‹ Considérations sur quelques affections pulmonaires des ouvriers houilleursChapitre 11 sur 36 · AP (DRE · texte numérisé non relu

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du moins elles sont un acheminement possible vers des mala-

dies plus graves si elles sont négligées, ou de par leur réci-

dive L'altération de la muqueuse favorise en effet l'action du froid.

3° Ceci nous amène à étudier l'influence de l'humidité et de la tempéralure sur le poumon du mineur :

Du cul-de-sac où il travaille à demi-nu par suite de la tempéralure élevée qu'il y supporte, l’ouvrier sort ayant chaud. Il est en sueur pour traverser les galeries de plus en plus fraiches qui conduisent au puits ou à la galerie maîtresse. Il a donc 2 supporter dans un court espace de temps plusieurs écarts brusques de température, et de plus il est généralement peu vêlu.

A sa sortie de la mine, 1l lui reste encore à parcourir le trajet plus ou moins long qui le sépare de sa maison, souvent dans le même costume et sous une température plus froide encore, en hiver du moins.

Bien plus, le chantier est souvent humide. Les pieds dans l’eau. l’ouvrier reçoit parfois une véritable pluie sur tout le corps : il sortira donc mouillé et s’exposera davantage encore à toutes ces affections dites a frigore, dont le praticien observe tant de cas :

I. Nous ne ferons que citer le coryza et l’angine catarrhale. fréquents chez le mineur, mais qui ne nous intéressent que par un point : c'est que la bronchite aiguë est ia plupart du temps consécutive à une poussée de l’une ou l’autre de ces affections. |

Bronchile aiguë. -- Histologiquement la muqueuse est “ordinaire seule intéressée, les vaisseaux sont considérable ment dilatés, entourés de leucocytes. Les épithéliums gonflés avec leur noyau tuméfié sont soulevés par les cellules Im. phatiqnes diapédésées ; ils perdent leur plateau. leurs cils

ER de vibratiles et leur protoplasme se remplit de mucus. Ils tombent par pHlace.et l'on comprend tous les inconvénients que présentent de telles modifications en présence de gaz ou de corpus.

cules irritants. Les glandes muqueuses grossies laissent sour-

dre dumucusoudumuco-pus.Les aciniglandulairesse desquament, deviennent granuleux, la muqueuse prend un aspect tomenteux, velouté. Mais le processus inflammatoire dépasse souvent les couches élastiques de la sous-muqueuse, les an neaux musculaires peuvent être dissociés ; de même les trousseaux élastiques, d'où une faiblesse permanente de la paroi bronchique comme conséquence et la possibilité de la bronchectasie plus tard, s'il v a eu de larges destructions musculaires.

Bronchile chronique. -— D'une façon générale, le houulleur atteint de bronchite aiguë qui se soigne mal, ou reprend

trop lôi son travail, alors que les lésions de son affection ne .

sont pas complètement guéries, cicatrisées, est un candidat à la bronchite chronique. Au point de vue histologique, on cons tate un épaississement fibroïde de la muqueuse ; par places, de fines végétations de tissu scléreux veloutent la face interne de la bronche. L'épithélium n’a plus sa forme cylindrique, il tapisse d’une façon irrégulière la membrane basale qui est épaissie. Les muscles sont amoindris, les vaisseaux plus dilatés, les glandes entourées d'une zone fibroïde. Enfin les carülages peuvent être toul à fait ossifiés, état qui, joint à la sclérose des tissus bronchiques et pérbronchiques, peut faire des bronches atteintes des canaux durs et immobiles. Un seul symptôme nous arrêlera : la toux.

De toutes les maladies, la bronchite est celle qui s’accompagne Île plus souvent de toux. L'irritation des muqueuses trachéale et bronchique la provoque et Nothnagel déclare que la muqueuse bronchique, en particulier, est la zone tussigène, la

cogitn. L ée | PE

cr) en plus sensible. Les physiologistes décrivent le mécanisme de la tonx de la façon suivante : Après une inspiration plus ou moins profonde, la glolle est momentanément fermée : à ce moment, les muscles expirateurs entrent en jeu et comme dans l'effort augmentent la pression du gaz intraputmonaire. La glotte s'ouvre alors brusquement et l'air chassé avec vitesse balaye les mucosités. Durant l'augmentation de la pression intrapulmonaire, l'air est poussé vers les grosses bronches, mais aussi vers les points les moins comprimés durant l'acte

respiratoire (sommets, bords antérieurs des poumons) points

d'élection de l'emphysème. Les efforts répétés de toux, à la longue, finiront par rompre les fibres élastiques du parenchvme pulmonaire et l’ectasie atrophique des alvéoles sera réalisée. Est-il nécessaire de rappeler qu’à côté de cet élément mécanique (toux), l'élément trouble nutritif, c'est-à-dire la dé bilté des fibres élastiques que la toux traumatise a une grande importance. Nous avons dit plus haut quelles étaient les allérations des tissus quand le processus inflammatoire atteignait et dénassait les couches élastiques, et ne devons-nous pas songer encore à l'hérédité, à l'alcool, au tabac ?

La Broncho-pneumonie, qui survient surtout au cours d’une maladie infectieuse, peut succéder à une bronchite simple, atguë, primitive, à une bronchite chronique.

Les parties du poumon restées saines à la périphérie des noyaux isolés, aux sommets et aux bords antérieurs, sont atteintes d'emphysème, que les efforts violents et répétés accompagnant la respiration, ont provoqué.

À l’autopsie des individus atteints autrelois de bronchopneumonie et qui eurent une convalescence traînante, qui restérent jusqu'à la fin des tousseurs, on trouve une induration atrophique pulmonaire avec dilatation bronchique.

