EURE
certains muscles, du nystagmus et enfin des convulsions. Mais MM. HAUSHALTER et SPILLMANN (*), reprenant les mêmes expériences avec des matières de nourrissons normaux ou atteints de gastro-entérite, constatèrent une variabilité des résultats tellement considérable qu'ils n'ont pu tirer de lsurs recherches aucune conclusion définitive.
Voilà, résumé aussi brièvement que possible, l'historique de Ja théorie de l'auto-intoxication intestinale. Elle “s'appuie sur les faits suivants :
1° La fréquence relative de la tétanie au cours des affections du tube digestif : maladie de REIGHMANN, cancer du pylore, dilatation du gros intestin, diarrhées chroniques, ou, au contraire, constipation opiniâtre.
2° Parmi les maladies infectieuses, ce sont celles qui
présentent des manifestations intestinales prédominantes qui se compliquent le plus fréquemment de tétanie; fièvre {yphoïde, choléra, dysenterie ;
3° La relation frappante qu'il a parfois été permis d'observer entre l’arrêt subit de la diarrhée ou l’établissement d’une constipation opiniâtre et l'apparition des accès de tétanie;
4° L'influcnee du traitement de l'affection digestive sur les accidents convulsifs : les phénomènes gastrointestinaux s’amendent, et, avec eux, disparaissent les troubles digestifs:
9° Enfin, les résultats acquis par les recherches expériinentales de BouUcHARp, BoUvEeREeTr et DEVIG, CHARRIN,
.() HAUSHALIER ET SPILLMANN. — Des effets expéiimentaux des inoeulations des-extraits de hiatières fécales des nourrissons XIl° Congrès internanat. de médecine, Paris 190,
ee
ROGER et GARNIER qui, si elles n'apportent pas du rôle de l’auto-intoxication intestinale une preuve décisive, n'en fournissent pas moins, en sa faveur, de très sérieux arguments.
Contre cette théorie, une grave objection persiste cest l’impossibilité de mettre en évidence la toxine tétanigène. Mais «il faut distinguer les toxines vraies, sem- : blables aux poisons minéraux, aux alealoïdes et capables d'agir identiquement sur tous les sujets et les toxines relëtives, sans action sur le plus grand nombre et ne se manifestant que sur des organes prédisposés. Dans bien des états, on admet l’intoxication sans avoir pu trouver l’origine toxique. Qui donc a vu la toxine de l’urémie? On ne peut attribuer à des résultats négatifs plus d’importance qu'ils en ont. » (LINOSSIER) (1).
Quoi qu'il en soit, maintenant que nous avons retracé l'historique de la thorie gastro-intestinale et rappelé les faits sur lesquels elle s'appuie et les objections qu'elle a suscitées, il nous reste à exposer le mécanisme par lequel elle agit, les défenses qui la combattent, les conditions qui la favorisent. Nous comptons nous étendre un peu longuement sur cette question car elle se rattache, à notre avis, plus étroitement que toutes les autres théories jusqu'ici discutées, au sujet qui nous occupe mieux que toute autre, elle nous semble susceptible de nous donner la double explication :
a) De l'apparition des aceidents de tétanie chez notre
- malade;
b) Du moment de leur apparition.
(1) LINOSSIER. — Société thérapeutique, Mars 1900,
Le
$ !. Les POISONS DE L’INTESTIN.
Dans tous les états pathologiques du tube digestif, l'activité de ee grand laboratoire de poisons qu'est l'intestin va se trouver portée à son plus haut degré. C’est qu'en effet les analyses bactériologiques nous ont révélé ia différence essentielle qui existe entre la flore microbienne de l'intestin normal et celle de l'intestin pathologique : la flore anaérobie envahit ce dernier d’où les anaréobies disparaissent. Or les aérobies sont les microbes qui empêchent la putréfaction tandis que les anaréobies sont au contraire les microbes de la putréfaction.
De plus « les affections inflammatoires ‘aiguës ou chroniques du gros intestin, par la sécrétion abondante de glaires semi-liquides qui-accompagnent ces maladies, diluent les matières fécales et les transforment en une bouillie puréiforme, offrant ainsi un merveilleux milieu de culture aux microbes. Aussi ces maladies s’accompagnent-elles toujours d’une odeur excessivement fétide des selles. Elles augmentent au maximum les phéno- Diènes de putridité et favorisent puissammient les phénumènes de l’auto-intoxication digestive ». (A. CoMBe).
Chez notre malade, atteint depuis des mois de diarrhée chronique, porteur encore de kystes amibiens dans ses selles, nous sommes donc en droit d'admettre avec de grandes chances de vérité une augmentation considérable de toxicité du contenu du tube digestif.