SOUS-CLASSE SECONDE
ENTOMOSTRACÉS. (Enromosrraca ).
Bouche tantôt en forme de bec, tantôt composée de mandibules sans palpes, ou avec des palpes (1) et de deux paires de mâchoires en feuillets auxquelles sont quelquefois annexées les branchies; corps ordinairement recouvert d'un tét corné, souventmembraneux , tantôt en forme de bouclier supérieur, tantôt divisé en valves latérales ; tête rarement distincte du tronc; yeux ordinairement sessiles; pieds garnis d’appendices branchiaux , de petits feuillets , ou de cils propres à la natation ; organes sexuels placés à l'extrémité postérieure de la poitrine , ou à l’origine de la queue; une métamorphose incomplète ; des
mues nombreuses, etc. (Ordre des Crusracés BRANcHIOPODESs. Latr.)
ORDRE SsIxIÈME. PŒCILOPES. Pæcilopoda. Latr.
Tête confondue avec le tronc ; un têt ou la partie antérieure du
L’£rgyne cervicornis a trois lignes et demie de longueur; son corps est lisse, d’un beau rouge et bordé de blanc. M. Risso .': trouvé vivant à la manière des bopyres, attaché sous les branchies du Portune de Rondelet , et il a vu les plaques superposées dont le ventre de la femelle est recouvert, se dilater pour donner passage à vingt ou trente petits vivans. Dans cette espece le mâle qui est très- petit reste toujours placé sur la queue de la femelle.
(1) Le genre Cypris, d’après les observations récentes de M.'Straus, est pourvu de mandibules palpigères, et vraisemblablement celui des Cythérées est dans le même cas. Ces deux genres :ont aussi les seulschez lesquels les pieds servent uniquement à la locomotion, et dont les organes respiratoires consistent en lames brancñiales annexées aux mâchoires. Sous ces divers rapports, ils s'éloignent beaucoup de la seus-classe où ils sont placés pour se rapprocher de celle des malacostracés. Avec M. Straus nous en composerons un ordre particulier sous le nom d'OSTRAPODES.
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corps en forme de bouclier ; bouche en bec ou composée d’appendices qu’on ne sauroit comparer aux mandibules; antennes courtes el simples , ou nulles ; souvent des yeux distincts et sessiles ; pieds antérieurs terminés par un ou deux crochets ou par des pinces , propres à la marche ou à la préhension; les postérieurs destinés à la natation , soit composés ou accompagnés de lames branchiales, soitmembraneux et en digitations (1). (Section des Pæcirores, Latr.)
I. Division. Bouche en forme de bec; antennes au nombre de quatre ; douze pattes dont les deux premières en ventouses. (Famille
des Arcuzuinées , Leach.)
GenreCLXVI. Arçure (Argulus, Muller, Latr., Leach, Lamck., Jurine fils; Monoculus, Linn.; Binoculus, Geoffr., Latr., Bosc; Ozolus, Latr.).
Têt presque membraneux , demi-transparent, déprimé, généralement ovalaire, un peu émarginé de chaque côté antérieurement, couvrant le corps très-amplement, et n'y adhérant qu’en partie; marqué de deux lignes enfoncées qui partent de ses bords antérieurs, et convergent vers son milieu ; tête non séparée du corps par un cou. Deux yeux apparoissant tant en dessus qu’en dessous, placés en avant, dans l’intervalle qui existe entre les deux lignes enfoncées du têt, distans entre eux, hémisphériques, ayant leur surface composée de petites facettes ovales et lisses, disposées par zones concentriques au nombre decinq ou six, dontles pluspetites regardent le bord interne de ces yeux. Antennes au nombre de quatre, petites, insérées sur la face inférieure de l'animal, un peu
au-dessus des yeux, cylindriques et un peu velues ; les supé-
(1) Cet ordre de M. Leach n’est qu'une section (la première) de l’ordre des branchiopodes pour M. Latreille.
