard ce qui semblerait prouver l'effet curateur d’un régime normal et hygiénique. Il est probable que si le malade se trouvait dans d'autres conditions (hygiène défectueuse, alcool) les attaques réapparaîtraient. L'épilepsie est donc devenue latente et rien ne l'a réveillée à Ville-Evrard.
Observation 22 (Joffroy, Leçon sur l'aptitude convulsive). — Æpi-
lepsie alcoolique améliorée par l'abstinence. .
I s'agit d'un charretier de 52 ans, fils et petit-fils d’alcooliques. n'ayant pas d’épileptiques dans sa famille.
Depuis l’âge de 20 ans il buvaittous les jours quatre ou cinq litres de vin, mais ne prenait Jamais d’apéritifs, et en particulier il affirme n'avoir bu que trois ou quatre fois de Pabsinthe pendant toute son existence. Il ne prenait que peu d’eau-de-vie, mais parfois, et assez souvent, il buvait jusqu’à dix litres de vin dans la journée, Jamais il n'était en état d'ivresse complète, mais presque toujours, selon son expression, (il était entre deux vins ».
La première attaque d’épilepsie s’est produite la nuit sans cause particulière, à l’âge de 54 ans, et depuis cette époque les attaques ont continué à survenir, d'abord seulement pendant la nuit, plus tard pendant la nuit et le jour.
Le malade ayant été interné il y à trois ans, et les excès alcooliques se trouvant de la sorte supprimés, il s'est produit une amélioration
très accusée de l’état du malade qui ne présente plus que de rares crises nocturnes.
Observation 28 (Joffroy, Noa sur l'aptitude convulsive). —.Epis, é
lepsie améliorée par l'abstinence.
C'est un homme de 42 ans, fils d’épileptique. Il n’a eu de convulsions .
ni dans son enfance, ni dans son adolescence. Depuis l’âge de 18 ans environ, il buvait habituellement deux à trois litres de vin par jour et quelques verres d’eau-de-vie ou de rhum, soit.
le matin, soit dans la journée, presque jamais d’absinthe, rarement de
vermout. Le dimanche il buvait beaucoup plus que de coutume. A l’âge de 33 ans, il eut une première attaque d’épilepsie et peu après présenta des troubles mentaux qui déterminèrent son internement. Les grandes attaques se sont montrées à des intervalles irréguliers pendant six ans,
mais depuis quatre ans il n’existe plus que des vertiges. Les excès “
alcooliques ont naturellement pris fin avec l’internement.
Observation 24 (Jofiroy, Leçon sur Paptitude convulsive). — Traumatisme. — Absinthisme. — Epilepsie. Disparition des crises par l'abstinence.
Il s’agit d’un malade qui, depuis l'âge de 14 ou 15 ans, abuse de
toutes sortes de boissons alcooliques, mais surtout d’absinthe. Jusqu'à’
29 ans, on n'avait jamais observé aucun phénomène convulsif, lorsque
survint l'accident que nous allons rapporter. Cet homme, tenant une
petite fille par la main, se disposait à descendre un eScalier, lorsque son pied glissa. Craignant d'entraîner l'enfant dans sa chute, il lâcha sa main et, tombant seul, roula jusqu’au bas de l'escalier où il demeura
étendu sans connaissance. J’insiste sur ce point, que cet homme eut la”
présence d’esprit de lâcher la main de l’enfant, car ce fait nous montre bien que la chute est due à un vertige épileptique ; les phénomènes comitiaux se produisent en effet trop brusquement et anéantissent trop rapidement la conscience pour permettre à l’épileptique de prendre, après rapide réflexion, une précaution aussi appropriée. De sorte que nous pouvons dire que cet individu n'avait éprouvé jusqu'ici rien qui soit de nature à faire penser à l’épilepsie. On le transporte à l'hôpital où l’on observe alors des accès convulsifs que l'on rapporte‘à un enfoncement du pariétal gauche. La trépanation amena la diminution, puis la disparition des accidents convulsifs, et le malade sortit guéri, en apparence. Mais, et c'est là le point intéressant, 1l est resté un épileptique latent et il présente de grandes crises convulsives chaque fois qu'il se livre à des excès absinthiques. Ces crises surviennent alors, non pendant l'ivresse, mais de 24 à 48 heures après l’excès, Ainsi donc, voilà un épileptique absinthique, mais un épileptique absinthique particulier, puisqu'il à fallu chez lui un traumatisme pour éveiller une apti-
Gelma 8
tude convulsive que l'absinthe avait été impuissante à mettre en jeu tant qu’elle avait été seule à agir.
