II.° Division. Bouche en forme de bec; antennes au nombre de
deux seulement (1).(Famille des Caricinées , Leach. )
Crustacés parasites aquatiques, la plupart marins, adhérant aux branchies et aux aisselles des poissons ; ayant les antennes insérées à l'angle externe de deux lobes sur la face antérieure
de leurtêt, et les yeux le plus souvent non apparens.
Susprrisron ou Race I. Douze pattes ; les sir de devant terminées par des crochets ou onguiculées. Extrémité de l’abdomen gar-
nie de deux soies ou tubes ovifères, cylindriques , alongées.
Genre CLXVII, AnrxosoME (Anfhosoma, Leach ; Caligus, Latr., Lamck., Risso).
Têt arrondi en avant et en arrière. Antennes formées de six articles. Abdomen beaucoup plus étroit que le têt, muni de deux lames foliacées sur le dos, et de six autres sous le ventre; celles-ci tenant lieu des trois dernières paires de pattes. Pattes de la paire antérieure étendues en avant; leur
(1) Les pièces que nous nommerons antennes, d’après M. Leach, sont considérées par M. Latreille, comme étant des palpes (ou des mandibules), insérés sur une petite lèvre supérieure et terminés
en pince.
ongle étant crochu et rencontrant une petite dent située versle sommet de l’article qui précède. Pattes de la seconde paire ayant l'ongle comprimé. Lie dernier article de la troisième paire trés-épais, denté antérieurement, et terminé par un ongle très-fort. Bec inséré derrière les pattes de devant, et muni à son extrémité de deux appendices droitstet cornés. ANTHOSOME DE SmitH : Anthosoma Smithii , Leach, Dict. Sc. Nat., tom. XIV, pag. 553; ejusd., Encycel. Brit. Suppl., 1, pag. 406, tab. XX; Caligus imbricatus, Risso , Crust., p. 161. Têtetsoies de la queue d’un blanc teint de couleur de rouille, ou tirant sur le fauve. Ce crustacé que M. Leach considère comme étant de la même espèce que le calige imbriqué de M. Risso, quoique sa couleur ne tire pas sur le vert, a été trouvé par M. T. Smith , fixé à un squale (Squualus cornubiensis) sur la côte du Devonshire. Lorsqu'il étoit vivant, ses pattes de devant étoient fermes, élastiques et susceptibles d’extension. Il y avoit sur le milieu de sontêt un point noir qui disparut aprés la mort. Les deux lames ou écailles dorsales, et les six lames ventrales, ou pattes postérieures, étoient parsemées de points demi-transparens. Les filamens de sa queue étoient continuellement en mouvement, comme le sont les
antennes des insectes du genre Ichneumon (1).
(1) Ge seroit près des anthosomes qu’il seroit convenable de placer comme formant un genre nouveau, le Caligus productus de Muller, à cause des lames membraneuses dont son abdomen est pourvu, et qui peuvent être considérées comme des pieds natatoires; mais cet entomostracé n'ayant que quatre pattes articulées et munies de crochets, devroit être placé dans une subdivision particulière, à moins qu’on ne modifie les caractères de celle-ci de la manière suivante : douce pattes; les quatre ou six de devant terminées par des crochets, ou onguiculées ;
extrémité de l'ahdomen garnie de deux soies (ou tubes ovifères) alongées el cylindriques.
Genre CLXVIII. Dicneresrion (Dichelesthium, Hermann fils, Latr., Lamck., Leach }).
Corps presque cylindrique, plus étroit {postérieurement qu’antérieurement , formé de sept segmens, dont le premier ou le têt, beaucoup plus grand que les autres, est à peu près rhomboïdal,tronquéenavantetenarrière. Antennesfiliformes, formées de sept articles, dont le dernier est le plus long, couchées obliquement en arrière sur les côtés du têt. Bec placé au milieu du dessous de ce têt entre les pattes de la seconde paire ; composé d'un suçoir cylindrique , membraneux, creux, arrondi à l’extrémité, et de six sortes de palpes, dont deux sont gros à la base, biarticulés et bifurqués dans leur dernier article, deux grêles triarticulés et deux très-courts, triarticulés. Yeux non distincts. Pieds au nombre de douze; six attachés sous le têt, quatre sous le second article du corps, et deux sous le troisième : premiers pieds (serres frontales, Latr.) dirigés en avant, insérés derrière le bord antérieur du têt, formés de quatre articles, dont le premier est un peu plus long que large, couvert en partie par le têt, à extrémité antérieure oblique ; les deux suivans très-courts, et le dernier ou terminal de forme ovale, pourvu à son extrémité d’un pouce intérieur court, rétréci à sa base, mutique au bout, et d’un doigt muni d’un onglet courbé en bas : pieds de la seconde paire composés d'une cuisse assez alongée et mutique, d’une jambe unidentée en dehors, et terminés par différens crochets divisés en deux masses distinctes: pieds de la troisième paire insérés comme les précédens sous le têt, présentant un article fort renflé (cuisse, Herm.), ventru, ovale , terminé par un crochet aigu et mobile: pieds des quatrième et cinquième paires attachés au second article du corps, formés chacun d'une pièce aplatie, presque orbicu-
CARACTÈRES DES PŒCILOPSSs 537
laire, terminée par deux doigts ovales, dont l'extérieur est le plus grand et muni de plusieurs crochets :sixième paire formée de pieds simples, entiers, rétrécis vers la base, semblables à des pinnules ou palettes de forme ovale, divergentes, immobiles, attachées sous les côtés du troisième article du corps (Hermann pense que ce pourroit être des ovaires). Abdomen formé de six articles, dont le premier est court, transversalement lunulé, et prolongé de chaque côté en une papille obtuse; le second aussi court, mais moinslarge ; le troisième presque carré, divisé par un sillon transversal en deux parties; le quatrième semblable en tout au troisième, mais plus parfaitement carré; le cinquième aussi long que les deux précédens ensemble, cylindrique, plus gros au milieu, rétréci vers Les deux extrémités et moins large à la postérieure ; le sixième presque orbiculaire, assez petit, trois fois plus court que le cinquième, rétréci et terminé au bord postérieur par deux appendices ou vésicules ovales, qui n’ont-que la moitié de sa longueur.
