‹ Considérations Sur Les Troubles Mentaux Liés Aux Formes Prolongées De L'Encéphalite Épidémique Chez L'EnfantChapitre 6 sur 29 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Obs. 1. — M... Georges, Prosper, âgé de 9 ans, est passé par l'asile Sainte-Anne le 5 novembre 1920, venant de la Salpêtrière où le docteur Souques constatait alors l’ « instabilité et la débilité mentales ». Nous avons pu observer cet enfant à l'asile de Vaucluse où il est actuellement interné.

A. H. — Le père du malade serait nerveux. Depuis la guerre il serait sujet à des chutes. Les renseignements ne nous permettent pas d'affirmer s'il s'agit d'épilepsie.

Un frère du malade est mort de méningite.

Pas d’internement dans la famille.

A. P. — Georges, Prosper vient à terme, parle à

PET tie

1 an, marche à 17 mois. L'enfant est normal. En grandissant, il se montre intelligent. A 6 ans, il a une bronchite dont on le soigne dans la Sarthe. Il retourne peu de temps à l’école, car au moment des vacances du nouvel an, en 1919, il présente du strabisme, des secousses myocloniques, de la fièvre. L'hypersomnie n'aurait duré qu'un jour, mais l'agitation nocturne et les cauchemars ont existé pendant les quinze jours que le malade dût être alité.

Après la phase aiguë de la maladie, l'enfant avait peur de tomber et disait à sa mère : « Tiens-moi, je ne peux pas me tenir », mais n’a jamais eu de perte de connaissance. Il lui prit des crises de colère, tant à l’école qu’au foyer familial, au cours desquelles il trépignait, hurlait et frappait ses parents. Il faisait mille farces (pied-de-nez à la face du maître d'école).

Il regrettait, aussitôt que commises, ses impulsions violentes.

I! avait un tic respiratoire qui consistait à souffler bruyamment, lequel à beaucoup diminué.

Quand on interroge le malade, il montre un esprit vif, éveillé. Il est bien crienté dans le temps et dans l’espace. Il raconte avec exactitude l’histoire de sa maladie. Il se rend compte qu'il souffle moins qu'autrefois. La nuit, le sommeil est normal. Il lui prend quelquefois, pendant le jour, l'envie de dormir.

__ L’attention est conservée. Cependant, le test d'André

Collin n’est réussi qu'à la quatrième fois et le test de Rogues de Fursac est opéré avec lenteur. Il sait pourquoi il a été interné. Il se rappelle et regrette ses vio-

lences à l’école et chez ses parents. Cependant, à l'asile, il se bat encore souvent avec ses camarades. Il est taquin. 11 déchire volontiers. Au demeurant, l'enfant n'est pas foncièrement désagréable. IL est accessible aux remontrances, qu'il écoute facilement, quitte à ne pas les observer.

I n’est ni menteur, ni voleur, ni gourmand.

Il ne pratique pas l’onanisme.

Il est caressant. Il aime à embrasser. Il joue aux jeux habituels.

I! va à l’école de Vaucluse, sait lire et écrire, compter jusqu'à 1.000. Il commet des erreurs dans la table de multiplication. :

D'après les tests de Simon, cet enfant de 9 ans semble avoir, intellectuellement, 8 ans ÿ.

Au point de vue physique, l'enfant est normal, à part les troubles respiratoires déjà signalés. Il n'existe pas de signes neurologiques.

Il n'y a plus aucun signe de strabisme

Pouls : 80.

Obs. 2. — L... Argentine, âgée de 8 ans, est entrée à

l’asile Sainte-Anne, le 22 février 1921, avec le certificat suivant du docteur Bouttier : « Troubles mentaux, agitation psychomotrice à prédominance nocturne, consécutifs à une atteinte d'E.E. » Ce certificat de l’admission : « Arriération mentale. Craintivité, turbulence. »

de Li

Le docteur Roubinovitch, à la fondation Vallée, rédige à peu près le même certificat.

A. H. — Père décédé d'E.E., au Canada, én 1920. :

Mère normale. Enfants normaux.

Pas d'hérédité psycho-pathologique dans la famille, d'après les déclarations recueillies.

