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substantielle et abondante. Traitement : quelques lavages à l'acide borique (eau boriquée 3 p. 0/0); pastilles de chlorate de potasse ; vin de quinquina.
Nous ne le voyons plus jusqu'au 20 octobre, époque à laquelle il nous fit appeler parce qu’il ne pouvait pas travailler; sa main, le bras droit, étaient paralysés : il ne pouvait pas tenir le marteau pour battre la semelle.
Traitement. — Bains sulfureux ; gouttes amères de Baumé (dix deux fois par jour); gentiane en tisane. 15 novembre. — Même état, même traitement et, trois fois
par semaine, électrisation au côté paralysé. Ce malade à mis près de quatre mois pour guérir. Son enfant, qui jouait avec lui sur le lit, n’a pas été atteint de l'affection ; sa femme, tailleuse, non plus ; Sa belle-sœur, âgée de dix-sept ans, a eu un mal à la gorge qui a duré quatre ou cinq Jours, avec quelques points blancs sur les amygdales, gros comme des têtes d’épingle. Aucun autre membre de la famille (beau-père, etc.), n’a été frappé par l'affection. Mais une ouvrière, travaillant avec la femme, l'a contractée et l'a communiquée à deux de ses sœurs. Elles vont faire l’objet de l'observation suivante.
Observation VIII (Personnelle)
Trois jeunes filles atteintes successivement-dans la même maison. — Une mort.
La nommée C... P..., dix-sept ans, ouvrièretailleuse chez la dame À... L..., cordonnier à Roussillon (Vaucluse). Se sentant fatiguée, rentre chez elle, à la campagne, le 4 octobre 1893 Elle s’alite, se plaignant de mal à la gorge. Les parents, rassurés de voir que le mari de sa patronne était guéri, que la sœur n'avait eu qu'une affection bénigne, ne firent appeler aucun médecin ; ils donnèrent des pastilles comme celles de
AUS A... L..., firent de la tisane avec de la mauve blanche et des figues sèches, gardèrent ainsi ia malade huit jours dans le lit : puis la voix revint, l'appétit aussi et tout rentra dans l’ordre, sauf une paralysie qui survint plus tard.
Cinq ou six jours après, la sœur ainée est prise de mal à la gorge, puis d'un peu d'écoulement par le nez. Encouragés par le succès de la première, ils soignèrent eux-mêmes leur seconde malade qui, d’ailleurs, n'eut qu'une affection bénigne sans conséquences. Huit jours après, elle était remise.
Pendant que cette dernière était au lit, la plus jeune sœur, âgée de treize ans, est à son tour atteinte de l'affection. Toujours avec la même assurance et encouragés par les succès précédents, les parents ne font appeler aucun homme de l’art. Malheureusement, cette dernière était, paraît-il, dans des conditions de réceptivité particulièrement favorables, pour le éveil de la virulence du bacille de la diphtérie {nous nous croyons autorisé de croire, bien que l'examen bactériologique n'ait pas été fait, sans être taxé de témérité, que les deux sœurs ainées ont été atteintes de cette affection). Elle fut donc gardée pendant sept jours dans le lit, puis des phénomènes graves se déclarèrent. On nous fait appeler. A not arrivée, nous trouvons la malade anéantie, les extrémités froides, le teint plombé, la face pâle, le pouls petit, irrégulier, du délire. L'haleine est fétide ; par les fosses nasales s'écoule une sérosité jaune, sombre, d’une odeur repoussante. La malade est encore affaiblie par de la diarrhée depuis deux jours. Les lèvres et la langue noirâtres, fuligineuses ; le fond de la gorge est tapissé de fausses membranes épaisses, putrilagineuses, nous allions dire gangréneuses ; pas de toux ou très peu; respiration lente, irrégulière. Le tissu cellulaire du cou est infiltré, les ganglions tuméfiés, un véritable cou proconsulaire : plusieurs petites hémorragies se sont produites.
