RE POUR
Les cas de croup ont été d’une rareté extrême ; à peine s'il s’est présenté trois ou quatre cas pouvant recevoir cette dénomination ; ils ont été tous mortels et ont présenté des phénomènes de septicémie suraiguë.
Les autres décès ont tous été produits par des angines toxiques quelquefois foudroyantes.
Nous avons soigné personnellement T4 cas de diphtérie, qui nous ont donné 19 décès. Sur ce nombre, 14 sont morts par empoisonnement général avec forme lente ou avec forme hypertoxique foudroyante, caractérisée par du collapsus, du délire quelquefois et de la somnolence.
Un cas est dû à une paralysie générale lente.
Quatre cas à une syncope brusque, conséquence d’une crise bulbaire ou d’une paralysie cardiaque. Dans ces derniers cas, la maladie a présenté cette particularité : le malade semblait ‘guéri, les membranes avaient disparu, aucun des symptômes graves ne faisait pressentir un évènement malheureux, l’alimentation se faisait bien ; puis tout à coup survenait une syncope ou deux, de la somnolence, du collapsus et la mort arrivait en très peu de temps.
La paralysie a atteint à peu près le quart des individus guéris, exactement 19 cas, ainsi répartis : voile du palais, gêne de la déglutition et de la phonation, 14 cas ; membres inférieurs, trois fois ; bras droit, une fois ; organe de la vision, une fois.
Quelques malades ont présenté des phénomènes de tachycardie avec faiblesse dans les jambes et essoufflement. Un a présenté, en même temps que la paralysie du voile du palais, une incontinence d'urine ; c'était un enfant de onze ans.
Observation XII
Une jeune fille, âgée de vingt-quatre ans, atteinte de diphtérie légère, était venue se faire soigner chez son frère (elle était ouvrière dans une filature à C...). Après avoir contaminé deux de ses neveux, l’un âgé dé deux ans, l’autre de trois ans et demi, morts tous deux avec empoisonnement général à
forme hypertoxique, a eu une parotidite suppurée.
Observation XIII
Enfin, le 24 novembre 1893, appelé dans une famille composée du père, bien portant, de la mère, albuminurique, et de trois enfants. L’ainée, jeune fille de quinze ans, un garçon âgé de onze ans, et le dernier né âgé de vingt-sept mois, venu au monde quand la mère était déjà malade. C'étaient de pauvres ouvriers, travaillant dans les fabriques d’ocre à Roussillon.
Le jeune enfant, vu à onze heures du matin, était malade depuis cinq jours, avec forme toxique de diphtérie ; le nez était rempli de fausses membranes, la gorge en était tapissée ; plusieurshémorragies avaient eu lieu, diarrhée fétide, teint plombé. I mourut dans le courant de la nuit suivante.
Le garçon de onze ans, non atteint, avait été éloigné de la maison.
La jeune fille aidait sa mère à soigner le plus jeune ; elle avait à la main droite une excoriation assez étendue, qui, me dit-on, « s'était envenimée ». Elle me fut montrée. En effet, elle était recouverte d'une fausse membrane très épaisse, qui avait pris la dimension d’une pièce de cent sous, elle était bordée d’un liseré bleuâtre, saignant très facilement. Elle fut Javée à l’eau phéniquée (20/6), et pansée à l'iodoforme. Le pouls