‹ Considérations sur les tumeurs gastriques de nature bénigneChapitre 7 sur 15 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les tumeurs bénignes de l'estomac ont suscité de multiples travaux consacrés, les uns à une seule variété d’entre elles, les autres aux traits généraux communs à ces lésions. On peut se demander pourquoi les tumeurs bénignes de l’estomac ont été l’objet d’aussi nombreuses recherches, alors que toutes les statistiques en démontrent la rareté. Nous pensons que l'intérêt qu’ont toujours éveillé ces tumeurs est dû à deux causes : d’une part, il s’agit là d’un problème concernant à la fois la clinique et la chirurgie; d’autre part, les difficultés que leur diagnostic soulève sont susceptibles d’être diminuées par la connaissance plus approfondie de leur symptomatologie et de leur évolution.

C’est qu’en effet la précocité de l’intervention, condition essentielle de la réussite opératoire, commande un diagnostic rapide, rendu souvent difficile par une symptomatologie et une évolution des plus variables, sous la dépendance du volume, du siège et de la nature histologique de la tumeur. Cependant, les récents progrès de technique et d'interprétation de l’exploration radiologique de l’estomac ont facilité, dans une certaine mesure, le diagnostic précoce des tumeurs bénignes gastriques, et ont permis de pousser plus avant l’étude de lésions qui, pendant longtemps, n’avaient été identifiées qu’au cours d'interventions ou d’autopsies.

Dans ce modeste travail, notre intention est d’exposer la question à un point de vue général; en nous appuyant sur les observations publiées jusqu’à ce jour, nous tenterons de retracer les grandes lignes de l’étiopathogénie, de la symptomatologie, de l’évolution, du diagnostic et du traitement de ces lésions.

Si la question des tumeurs bénignes de l’estomac s’offre sous le double aspect de leur morphologie et de leur

histologie — cette seconde caractéristique permettant de poser un pronostic post-opératoire d’ailleurs assez restreint — la classification de ces tumeurs suivant la

nature de leurs éléments cellulaires ne saurait offrir d'intérêt, car elle ne conditionne pas leurs manifestations cliniques. Nous nous bornerons donc à rappeler rapidement les différents types histologiques rencontrés, leur fréquence relative et leur évolution particulière, pour nous étendre davantage sur leur pathogénie, leur symptomatologie et leur traitement, qui sont surtout en relation avec leur développement et leur siège.

Page 1