‹ Considérations sur une Épidémie de DiphtérieChapitre 17 sur 22 · DD · texte numérisé non relu

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était à 112; température, 40°2. Tisane de quinquina, vin, lait : granules de sulfure de caleium à un centigramme, un toutes les deux heures ; morte le 27 novembre, avec tous les accidents de l'intoxication.

C'est le seul cas qu'il nous ait été donné de voir dans ce genre, c'est-à-dire : empoisonnement diphtérique par une voie autre que les fosses nasales ou la gorge.

Observation XIV

(Personnelle)

D. A., âgé de onze ans, demeurant à l’Araou, quartier du pont Julien.

Tempérament lymphatique. Parents de bonne constitution.

17 mars 1893. — Depuis cinq jours, souffrait de mal à la gorge, toussait et avait de la gêne pour respirer. Les parents, croyant à un rhume, avaient mis, au début, deux mouches de Milan au haut de là région thoracique et faisaient les remèdes mis en usage par les bonnes femmes dans les campagnes. Lorsque survint, dans la nuit du 17, des symptômes d’asphyxie, de l’étouffement etun peu de délire; effrayés, on vint nous appeler.

À notre arrivée, le malade était assis sur le lit, soutenu par descoussins, dans un appartement chauffé, sansair, au milieu de nombreux assistants effrayés, donnant des conseils. Il existe du tirage, la toux et la voix sont éteintes, le faciès est pâle, les fosses nasales sont complètement obstruées par des exsudats épais qui les tapissent. Il est impossible au patient de faire passer de l’air par le nez, même en fermant la bouche et en faisant des efforts violents d'expiration. Les amygdales et le fond de la gorge sont aussi recouverts de fausses membranes, mais moins épaisses; la déglutition est relativement facile, presque sans douleur; l'enfant est assez raisonnable, se sou-

met très bien à toutes les exigences de l'examen de ses organes. Quelques râles sibilants dans la poitrine. Pouls, 108. Température, 39°.

Les deux plaies faites par les mouches de Milan se sont agrandies, et sontrecouvertes d’une fausse membrane épaisse, les tapissant entièrement. Elles sont simplement pansées avec une toile cirée.

Les urines sont colorées ; il en est emporté un flacon pour l'analyser, qui donne de l’albumine en assez grande quantité.

Tra tement.— Attouchements avec du jus de citron fréquemwent répétés, injections dans le nez et aussi haut que possible avec : perchlorure de fer à 10 p. 0/0, 1 centigramme de sulfure de calcium toutes les deux heures ; quelques pastilles de chlorate de potasse dans l'intervalle, lait à volonté, vin vieux ou aussi bon que possible.

La chambre était occupée par deux des frères couchés dans un autre lit du côté opposé à celui du malade. Ils sont expulsés : l'air est renouvelé dans la mesure du possible. Les plaies sont pansées avec des compresses d’efu boriquée (4 0/0) et phéniquée (1 0/0).

18 mars. — Dans la journée, l’état semble rester le même, mais sans aggravation ; de temps en temps, quelques périodes où la respiration est plus pénible ; le malade devient livide, puis cela passe, pour recommencer; dans la nuit, expulsion de quelques fragments de fausses membranes.

19.— Même état.Pouls 108. Température 39°,9 ; le malade s'alimente autant qu'il le peut; il est admirable de bonne volonté et de résignation. On lui fait, dans le nez, des lavages avec eau boriquée à 4 0/0 et acide phénique, # 00. Continuation du reste du traitement. |

20.— Pouls 112.Température 3%,5 ; expulsion de gros fragments de fausses membranes qui sont recueillies pour être examinées au microscope et envoyées à un de nos amis, sur sa

Re Par demande. Les cultures et l'examen ont confirmé ensuite le diagnostic de diphtérie qui avait été fait. Les deux plaies sont devenues grisâtres avec une zone violacée gangréneuse. Même pansement ; les granules sont réduits à 10. Vin de quinquina.

