L'amélioration s’accentue lentement ; la vue revient
Traitement. — La teinture de noix vomique est continuée, bains sulfureux tous les deux jours, infusion de houblon matin et soir, bonne alimentation, lait, viandes rôties, vin vieux.
9 janvier 189%. — La vue est revenue à son état normal ; mais la déglutition est encore imparfaite ; deux doigts de la main gauche sont iahabiles, le petit surtout ; le nerf cubital est atteint ; pourtant, cette situation n'avait pas été accusée lors de nos quatre premières visites.
Traitement. — Gouttes amères de Baumé : dix gouttes, deux fois par jour, dans eau et vin, aux principaux repas : continuation des bains sulfureux, infusion de houblon matin et soir, même régime alimentaire qu'auparavant ; nous fimes faire, en outre, deux séances d'électricité, de cinq minutes chacune, par semaine, avec l'appareil de Gaiffe. Ce dernier traitement fut fait d’une façon assez régulière, d'après ce que nous affirma la malade, le 14 février, jour où elle nous rendit notre appareil. Les bains avaient été abandonnés depuis assez longtemps ; les gouttes, prises peu régulièrement, avaient été continuées.
Les points paralysés étaient revenus à leur état normal : mais les digestions, un peu pénibles, donnaient lieu à des éructations acides. I fat conseillé : eau de Vals-Saint-Jean et gentiane le matin. Depuis, nous avons appris que notre malade était revenue à une santé satisfaisante ; maisil lui reste encore une foule de légers malaises.
Observation X
(Personnelle)
Diphtérie légère, paralysie.
M. C. J., habitant de la commune de Roussillon (Vaucluse), âgé de trente-deux ans, propriétaire, tempérament sec, vient me consulter à mon cabinet, le 19 mai 1893.
Il me raconte qu'il a perdu son fils unique, âgé de sept ans, du croup ; ce dernier était soigné par le docteur X de St-S., médeein fort estimé de la région. Quelques jours (à jours) après cette mort, le père se sentit pris d’un mal de gorge léger, pour lequel :1l fit des tisanes de jujubes, mauve blanche et autres plantes insignifiantes, sans avoir recours à aucun homme de l’art. Cette affection ne l’obligea pas même à garder le lit. Après trois ou quatre Jours au coin du feu, il reprit même quelques petits travaux d'intérieur de maison, lorsque le 14 mai, dix-neuf jours après le début de son mal à la gorge, il s’aperçut que les jambes devenaient faibles ; le lendemain, la déglutition était incomplète, une partie des aliments, les liquides surtout, passaient par le nez. I vient me trouver.
La gorge était plutôt pâle que rouge, sans plaie, les amygdales légèrement hypertrophiées, vue intacte, appétit bon, pas d'albumine dans les urines, vient du corps avec quelques difficultés. Je lui ordonne eau de Janos, un verre tous les deux jours, le soir, granules de sulfate de strychnine à 1/2 milligramme. deux au commencement de chaque repas, fumigations aromatiques, alimentation substantielle.
Le 25 mai, il revient. Nous constatons une légère amélioration, les aliments passent mieux, surtout les solides : il faut qu'il boive avec lenteur en prêtant toute son attention, sans
er
quoi « ça ne va ‘plus ». Vient du corps avec régularité et plus de facilité. Les jambes semblent mieux le soutenir.
Traitement. — Vin de quinquina à la rhubarbe, granules de sulfate de strychnine, trois par jour. Bain sulfureux tous les deux jours. Alimentation substantielle, viandes rôties, bon viñ VIEUX.
A1 juin.-- L'état du malade est allés’améliorant, il marche à peu près sans peine ; la fatigue qu'il ressent encore est attribuée par lui à un peu de faiblesse ; les aliments solides et liquides sont avalés assez facilement, sauf un petit effort qu'il faut faire lorsqu'il veut aller trop vite. Mais aucun ne passe plus par le nez, plus de constipation.
Traitement. — Vin de quinquina à la rhubarbe, additionné de 3 grammes teinture de nux vomica pour 500 grammes, une cuillerée à bouche deux fois par jour avant les principaux repas, vin vieux, viandes saignantes, le malade paraissant avoir toujours quelques tendances vers l’anémie.
Revu trois mois après, C. J. me dit ne plus rien ressentir et être dans son état habituel.
Observation XI
Cas léger. — Paralysie grave
Fournie par M. le docteur de Ferry de la Bellone
Dans les premiers jours de juillet 1894, l'enfant M. P., âgé de huit ans, fut atteint d'une angine légère. Un peu de fièvre, d’abattement pendant deux iours ; sur l’amygdale droite une petite fausse membrane blanche qui, détachée et badigeonnée au jus de citron, se reproduisit à deux ou trois reprises, et ce fut tout, Le malade paraissait guéri d'une diphtérie bénigne, (le diagnostic bactériologique avait été fait) lorsque, le douzième jour, des douleurs très vives éclatèrent brusquement et
Dr Dee durèrent vingt-quatre heures ; elles avaient eu pour siège principal la jambe droite et le bras du même côté.
Après ces douleurs, l’enfant, resté très pâle, fut conduit à la campagne, où il séjourna tout le mois d'août et le premier tiers du mois de septembre. Pendant ce séjour il était très gai, mangeant avec beaucoup d’appétit, faisant preuve d’une grande activité, mais restait toujours pâle.
Vers le # ou le 5 septembre, il commença à laisser échapper involontairement urine et matières fécales, puis brusquement, le 8, l'ouverture buccale se dévia, laissant couler la salive, l'œil gauche devint strabique, la jambe droite et le bras droit furent paralysés, l’enfant fit plusieurs chutes, ne put parvenir à lacer ses souliers ni à garder sa cuillère dans la main.
Il fut, le 9, ramené à Apt dans sa famille et là, la paralysie continua à progresser, gagna le côté gauche du corps et les muscles moteurs de l’œil droit. Il se produisit du bégaiement et peu à peu la parole se perdit. Cette perte de la parole n'était pas une impossibilité de phonation due à la paralysie du larynx, car les pleurs de l'enfant étaient sonores ; c'était une véritable aphasie.
L’alimentation,même liquide, était des plus difficiles, la paralysie ayant envahi les lèvres, les joues, le voile du palais, la langue et le pharynx.
La situation du pauvre enfant était navrante : couché dans un lit, ilne pouvait faire aucun mouvement, si ce n'est de soulever les paupières et d'ouvrir la bouche.Celle-ci, ouverte, laissait voir la langue appliquée contre le voile du palais, dont il fallait la détacher avant de le faire boire.
Cet état s’est continué depuis le 27 septembre, jour ‘où il s’est alité jusqu'à mi-décembre, où de nouveau il à commencé à se lever, sans pour cela être guéri.Il y avait encore incontinence d'urine et de matières fécales ; il ne pouvait marcher ; cependant, à la fin du mois de décembre, il put faire, seul,
quelques pas; mais le froid arriva et de nouveau les phénomènes paralytiques s'accentuèrent pour s’amender vers la mifévrier.
Plus d’un an après le début des accidents paralytiques, le jeune M. ne pouvait pas encore rattacher les cordons de ses chaussures et actuellement, 2 décembre 1895, il persiste enore un peu de bégaiement.
Le traitement a consisté en strychnine, électricité, massage.