Observation 25 ( offroy, Leçon sur l’ aptitude convulsive). -— A/c00disme el absinthisme. — Les allaques sont en rapport avec les excès de boissons.
C’est un grand buveur d'absinthe, et l intoxication à produit éhez lui un grand nombre d'attaques d’épilepsie constituant parfois un véritable état de.mal. Il & déjà fait plusieurs séjours à Sainte-Anne. Après chaque sortie il reprend ses excès et les attaques qui avaient cessé pendant son internement reparaissent aussitôt. Un jour notamment, sortant de
‘J’asile, il absorbe neuf absinthes en trois ou quatre heures, et peu après
il tombe sur les marches d’une boutique en proie à une grande attaque d’épilepsie.
Observation 26 (Maupaté, De l’épilepsie tardive, Annales médico-
psychologique, 1895, vol. Il). — Æprilepsie tardive sous l'influence de
l'alcoolisme. - L'internement et l'abstinence amènent la cessation des
crises.
Lu. . (Jules), 36 ans, charretier. Traité du 17 septembre 1891 au 14 février 4892, et à partir du 4 juillet 4892.
Antécédents héréditaires. — Père alcoolique, irascible, âgé de 55 ans quand naquit cet enfant ; mort après avoir été douze ans aveugle. Mère irascible, à eu‘l’enfant à 47 ans. Deux sœurs (une très nerveuse). Onze enfants (un mort brusquement, à cinq ans, un mort de méningite),
Antécédents personnels. — Allaité par sa mère; marche à treize mois ; va à l’école de 7 à 12 ans (sait lire, écrire et compter). Ouvrier en colle, puis charretier. Buvait par jour quatre petits verres d'alcool, un ou deux apéritifs, À litre 1/2 de vin ; après trente-deux ans, les excès augmentent (ivre trois fois par semaine). Marié à 19 ans.
Histoire de la maladie. — Première attaque en 1893, étant fortement ivre (maux de tête, chute par terre inconsciente, etc.; durée dix minutes). Envoyé de Bichat à Ville-Evrard, il y reste trois mois, puis, sorti,
recommence à boire (vin seulement), et a de nouveaux étourdissements,
dont deux seulement suivis de chute.
Etat actuel. — Alcoolisme chronique (pituites, cauchemars, zoopsie,
tremblement des doigts dans le mois qui suivit son entrée). Pas d’attaques depuis treize mois. Stigmates de dégénérescence (pas de sentiment de famille, lobule de l'oreille un peu adhérent; prognathisme maxillaire supérieur).
Observation 27 (Maupaté, De l’épilepsie tardive, Annales médicopsychologique, 1895, vol. Il). — Premières crises à 34 ans sous l'in-
ge mt Sep Rene hr
Hende de lalrnolisme. — Li 7 Labsnence en la cessation des crises. ; N... (Louis), blanchisseur, 49 ans. Entré le 10 avril 1893. Ans héréditaires. — Père alcoolique, mort brusquement, à
4T ans. Grand-père mort à 97 ans; grand'mère à 79 ans. Mère ner-
veuse morte il y a trois ans. Grand-père mort à 87 ans ; grand’mère AA
69 ans. Une sœur morte de la poitrine, deux en bonne us Antécédents personnels. — Allaité par sa mère. Parole, marche et.
propreté tardives (urinait encore sous lui à 9 ans). Va à l’école ; Jusqu à
13 ans (instruction élémentaire) ; successivement peintre en bâtiments
(quelques coliques) et sommelier, fait son service militaire pendant
sept ans et devient maréchal des logis. Travaille chez un marchand de
vin, se marie (fille âgée de 18 ans) et devient blanchisseur. Impétigo | dans l'enfance; variole à 20 ans; dysenterie à 26 (en 1870). Cette même année, à la suite de souffrances prolongées et de refroidissements, il a contracté une bronchite suspecte; il à reçu à la même époque un coup de lance dans la poitrine et un coup de sabre sur la têtes Fun
En 1874, un coup de pied de cheval lui a fracturé le maxillaire infé
rieur ; il s’est mis à boire beaucoup (absinthe tous les jours, vin blanc).