DicuEzesTION DE L'EsTURGEON; Dichelesthium sturonis, Hermann fils, Mém.apt., pag. 125,pl.v,fig.7, 8. Longueurtotale, sept lignes; largeur , une ligne ; couleur de chair, avec une ligne brune longitudinale de chaque côté du corps, commençant vers le milieu de la longueur du têt et traversant tous les segmens,: dont le sixième est d’une teinte plus blanche que les autres ; premiers pieds, couleur de chair pâle, recourbés vers l’abdomen lorsque l'animal ne s’en sert pas pour se fixer. Hermann fils a trouvé une douzaine de crustacés de cette espècesur des esturgeons prisdansle Rhin, à la hauteur de Strasbourg; ils étoient fortement attachés au moyen de leurs deux pieds, et avoient pénétré assez avant dans la peau qui recouvre les arcs osseux des ouïes de ces poissons : lorsqu'ils étoient détachés, ils couroient avec beaucoup de vivacité.
O1 Oo] CS
CARACTÈRES DES PŒCILOPES.
Suspivision ou Race II. Quatorze pattes; les sit antérieures oxà ; 1 . 5 4 à se guiculées ; la quatrième ou cinquième paire bifide; la sirième et La septième ayant les hanches et les cuisses très-dilatées et réunies par paires.
Genre CLXIX. Cécrors (Cecrops, Leach, Latr., Lamck. ).
Corps ovalaire déprimé, sans appendices postérieurs en forme de filets cylindriques. Têt coriace, séparé en deux : la portion antérieure en forme de cœur renversé, profondément et largement échancrée en arrière: la postérieure, composée de trois autres pièces à recouvrement l’une sur l’autre, dont l’antérieure est la plus petite, l'intermédiaire moyenne, et la postérieure la plus grande; toutes étant échancrées postérieurement dans leur milieu. Antennes de deux articles, terminées par un seul poil. Abdomen aussi large que le têt. Pattes de la paire antérieure biarticulées et armées d’un ongle fort et recourbé : trois articles à la seconde paire, plusminces, et dont le dernier est bifide : la troisième paire plus forte, n'ayant qu'un seul article et un ongle très-fort (ces trois paires de pieds sont des pieds-mâchoires pour M. Latreille ): les quatrième et cinquième paires bifides : hanche et cuisse de la sixième et de la septième paires très-dilatées , lamelliformes et réunies par paires. Bec inséré derrière les pattes antérieures, ayant de chaque côté de sa base un appendice ovale.
La femelle est munie de deux grandes pièces ovales contiguës, d’une substance coriacée, placées sous l'abdomen qu’elles surpassent en longueur, et qui recouvrent ses œufs.
Cécrors DE Larrwilre; Cecrops Latreilli, Leach, Encycel. Brit., Supp. 1, pl. xx, fig. 1 et 3, mâle; 2 et 4, femelle;5, antennes grossies. Dans le Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle, M. Latreille dit que ce cécrops vit sur les branchies
CARACTÈRES DES PŒCILOPES. 559
du Thon, et dans le Règne animal, le même naturaliste lui assigne pour résidence celles du Turbot.
Susprvision ou R4cE III. Quatorze pattes ; les six antérieures on-
guiculées; toutes les autres bifides.
Genre CLXX. Panpare ( Pandarus, Leach; Caligus, Latr., Lamck. ).
Corps ovalaire, souvent trés-alongé, terminé par deux soies alongées et cylindriques. Têt elliptique en avant, tronqué transversalement en arrière. Corps recouvert de trois écailles à recouvrement, transversales, dentelées ou échancrées sur leur bord postérieur. Abdomen a anneaux formés de lames ; queue ovalaire donnant attache aux deux longues soies.
Pannare DE Bosc : Pandarus Boscii, Leach, Encycl. Brit., Suppl. 1, pl. xx, fig. 1; ejusd., Dict. Sc. nat. , tom. XIV, pag. 555. Alongé ; couleur d’un jaune päle et livide ; soies de la queue étant une fois et demie aussi longues que le corps. Il habite les mers de l'Angleterre, et se fixe sur l’Emissole commun:
Panparg gicoror: Pandarus bicolor, Leach , Encycl. Brit., Suppl. 1, pl. xx; ejusd., Dict. Sc. nat., tom. XIV, pag. 555. Alongé ; couleur pâle et livide; têt et le milieu des lames de l'abdomen noirs ; soies de la queue deux fois aussi longues que le corps. Il s'attache au Squale Milandre ordinaire de nos mers.
PaxparE pu Réquin; Pandarus Carchariæ, Leach, Dict. Sc. nat., tom. XIV, pag. 556. Ovale , noir ; angles postérieurs du têt et soies de la queue d’un jaune pâle et livide; ces dernières étant un peu plus longues que le corps. Il vit sur le Requin.
PanDARE DE CRANCH; Pandarus Cranchü, Leach, Dict. Sc. nat., tom. XIV, pag. 535. Ovale, noir; angles antérieurs du têt, son pourtour, et deux espaces du dessus de sa partie an-
térieure, päles, ainsi que les bords des lames de l'abdomen. Cette espèce a été découverte par M. Cranch (zoologiste de l'expédition pour la recherche de la source de la rivière du Zaïre), latit. Sud , 1; longit. Est, 4, à partir du méridien de
Londres.
À fa Genre CLXXI. Noçaus ( Nogaus, Leach).
Deux courtes soies ou tubes ovifères à la queue, portant plusieurs styles à leur extrémité. Les trois premières pièces de l’abdomen ayantles côtésarrondis, tandis que le quatrième et le cinquième les ont terminés en pointe. Têt en forme de fer à cheval.
Nocaus DE Larreizze; Nogaus Latreillii , Leach, Dict. Sc. nat., tom. XIV, pag. 536. Couleur pâle sans tache. Découverte par M. Cranch en Afrique, latit. Sud, 1; longit. Est, 4, méridien de Londres.
Suspirision ou RaAcs IV. Quatorze pales; les six de devant onguiculées ; la cinquième paire bifide, avec les derniers articles
garnis de poils en forme de cils.
Genre CLXXII.Cace (Caligus, Muller, Leach, Latr., Lamck.),.
Corps déprimé ayant sa partie antérieure recouverte d’un têt membraneux en forme de bouclier, rétréci postérieurement. Abdomen plus étroit , de forme ovale alongée , ou presque carrée, et terminé par deux soies (tubes ovifères ), alongées, cylindriques et simples; deux petites antennes coniques situées sur le bord antérieur du têt, et dirigées latéralement. Deux yeux distans situés à la base interne des antennes. Un bec obtus Placé en dessous du têt, à peu près au quart antérieur de sa longueur.