ba
30 CARACIÈRES DES PŒCILOPES.
rieures ou les plus courtes formées de trois articles, pourvues à leur base d’un crochet assez gros, terminé par une pointeforteet recourbée quiaversson origine une petite épine;lesinférieures plus longues, formées de quatre articles dont le premier est pourvu d’une petite dent. Bec placésur la ligne moyenne, et assez en arrière des yeux, entre les pieds de la seconde paire, dirigéen avant, de forme conique alongée, renfermantunsuçoir très-aigu , et protractile. Pattes au nombre de douze, de formes différentes : celles de la paire antérieure plus longues que les autres , terminées par une ventouse ou large disque circulaire, dont le bord a desstriesconvergentes , et est dentelé : celies de laseconde paireayantune première pièce (ou cuisse) grosse, épineuse , arquée; une deuxième (ou jambe) assez forte, et presque cylindrique ; un tarse formé de trois articles, et terminé par deux crochets et un petit corps saillant : celles des quatre derniéres paires presque cylindriques, sans articulations bien distinctes, insérées sur les côtés de l'abdomen , terminées par deux doigts alongés, ciliés sur leurs deux bords, antérieur et postérieur; les deux premières de celles-ci étant pourvues d'un troisième doigt également cilié, mais recurrent, et non dans la direction des autres.
Abdomen cylindrique, pourvu antérieurement de deux petits crochets cornés un peu en arrière de la base de la trompe. Queue formée par une lame horizontale terminée par deux lobes arrondis au bout, et insérée dans une échancrure postérieure de la grande pièce qui forme le têt. Cœur apparent à travers le corps, formé d’un seul ventricule, et logé dans un tubercule solide, demi-transparent, presque cylindrique, dirigé en arrière et placé derrière la base de la trompe, chassant le sang , qui est composé de globules diaphanes, vers l’avant du têt, dans une seule colonne qui se ramifie, parcourt le corps dans diverses directions, et revient par une colonne unique de la partie postérieure du
corps au cœur ; Vaisseaux n'étant pas bien distincts. Organes
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de la respiration paroissant exister daus les cils des huit pattes postérieures. Canal alimentaire s'étendant depuis la base de la trompe jusqu'à la bifurcation de la queue, où se trouve l'anus; formé d’un œsophage très-court, d’un estomac ovale, donnant naissance dans sa partie antérieure à deux grands appendices rameux qui se portent dans les deux ailes du têt, s’y divisent en deux branches inégales et flexueuses, qui se subdivisent elles-mêmes en une multitude de ramifications dans lesquelles pénètrent les matières alimentaires qui les rendent apparentes, et de couleur bistrée; d’un pylore trésgros, long et musculeux; d’un cœcum pourvu de deux appendices vermiformes près de son origine ; d’un rectum qui descend en se rétrécissant jusqu’à l'anus. Cerveau paroissant placé derrièrelesyeux, dans la ligne médiane du corps, etcomposé de trois lobes égaux , un antérieur et deux latéraux d’un rouge de rubis, lorsqu'on les observe sous certains aspects. Organes de la génération du mâle semblantrésider dans deux vésicules placées chacune vers la face postérieure du premierarticle des pattes de l’avant-dernière paire ; le même sexe présentant à l'extrémité antérieure du premier article des pattes de la dernière paire un crochet qui sert à retenir la femelle dans l’accouplement : organes des femelles consistant en un sac ou une matrice situé dans l'abdomen, au-dessus du canalalimentaire, et s'étendant depuis l’origine de l’estomac jusqu’à la base de la queue, où il se termine par un oviducte très-court, dont l’orifice se trouve
placé entre les deux dernières pattes, et est commun avec l'anus.
On ne connoït encore qu’une seule espèce de ce genre, qui s'attache sous le corps des épinoches ou gasterostes, et des tétards de batraciens, au moyen de ses ventouses, et qui suce lesang de ces animaux.
ARGULE FOLIACÉ : Argulus foliaceus, Jurine fils, Ann. Mus., tom. 7, pag. 431, pl. 26; Pou des poissons, Baldner, Manuscrit; Monoculus cauda foliacea plana, Lœfling, Act, Soc. Up-
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sal., 1744-1750 , pag. 42, tab. 11; Pou de la carpe, Pou du gastéroste, Baker, Micros., tom. 11, chap. 25 , pl. 14; Monoculus foliaceus, Linn. , Syst. Nat., 10.° édit., et Faun. Suec..; Monoculus piscinus, Syst. Nat., 12.° édit.; Gmel. ; Binocle du gasteroste , Hist. des Ins., tom. 2, pag. 661 ; Argulus Delphinus etArgulus Charon, Mull., Entomostr., pag. 125; Monoculus gyrini, Cuv. , tab. élém. de l’Hist. nat. des Anim., pag, 454; Ozolus gasterostei, Latr., Hist. nat, des Crust. etdesInsect., 1. 4, pl. 29; Binoculus gasterostei, ejusd., Gen.Crust.etInsect.,tom. 1, p. 14. Il est long de deux lignes et demie au plus:son corps, déprimé et ovale dansses contours, est d’un vert jaunâtre clair, demi-transparent. La femelle, toujours plus grande que le mâle, est caractérisée par deux points noirs situés a la base de sa queue , avant sa division en deux lobes.
