‹ Considérations sur une Épidémie de DiphtérieChapitre 6 sur 22 · NANTERRE · texte numérisé non relu

NANTERRE

[IT — ToxiNE DE LA DIPHTÉRIE

Depuis les travaux de Gauthier, Selmi ét autres, on sait que la plupart des microbes sécrètent des substances de nature alcaloïdique diastasique. Ces produits sont de véritables poisons pour l'organisme ; ils jouent un rôle primordial dans la production des maladies infectieuses. Le bacille de la diphtérie a la propriété de produire ces substances. Mais il faut que les cultures soient vieilles de quinze ou vingt jours, pour qu'elles soient suffisamment énergiques et qu'il y ait une forte dose de poison sécrété.

Pour mettre en évidence le poison diphtéritique, il suffit de filtrer sur porcelaine, avec l’appareil de Kitasato, des cultures du bacille de Lœffler dans du bouillon (1). Le poison passe avec le bouillon ; les bacilles restent sur la bougie. Si l’on injecte alors ce produit filtré aux animaux non réfractaires, soit sous la peau, soit dans les veines, il produit des phénomènes d'intoxication, un véritable empoisonnement.

Ainsi, un ou deux centimètres cubes introduits sous la peau d’un cobaye le tuent dans l’espace de 24 heures à 8 jours. Au lapin, il en faut de un à quatre centimètres cubes, pour le tuer en deux ou trois jours. Au pigeon, un centimètre cube suffit.

En l'introduisant dans les veines, l'effet est encore plus puissant. Un chien qui en reçoit un centimètre cube succombe plus ou moins vite ; s’il survit quelques jours, il est pris de vomissements, a de l'ictère et meurt avec de la cyrrhose du foie et de la néphrite.

Ÿ (1) D'H. Bourges, La Diphiérie, Rueff et Cie éditeurs. Paris, 1892.

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