Cau1GE Dgs poissons: Caligus piscinus, Latr.; Caligus curtus , Mull., Entomost., pag. 180, n.° 63, tab. 21, fig. 1, 2; Mo-
CARACTÈRES DES PŒCILOPES. 341
noculus piseinus, Linn., Syst. nat. Long de quatre à cinqlignes, sans compter les filets de la queue, qui ont à peu près la même grandeur. Têt marqué de lignes enfoncées qui figurent la lettre H. Pieds de la première paire courts, simples, terminés par un seul article pointu et arqué, situés aux côtés du bec : ceux de la secotde paire grêles, ayant leur partie terminale ou tarse formée de quatre articles minces cylindriques, dont le dernier supporte deux ongles arqués inégaux : ceux delatroisième paire de moitié plus courts, étant plus robustes et terminés par un tarse à deux articles, dont le dernier supporte deux ongles courts inégaux et arqués en dedans : pieds de la quatrième paire à peu près de la force des précédens, ayant la jambe courte ét grosse ; le tarse formé de deux articles, dont le premier, plus gros et plus long que le second qui est un peu arqué en dedans , terminé par deux pointes ou rudimens d’ongle, et muni sur sa face interne de trois filets plumeux, parallèles entre eux et recurrens : pieds de la cinquième paire ayant un article basilaire (ou cuisse), trés-court et muni en dedans d’un filet cilié; un second article (ou jambe}, deux fois aussi long que large, et un peu comprimé , supportant un tarse bifide , formé de deux branches chacune à trois articles , terminées par des filets plumeux ou ciliés, parallèles entre eux et dirigés en dedans : pieds de la sixième paire membraneux, aplatis, situés sur la tranche qui termine le têt postérieurement et inférieurement, consistant en une seule pièce ovalaire, garnie sur son bord terminal et en dedans de cinq soies plumeuses et parallèles entre elles : pieds de la sixième paire assez longs, insérés à la base du premier anneau de l'abdomen et en dessous, derrière le têt , formés d’une jambe assez forte et un peu renflée dans son milieu, d’un tarse à peu près aussi long et composé de deux pièces assemblées obliquement, de façon que l’inférieure se termine en pointe en dessous, et que la supérieure ou la terminale supporte à son extrémité trois soies roides
342 CARACTÈRES DÉS PŒCILOPES.
dont la plus grande est ciliée en dessous. Deux petits crochets sur le milieu de la poitrine entre la base des pattes de la troisième paire et celle des pattes de la quatrième paire. Portion supérieure du têt comprise entre les deux jambages postérieurs de la figure d'H, pouvant être considérée comme une première partie de l’abdomen, de forme hexagonale avec une forte échancrure sur chacun de ses côtés latéro-postérieurs. Abdomen proprement dit plus long que large , et plus large en arrière qu’en avant , légèrement bombé en dessus, donnant attache postérieurement aux deux filets quisont cylindriques et divisés fort également par une multitude de petites lignes transverses. Une queue insérée entre les deux filets à l’extrémité postérieure de l’abdomen, formée d’une petite pièce étroite à sa base, renflée dans son milieu, bifurquée à son extrémité, chacune de ses bifurcations étant terminée par trois soies. Couleur d’un blanc jaunâtre , avec quelques points ou caractères d’un jaune obscur sur le têt.
Ce Calige vit aux dépens des Morues, des Merlans, des Saumons, etc. Lorsqu'on le détache, ou lorsqu'il veut changer de place, il court rapidement sur ces poissons. On le voit aussi quelquefois nager seul dans le mer avec assez de vitesse. Othon Fabricius dit qu’on le trouve également sur le Fletan, espèce de Pleuronecte.
Cacice DE Murrer : Caligus Mulleri, Leach, Encycl. Brit., Suppl. 1, pag. 405, pl. 20 ; ejusd., Dict. Sc. nat., tom. XIV, pag. 536. Cette espèce diffère de la précédente en ce qu’elle n’a pas d’appendice bifurqué en forme de queue à la suite de son abdomen. Sa couleur est pâle et sans taches. On l’a trouvée sur la Morue (1).
(1) Nous ne plaçons pas dans ce genre, ni même dans cette subdivision , le Caligus productus de Muller. N'ayant que quatre paties à crochets et étant pourvu de pattes membraneuses abdominales , il seroit
CARACTÈRES DES PŒCILOPES+ 343 Genre CLXXIIL. Riscure (Risculus, Leach). /{
Ce genre que nous ne connoissons pas, paroît très-voisin de celui des Caliges, et n’en différer que parce que les deux soies (ou tubes ovifères) sont terminées par deux styles au lieu d'être simples.
Riscuze DE LA moruE ; Risculus molvæ , Leach, Dict. Sc. nat., tom. XIV, pag. 556. Sa couleur est livide, tirant sur le jaune, et sans tache. On le trouve sur la Morue (1).
nécessaire de fonder pour lui seul un genre nouveau et une subdivision nouvelle. Nous ne le faisons pas néanmoins, et nous nous bornons à marquer la place de cet animal dans une note à la suite du genre Anthosome , dont il se rapproche plus que d'aucun autre.
(x) Ici se termine le série des petits crustacés parasites qu’of a rapportés au genre Calige de Muller ; mais non pas celle de tous les animaux qu’on pourroit ranger dans cette famille, si, comme il paroit fort probable , les Lernées doivent en faire partie. En effet on trouve dans ces dernières des rapports d'organisation qui les lient à plusieurs des genres dont nous avons traité, et notamment à celui qui a reçu d'Hermann fils le nom de Dichelestion. M. de Blainville, quia fait une élude spéciale des Lernées, et qui les a divisées en plusieurs genres nouveaux dans le Dictionnaire des Sciences naturelles, en avoit formé dès 1816 une classe qu’il rangeoit dans le type des entomozoaires (ou animaux articulés), sous le nom d'Hétéropodes. Plus tard M. Cuvier (Règne animal , tom. IV, pag. 36, note), en décrivant quelques Lernées parmi les vers intestinaux, a également reconnu qu'une multitude de petits animaux placés dans le genre Zerræa, vivant sur les branchies des poissons, ayant le corps articulé, pourvus de membres articulés, et la tète garnie d'antennes, la bouche arinée de plusieurs mâchoires, appartenoient à l'ordre de crustacés qui renferme les Caliges de Muller.
