ADR
par les lymphatiques vers les ganglions du hile. Avant d'insister sur le rôle de ces éléments encombrants, il nous paraît intéressant de rappeler ici rapidement les résultats de l'autopsic d'un mineur de Graissessac faite à l'hôpital de Cette par MM. les docteurs Lassalle et Monteux (1).
A l’ouvertude de la poitrine, les poumons ne s’affaissent pas : à droite, les feuillets de la plèvre adhèrent intimement ; à gauche, pleurésie légère à la base avec un peu dé liquide. Coloration uniformément noire des deux poumons.
Poumon droit : en deux endroits de la surface, cicatrices noires, dures ; la plèvre fait corps avec le tissu pulmonaire dans tout le parenchyme petits corps durs au palper. Caverne assez vaste à contenu noir, tachant le doigt. Cesorganesincisés en divers sens crient sous le scalpel. À la coupe, coloration noire, uniforme, des trois-quarts inférieurs. Sommet marbré noir à veines blanches.
Sommet gauche rouge sombre, congestionné, hépatisé même. La consistance de l'organe ne permet pas.son écrasement sous la pression des doigts, il gagne le fond d'un vase plein d'eau.
Le lavage du tissu coloré entraîne une matière noire qui ne surnage pas ; les lavages répétés conservent au tissu sa couleur noire.
Enfin çà et là des îlots de 3 à 6 millimètres de diamètre séparés par des travées fibreuses en tous sens, quelques-uns du volume d’une noisette, constitués par une matière granuleuse à grumeaux jaunâtres, parcelles de tissu mort. Quelques points des sommets sont perméables sinon sains.
Les parois des bronches sont épaissies et leur calibre plus ou moins rétréci : les vaisseaux de même.
(1) H. Isemberg, De l'hyqiène du mineur et des maladies qui lux sont particulières (Thèse, Montpellier, 1896).
DE
Histologie (Docteur Lassalle). — Les travées sont formées de fibres conjonctives séparées par places par des traînées de particules de volume et de forme variées, de couleur noire.
Les fibres connectives affectent au niveau des ïlots les plus foncés une disposition circulaire et renferment dans leurs mailles une grande quantité de particules organiques. Le centre est formé de cellules endothéliales dégénérées, en sorte que ces îlots ne sont que des vestiges des alvéoles pulmonaires dont les parois épaissies et partant resserrées obturent la lumière plus ou moins complètement. Les coupes des points caséeux présentent une enveloppe fibreuse très dense : les dé bris de fibres connectives des cellules très altèrées en constituent la partie centrale. Les vaisseaux pulmonaires ont leur calibre amoindri, plusieurs sont réduits à l'état de cordons. d’autres obturés par des caillots. Les plus fines ramifications bronchiques offrent la même altération que les vaisseaux. mais à un degré moindre. L'épaississement de leur tunique fibreuse et de leur membrane muqueuse est tiès évident. Il en est de même pour les grosses bronches. Au niveau des points perméables, éraillures de l’endothélium vésiculaire, envahissement du tissu connectif périalvéolaire par des poussières en auréole noirâtre autour de la vésicule. Ce seraient là les premiers signes d’altération du poumon par les poussières selon quelques praticiens. Quant à la sclérose elle serait l'effet de l'irritation déterminée par la pénétration des poussières dans le parenchyme pulmonaire.
Charcot (1) et Gombault observant la série des altérations que les poussières déterminent ont décrit l’épaississement des parois alvéolaires, l’alvéolite végétante, le rétrécissement consécutif de leur cavité : l’épaississement progressif du tissu cel-
(1) Charcot, Lecons, 1877.