A. P. — L'enfant vint à terme, pesant 3 kg. 500. Fille fut nourrie au sein, parla à 9 mois, marcha à 1 an 4.

Varicelle à 3 ans &.

Elle est envoyée en traitement à Berck-sur-Mer peur une tumeur blanche du genou.

D'après le témoignage des parents, l'enfant était intelligente, affectueuse, sans aucune tendance vicieuse. Avant l'atteinte d'E.E., elle n’était pas encore allée à l’école.

Le 8 mars 1920, E.E. traitée à Berck. Léthargie pendant 52 jours. Onirisme nocturne. En mai, elle eut une première crise d'épilepsie et, par la suite, eut deux crises par semaine. Agitation avant les attaques. Elle ne perdait pas complètement connaissance, mais elle était obnubilée, avait de l’'écume aux lèvres et dormait après la crise.

L'enfant fournit des réponses incohérentes. On ne peut fixer son attention. Elle pleure à la moindre observation. Puis, elle fait des grimaces, tire la langue.

A l’école, avant d'entrer à la fondation Vallée, ellefaisait des farces à ses camarades. Elle les insultait. Elle n’a jamais été violente.

Elle est menteuse et mythomane.

Elle est gourmande.

Au point de vue intellectuel, elle ne sait ni lire ni écrire. Elle déclare : « Il va me pousser un poireau, un chou sur l'œil. » Elle ne sait pas compter. L’arriération pédagogique et mentale est très nette.

D'après les tests de Simon, l’âge mental de cette enfant de 8 ans atteint 3 ans.

Le test d'André Collin ne peut être accompli.

Au point de vue physique, chétivité, mauvais état général. Tumeur blanche des deux genoux. Atrophie musculaire des membres inférieurs. TS

Facies niais. Nez épaté. Dents en mauvais état, crénelées, double rangée d'incisives supérieures.

Pouls : 120.

Lorsque Mlle Lévy examina la malade, en janvier 1921, voici ce qu'il lui fut donné de constater :

« L'enfant présente un état d’agitation frénétique. Elle s’agite, défait tous ses vêtements, crache partout, renifle, par moments crie. Pendant la crise, elle parle rarement, parfois même ne répond pas et semble tout à fait absente. Cette agitation survient, en effet, par crises ; ces crises surviennent brusquement et finissent comme elles commencent. Elles surviennent chaque nuit, commencent en général à 2 heures du matin et finissent le lendemain vers midi. Pendant la crise, l'enfant exécute des bonds, des sauts, des torsions sur son lif, ou bien elle court à toute vitesse, sautant successivement sur tous les lits. Ou bien elle crache partout... »

Actuellement (janvier 1923), les crises d'agitation avec vertiges et obnubilation intellectuelle sont moins violentes. Cependant, l'enfant ne quitte pas l'infirmerie. Elle ne peut suivre aucun cours. L'existence de cette obnubilation intellectuelle après les crises est une cause d'erreur qu'il faut signaler lorsqu'on veut établir son niveau intellectuel et juger de sa capacité d'’attention.

Obs. 3. — G... Armand, âgé de 7 ans, a été renvoyé de l'hôpital Bretonneau le 2 mars 1921 parce qu'il était atteint de « délire » et troublait le repos des autres malades. A l'asile Sainte-Anne, où il avait été transféré, on constatait de l’arriération mentale. Il resta jusqu'au 12 juillet à l'asile de Bicêtre et fut replacé à l'asile Sainte-Anne, le 20 juillet, avec le certificat suivant du docteur Logre : « Arriération mentale. Troubles de l'humeur et du caractère. Excitation psychique par intervalles. Turbulence nocturne. Cris, chants, réactions violentes. Méningite au début de 1920. Amaurose. Mutisme en ce moment. Convulsions le 4 janvier et les jours suivants. Stigmates de rachitisme. »

A. H. — Rien à signaler.

A. P. — Enfant normal, ayant parlé et marché à onze mois, doux et affectueux, très propre, donnant toute Satisfaction à ses parents avant sa maladie.

Le 1* janvier 1920 il eut ce que le père appelle une « fièvre cérébrale » et fut soigné à l'hôpital Bretonneau. Les convulsions, le strabisme, l'agitation nocturne,

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