Mais les caractères que nous venons d'indiquer n’existent.pas à un même degréwde développement dans tous les êtres dont il s'agit; et, entre l'organisation assez compliquée d’un Calige et celle très-simple
544 CARACTÈRES DES PŒCILOPES.
JIL.° Division. Bouche ayant son ouverture au milieu de cinq paires de pieds , ou de pieds- mâchoires, terminés en pinces , dont les hanches hérissées de pointes peuvent servir à la mastication ; point d’antennes ; té en bouclier formé de deux pièces, et terminé par une longue queue ensiforme; organes de la respiration placés sous la seconde pièce du tèt. (Famille des Limurinées, Leach.)
Genre CLXXIV. Limure ( Limulus, Mull., Fabr., Latr., Leach; Monoculus, Linn.; Xiphosura , et Xiphotheca, Gronov.; Polyphemus, Lamck.; Cancer, Clusius ).
Têt corné, mince et creux, composé de deux piéces : l’une
d’une Lernée proprement dite, on trouve des dégradations tellement nuancées, qu'on ne sauroit indiquer où devroit être placée la ligne de séparation des animaux dérivant de ces deux types. Il devient donc absolument nécessaire de les laisser réunis. Mais où les placer? En formerat-on une classe particulière, comme l’a fait M. de Lamarck, sous le nom d'Epizoaires? En placera-t-on, avec M. Cuvier, partie dans la classe des crustacés, et partie dans celle des vers intestinaux? Ou bien , reconnoissant que les Caliges sont de véritables crustacés, rangera-t-on à leur suite les Lernées qui ne peuvent en être séparées ?
N'ayant pas encore pris de détermination bien arrètée à cet égard, quoique la dernière me paroisse préférable aux autres, tout en introduisant dans la classe des crustacés quelques espèces qui ne montrent évidemment aucun des caractères qui la distinguent, je pense qu’il est utile de rapporter ici un court extrait du travail de M. de Blainville, afin de compléter dans ce point l'exposé des connoiïssances acquises re- Jatives aux crustacés, ou tout au moins, aux animaux quis'enrapprochent le plus,
Les Lerneïdes ou Lernées considérées comme formant une famille , ont le corps symétrique, mais de forme variable. En général, leur peau est molle, mais dans certaines espèces elle est au moins, dans quelques points, dure et cartilagineuse. Leur corps est souvent divisé dans sa longueur par un étranglement en deux parties, dont l’une réunit la
CARACTÈRES DES PŒCILOPES. 545
antérieure , en forme de bouclier à trois carènes, arrondi en avant et sur les côtés, profondément échancré en arrière;
tête et le thorax, et l’autre forme l’abdomen. Quelquefois aussi la première de ces parties présente une trace de division de sa portion antérieure, sous forme de renflement céphalique. L’abdomen variable dans ses formes, mais ordinairement assez gros et mou, est fréquemment terminé par deux prolongemens appendiculaires, comparables aux filamens abdominaux des Caliges, mais tantôt filiformes, tantôtclaviformes, ou en masses, et renfermant toujours des corpuscules ronds qui sont des œufs. Quelques espèces sont pourvues d’yeux lisses, sessiles, ou de stemmates. Leur -bouche est constamment pourvue d'une ou deux paires de crochets mobiles et convergens. Les membres ou rudimens de pattes attachés au thorax sont peu nombreux ou nuls. Le canal intestinal est complet et se rend de la bouche, qui est placée sous la parlie antérieure de la première portion du corps, et qui est accompagnée de deux crochets cornés, à l'anus situé dans un tubercule ou mamelon placé à l’arrière de l’abdomen, dans la ligne médiane. Le système circulatoire existe chez ces animaux, bien qu’il n’ait pas été décrit, et la respiration paroït avoir pour organes les subappendices de la peau. Il y a lieu de présumer que ces animaux sont hermaphrodites, quoique l’on ait observé quelques individus dépourvus de sacs ou de filamens ovifères, qu’on pourroit prendre pour des mâles, tandis que Von considéreroit comme femelles, tous ceux qui en portent. Leur système nerveux est inconnu; mais il doit exister dès qu'il y a des muscles distincts, et sa place ne peut être qu’à la partie inférieure du corps. Enfin, d'après des observations de M. le docteur Surriray du Havre, rapportées par M. de Blainville, il paroitroit que les Lernées seroient sujettes à des métamorphoses, et que jeunes elles différeroient beaucoup des adultes, en se rapprochant par leurs formes des tétards d’entomostracés.
On n’a encore trouvé ces animaux que sur les poissons de mer et d’eau douce, attachés et souvent implantés fortement à la peau des membranes des ouïes, des lèvres, du bord des yeux, des aisselles des nageoires ou sous les écailles auxquelles elles adhèrent par diffé-
rentes parties! de leur corps, et surtout par celles qui sont de consistance cornée.
346 CARACTÈRES DES PŒCILOPES.
la seconde trapézoïdale et placée à la suite et dans l’'échancrure postérieure de la première, dentelée et garnie d'’é-
Les genres que M. de Blainville admet sont les suivans, en commençant par ceux qui ont le moins de rapports avec les caliges, et en finissant par ceux qui en ont le plus.
LenNÉOcÈRE; Lerneocera, BI. Corps plus ou moins alongé, renflé dans son milieu, droit ou contourné, couvert d'une peau lisse, et presque corné antérieurement; terminé en avant à la suite d’un long cou par un renflement céphalique bien distinct, armé de trois cornes immobiles, branchues à l'extrémité. Trois petits yeux lisses à la partie antérieure de la tête. Bouche inférieure, en suçoir. Aucune trace d’appendice au corps. — 1. L. branchiale, Z. &ranchialis ( Lernea branchialis, Linn., Gmel.). De la grosseur d’une plume d’oie ; corps arqué; filamens ovifères, très-longs, entortillés, insérés aux trois quartsde la longueur du corps. Vitsurles gades , au Groënland, où elle estmangée par les habitans. — 2. I. cyclopterine, Z. cyclopterina ( Lernea cyclopterina, Muller). Ne différant de la précédente que parce que son cou filiforme se recourbe en haut, qu’elle a deux orifices tubuleux à l'extrémité du museau en dessus, et que son anus est accompagné de chaque côté de deux lobes convexes. Du Groënland, où elle vit sur les branchies du cycloptère épineux. — 3. L. de Surriray, Z. Surrirensis, BI. Corps droit, presque cylindrique ; un cou distinct; trois cornes simples au renflement céphalique; bouche pourvue de trois dents disposées en triangle ; filets ovifères cylindriques, droits, naissant près de l’extrémité de l’abdomen. Des œufs de cette espèce sortent de petits animaux semblables à des monocles, pourvus de six pattes larges et marqués de trois taches obscures sur le dos. — 4. L. des Cyprins, Z. cyprinacea ( Lernea cyprinacea, Linn., Faun. Suec.). Corps presque cylindrique, droit; renflement céphalique, pourvu de trois cornes molles en croissant ; abdomen claviforme, avec trois tubercules dont un plus grand; sacs avifères non observés. Trouvé en Suède sur le Cyprinus Carassus.
