‹ Considérations sur les Suites de l'Astragalectomie pour Plaies de GuerreChapitre 23 sur 33 · OBSERVATION CXXXI · texte numérisé non relu

OBSERVATION CXXXI

Ge... Jean. Blessé le 28 septembre 1914, à Bouconviile, par balle. Séton allant de la face postérieure à la face antéro-externe du cou-de-pied gauche.

Traité d’abord par pansements antiseptiques à l’infirmerie de Ja Caserne Bautzen, à Toul. Grosse suppuration.

Le Q octobre 1914 cet homme est dirigé sur le quartier Thouvenot où il est opéré le 10 octobre, par M. le Docteur Laroyenne. Astragalectomie. L'astragale est facilement extrait par l'orifice de sortie de la balle qui se trouve au point d’élection de l’incision externe de cette opération. Immobilisation

RE ea

dans un plâtre, gouttière permettant de renouveler les panments. Cinquante jours après (1% déc. 14) le blessé est dirigé sur Lyon où il est soigné à l’Hôtel-Dieu, Salle Ollier. Le plâtre est renouvelé à la suite d’une constatation de déviation du pied en varus. Pansements tous les quatre puis tous les quinze jours. Trois mois après son entrée la cicatri sation est com plèteet ce soldat fait des essais de marche avecdes béquilles. Articulation légèrement mobile, mais violentes douleurs à la pointe du pied.

11 est alors dirigé sur l’ambulance « A la chanson » où il séjourne trois mois. Pas de traitement spécial. La tibio-tarsienne s’ankylose, les douleurs s’atténuent et il peut marcher avec une canne à condition d’être chaussé.

Le 7 juin, il se présente au centre de réforme de la XIV® Région, l'Exposition, et sort réformé le 29 juillet. (1).

Ainsi donc, durée du traitement 11 mois. Cicatrisation au bout de 6 mois. Le malade a parcouru cinq formalions sanitaires. C’est l’histoire de tous les réséqués de l’astragale.

On remarquera aussi que l'impression de l'appareilleur sera différente de celle de l'opérateur. L'un aura créé une articulation mobile, l’autre appareillera un cou-de-pied ankylosé.

4) Il y a enfin une quatrième cause des mauvais résultats de l’astragalectomie, la défectuosité du traitement consécutif. Elle explique la plupart des déformations des pieds ankylosés en mauvaise position.

La crainte de l’ankylose fait abréger le traitement immobilisateur. Au bout de trente ou quarante jours le membre opéré est sorti de sa gouttière et mobilisé. Malgré cela l’ankylose survient presque fatalement

(1) Voir suite page 38.

MX ET

dans la suite si les lésions, qui ont motivé l’astragalectomie étaient graves, si il y avait infection profonde, et elle risque d'être mauvaise parce qu'elle s'établit spontanément. Elle demande a être dirigée par le chirurgien. À cette condition elle donne des résultats très satisfaisants. Un pied dont l'articulation tibio-tarsienne est ankylosée peut néanmoins avoir une bonne fonction. Nous pouvons reprendre à ce sujet quelques observations :

OBRSERVATION I

D... Albert, 150 R. I. Blessé le 14 janvier 1915. Eclat intraarticulaire. Drainage et esquillectomie le 22 janvier.

Examiné le 24 décembre onze mois après son opération. Présente alors un membre inférieur gauche avec ankylose complète de la tibio-tarsienne. Marche plusieurs heures sans douleurs et reste debout une partie de la journée. À pu reprendre son mélier de cultivateur.

Page 1