‹ Consid©rations g©n©rales sur la classe des crustac©sChapitre 29 sur 94 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Mon intention avoit été d’abord de consacrer ce chapitre à l'exposition détaillée des divers systèmes de classification , qui ont été proposés jusqu’à ce jour pour la série des crustacés ; mais, ayant réfléchi que de simplestableauxsynoptiques, rangés par ordre chronologique, rempliroient parfaitement mon but, je me suis déterminé à ne donner ici qu’un court extrait de la partie de l'article Crusracés, du Dictionnaire des Sciences naturelles, où M. Leachatraité ce sujet.

Les anciensconnoïissoient trés-bien les crustacés proprement dits, qu'ils nommoient malacostracés. Aristote a consacré un chapitre aux espèces connues de son temps ; Athénée a fait l'énumération de celles que l’on peut manger, etHippocrate en a mentionné quelques unes quisontsusceptibles d’être employées en médecine. |

Pline n’a presque rien ajouté aux observations d’Aristote, et ceux qui en ont parlé depuis, tels que Rondelet, Belon, Gesner, Aldrovande et Jonston, n’ont rien écrit qui éclaircisse davantage l'histoire naturelle ou la structure de ces animaux.

Dans la première édition du Systema Naturæ (:735) et dans les suivantes, Linnæus a placé tous les crustacés parmi les insectes aptéres, sous les genres Monocle, Monoculus ; Crabe, Cancer, et Cloporte, Oniscus. ( Voyez le I.® Tableau ci-joint.)

Brisson (Regnum animale) a classé les crustacés avec les myriapodes et les arachnides, entre les poissons et les insectes, sous le titre de Classe des Crustacés. (1.® Tableau.)

Fabricius, dans son Systema Entomologiæ (1775), partagea ces animaux en deux classes. (1. Tableau.) La premiére, Synistata, comprend les monocles et les cloportes, auxquels il réunit les éphémères, les friganes, les podures, lestenthrèdes,

ef quelques autres véritables insectes. La seconde , sous le titre d’Agonata, contient les genres Crabe, Pagure, Scyllare, Homard et Crevette, auxquels il a aussi joint le genre Scorpion.

‘Le même auteur, dans son Species (1781), et son Mantissa Insectorum (1787), conserva la même distribution générale ,ajoutant seulement dans le premier de ces ouvrages le genre Squille (Squilla) , et dans le dernier le genre Hippe (Hippa); mais il sépara, dans l’un et l’autre, le genre Scorpion des Agonata. Dans le second volume de son Enfomologia systematica (1793), sa classe des Synistata comprenoit seulement de véritables insectes, les cloportes étant rapportés àune nouvelle division qu’il a nommée Mitosata, etil y joignoit lesmyriapodes. Tout le reste étoit encore placé parmiles Agonata, avec l'addition des genres Limule, Cymothoé et Galathée. (Voyez le I.” Tableau.)

M. Latreille \ dans son Précis des caractères des Insectes, 1796 (ouvrage qui fait époque dans la science de l’entomolosie, et dans lequel nous trouvons, pour la première fois, ces animaux distribués en familles), a considéré les crustacés comme formant trois classes ou ordres d'insectes : les Entomostracés de Müller;les Crustacés Ù comprenant les crabes, les pagures, etc. ; et les Myriapodes, parmilesquels sont comprisles aselles, Les eloportes, etc., et les myriapodes proprement dits, ([.® Tableau.)

En 1798 , Fabricius publia un supplément à son dernier ouyrage; et, aidé par le baron de Daldorff, il y établit plusieurs nouveaux genres, et disposa tout son travail ainsi qu'il suit : 1. la classe des Polygnatha , comprenant les genres Cloporte, Ligie, Idotée, Cymothoé et Monocle; 2." celle de Kleistagnatha, contenant les genres Crabe, Calappe, Ocypode, Leucosie, Parthenope, Inachus, Dromnie, Dorippe, Orithyie, Portune, Matute, Hippe, Syméthis, Limule: 3.° celle des Exochnatha , renfermant les genres Albunée, Scyllare, Langouste, Palémon, Alphée, Homard, Penée, Crangon, Galathée, Squille, Posidon, Crevette. (1. Tableau.)

Dans l'excellent ouvrage de M. Cuvier, intitulé Tableau élé-

Eu CLASSIFICATION DES CRUSTACÉS.

mentaire de l'Histoire naturelle des Animaux (an VI,1799), les crustacés sont placés avec les insectes, les arachnides et les myriapodes, sous le titre d'insectes pourvus de màchoires et sans ailes, et ils y prennentrang avant les insectes, dans une section bien précise et bien déterminée, que, par la suite, dans ses Lecons d'anatomie comparée , M. Cuvier a établie sur des principes anatomiques, comme une classe bien distincte, qu'il a nommée Crustacés. (II.° Tableau.)

M. de Lamarck, dans la première édition de son Système des animaux sans vertèbres (t8o1), adopta les crustacés comme une classe particulière, qu'il partagea en deux divisions : l’une, celle des pédiocles ou crustacés brachyures et macroures, parmi lesquels il plaça le genre Branchiopode (Branchiopoda); la deuxième, ou celle des sessiliocles, qui comprenoit les cre-: vettes, les cloportes, les cyclopes, etc., réunis avec les genres Forbicine, Polyphème, Limule, Daphnie, etc. (II.‘ Tableau.)