LERNÉOPENNE; Zerneopenna, Bl. Corps alongé, cylindrique, terminé par un renflement céphalique circulaire , tronqué, garni dans sa circonférence d’un grand nombre de mamelons, et pourvu d’une paire de cornes courtes et obliques en arrière. Abdomen pointu,
garni de filets coniques, creux, disposés sur deux rangs en barbes de
CARACTÈRES DES PŒCILOPES. 347
C' ,» L 1 pines mobiles sur ses bords latéraux, échancrée en arrière pour recevoir une longue queue mince, droite et ensiforme.
plumes, et en avant de ceux-ci de deux filamens très-fins et longs qui sont probablement des tubes ovifères. — 1. L. de Boccone, Z. Boccorica (Hirudo, Boccone, Observ. nat., pag. 286, et Trans. Philos.; Pernatula, Lamart., Voy. de Lapeyrouse, tom. 4, pl. 20; Encycl., pl. 98, fig. 5; Chamisso et Eysenhardt, Nov. Act. Cur. nat., tom. 10, pl. 24, fig. 3). Tentacules ou mamelons de la bouche courts selon Lamartinière , ou n’existant pas selon MM. de Chamisso et Eysenhardt. De l'entrée de Nootka , sur un Diodon. — 2. L.d’Holten, Z. Holteni ( Lernea Exoceti, Holten, Act. Dan. 1802). Point de tentacules à la tête, dont les cirres sont plus longs que dans l’espèce précédente.—3. L. Flèche, Z. Sagitta (Pennatula Sagitta, Linn., Ellis, Esper, Lamck.). Corpsfiliforme, long d’un pouce, à peu près cylindrique, coriace , terminé postérieurement par une double série de seize plumules presque égales, renflées et percées à leur extrémité. Sur une Lophie, dans la mer de la Chine. Cette espèce paroît avoir été retrouvée par M. Dekaï, sur les côtes des Etats-Unis, et vivant sur le D/odon pilosus de Mitchill.
LERNÉE, Zernea, Linn. BI. Corps peu alongé , subcylindrique ou déprimé , sans traces de division ou de rudimens de membres ou d’appendices sur les côtés. Un renflement céphalique plus ou moinsdistinct; bouche inférieure, pourvue d'une paire de crochets. Abdomen terminé par deux sacs ovifères plus ou moins prolongés. — 1. L. en massue, Z. clavata. ( L. clavate, Mull., Encycl., pl. 78, fig. 4). Corps cylindrique terminé en avant par une sorte de rostre crochu, ayant en dessous une bouche à trois plis ; sacs ovifères cylindriques, aussi longs que le corps. Sur la perche de Norwège. — 2: L. de Baster, Z. Basferi (Baster, Opusc. Subs. 2, pl. 8, fig. 11). Corps blanc séparé en deux par un étranglemenrt ; abdomen beaucoup plus gros, ovale; renflement céphalique globuleux; boucheinférieure , pourvue d’une double paire de crochets; sacs ovifères non observés. — 3. L. cyclophore, Z. cyclophora, BI. Corps fusiforme, ayant en avant un renflement discoïde qui porte la bouche dans son milieu; filamens ovifères, longs et cylindriques. Du Congo.
LERNÉOMIZE, Lerneomizor, Bl. Corps ovoïde ou déprimé, ayant une sorte de céphalothorax en forme de cou, étroit, cylindrique, ter-
Face inférieure de ce têt creusée en bassin, et supportant & br les membres, qui n’en dépassent pas les bords. Deux yeux
miné antérieurement par une bouche bilabiée, pourvue de mandibules en crochet, et d'une lèvre inférieure. Une ventouse plus ou moins protractile à la racine inférieure de l’abdomen. Deux sacs ovifères peu alongés. — 1. L. à crochet, Z. zncinala ( Lernea uncinata, Muller, Enocycl., pl. 78, fig. 7). Corps oblong, subdéprimé , mou, blanchâtre, avec un sillon longitudinal sur le milieu du dos, et deux latéraux se réunissant sous le ventre; bouche terminale et bifide ; ventouse abdominale très-peu saillante ; ovaires claviformes. Vit sur plusieurs Gades des mers du Nord.— 2. L. des nageoires, ZL. pinnarum ( Lernea, J. C., Fabr., Z{in. Norw.). Corps déprimé, charnu, arrondi; dos? canaliculé; un appendice médian à sa partie antérieure, pouvant se loger dans ce canal; tête cylindrique, terminée par un rostre, avec deux tentacules linéaires, bifides à l'extrémité; sacs ovifères alongés, cylindriques. — 3. L. pyriforme, Z. pyriformis, BI. Abdomen renflé, pyriforme, terminé en avant par un suçoir conique, fort saïllant, à la racine du céphalothorax qui est arqué, cylindrique et recouvert en avant d’une sorte de plaque ovale, écailleuse ; lèvre supérieure longue et pourvue de mandibules cornées ; l’inférieure plus courte et munie d’une paire de palpes; tubercule anal trés-saillant. — 4. L. de Pernetty, Z. Pernettiana, BI. (Pernetty, Voy., t. 1,tab. 1, fig. 5-6. ). Corps cylindrique, terminé en arrière par une paire de longs appendices accompagnant les sacs ovifères; deux paires d'appendices au milieu du corps, dont l’inférieure, beaucoup plus grosse, sert à attacher l'animal; deux points noirs (yeux, selon Pernetty) au-dessus de Ja bouche. —5. L. alongée, Z. elongate , BI. Corps cylindrique , alongé ; tête peu renflée ; deux mandibules en crochets mobiles sur la lèvre supérieure ; deux palpes sur l'inférieure ; sacs ovifères cylindriques, fort gros, accompagnés d’un faisceau de deux paires d’appendices inégaux, mous, flexibles et d'une pièce médiane supérieure, plus courte. Trouvée au Havre sur le Cheïlodiptère aigle.