On trouve particulièrement les argules dans les eaux stagnantes. Ils sont communs dans les bassins de Gentilly près Paris, et dans la rivière de Bièvre. Ces petits crustacés tresactifs attaquent avec beaucoup de violence les tétards de grenouilles et de crapauds, et causent souvent leur mort. Ils s’attachent également aux gasterostes ou savetiers , petits poissons des eaux stagnantes , et même sur les parties molles des carpes, des tanches, etc., en appliquant leurs ventouses, et en enfonçant leur bec pointu dans les chairs de ces animaux, pour en sucer le sang. On les trouve aussi trés-fréquemment libres et nageant avec beaucoup de vitesse au milieu des herbes aquatiques, telles que les lentilles d’eau , les charagnes, les ménianthes, etc. Les mâles sont très-ardens en amour, et trés-souvent il leur arrive de prendre un sexe pour l’autre, ou de rechercher des femelles pleines ou même mortes.
Dansl’accouplement qui dure quelquefois plusieurs heures, le mâle se place sur le dos de la femelle, et s'y tient fixé au moyen de ses ventouses.
La durée de la gestation est de treize a dix-neuf jours , aprés lesquels les femelles fixent leurs œufs ( qui sont unis
gi
CARACTÈRES DES PŒCILOPFS. 5
et d’une forme ovale , sur un double rang, etsouvent en ligne droite ) sur les pierres ou autres corps durs, au moyen d’un gluten. Ces œufs, au nombre d’un à quatre cents , sont d’un blanc de lait, et souvent placés si près les uns des autres, qu'ils en reçoivent une pression qui leur donne en quelque sorte la forme hexagone. Ils éclosent vers le trente-cinquième jour, et le petit qui en sort, lorsqu'il est développé, n’a pas
plus de © de ligne de longueur. Sa forme est ovale, alongée, son têt ayant peu de largeur, et sa queue est fort grosse. De chaque côté de la partie antérieure de son enveloppe sortent deux longues rames, l’une placée devant, et l’autre derrière l'œil, et toutes deux terminées par des filets longs, égaux, pennés et flexibles (les rames antérieures en ont quatre, et les postérieures trois). Les deux pattes antérieures qui viennent après ces rames, sont fortes, coudées vers leur extrémité, et terminées par un crochet; les autres pattes, au nombre de dix, et surtout celles qui lui servent à nager, sont petites et peu saillantes (1).
Deux jours après, ce petit change sa peau; alors les rames disparoissent , et les pattes postérieures qui servent à nager, apparoissent ,.mais elles ne sont complètes que plus tard. Il s'opère une autre mue au bout de trois jours, ce qui donne seulement plus de développement aux parties de l’animal. Deux autres jours suflisent pour amener une nouvelle peau, et avec elle les crochets de la seconde paire de pattes et les rudimens des ventouses sur la base des pattes de la première paire. Après un intervalle semblable , l’animal se débarrasse de sa quatrième peau, et la paire de pattes antérieures est tout-à-fait transformée en ventouses. Les organes de la génération nesontapparens qu'après la cinquième mue.Ceslarvesse dépouillent pour la sixième fois, six jours après , et paroissent
1, Le moxocuzus cnaxox de Muller n'est que l’argule fo:iace dans cet état , c'est-à-dire au sortir de l’œuf.
554 CARACTÈRES DES PŒCILOPES,
alors sous la forme de l’adulte , sans pour cela qu’elles aient atteint toute leur grosseur, qui augmente du double aprés plusieurs autres mues qui ont lieu régulièrement tous les six ou sept jours. Lorsque les mâles se sont accouplés, ils perdent la faculté génératrice jusqu’aprés la mue suivante qui leur fournit de nouvelles vésicules séminales, en place de celles dont ils avoient fait usage, et qui s’étoient rompues pour l’épanchement du liquide qu’elles contenoient.