HYGIENE PREVENTIVE
Résumant son étude sur les maladies du houilleur, J. Oberthür (1) constate que malgré toutes les améliorations apportées dans la deuxième moitié du xix° siècle aux conditions hygiéniques des ouvriers mineurs, ils souffrent encore souvent des maladies de l'appareil respiratoire dans l’étiologie desquelles les écarts de température peuvent davantage être mis en cause. Nous ne pouvons que nous rallier à ses justes remarques. L’hygiéniste et l'ingénieur poursuivent depuis longtemps à tous les points de vue l'amélioration de cette industrie, et leurs efforts, il faut le reconnaître, ne s'exercent pas inutilement.
A. Contre le mauvais air : l’installation de puissants ventilateurs à fort débit permet d'affirmer que l'air respiré dans les exploitations houillères tend à devenir suffisamment pur.
B. Contre les écarts de lempéralure auxquels nous attribuons tant de méfaits, la ventilation dont nous venons de signaler l'immense avantage doit être surveillée au point de vue de son activité, de sa force, de sa distribution, C’est ainsi que
(1) Oberthür, loc. cit.
er les voies maîlresses de sortie, que son travail fin l'ouvrier doit regagner et parcourir, ne doivent par être traversées par de fortes colonnes d'air. En second lieu, cet ouvrier, arrivé à l'orifice de sortie (galerie ou puits), ne doit pas continuer sa roule jusqu'à sa maison sous une température toujours différente de celle du milieu qu'il vient de quitter ; il est de plus souvent mouillé et insufäisamment vêtu. Une transition s’imposait entre le dedans et le dehors : on a créé les chambres chaudes. Dans ces vastés locaux, dont la température est réolée suivant la saison, le houilleur se débarrasse de ses vête- ‘ments de mine, prend une douche chaude ou écossaise, favorisant la réaction au sortir du travail, et constituant, comme le dit Oberthür, un excellent moyen prophylactique de ces afections «a frigore, en même temps qu'un excellent soin de propreté. Il revêt ensuite ses habits de ville secs, propres et de saison, et rentre chez lui.
La chambre chaude actuellement en usage est loin, selon nous, de remplir tous les desiderata de l'hygiène, malgré sa simplicité. Il y a dans ces vestiaires aux patères trop rapprochés, et affectés à la fois aux vêtements de mine et de ville, de bien fâcheux contacts, des voisinages suspects favorisant la transmission des germes divers, des parasites (pedicul pubis, ankyloslome duodénal, oxyures, etc.) (1).
Les chaussures humides et chargées de boue souillent le sol très rapidement à cause du nombre d'ouvriers. Ceux-ci vont piétiner nu-pieds dons ces souillures, soit au retour de la douche, soit même en changeant de souliers. Ce sont ces inconvénients (1) qui nous ont suggéré les modifications sui-
(1) Les « penderies » en usage en Westphalie sont encore moins recommandables.
(2) Nous avons eu l'occasion de eonstater ces mêmes inconvénients dans plusieurs bains-douches régimentaires.
Douches
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