LERNENTOME, Lernentoma, Bl.; Enrtomoda , Lamck. Corps en général carré, subdéprimé, avec des espèces de bras ou d’appendices de forme variable et inarticulés de chaque côté. Tête plus ou moins distincte, pourvue de cornes et de crochets à la bouche. Sacs ovifères
CARACTÈRES DES PŒCILOPES. 349
composés, assez grands, situés chacun sur la partie supérieure et un peu latérale de la premiére pièce du têt, adossés
souvent claviformes. — 1. L.rayonnée, Z.radiata, BI. ( Lernea radiata , Muller, Zool. Dan., tab. 38, fig. 4). Corps carré, déprimé, convexe, garni d’espèces de plaques dures en dessus, concave en dessous: trois paires de bras dont un à chaque angle, et deux en dessous ; tête armée de deux paires de cornes molles ; des crochets à la bouche. Trouvée sur le Coryphæna rupestris. — 2. L.. gobienne, Z. gobina, BI. ( Lernea 30lire, Mull., Zool. Dan., tab.35, fig. 3; Encycl., pl. 78, fig. 8). Corps déprimé , rhomboïdal, ayant à chaque angle une sorte de bras noueux et coudé à l'extrémité; tête très-distincte avec une paire de cornes arquées en dedans; bouche à trois lèvres; ovaires claviformes et entortillés. Des mers du Nord.— 3. L. noueuse, Z. rodosa, BI. ( Lernea rodosg, Mull., Zool. Dan., tab. 33, fig. 5). Presque carrée, convexe en dessus, concave en dessous, avec cinq dents de chaque côté, dont la première se prolonge en dessous, et forme un bras court; tète assez distincte avec deux tubercules de chaque côté; ovaires claviformes; bouche armée de crochets. Elle vit fixée sur les lèvres de la Perche de Norwège. — 4. Laselline, Z. asellina, BI. (Zernezasellina, Linn., ter Westrog., tab. (3, fig. 4). Thorax déprimé, cordiforme, séparé de l’abdomen qui est semi-lunaire ; tête à l'extrémité d’une espèce de cou, et pourvue d’une paire d’appendices obtus ; une autre paire en dessous à la racine del’abdomen; ovaires courts, claviformes. Trouvée sur des Gades de la mer du Nord. — 5. L. du Trigle, Z. Trigle, BI. Abdomen aplati, carré, surtout en avant, convexe en dessus, concave en dessous, bordé antérieurement d’une paire d'appendices transversaux, digités, et sur les côtés de quatre dents dont la postérieure est la plus longue ; tête élargie transversalement et portée sur un cou long et cylindrique ; sacs ovifères cylindriques et médiocres; deux paires de crochets très-petits à la bouche. — 6. L. cornue, Z. cornuta, BI. (Lernea cornuta, Mull., Zool. Dan., tab. 33, fig. 6; Encycl., pl. 78, fig. 1). Corpsoblong ; thorax avec deux paires d’appendices droits et bifides à l’extrémité ; tête sub ovale et pourvue de trois cornes dont une frontale ; deux crochets à la bouche ; sacs ovifères cylindriques et arqués. Trouvée sur les branchies des Pleuronectes Platessa et linguatula. — 7. 1. de Dufresne, Z. Du-
frenii, BI. Corps[blanc, mou, assez alongé, comme formé de quatre
550 CARACTÈRES DES PŒCILOPES/
aux carènes latérales de cette pièce. Un chaperon triangus laire formé par la continuation du rebord inférieur du pre-
divisions, ayant chacune une paire d’appendices rudimentaires ou de bras; les antérieurs et inférieurs doubles; tête distincte, à quatre petites cornes ; bouche inférieure, ronde, armée de crochets; ovaires fort longs, cylindriques et entortillés. Cette Lernée qui a quelques rapports avec les espèces du genre voisin, semble n'être formée que d'une peau molle , remplie d'un tissu comme hépatique. Ses œufs sont ronds et excessivement nombreux.
LERNAGANTHE : Lernacanthus , Bl.; Chondracanthus , Delaroche. Corps gros, court, assez déprimé, pourvu de chaque côté d’appendices rudimentaires, aplatis, digités et cartilagineux. Tète séparée du thorax par un sillon, et portant de chaque côté un rudiment d’antenne. Bouche inférieure, accompagnée d’une paire de mâchoires ou de palpes. Sacs ovifères courts, gros et aplatis. —1. L. de Delaroche, Z. Delarochiana, Bl. (Chondracanthus Thynni, Delaroche, Nouv. Bull. Soc. phil.). Corps formé de quatre zones, hérissées de tubercules cornés, pointus, en dessus, et pourvues en dessous d’apperdices aussi cornés d’autant plus larges et digités qu'ils sont plus postérieurs. Trouvée sur les branchies du Thon de la Méditerranée, et sur d'autres poissons auxquels elle est adhérente seulement par les crochets de la bouche.