Rhumatisme à 34 ans. \ & Histoire de la maladie. — Premiers vertiges à 34 ans, trois années à
après les premiers excès d'alcool il se jette dans la Marne en plein 4
hiver, étant ivre. D'autres fois, il crie très haut, dans la rue : « Vive É
‘Napoléon », ou « Les marchands de vin sont des assassins ». Plusieurs
attaques, depuis, à l’occasion d'accès alcooliques. k
Eat actuel. — Pas d'attaques ni de vertiges depuis plusieurs mois (suppression des excès alcooliques). Stigmates de dégénérescence (caractère indiscipliné ; oreilles immenses avec lobule très développé).
Observation 28 (Maupaté, De l'épilepsie tardive, Annales médico-
psychologique, 1895). — Alcoolisme el absinthisme — Traumatisme à 36 ans. — Attaques épileptiques depuis. — Diminution des crises +.
par l'abstinence.
: Ve... (Nicolas), 50 ans, homme de peine. Traité du 13 janvier au 26 février 1886, du 12 juillet au 31 août 1892, et à partir du 31 mars
Antécédents héréditaires. — Père irascible. Aïeul mort à 107 ans; mère morte à 53 ans. Oncle et frère morts de dysenterie. Antécédents personnels. — Elevé au sein. Reçoit jusqu’à 14 ans une
bonne instruction primaire. Successivement garçon marchand de vins, garçon de café, et finalement, porteur aux halles. Marié à 38 ans (deux enfants morts à 18 mois et 13 mois). Rougeole dans l’enfance. Alcoolisme à partir de 20 ans (bière, alcool, 8 à 10 absinthes par jour depuis
25 ans). Un coup de pied de cheval dans la tête à 13 ans. À 36 ans, il a fait une chute sur la tête en portant une lourde charge (fracture du crâne) et a été trépané le lendemain : un mois plus tard, il faisait une chute d'une hauteur de six étages, dit-il (vertige ?). Les attaques ont commencé alors.
Etat actuel. — Attaques très rares; pas de vertiges cetie année ; périodes de stupeur pendant plusieurs jours. Affaiblissement de l’intelligence (surtout mémoire). Dyslalie (paralysie des lèvres). Signes de dégénérescence physique et psychique.
Observation 29 (Dagonet (1), De l’alcoolisme au point de vue de l’aliénation mentale). — A/coolisme chronique. — Attaques d'épilepsie disparaissant par l’'abstinence.
Le nommé G..., entré en 1868, est sujet, depuis environ deux ans, à des attaques épileptiformes violentes, qui se présentent sous une forme paroxystique et ont parfois une durée de 3 à 4 heures. Au moment où survient l'attaque ; le malade est pris d'un spasme violent de la gorge, il étouffe et se met à pousser des cris affreux, Il est atteint d’alcoolisme chronique, il faisait des excès d’absinthe et avait été sujet à de nom- ‘ breux accès d’alcoolisme aigu ; ses facultés avaient enfin subi une atteinte des plus graves; le délire, auquel il était en proie, présentait un mélange d'idées de suicide et de préoccupations ambitieuses ; dans un accès de fureur, il avait voulu tuer sa femme. Cette surexcitation
cérébrale et les attaques épileptiformes qui l’entretenaient, ont pu cepen-.
dant disparaître au bout d'assez peu de temps. Depuis, nous avons eu
l’occasion de revoir cet individu à diverses reprises, pendant plusieurs
années, et nous avons pu constater que sa santé s'était maintenue dans un état favorable. Il a, naturellement, été un partisan et un soldat de la
Commune ; mais il s'était retiré du combat, dans les derniers jours de
la lutte, après avoir reçu une légère blessure ; il avait trouvé l’hon-
neur suffisamment sauvegardé.
Observation 30 (personnelle), — Tante aliénée. — Traumatisme cérébral à 6 ans. — Alcoolisme et absinthisme. — Première manifeslation de l'épilepsie à 34 ans. — Internement. — Sept ans d'abstinence, Sepl ans sans phénomène comihial. — Nouveaux excès nouvelles crises.
— Deuxième internement. — Pas de crises dans le service depuis deux ans.
Ch... Gabriel, métreur vérificateur, âgé de 44 ans, a été interné
deux fée pour épilepsie.