Traitement. — Vin de quinquina ; décoction de quinquina ;
— A6 — sulfate de quinine, un cachet de 15 centigrammes toutes les trois heures; lait, autant que possible ; lavage de la gorge avec décoction d’écorce de chène vert boriquée à 4 p. 0/0 et phéniquée à 1 p. 0/0. La malade est décédée dans la nuit qui a suivi notre visite.
Nous avons soigné, dans la suite, la cadette, de sa paralysie laryngo-pharingée. Elle a guéri, mais est restée « toujours fatiguée depuis », nous disait-elle, ces jours derniers.
Un des caractères constants de cette épidémie est le fait qui ressort de ces observations : affection légère déterminant des cas graves ; puis, au fur et à mesure que les cas graves contaminaient d’autres personnes, celles-ci étaient moins gravement atteintes. Nous avons remarqué encore que ces cas bénins, à l’état latent on pourrait dire, reprenaient surtout leur virulence sous l'influence d’un changement brusque de température : à la suite, par exemple, d’une pluie, surtout lorsqu'elle était suivie d’un coup de vent violent, avec abaissement de quatre ou cinq degrés ; ou bien encore après une matinée à brouillards. On pouvait s'attendre, le lendemain ou le surlendemain, à un, deux, trois ou quatre cas nouveaux, présentant bientôt des phénomènes graves.
Il y a eu ainsi une série d'’oscillations nombreuses pendant tout le temps qu'a duré l'épidémie.
Mais lorsque nous avons cherché, et nous l'avons fait bien souvent, toujours nous avons pu acquérir la certitude des trois périodes : 1° état latent avec cas bénins : 2° période d’augmentation de la virulence du bacille sous une influence atmosphérique ou bien son transport dans un milieu non éprouvé encore ; 3" enfin diminution de cette virulence, allant ainsi s’atténuant peu à peu dans la transmission d'une personne à l’autre ; si bien que les dernières n'avaient plus que des indispositions légères, considérées comme de simples refroidissements,
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qu'elles ne soignaient même pas, jusqu'au jour où une paralysie venait révéler la nature de l'affection premicre.
Voici deux observations très démonstratives venant à l'appui de ce dernier fait :
Observation IX
(Personnelle.)
Diphtérie légère. — Paralysie
GER, cinquante-six ans, Sans enfant, femme d’un tailleur d'habits, habitant Roussillon (Vaucluse) ; d’une bonne santé habituelle, d'un tempérament lymphatique , me fait appeler le 25 novembre 1893 ; elle se plaint « d'avaler de travers, à chaque instant; les aliments passent difficilement et tendent à passer par le nez ». Cette dame, très serviable, avait aidé une de ses voisines à soigner son enfant, âgé de douze ans, atteint de diphtérie, mort subitement, au moment où son médecin, le docteur L... et l'entourage, le croyaient guéri. En effet, il allait mieux et se levait.— L’ayant questionnée alors, pour savoir si elle n'avait pas eu mal à la gorge, elle me répondit que oui, mais que Ça n'avait rien été et que quelques pastilles de borate de soude, comme celles que nous ordonnions souvent à nos malades, avaient suffi pour la guérir. [l y avait une quinzaine de jours de cela environ. Nous avions encore affaire à une paralysie d’origine diphtéritique, sans albumine dans les urines.
Traitement.— Teinture de noix vomique : huit gouttes, deux fois par jour, aux principaux repas; une cuillerée à café de soufre dans du lait le matin.
2 décembre. — La malade présente les mêmes phénomènes du côté du pharynx et du voile du palais; elle accuse, en outre, une diminution de la vue. Même traitement que ci-dessus. Il lui est ordonné, en outre, bains sulfureux tous les deux
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jours, frictions stimulantes à la nuque et au cou, vin vieux, viandes saignantes, exercice au grand air.
15. — L'état semble s'améliorer, mais d’une façon peu sensible ; la vue parait pourtant revenir.