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il faut dilations permanentes avec altération et insuffisance pariéto-valvulaire. |
Il existe bien des dilations veineuses superficielles, qui ont les mêmes aspects que les varices vraies, et auxquelles on donne ce nom, mais qui se sont constituées momentanément et qui disparaissent plus ou moins complètement une fois la cause supprimée, et qui ne sont pas précédées d’une altération pathologique de la paroi de la veine, ni d'une insuffisance de ses valvulves. Ce sont des « veineectasies » de suppléance, providentielles, qu'il faut à tout prix respecter, et qu’on rencontre après une phlegmatia alba dolens, pendant certaines grossesses, dans les compressions par tumeurs et cætera.
Les varices débutent donc par les veines superficielles. Mais il existe une période prévariqueuse, dont les principaux symptômes sont des sensations de fatigue rapide, de lourdeur et de pesanteur jusqu'aux crampes et aux douleurs tensives, continues, gravatives (Verneuil).
Les premières manifestations visibles sont les varicosités étoilées ; dans un degré plus avancé, on constate la saillie de cordons veineux de calibre uniforme, qui, d’abord droits, font dans la suite des flexuosités. Puis apparaissent des ectasies de plus en plus volumineuses et nombreuses, et à son degré suprême la saphène interne et ses collatérales dessinent sur toute la hauteur du membre de gros cordons avec tumeurs ou sacs veineux, présentant des
portions molles et réductibles, d’autres plus résis-
tantes et rigides, souvent avec des points bleuâtres aux parois amincies à l’extrême, prêts à se rompre, et donnant lieu à des hémorragies, qui peuvent être mortelles.
On a d’abord attribué la production des varices aux seules causes mécaniques, comme la station debout prolongée, des pressions normales ou pathologiques sur le trajet des veines, s’opposant au courant sanguin : liens, jarretières, fibromes, tumeurs malignes, utérus gravide, constipation, des fractures lésant une veine ou ses nerfs, des cals plus ou moins volumineux, et cætera.
Certes, ces causes ont une influence incontestée, généralement elles ne sont pas exclusives. Elles ne peuvent expliquer à elles seules la formation des varices.
Il faut remonter à la cause efficiente, qui est l'altération des parois de la veine. Les varices se presentent comme une maladie de la veine et non pas comme un syndrome relevant d’une gêne, circulatoire (Vignes).
Dans la période prévariqueuse, les parois perdent leurs qualités physiologiques : souplesse, élasticité, contractilité, elles sont frappées d’une hypotonie, suivie d’une dystrophie des muscles lisses ; le tissu noble est étouffé par un tissu conjonctif. La maladie variqueuse a déjà commencé son travail destructif. Je dis encore maladie variqueuse, car c’est tout le système veineux qui est frappé d’une sorte d'hypotonicité (Sicard).
Les varices s'installent aux points faibles, Ià où les parois des vaisseaux ne sont pas soutenues par des puissants paquets de muscles, là où elles sont plus minces, là où la pression sanguine est plus élevée. Il y a des régions de prédilection comme Île canal déférent du testicule, le ligament large, le col de la vessie, mais surtout le rectum, et avant toutes autres les membres inférieurs, où :a saphène interne est la plus généralement prise.
Mais à quelles causes attribuer ces modifications pathologiques de la paroi des veines P
Les classiques les: expliquent. par l'influence de certains états prédisposants, dont ils mettent au premier rang larthritisme, faisant ranger sous celte nomination les obèses, les diabétiques, les goutteux, des rénaux (Lithiase, gravelle) et certains asthmatiques, albuminuriques, pulmonaires et ‘eardiaques.
Les intoxications chroniques prépareraient le terrain, telles que l'alcoolisme, le saturnisme et d’autres.
Des maladies infectieuses sont accusées d’avoir provoqué à elles seules des varices. Le professeur Forgue, de Montpellier, cite trois cas, où il a vu la fièvre typhoïde déterminer chez des soldats, exempts de toutes ectasies veineuses à l’incorporation, des varices de marche rapide et progressive. Ici, le procédé pathogénique lui paraît d’une simplicité décisive. L’altération de la paroi vasculaire, provoquée par l'influence des microbes et de leurs toxi-
nes, aboutït sans Îe secours de conditions mécaniques à la dilation variqueuse, de la même façon que la paroi d'une artère scléreuse se laisse renfler en un anévrisme.