21.— Même état général ; les injections nasales commencent pourtant à pouvoir passer par la gorge, les membranes semblent se ratatiner et se désemparer. Pouls, 112: température, 39° 6 ; il n'y a plus de délire.

Dans la nuit, toux fréquente, pénible. Sensation de corps étranger au larynx. La famille, effrayée, aous fait appeler. Lorsque nous arrivons, deux heures après, le malade avait expulsé deux lambeaux de fausses membranes, dont 1 mesurait 4 centimètres de long, l’autre 2 centimètres et demi. Le surcroît de fatigue momentanée avait disparu. Le traitement est continué.

99 .— Pouls, 110: température, 39°8. Les membranes du nez semblent devenir mobiles ; le malade peut faire passer un peu d'air en faisant des efforts violents ; les injections passent par la bouche; des fragments nombreux, mais petits, sont expulsés dans les efforts de toux.

23.— Pouls, 115 ; température, 39° 8. Les membranes continuent à s’éliminer par petites parcelles. Les crachats ont une odeur désagréable et forte. Même traitement.

Les deux plaies de la poitrine suppurent un peu par-dessous, ces points, n'ayant pas été touchés par le pansement. Les escarres semblent se mobiliser un peu et surtout celle de droite, qui est plus petite.

2%.— Pouls, 120: température, 39 1/2. Les membranes ont été expulsées en grande partie; celles qui restent sont amincies, prêtes à se détacher. Odeur toujours assez forte du pus et des sécrétions. ÿ

Traitement.— Diminution des granules de sulfure de calcium, qui sont ramenés à 4, dans les vingt-quatre heures. Vin de quinquina, lavage à l’eau boriquée et phéniquée toutes les six

SN heures : sulfate de quinine, 0,20 centigrammes le matin et autant le soir ; quelques pastilles de borate de soude. Alimentation aussi copieuse que possible.

95.— Pouls, 104, temp. 38° 1/2. L'escarre de gauche se mobilise, celle de droite est presque complètement détachée ; elles sont lavées à l’eau boriquée et phéniquée, puis compresses à la décoction d’écorce de chêne vert et quinquina dans du vin rouge ; continuation du traitement, sulfate de quinine 20 centigrammes matin et soir.

26. — Temp. 57° 8, pouls, 98. L'enfant parle à voix basse. L’expulsion de fausses membranes devient rare ; les sécrétions se tarissent, trois lavages matin et soir. L'enfant se prête moins bien à ces manœuvres, qui déterminent des accès de toux très pénibles. Continuation du traitement.

27. — Pouls 98, temp. 38°5. L'enfant reste assis une partie de la journée sur son lit. Traitement : sulfate de quinine 20 centigrammes, deux fois par jour; suppression du sulfure de calcium ; alimentation, lait 314 de litre, bouillon, œufs à la coque, eau avec vin vieux.

L’escarre restante ne tenant plus que par do filaments est détachée aux ciseaux ; pansement comme celle du côté opposé, qui commence à se cicatriser.

29. — Pouls 90, temp. 38° 5. L'enfant est assis sur son lit, la respiration est libre, la parole revient, mais elle a un timbre nasillard.

31. — Pouls 92, temp. 38° 1 ; il est gai, demande à lire ses livres de classe; il mange avec ROUE La cicatrisation des plaies quoique lentement, commence à se faire ; elles ont bon aspect. La voix reprend de la force, les urines sont claires, mais contiennent encore de l’albumine

2 avril. — Pouls 90, temp. 38° ; le mieux se continue, les plaies se cicatrisent, le teint est pâle, les paupières gonflées, les urines abondantes.

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9. — Pouls 88, temp. 37° 9. Même situation, la voix devient plus Sonore, mais aussi de plus en plus nasillarde, c'’est/la voix de polichinelle.

9. -— Pouls 84, temp. 37° 2. L'alimentation se fait bien, viandes rôties, lait, vin vieux.

14. — Les plaies sont en bonne voie et cicatrisées en grande partie ; quelques bourgeons trop exubérants sont touchés au nitrate d'argent. L'enfant demande à se lever.

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