Il présente peu de choses dans ses antécédents héréditaires et personnels. Son père, ancien militaire retraité, est mort des suites de ses blessures à l'hôtel des Invalides.
l. Annales médico-psychologiques, 1873.
Elle a eu trois enfants : le malade, un fils mort à 34 ans de tubercu- lose, et un frère plus jeune, bien portant, * à ne Sa tante, la sœur de son père, a été en traitement à Sainte- Au pour mélancolie. 4 ne Ch... est né à Paris en 1864. Il est élevé à l'hôtel d des Invalides. A à l’âge de 6 ans, en jouant dans la cour, une persienne tombe du cin- À quième étage et les éclats viennent le blesser assez grièvement à la ; tête. Il a une plaie profonde qui guérit bientôt. A 10 ans, il est enfant de troupe aux Invalides et jusqu’à 18 ans rien de pathologique à noter. A cet âge, il est en apprentissage chez un architecte puis chez un i 0 métreur ; 4 ans après il entre comme commis métreur chez un (a 0 entrepreneur de plomberie. C’est là qu'il prend l'habitude de boire. IX reste 11 ans dans la même maison. lorsqu'elle fait faillite. 11 entre alors ia : chez un autre patron et il boit de plus belle : quatre ou cinq absinthes
| DES Sa mère est morte de chagrin 19 jours après la mort de son mari. !
fa \
10 par jour, 2 à 3 litres de vin, tel était son régime habituel.
ee: Un jour qu'il avait bu plus que de coutume, il prend l'omnibus 4 Saint-Martin-Grenelle et pendant le parcours il perd tout à coup con- * naissance et se réveille à l'asile Sainte-Anne quinze jours après (mai
1898). Il a un souvenir des plus confus de ce qui lui est arrivé, il se rappelle vaguement qu’en montant dans une voiture (dépôt), un
4 employé lui aurait dit « voyons, montez, on ne veut pas vous faire du 7 > mal ». Cette crise est unique, il n’en avait jamais eu. Jamais de ver-
# tiges ni d’étourdissements. Cet accident avait bien tous les caractères # de l’épilepsie : perte de connaissance, morsure de la langue, amnésie.
Ïl reste deux mois à Sainte-Anne ; il y travaille régulièrement et n’a aucun phénomène comitial. Il sort en se promettant de ne plus boire.
Pendant sept ans il tient parole et mène une vie régulière. Mais il se. laisse entraîner : les résultats ne se font pas attendre. Il tombe chez lui dans la cheminée. Un autre jour il a une attaque au Jardin des Plantes, puis un autre jour devant le parvis Notre-Dame. On le mène à l'hôpital et de là il est dirigé à Sainte-Anne (octobre 1904).
A l'asile il fait encore une nouvelle crise après un mois et demi de: séjour. Il vient bientôt à l'asile de Ville-Evrard. Depuis octobre 1906, Ch... n'a pas eu de nouvelle crise : nous sommes actuellement le 23 avril 1908.
ee Le malade se rappelle que chaque paroxysme coïncidait avec un excès de hoisson. ;
Actuellement il n’a plus d'accident épileptique et il est fort à présumer qu'il en sera toujours ainsi tant que le malade restera sobre, tant qu'une intoxication nouvelle ne viendra pas réveiller la prédisposition 4 redevenue latente.
ti
Observation 34 (Joffroy, Leçon sur l'aptitude convulsive). — L’alcoolisme rappelle des accès disparus depuis longtemps.
et UT épileptique payant pas eu de crises depuis sept ans, grâce à un
traitement approprié et à une vie parfaitement tranquille et régulière
semblait complètement guéri, lorsqu’à l'occasion d'élections munici-
pales il fut amené à boire entre ses repas quelques verres de vin. Le
résultat ne se fit pas attendre et une grande attaque convulsive se pro-
duisit.
Observation 32 (personnelle). — Deux internements pour accidents subaiqus d'alcoolisme chronique. — 1900 et 1904. — Première crise d'épilepsie survenue dans le service en 1904. — Trois attaques d'épilepsie avec élat de mal et coma en 1907. — Mort au cours du troisième accès. — Aulopsie : cerveau, reins, foie. — Allérations rénales.