Mais l'influence des états arthritiques, des intoxications et des infections ne suffit pas pour expliquer toutes les varices. D’autres facteurs très importants semblent jouer un rôle prépondérant dans leur production. Ce sont les glandes endocriniennes. Tous les auteurs des dernières années sont unanimes à considérer l'insuffisance de la sécrétion de ces glandes comme un facteur de tout premier ordre. Le professeur Sicard et le docteur Gaugier écrivent à ? ce sujet : « À la base de la diathèse variqueuse dans les deux sexes, la viciation de sécrétion des glandes génitales ou de l’hypophyse nous a semblé très fréquente ».
Chez la femme prédisposée aux varices, on peut parler de trois périodes pendant lesquelles les poussées sont plus marquées. C’est au moment de la puberté, pendant la grossesse et à la ménopause. Je ne puis mieux faire que de citer ce que MM. Sicard et Gaugier écrivent à ce sujet
« C’est quelques années après la puberté que débute chez les prédisposées l'apparition des premiers cordons bleuâtres. Les premières règles marquent Ja première poussée variqueuse ; ensuite, au moment de chacune des périodes menstruelles, on assiste à une légère poussée veineuse. Chaque fois que les. règles surviennent, élles s’accompagnent d’une
poussée congestive du côté des membres inférieurs, les varices deviennent plus turgescentes, les jambes sont plus lourdes. Queiquefois même, ces sensations de pesanteur des jambes, de tension du côté des varices, servent d’avant-coureur et avertissent Îles malades que les règles sont proches. Chaque période, chaque poussée menstruelle, laisse les veines un peu plus dilatées, et bientôt, en quelques années, l’état variqueux est constitué.
Ces poussées congestives sont toujours plus marquées au moment de la ménopause, et de très nombreuses femmes, qui avaient été indemnes jusquelà, assistent à l’éclosion, sur leurs membres inférieurs, de pinceaux veinules rouges ou bleus, superficiellement dilatés en tête de Méduse et surtout visibles sur le côté externe des cuisses. Ces poussées cataméniales de la ménopause s’accompagnent de sensation de fourmillements « d’impatiences » dans les membres, obligeant parfois les malades à changer leur jambe de position, à rechercher les endroits frais des draps, et parfois même elles les obligent à se lever et à faire quelques pas. Tous ces phénomènes sont liés à une paresthésie du sympathique dont l'origine doit être recherchée dans une viciation de la sécrétion de l’hormone ovarienne. »
L'apparition des varices pendant la grossesse est connue de tous les temps et les interprétations des différents auteurs sont nombreuses. Pour certains auteurs, comme P. Dubois, le système nerveux interviendrait directement dans la formation de ces
varices. Pour d’autres, comme Mauriceau, ce serait la compression que l'utérus grivide exerce sur les veines iliaques qui provoquerait l’éclosion des ectasies. Mais comment expliquer alors que les varices apparaissent déjà au commencement de la grossesse, avant que l'utérus ait pris un volume suffisant pour pouvoir provoquer une pression mécanique d’un tel poids. Nous savons aussi, que ces varices disparaissent, si la grossesse est interrompue. Leur disparition à pu faire diagnostiquer un fœtus mort, retenu dans l’utérus, tout comme la cessation de certains vomissements incoercibles est un signe de la mort du produit de la conception.
Chez les prédisposées, les varices ne disparaissent pas complètement après l'accouchement, et chaque grossesse fait augmenter l’état variqueux.
Il paraît, d’après le professeur Sicard et ses collaborateurs, que « le corps jaune secrétait pendant la grossesse une hormone particulière, destinée à favoriser la distension du muscle utérin et à lutter contre sa tonicité. Ce produit de sécrétion agirait directement sur l'utérus ou neutraliserait momentanément la sécrétion hypophysaire, destinée à entretenir la tonicité des muscles lisses en général. Par contre-coup, le tissu musculaire lisse formant l’armature des veines se trouve atteint.
« Ces faits semblent bien démontrer que, lorsqu'il existe un trouble de la sécrétion ovarienne, les varices se développent. Les parois veineuses paraissent tonifiées par une sécrétion qui fait défaut au