‹ Considérations sur un cas d'utérus double diagnostiqué et opéré à la pubertéChapitre 4 sur 6 · A°MES MAITRES DANS LES HOPITAUX DE SAINT-ETIENNE · texte numérisé non relu

A°MES MAITRES DANS LES HOPITAUX DE SAINT-ETIENNE

Internat :

MowsIEUR LE DocTEUrR ARNAUD MosiIEUR LE DocrTeur MOREAU MontEUR LE Docteur PERRENOT MowsiEurR LE DocTeur GONNET

DIAGNOSTIQUÉ ET OPÉRÉ A LA PUBERTÉ RE AU NT PR de Po gas Me En à

Introduction

Les malformations utérines sont aujourd’hui bien connues. Ombredanne et Martin, en 1903, les ont classées d’une manière claire et schématique ; depuis de nombreux travaux ont mis cette question au point.

Mais, outre l'intérêt de présenter ici une observation inédite, nous avons pensé qu'il y avait place encore pour quelques considérations touchant ces malformations.

L’utérus double est une malformation compatible avec une vie génitale normale et nombreux sent les cas où cette malformation ne fut diagnostiquée qu'au cours d’une intervention. D'autre part en étudiant les nombreux cas rapportés de cette affection, nous voyons que c’est toujours une complication, et une complication grave, qui amena la malade à consulter.

Nous désirons insister surtout sur la symptomatologie de cette malformation à la période de la puberté, sur les moyens nous permettant de la diagnostiquer, grâce à certains signes qui, à cet âge de la vie, prendront une signification particulière et seront des in-

dices de probabilité, alors que l'arbre génital commence seulement à avoir ses fonctions propres et que les agents extérieurs, qu'il s’agisse d'infection microbienne ou de grossesse, n’ont, en général, pas encore , eu de prise sur lui.

Nous étudierons également quels sont, à cet âge, les moyens dont nous disposons pour traiter cette affection ; car si la chirurgie voit s'ouvrir devart elle des voies différentes aux différents âges de la vie, il est évident que la gynécologie, s'adressant à la fonction reproductrice, doit s'inspirer au maximum de l’idée de conservation de cette fonction.

Nous reproduisons « in extenso » une observation inédite d’utérus double diagnostiqué et opéré à la puberté. Cette observation est due à la bienveillance du Docteur Gignoux, chirurgien des Hôpitaux de Saint- Etienne, qui nous inspira cet ouvrage et auquel nous apportons ici l’insuffisante expression de notre :econnaissance.

Anatomie pathologique

L'utérus double est constitué, au point de vue embryogénique, par le non accolement des deux canaux de Müller. Nous n'insisterons pas sur ce point qui a déjà été plusieurs fois étudié.

Nous nous bornerons à rappeler que, partant des données embryologiques, les utérus doubles ont été classés en plusieurs catégories par Winckel, chaque catégorie correspondant à un stade embryogénique. Actuellement la classification proposée par Ombredanne et Martin est adoptée de tous. Cette classification est basée sur l'indépendance des corps utérins ; elle présente l’avantage d’être plus simple et surtout c’est une classification chirurgicale, le degré d’indépendance des deux utérus coordonnant l'indication thérapeutique pour chaque cas. Les types proposés par Ombredanne et Martin sont les suivants :

Premier type. — Corps indépendants et cols indépendants. Vagin cloisonné dans toute sa hauteur. Ce sont les utérus didelphes vrais. Ils sont très rares.

Deuxième type. — Corps indépendants et cols accolés. Ce sont les utérus pseudo-didelphes.

Troisième type. — Corps indépendants, cols fusion-

nés. Ce sont les utérus bicornes unicervicaux,

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Quatrième type. — Corps accolés et cols accolés. Ce sont les utérus biloculaires.

Cinquième type. — Corps accolés et cols fusionnés. Ce sont les utérus biloculaires corporaux.

Sixième type. — Cols fusionnés et corps accolés. Ce sont les utérus biloculaires cervicaux.

Les trois premiers types forment la classe des utérus doubles, les trois autres types celle des utérus cloisonnés.

Mais il existe, accompagnant la duplicité utérine, une série de malformations, tant de l’appareil génital que des autres appareils, qui peuvent soit aider au diagnostic, soit au cours de l’acte opératoire imposer une technique particulière.

Quelles sont donc ces malformations génitales ou autres À

Avant tout, il faut envisager la duplicité vaginale, duplicité pouvant présenter plusieurs degrés depuis le cloisonnement longitudinal complet jusqu'à la simple bride. Il faut seulement se souvenir que l’un des deux vagins peut être atrésié et que l’examen des organes génitaux externes, la femme étant en position gynécologique, doit toujours être pratiqué. Car un toucher peut fort bien laisser ignoré un vagin plus ou moins rudimentaire, la cloison séparant les deux vagins étant plaquée contre la paroi.

La présence de deux cols constatés au toucher et à l'examen au spéculum indique également la duplicité utérine, que le vagin soit unique ou double. |

Ce sont là évidemment des signes de certitude, mais ils ne sont rencontrés que très rarement ; leur exis-

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