‹ Considérations sur les tumeurs gastriques de nature bénigneChapitre 12 sur 15 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Devant la fréquence de leur cancérisation, les tumeurs bénignes de l’esiomac relèvent du traitement des tumeurs malignes. L’attitude du médecin qui soupçonne l'existence d’une tumeur gastrique non cancéreuse doit s'inspirer de la notion que le traitement radical de cette lésion est uniquement chirurgical, et que l'intervention, faite aussi précocement que possible, n’est souvent décidée que sur un diagnostic sans certitude absolue. Il ne reste, en définitive, qu'à préciser les contre-indications opératoires. La grande fatigue et l’âge du malade, l’implantation large de la tumeur, la présence d’adhérences multiples, écarteront l’intervention et feront recourir à la radiothérapie profonde, que pourtant les grosses hémorragies, les états d’anémie intense, contre-indiquent formellement. Mais on n’oubliera pas que le traitement paliatif n’a jamais amené de résultats brillants. Les différents auteurs qui ont eu recours aux agents physiques, avant tout ræœntgen- et radiumthérapie, n’ont pas obtenu de rétrocession importante et durable des troubles fonctionnels et généraux.

Dans tous les cas échappant à la chirurgie, on effectuera des examens radiologiques renouvelés et fréquents, afin d’être en mesure de déceler, aussi précocement que possible, une éventuelle cancérisation des éléments tumoraux. C’est alors seulement qu’on mettra si possible en œuvre un traitement radiothérapique in-

tense.

D'autre part, en l'absence de grosses hémorragies, le traitement chirurgical perd son caractère d'urgence, et le médecin peut prendre le temps de renforcer son diagnostic à l’aide de tous les examens, radiologique, hématologique, chimique, qui sont à sa portée.

Le traitement diététique et médical strict de lulcère secondaire à une tumeur non cancéreuse, tenté dans l'ignorance de la nature vraie de la lésion, est voué à un échec certain. Un ulcère qui ne s’améliore pas sous l’action du traitement médical prolongé est justiciable de Pacte opératoire, au cours duquel on procédera à l’examen soigneux de l’estomac; la nature histologique du tissu d'implantation commandera, s’il y a lieu, l’exérèse large non seulement de la tumeur, support de l’ulcère, mais aussi de toute la région juxta-tumorale, d’apparence saine.

Tous les auteurs s’accordent aujourd’hui à reconnaitre la nécessité de l’ablation large de la tumeur et de son voisinage. L’opération conservatrice, qui a pu autrefois recueillir des suffrages, est actuellement écartée devant les risques de cancérisation qu’elle comporte. Certains chirurgiens se sont montrés partisans de la gastrotomie au niveau de la paroi postérieure. Ce procédé a également été abandonné. La biopsie et la préparation de coupes gelées n’offrent qu’une sécurité relative, en particulier dans les cas de tumeurs multiples. La nature histologique de la coupe n’apporte de renseignement que pour un point très limité de la paroi gastrique.

Grâce aux récents progrès de la technique opératoire en gastro-entérologie, la résection étendue est possible dans tous les cas. Aucun procédé n’est aussi sûr, ni, en

fin de compte, aussi économique, qu’une gastrectomie bien conduite. L’opinion, assez répandue, qu’une grande proportion des tumeurs bénignes sont, à leur base d’implantation, entourées d’une zone d'infiltration néoplasique, apporte un nouvel argument à l’appui de la résection étendue.

Le chirurgien devra éviter l’erreur qui consiste à méconnaître la tumeur, parfois petite, et qui peut échapper à une investigation superficielle. Dans les cas douteux, il ne faut pas hésiter à pratiquer l’incision exploratrice de la paroi gastrique : bien des néoformations peu volumineuses et sous-muqueuses seront ainsi découvertes.

La technique chirurgicale dépend du siège de la tumeur. Pour une lésion du corps de l’estomac, l’exérèse large de la tumeur et de sa zone d’implantation, et la méthode du bout à bout, s'imposent. Une tumeur siégeant dans la région pylorique commande, après exérèse large, l’anastomose bout à bout de l’estomac au duodénum. S’il existe un ulcère localisé hors de la région pylorique, on aura recours à la méthode d’anastomose dite de Polya.

La mortalité opératoire, lorsque les indications ont été soigneusement posées, et que l'intervention a été faite à temps, est extrêmement basse. Les résultats éloignés, les suites fonctionnelles, contrôlées à l’écran, sont en règle générale très satisfaisantes, et les récidives sont exceptionnelles lorsque l’excision a été suffisamment étendue.

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