Le poumon est très réduit de volume dans les points mala-

des, te lissu en est dur et crie sous le scalpel. Les bronches sont plus ou moins dilatées.

La Pneumonie est rarement observée dans notre milieu houiiler. Les quelques cas qué nous avons relevés semblent permellre de dire qu'elle revêt un type un peu spécial. Après ie retablissement, on observe une toux souvent très persistante contre laquelle, durant de longues semaines, échouent les médicaments employés ailleurs avec quelque succès. Sa iareié chez le houilleur tient probablement à ce fait que le pneumacoque n'aime pas l'humidité qui le tue assez vite, si les reiroidissements favorisent son activité et son développement. Le diplocoque lancéolé de Talomon Frænkel ne se développe qu'à une température supérieure à 24 degrés, et on le cultive de préference à 30-36 degrés.

Iistoiogiquement, quand l’autopsie n'est faite qu'au bout de longs mois, le poumon montre à la coupe un tissu fibreux, infiilié d'une grande quantité de charbon. Sa couleur oscille entre un ton verdâtre foncé et les {ons noirâtres les plus sombres. Sur le tout, tranchent des traînées fibroïdes blanc nacré. Le issu pulmonaire a perdu ses caracières. Au microscope, les alicoles rétrécis par l’épaississement fibreux de leurs pa. rois et des cloisons périlobulaires, surchargés de charbon, sont cn outre comblées par des végétations fibroïdes. C’est une alvéolite végétante néo-vasculaire.

Le lobe anciennement touché est devenu un moignon fibreux. il est réduit à la moitié, au tiers de son volume normal. La sclérose pleurale, d'une résistance considérable, l'enserre et cette sclérose parait même tendre à l’ossification.

La Pleurésie, dont le refroidissement est encore un agent provocaleur incontestable, bien que toute pleurésie soit associée à une toxi-infection. Les formes sèche et séro-fibrineuse, qui sont les plus communes, laissent après elles ces adhérences, ces symphvses pleurales, faisteaux de tissu conjonctif

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avec vaisseaux de néoformation à leur intérieur, qui gêneni les mouvements du poumon en les tiraillant.

La jluxion de poilrine, qui ne se sépare pas des autres pneu inonies, bronchites, par la nature de ses lésions : ce sont tou- Jours des congestions, des inflammations avec caractères spé. ci&ux : étendue des lésions en surface, rapidité des processus, facihié de propagation par continuité des tissus et ses consé quences (1).

L'asthme est assez rarement rencontré à Graissessac. Il y a, à Ccup sûr, dans le milieu souterrain maint élément suscephble de prédisposer le houilleur à cette maladie : impertection de l'hématose, quantité et qualité de l'air respiré, coups de froid, humidité, bronchites. Le mineur est la plupart du temps un nerveux. Vapeurs, gaz et poussières en trop forte quantité provoqueraient infaillhiblement des accès de plus en pins rapprochés el graves, si le malade persistait à travailler à l'intérieur. Les premières attaques d'asthme sont généralemont benignes et sans reliquat ; mais plus lard, si l'élément catarrhal vient se joindre à l'élément nerveux, et s'il prédomine, le malade conserve dans l'intervalle de ses attaques un état morbide analogue à la bronchite chronique et d'autant jlus tenace que l’emphysème, qui en est la complication, se met souvent de la partie.

Les alvéoles du poumon perdent de jour en jour de leur élasticité : l'action de la dyspnée les distend outre mesure ; quant à l’état axphyxique, dans les crises prolongées, elle en-

“trave la nutrition des parois lobulaires et facilite leur rupture.

4° Les poussières. — Au nombre des particularités du mi- Heu souterrain figurent les poussières.

a) Qu’elles proviennent des lampes à mèche mal réglées,

(1) Cr Montpellier Médical, 1874.

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des coups de mines à la dynamite et surtout à la poudre ordiire qu répandent dans l'atmosphère des houillères non seulement des gaz irritants, mais d’abondantes fumées, des particules fines, ténues, impalpables, lentes à se déposer sur les” parois «u sur le sol.

b) Des roches dures attaquées par les perforatrices à air conprimé ; du charbon abattu surtout (poussier, pulvérin), de beauroup les plus abondants : encore cette abondance tientell: à la nature même du charbon. Ce poussier flotte dans l'atiaosphère, entoure par conséquent le houilleur de tous côtés, saunoudrant peau et solutions de continuité de la surface cutante (latouage bleu) : tendant à pénétrer par voie buccale ou nasale, le tube digestif et le poumon. Comme pour le noir de . fumée, au microscope, il s’agit de grains dépourvus de toute aspérité, à angles mousses, ce qui les différencie absolument des parucules de la poudre de charbon de bois, des poussières siliceuses ou métalliques crénelées, dentelées, à angles aigus. C’est du carbone, comme le démontre sa résistance aux acides tinéraux, à la potasse, au chlore, ne se dissolvant comme le charbon, que par l'acide sulfurique et l'acide mitrique.

Les grains les plus volumineux, les plus grossiers, sont arrêtés par les vibrisses du nez, englobés par le mucus, expulsés avec lui soit vers l'extérieur, soit vers le pharynx. Les plus fins, les impalpables pénètrent avec le courant d’air inspiré dans la trachée et les bronches. En qualité de corps étrangers, leur action irritative active la sécrétion muqueuse des parois qu'elles tapissent, comme elles font pour la muqueuse nasale. Une partie fixée dans le mucus sera expectorée, l’autre plus légère encore va cheminer jusqu'à l’alvéole. Quel sera le sort de ces derniers grains ? Ils seront la proie des cellules à poussières, leucocytes destinés à les charrier à l'intérieur du poumon, ayant traversé la mince barrière épithéliale. Une cerfaine quantité tatouera les éléments fixes, le reste s’éliminera

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