F... homme de peine, 61 ans, entre la première fois dans le service
des alcooliques de Ville-Evrard le 22 décembre 1900 pour accidents
subaigus : délire de persécutions avec hallucinations de la vue et de l’ouïe. Le malade séjourne dans le service jusqu’au 6 janvier, époque
à laquelle il sort de l’asile guéri.
F... rentre une deuxième fois dans le service pour « alcoolisme chronique, affaiblissement des facultés, hallucinations, peurs, divagations, idées de suicide, fugues. Croit être entouré d’animaux, de personnages imaginaires qui veulent lui faire du mal » (Certificat d’internement du dépôt de M. Legras, 21 mars 1904).
À son entrée, le malade présente tous les signes de l'alcoolisme chronique, il avoue ses excès viniques et absinthiques. Il n’a aucun symptôme de paralysie générale malgré l’affaiblissement intellectuel évident : aucun signe pupillaire, pas de trouble de la parole, réflexes diminués.
Le 4 avril 1904, dans le service, le malade fait une crise d’épilepsie, c'est la première de sa vie, jamais il n’était tombé, mais il présentait, depuis quelque temps, au dire de sa femme des étourdissements légers. Il est soumis au régime lacté durant trois jours et au repos au lit. Il se lève bientôt, et va travailler dans l'asile.
Le 12 avril 1907, le malade fait une attaque très grave d’épilepsie, avec crises subintrantes et coma post-épileptique, température, urines rares chargées d’albumine. Un mois d’alitement et de régime lacté.
Le 3 février 1908. — Atiaques en série avec coma post-épileptique. Get état dure quatre jours et il est suivi de torpeur intellectuelle et phy: sique. Phénomènes généraux : la fempérature à 39 du 12 au 15 février redescend à la normale le 15, remonte à 38° le 19 et le 21 puis revient à 370. Urines rares et foncées, albuminurie.
Le diète lactée. Le 26f cet le un reprend ses occupations aan, ep UE Le 28 avril 1908. — APE crise avec état de mal. Températur à 400, urines rares. Coma. : , Le 30 avril 1908. — Mort dans le coma.
Autopsie. Encéphale. — Congestion générale, liquide céphalo-rachidien abondant. Dure-mère épaissie. Rien de particulier à la coupe sice nest lhyperhémie généralisée. Pas d’adhérences pie-mériennes. jan décortication se fait bien. Rien d’apparentau cervelet et au bulbe. Figns sur le plancher du quatrième ventricule. ie pt Examen histologique (1). — L'examen histologique a été AM sur le cerveau (région ee lobule paracentral) sur le cervelet, sur le bulbe. Le système nerveux est examiné à l' hématoxyline éasines au Weigert et au Nissl: VE a | sun Cerveau. — ant vhine éosine). 4 La pie-mère est peu épaissie, elle est adhérente à certains endroits due £ cortex. À sa face inférieure elle présente une infiltration très nette 1É de cellules rondes. Ces vaisseaux, artères et veines ont leur paroi très g: infiltrée. Entre la pie-mère et le cortex se trouvent de nombreux globules de sang récemment épanché. A certains endroits, ces petites hémorragies ont envahi.le cortex lui-même. LA Cortex. — À la périphérie, la couche névroglique de la zone molécu- laire ést très nettement augmentée. Les noyaux des cellules névrogli- Pr: ques sont beaucoup plus nombreux qu'à l'état normal. Dans la pro- 4 fondeur, les vaisseaux paraissent peu infiltrés, mais l’espace péri-vasculaire est augmenté. Les noyaux des cellules névrogliques sont beaucoup plus nombreux qu'à l’état normal. Dans la profondeur, ” 5% les vaisseaux paraissent peu infiltrés, mais l’espace péri-vasculaire est augmenté de dimension et dans cet espace on trouve quelques cellules. rondes et du pigment ocré (sang ancien), Tous les vaisseaux sont très congestionnés. é A la méthode de Nissl, au niveau du lobule paracentral, les grandes cellules pyramidales paraissent très altérées. En dehors du pigment : qu'elles présentent presque toutes en quantité excessive, elles sont déformées, globuleuses, elles ont perdu leur noyau ou ce noyau est très excentrique ; les corps chromatiques du protoplasme sont réduits en fine poussière (chromatolyse) : ; les prolongements protoplasmiques et les cylindraxes se colorent, Un certain nombre de ces cellules sont en | Éd voie-de dégénérescence complète. Il n’y a pas de neuronophagie.