LERNÉOPODE, Lerneopoda, Bl. Corps lisse assez alongé, divisé en abdomen ovale et en céphalothorax aplati et couvert d’un bouclier crustacé , accompagnant la bouche. Deux paires de pieds articulés, subonguiculés sous le thorax. Sacs ovifères courts et subcylindriques. — 1. L. de Brongniart, Z. Brongniartir, B\, Des deux paires de pieds, l’antérieure étant la plus courte et formée de deux articulations; la postérieure beaucoup plus longue, grêle, cylindrique, avec un crochet terminal.—2. L. du Saumon, Z. sa/monea, BI. Mayor, Nouv. Bull. Soc. phil. fév. 1824. Une tête distincte, munie de deux antennes composées de deux articles sétacés ; bouche pourvue de deux lèvres horizontales dont la supérieure est armée de chaque côté de deux crochets mobiles durs, et l’inférieure conique; thorax plus large que la tête , et ayant près de l’étranglement qui le sépare de cette partie, deux petites pattes triarticulées, et plus bas, deux appendices linéaires cylindriques, assez longs, et réunis à leur sommet pour former un cylindre unique dont l'extrémité
CARACTÈRES DES PŒCILOPES. 351
mier bouclier du têt. Bouche à peu près située au-dessous du bord postérieur de ce bouclier, longitudinale, et en-
est terminée par un cartilage orbiculaire en forme de disque; une éminence transversale entre eux ; abdomen ovale, assez large et convexe, avec un sillon orbiculaire en dessus et deux sillons longitudinaux en dessous ; ovaires droits et longs. Se trouve sur les branchies du Salmo carpionts et sur celles de quelques autres poissons. M. Mayor, l’un des administrateurs du Musée de Genève , l’a trouvée aussi sur toutes les nageoires de l'Umble chevalier (S2/m0 Umbla), poisson trèscommun dans le lac de Genève ; et c’est d’après la description qu’il en a communiquée récemment à la Société philomathique de Paris, que nous avons ajouté à celle que M. de Blainville avoit donnée de sa Lernéopode du Saumon. — 3. L. étoilée, £. stellata, Mayor, Nouv. Bull. Soc. phil. févr. 1824. Long de sept lignes ; tête portant deux antennes à sa parlie supérieure ; bouche armée de deux mandibules ou palpes terminés chacun par deux petits appendices sétacés; lèvre inférieure en forme de tubercule conique ; thorax pourvu de deux longs bras qui se réunissent en un tube corné, terminé par un disque étoilé à cinq rayons, dont la surface inférieure est finement chagrinée; abdomen ovale alongé , marqué sur le dos de deux sillons longitudinaux, dans lesquels on remarque quatre ou cinq points enfoncés vers la partie postérieure ; sacs ovifères, cylindriques, aussi longs que le corps, transparens, renfermant de petits corps ovoïdes jaunes, placés sur cinq rangées. Trouvée en Norwège, fixée par son disque étoilé sur les nageoires d’un Esturgeon Sterlet.
LERNANTHROPE, Lernanthropus, BI. Corps ovale assez peu alongé, divisé en deux parties; un bouclier céphalothoracique, et un abdomen prolongé en arrière par une large écaille, débordant l'extrémité du tronc. Deux très-forts crochets verticaux sous le front. Trois paires de très-petits appendices crochus et transverses sous le thorax proprement dit. Une paire de bras simples, renflés, et une seconde bifide et comine branchiale sous l’abdomen. Sacs ovifères longs et cylindriques. —1. L. Mouche, Z. Musca. BI. De couleur blanche-jaunâtre, si ce n’est l'extrémité des crochets qui est brune, et un globule saillant d’un beau
noir, de chaque côté de la pointe de l'abdomen. Trouvé implanté dans la peau d’un petit Diodon de Manille.
el
52 CARACTÈRES DES PŒCILOPES.
tourée d'appendices ou de membres qui ont reçu de divers naturalistes des. noms trés-variés, savoir : 1.° deux petites pinces antérieures formées de trois articles, un baséal et deux autres composant la main, le plus petit de ceux-ci étant le doigt mobile ou le pouce (mandibules, Fabr., Latr.; palpes dela lèvre supérieure, Cuv.; mandibules succédanées, Savigny). 2.° Huit appendices situés quatre de chaque côté, rapprochés par paires à leur base, mais avec l'ouverture buccale entre eux , ayant la forme de pattes linéaires, composées chez les femelles de six piéces, dont la première ou la hanche est épineuse, mobile latéralement, et sert de mâchoire, et dont les deux dernières composent ensemble une main à doigts coniques et opposables; ces appendices grandissant graduellement par paires depuis la première jusques et com-
Après avoir ainsi classé les espèces de Lernées qu’il a pu examiner ou qui ont été le mieux figurées et décrites par les auteurs, M.de Blain- * ville fait remarquer que le genre de Caligides qui se rapproche le plus du dernier ou Lernanthrope, est le genre Dichelestion , et qu’ensuite on passe par une gradation insensible aux Anthosomes, aux Cécrops, aux Caliges, parmi lesquels se trouve le Zernea pectoralis ( qui nous paroît surtout très=voisin du Caligus curtus de Muller). Des Caliges, on arrive aux Argules, et de ceux-ci aux Apus et autres Branchiopodes.
Les espèces qu'il n'a pas comprises dans sa monographie, sont notamment les Zernea Huchonis, Schrank, Iter Bavar., t.2 (A-D), dont le corps est cartilagineux, noueux, et qui est pourvu de deux tentacules; Z. Lola, Hermann (Naturf, 19, t. 2, fig. 6), qui a deux petits crochets à la bouche et quatre ovaires inégaux; Z. adunca, Sirom. (Sondern., 1,t.1,f. 7,8), quialecorpsovale, et dont lacorne du rostre descendenarrière. Cette dernière espèce vivant sur le Gadus Callarius.
Enfin ii ne s'est pas déterminé à admettre le genre AxINE d'Ocken, fondé sur une espèce qui vit attachée à l'Orphie, 4. Bellone , et caractérisée par un corps cylindrique , lerminé en arrière par un élargissement cutané , bordé d’un double rang de nœuds; par deux nodositésà la bouche , et par sa longueur qui est d’un demi-pouce.
GARACTÈRES DES PŒCILOPBS. 353
pris la quatrième : les antérieurs formés seulement de cinq pièces chez les mâles, parce que ceux-ci ont la main remplacée par un seul article pointu ( maxillæ interiores, mazillæ exteriores quartæ, tertiæ et secundæ, Fabr.; première , deuxième, troisième et quatrième paires de pattes, Latr.; première, deuxième, troisième el quatrième paires de mâchoires et de palpes , Cuv.: première, deuxième. troisième et quatrième mâchoires succédanées , ou première, deuxième, troisième et quatrième paires de pattes ambulafoires, Savigny ). 3.° Une dernière paire d’appendices différant des précédens, en ce que leur premier article, très-agrandi, supporte , outre le second article et lessuivans ,une petite division extérieure en forme delanguette.eten ce que le cinquième article supporte à son extrémité d’abord un faisceau de quatre petites lames droites, alongées, pointues et rapprochées entre elles, et de plus un article représentant le tarse au bout duquel sont deux petits doigts mobiles, en demi-cônes alonsés, dont la face plane est interne ( cinquième paire de paltes, Latr.; cinquième paire de mâchoires, Cuv.; cinquièmes mäàchoires succédanées , ou cinquièmes pattes ambulatoires, Savigny). 4. Une pièce plate, ovalaire, échancrée en avant et en arrière, épineuse à sa surface, située en arriére de la bouche (maxillæ exteriores primæ, Fabr.; pièces maxilliformes, Latr., Gen. Crust. ; lèvre inférieure , Cuv. et Latr., Dict. d'Hist. nat. ; sixièmes mâchoires succédanées, Savigny ). Les deux petites pinces antérieures étant insérées sur un labre qui termine la bouche antérieurement. Des pattes natatoires, semblables à des feuillets trés-minces, coriaces, ciliées ea arrière au nombre de douze, disposées par paires sous la seconde pièce du tét, avec les branchies ; celles de la première paire étant entierementsoudées l’une à l’autre, et formant un feuillet en deinicercle, qui recouvre les feuillets suivaus , et qui à vers sa base les organes sexuels. Branchies disposées sur la face postérieure des pieds natatoires, sous forme de fibres très-nom-
breuses, trés-serrées, etappliquées presque concentriquement.