M. Bosc suivit ce système de M.de Lamarck, et, dans la même année, il publia son Histoire naturelle des Crustacés, faisant suite à l'édition de Buffon, par Castel. C’est dans cet ouvrage que nous eûmeés la première connoissance de son genre Zoë (Zoea).

M. Latreille, Histoire naturelle des Crustacés et des Insectes, (tom. 3, 1802), adopta encore la classe des crustacés, et distribua les genres qui la composent en deux sous-classes : les entomostracés et les malacostracés , en excluant cependant les tétracères ou asellotes et les cloportes où oniscides, qu’il rangea dans la classe des insectes. (II.° Tableau.)

M. Duméril (Zoologie analytique, 1806) a fait un arrange: ment de ces animaux en entomostracés et astacoïdes : il en a cependant retranché les cloportes, les armadilles, etc., qu'il place parmi les insectes aptères. (III.° Tableau.)

Dans l’année suivante, M. latreille publia son ouvrage intitulé Genera Crustaceorum et Insectorum, où ces animaux sont divisés en entomostracés et malacostracés, et où les tétracères sont réunis aux insectes. (III. Tableau.)

Le même auteur a fait entrer dans ses Considérations générales, etc. (1810) les mêmes divisions, en rapportant toutefois les tétracères aux arachnides. F

Le septième volume de l'Encyclopédie d'Edinburgh (1814) contient l’article Crustacéologie, Crustaceology,de W.E. Leach, où les crustacés sont distribués en trois ordres : les entomostra-

cés, les malacostracés et les myriapodes, parmi lesquels les tétracères sont compris. (III. Tableau.)

Cependant ce zoologiste crut devoir, dans l’appendix de cet article, séparer les tétracères des myriapodes ( qu’il a établis en une classe distincte) , et les réunir aux malacostracés, comme faisant un ordre particulier, celui des Gasteruri, où ils se trouvent associés aux crevettes, et il a considéré les malacostracés et lesentomostracés comme formant deux sous-classes. (II. Tableau. )

M. Leach a depuis soutenu la même opinion dans un Mémoire publié dans le onzième volume des Transactions de la Société Linnéenne de Londres (1814), ainsi que dans le premier volume du Supplément de l'Encyclopédie Britannique, et le Bulletin des Sciences par la Société philomathique, pour

1816. Il y a donné un aperçu de la classification générale des Maracosrracés, et c’est ce travail qui nous servira de cadre

pour le développement des caractères des genres compris dans cette sous-classe.

M. Risso, en décrivant les crustacés des environs de Nice en 1813, avoit partagé ces animaux en deux ordres : ceux des cryptobranches et des gymnobranches qu’il subdivisoit en cinq sections et onze familles. (IV. Tableau.)

M. de Blainville, dans son Prodrome d’une nouvelle distri« bution systématique du règne animal (Bulletin des Sciences, etc. 1816,et Principes d'anatomie comparée, 1823), adiviséles crustacés en trois classes : celle des décapodes, ou malacostracés à yeux pédonculés, dans laquelle il range leslimules commesousclasse ; celle des hétéropodes , ou entomostracés et squillaires;

enfin , celle des fétradécapodes, ou crevettes, aselles, cloportes, cyames, chevrolles , etc. ([V.®Tableau.)

Dans le Règne animal de M. Cuvier (tom.3, 1817), et dans le Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle (t, vur, p. 493), M. Latreille a rangé les animaux de cette classe dans cinq ordres; savoir : les décapodes ou malacostracés à dix pieds; les stomapodes ou squilles, les amphipodes ou crevettes, les isopodes ou tétracères, Les branchiopodes ou entomostracés, auxquels il a réuni le genre Zoë. La même année (Dict. d’'Hist. nat., t.x, p. 277), il a ajouté un sixième ordre qu’il nomme læmodipodes, où il place les protons, les chevrolles, les cyames, etc., qui, dans le premier de ces ouvrages, formoient la section des cystibranches , dans l’ordre desisopodes. (V." Tableau.) (1)

Enfin M. de Lamarck, dans la seconde édition de son Histoire naturelle des animaux sans vertèbres (tom. V, 1818), a distribué les crustacés en deux ordres : 1.° celui des hétérobranches, formé de quatre sections : les branchiopodes, les isopodes , les amphipodes et les stomapodes; 2° celui des homobranches, comprenant deux sections, celles des macroures et des brachyures. (IV® Tableau.)

Outre les auteurs qui viennent d’être cités pour avoir écrit systématiquementsur cette branche delazoologie, on en compte encore un trés-grand nombre quise sont occupés de l’histoire naturelle des crustacés, soit comme descripteurs d’espèces, ou monographes, soit comme anatomistes ou observateurs de mœurs, soit comme iconographes, etc. L’indication méthodique de leurs travaux sera l’objet du huitième et dernier chapitre de cet ouvrage.

(1) Ce cinquième tableau contient l’exposé de la dernière méthode fondée par M. Latreille. J’y ai ajouté une colonne destinée à montrer la concordance synonymique des genres admis par cet auteur, avec ceux

beaucoup plus nombreux que M. Leach a créés.

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