OT
14 4. L'examen histologique des organes a été fait par M. Vigouroux, 14 : médecin de Pasile de Vaucluse.
ie
Au Weigert, les fibres de la couronne rayonnante paraissent normales quoique peut-être un peu plus grêles. Les fibres de POSE subsistent, les fibres de Tucksek ont disparu.
Cervelel.— Le cervelet présente une grosse congestion des vaisseaux, de ses méninges et de son cortex, mais les méninges ne sont ni épaissies, ni infiltrées et on ne trouve par la méthode employée aucune lésion des fibres, des grains et des cellules de Pürkinge.
Bulbe. — Le bulbe ne présente aucune granulation du plancher du
quatrième ventricule dont les cellales paraissent peut-être un peu :
hyperplasiées. On retrouve la même congestion des vaisseaux, de la substance nerveuse et des méninges.Les noyaux (Nissl) de l’hypoglosse et du pneumogastrique paraissent sains au Weigert, les fibres sont normales.
Foie. — Le foie est congestionné, augmenté de volume, ne crie pas sous le couteau.
Examen histologique. — Légère cirrhose péri-portale, dilatation énorme de la veine porte,vaso-dilatation surtout marquée dans la région péri-sus-hépatique. A ce niveau. les travées hépatiques sont un peu aplaties. Les cellules hépatiques renferment du pigment brun et quelques-unes des petites vésicules graisseuses. ane protoptasme se colore bien et les noyaux sont conservés.
Reins. Congestion des deux reins. Volume normal. Se décortiquent mal, Substance corticale légèrement diminuée.
En dehors d’une énorme congestion des vaisseaux, ils présentent des lésions très importantes qui portent sur le tissu conjonctif, sur les glomérules et sur les tubes contournés.
Le tissu conjonctif est très augmenté et forme de longues travées qui vont de enveloppe à l’intérieur, un grand nombre de glomérules ont subi la transformation fibreuse complète, les autres sont très peu perméables, les cellules de revètement de’la capsule de Bowmann sont hyperplasiées, les tubes contournés ont leurs cellules hypertrophiées et n'ont plus de noyaux ou du moins leurs noyaux se’ colorent très mal.
En résumé, néphrite à prédominance parenchymateuse.
Observation 38 (personnelle). — A/coolisme chronique. — Atiaques épileptiques survenant à 65 ans et se répétant souvent. — Délire de persécution. — Internement. — Persistance des crises.
, Louis, âgé de 66 ans, entre dans le service de M. Vigouroux à l'asile de Vaucluse, le 30 novembre 1907, pour « alcoolisme chronique, affaiblissement des facultés intellectuelles, préoccupations ambitieuses et idées de persécution ; depuis six mois attaques épileptiformes » (certificat de l'admission de M. Magnan, 20 novembre 1907).
Fa
| Antécédeiis héréditaires. — Le père est mort à T6 ans de sénillté, ; ; . c'était un alcoolique.
4 Faits La mère est morte d’un ulcère d'estomac. ÿ Frèreet sœur bien portants. ie ; Antécédents personnels. — Ses parents étaient aubergistes, il a eu une bonne instruction. Néphrite avec albuminurie au collège. Parti avec la classe 1861, à fait sept ans de service. Excès alcooliques. Est musicien au régiment. Revient en 1868, devient aubergiste, se marie, a trois enfants. En à perdu un du croup. Sa femme meurt de tuberculose à 33 ans ; il vient alors à Paris travailler comme orfèvre, : È puis à la suite d’une grève il quitte Paris et voyage dans toute la D. France et gagne sa vie comme musicien ambulant; il est di k en boisson. Vie assez mouvementée.
Rentré à Paris depuis trois ans, il vit d’abord seul, puis chez sa fille. ‘ Il boit beaucoup : son régime est de quatre Gus de vin rouge ou blanc plus de l'alcool ; il a des rêves, des crampes et des pituites matinales. Il est devenu soupconneux et à tendance à avoir des idées de persécution. Il présente même des hallucinations. Un jour qu'il avait bu plus que de coutume, il tombe sans connaissance, urine dans son pantalon (première crisesix mois avant l’internement). Depuis ce temps crises Héquents : : cinq ou six attaques dans la même nuit et cela tous 16 les quinze jours.
a Les troubles délirants et ces crises déterminent la fille à placer le
4 malade à l'asile.
É. A son entrée, G... a un aspect fatigué. Il paraît plus vieux que son 4 âge. Les pupilles sont légèrement inégales, les réflexes sont exagérés, " E Ja force musculaire est diminuée. EMECE 1-02 Les artères sont dures, les bruits du cœur sont sourds. l Ce malade présente du tremblement des mains, des SUER dans les É 3 jambes. Il se plaint de cauchemars et de pituites matinales. La glyco-
surie alimentaire est négative deux et quatre heures après. n a des idées de persécution, des peurs, on veut le tuer.
Dans la première quinzaine il a trois attaques.
9 décembre 1908. — Une attaque dans la nuit.
10 décembre 1907. — Deux attaques.
6 janvier 1908. Une attaque.
20 janvier 1908. -- Une attaque.
30 janvier 1908. — Une attaque nocturne. ;
13 février 1908. — Une attaque.
27 mai 1908.— Une attaque la nuit.
14 juin 1908. — Une attaque la nuit suivie d’obnubilation, déprimé toute la journée.
4 juin 1908. — Deux attaques le matin.
1er juillet 1908. — Hallucinations de la sensibilité générale. 7 juillet 1908. — Le malade urine au £.
À aucun momentil n’a eu d’albumine ni de glycosurie alimentaire. 23 août 1908. — Le malade est déprimé. Ses facultés sont très affai-
blies et il est de plus en plus inconscient de son état. Idées vagues de
persécution, 26 août 1908. — 1? analyse des urines de 24 heures a été pratiquée. Elle montre une dimidution notable de l’urée de l'urine de 24 heures. L'élimination du bleu de méthylène est retardée.
Observation 34 (personnelle). — Alcoolisme chronique. — Affaiblissement intellectuel el attaques épileptiques. — Persistance des crises malgré l'abstinence. — Sénilité anticipée. — Insuffisance hépatique et rénale.
Le C... Charles, 68 ans, employé auxiliaire au ministère des Finances, entre dans le service de M. Vigouroux à l’asile de Vaucluse pour « affaiblissement des facultés intellectuelles, idées de persécution, turbulence par intervalles, étourdissements, tremblement des mains ; habitudes alcooliques ». Certificat immédiat de l'admission du D’ Simon 21 septembre 1904.
Les antécédents héréditaires sont peu connus. Tout au plus sait-on que son père était banquier et qu'il a fait de mauvaises affaires.
Le malade a été sous-chef de gare à Saint-Lazare. Il a quitté cette place à la suite des événements de 1870. Il a été ensuite employé au ministère des Finances où il gagnait 5 fr. 50 par jour. Depuis long-
temps, Le C... a des habitudes alcooliques. Il boit en moyenne quatre
à cinq absinthes par jour. Il en arrive à un affaiblissement psychique considérable. Depuis trois ans il est incapable de faire son service, ce sont ses collègues qui le font pour lui. À son bureau, il lui arrivait fréquemment d’avoir des attaques. Il a été une fois ramené en fiacre à son ministère par les soins du commissaire de police. Ses habitudes de boissons étaient connues de ses supérieurs hiérarchiques et «on lui lavait souvent la tête ».
Il'est célibataire. Î n’a ni frère ni sœur. Il aurait eu dans sa jeunesse un chancre (?). Le malade ne donne d’ailleurs à te sujet aucun renseignements. Il nous dit avoir eu la scarlatine à 10 ans.
8 octobre 1904. — À son arrivée dans le service Le C... présente un aspect sénile très avancé, du tremblement de la langue et des mains, des réflexes patellaires exagérés. Son ventre est gros, météorisé, le foie est petit. Pas d’ascite, pas de circulation collatérale. Le pouls est tendu, bondissant, le cœur ne présente rien de spécial.
as de troubles pupillaires. L’affaiblissement intellectuel est évident,
nuée; l’amnésie est rétro-antérograde.
une ali, agressive contre les nes cn mémoire Last bien Le
28 octobre 1904. — Le malade est alité ; faiblesse très ds jambes enflées, ventre étalé ; on constate un peu d’ascite. Le foie est tou-. | jours petit.
27 décembre 1904. — Affaiblissement intellectuel croissant. se ï malade n’a pas encore eu d'attaque dans le service. Tendance aa gâtisme. IUETS
15 février 1905. — Depuis le fer janvier le malade est alité et à au 0 régime lacté, il a de l'ædème des jambes. Il a une attaque d’ épilepsie à 2 h. 45 du soir avec convulsions généralisées, miction PRVOISHRIEES n morsure de la langue. Ë
15 mars 1905.— Toujours alité, mais soumis à un régime ordinaire, es Une crise le 2 2 mars. d
15 mai 1905. — Le 28 mars etle 18 mai, crises d'épilepsie. AE
-6 août 1905. — Deux attaques dans la nuil avec cri, perte de con= : naissance, obnubilation le matin.
19 juin 1905. — Attaque d’épilepsie.
2 décembre 1905.— Deux attaques.
à janvier 1906. — Deux attaques.
26 janvier 1906. — Miction nocturne involontaire.
18 avril 1906.— Attaque nocturne.
7 mai 1906. — Attaque nocturne. | ;
2 décembre 1906.— Attaque. ph
18 janvier 1907. — Attaque. LATE
26 mai, 4 juin, 17 juin 1907. — Deux attaques nocturnes, affaiblissement intellectuel de plus en plus grand. Sa
23 décembre 1907. — Hallucinations visuelles verbales : il a vu $ ce matin la signature de son PTE et la sienne sur une poutre du À plafond. Dos
94 décembre 1907. — Le lendemain attaque. Albuminurie danse e"2108 l'urine. 3 SU
24 février 1908. — Attaque de courte durée 31 mars 1908. — Crise.
Affaiblissement intellectuel avancé, amnésie rétro-antérograde, artères dures.
20 mai 1908. — Attaque. è 20 juin 1908. — Attaque. | 21 juillet 1908. — Albuminurie et glycosurie alimentaire. 11 août 1908. — Attaque nocturne, Les urines de ce malade ont été analysées à plusieurs reprises. En
général leur odeur est putride. On a constaté de la polyurie, une diminution de l’urée, de l'azote de l’urée et de l’azote total. Pas de rétention
des chlorures. L'albumine est constante mais variable en quantité. La glycosurie alimentaire est positive. L’élimination du bleu de méthylène paraît retardée. |
25 août 1908. — Le malade est doux, tranquille, bienveillant, il est inconscient de son état. Ses facultés intellectuelles sont bien affaiblies. Le C... n’a aucune souvenance de ses crises. Il est couché et s’alimente bien.
Les urines de 24 heures recueillies montrent une diminution notable de la quantité d’urée excrétée: 11 grammes en 24 heures. L'élimination du bleu de méthylène est retardée et irrégulière.
Observation 385 (personnelle). — Paludisme et absinthisme. — Traumatisme en 1891. — Première crise d'épilepsie trois mots après. Vertiges et équivalents épilephiques en rapport avec des excès de boissons. — Füque et affaire médico-légale. — Internement. — Disparihon des crises et des vertiges.
D .., 51 ans, ne présente aucun antécédent héréditaire nerveux. I n’y a aucune maladie mentale dans la famille. En 1885 le malade va au Tonkin comme engagé à la légion étrangère. Il y contracte le paludisme et des habitudes alcooliques. Z7 boit de l'absinthe.
En 1891, il fait une chute sur la tête en tombant accidentellement d’un étage. [1 reste sans connaissance pendant trois jours. Son état est assez grave pour nécessiter un séjour d’un mois à l'hôpital. Trois mois après, le malade fait pour la première fois de sa vie une attaque d’épilepsie. Jamais auparavant il n'avait présenté d'accident convulsif.
Depuis ce temps le malade présente d’une façon irrégulière des attaques d’épilepsie bien caractérisées, des vertiges, des fugues avec inconscience et amnésie caractéristiques.
Ces accidents sont toujours en rapport avec des excès de boissons. C’est dans une de ses fugues qu'il est arrêté, et, une ordonnance de nonlieu étant rendue sur rapport médico-légal de M. Dubuisson, le malade vient dans le service des alcooliques de Ville-Evrard.
Cet état s'améliore rapidement sous l'influence de l'hygiène et du repos. À
D... sort après huit mois de séjour sans avoir présenté aucune manifestation du mal comitial dans le service.
Observation 36 (P: Joffroy) (1). — A/coolisme et absinthisme. — Premier accident épileptique à 33 ans. — Dix internements de 1877 à 1908. — Parallélisme des crises et des excès alcooliques, jamais de