Fr
554 CARACTERES DES PŒCILOPES.
Anus placé à la base de la queue, ou longue pointe solide qui termine le corps. Cœur en forme de gros vaisseau, placé le long du dos. Un estomac épais dont la membrane interne est hérissée de tubercules. Deux vaisseaux hépatiques versant dans l’intestin. Cavité comprise entre les deux lames supérieure et inférieure du têt, servant a loger les ovaires des femelles et les testicules des mäles.
Les espèces de ce genre, souvent fort grandes, puisqu'elles acquierent jusqu'a deux pieds de longueur, n’ont encore été observées que dans les régions chaudes de l'Inde et de l’Amérique et près des côtes. Ce sont des animaux trés-lents dans leurs mouvemens, qui ne viennent guère à terre que le soir, et seulement dans Les lieux où la plage est sablonneuse. Lorsqu'ils marchent, ils parcourent une ligne droite, et l’on ne voit sortir aucun de leurs membres hors des bords du têt; les femelles, qui sont plus grosses que les mäles, les portent souventsur leur dos. Dansles divers pays où ces crustacés existent, ils sont généralement regardés comme mailfaisans, et comme pouvant blesser dangereusement avec la pointe assez aiguë, qui termine leur corps, et qui est quelquefois barbellée sur sesbords; maisil y a lieu de croire que cette opinion n’est point fondée. Quelques sauvages mangent la chair de ces animaux, et d’autres emploient le stylet qui termine leur corps, pour en faire des armures de flèches.
Ces crustacés, communs dans les cabinets d'histoire naturelle et de curiosités, sont vulgairement désignés par les noms de Crabes des Moluques , et de Cancer perversus.
Limuzs PoryPHÊME : Limulus Polyphemus, Fabr., Latr., Dict. d'Hist. nat.; Limulus Cyclops, junior, Fab.; Limules Cyclope, Polyphème et blanc, Latr.; Limulus americanus , Leach, Dict. Sc. nat., t.14, pag. 537. Trois épines sur l’arête du milieu de chacune des deux pièces du têt; extrémité de la dernière de cellesci,ayant une échancrure simple; queuetriangulaire, dentée en dessus ; couleur blanche jaunâtre dans les jeunes individus, et
CARACTÈRES DES PŒCILOPES, 355
d’un brun noirâtre dans les vieux. Le mâle ayant les pinces des deux pieds antérieurs renflées et terminées par un seul doigt. On le trouve communément sur les côtes orientales de l'Amérique , depuis New-Yorck jusque dans le golfe du Mexique.
M. Latreille rapporte aussi à cette espèce le Limule de Sowerby, Limulus Sowerbii de M. Leach (Zool. Miscell., tom. 2, tab. 84, etDict. Sc. nat., tom. XIV, pag. 557), caractérisé seulement par ces mots: Queue triangulaire dentelée en dessus; échancrure terminale de la seconde pièce du têt pourvue d’une dent. Patrie inconnue.
Limuzs pes Mozuques : Limulus moluccanus, Latr., Dict.d'Hist, nat.; Cancer moluccanus, Clusius, Exot., pag. 128; Schæffer, Monogr., tab. 7, fig. 4-5. Acquérant jusqu’à deux pieds de longueur; point d’épines sur l’arête du milieu de la première pièce du têt, laquelle se termine en avant par une petite élévation fourchue; échancrure postérieure de la seconde pièce sensiblement dentelée; queue plus courte que celle de l'espèce précédente, triangulaire avec sa carène supérieure, armée, dans une grande partie de sa longueur, de dentelures nombreuses et en scie. Les Japonois l’appellent Kabutogani ou Unkia. Il est commun aux Moluques.
Ne seroit-ce pas à cette espèce qu’il faudroit rapporter le Limule à trois dents, Limulus tridentatus de Leach, Dict. Sc. nat., tom. XIV, pag. 537 , lequel est caractérisé par sa queue triangulaire serrulée , et par les trois dents qui sont placées dansl'échaucrure terminale de la dernière pièce du têt? Patrie inconnue.
LimuLe A QUEUE RONDE; Limulus rotundicauda, Latr., Dict. Sc. nat. De petites épines sur la carène moyenne de la première pièce du têt, mais point d’élévation dans son milieu; point d’épines sur la seconde pièce; deux doigts terminaux alongés à tous les pieds (sans doute dans les femelles); queue plus courte que le corps, arrondie en dessus et sur les côtés
356 CARACTÈRES DAS PŒCILOPES:
couleur grise verdâtre foncée avec des points et des taches noirâtres. Des Indes orientales.
LiMULE VERDATRE; Limulus virescens, Latr., Dict. d’Hist. nat. Trés-voisin du Limule des Moluques; sans épines sur les arêtes du têt, d’un brun verdàtre; les deux pinces antérieures renflées, terminées par un seul doigt et gibbeuses en dessous (vraisemblablement dans le mâle).
Limuze DE Macreay ; Limulus Macleaii, Leach, Dict. Sc. nat., tom. XIV , pag. 537. Queue triangulaire sans dentelures ; une dent placée dans l’échancrure de l'extrémité postérieure du têt. Patrie inconnue.
Limvuce DE LATREILLE ; Limulus Latreillii, Leach, Dict. Sc. nat., tom. XIV, pag. 557. Queue alongée, triangulaire à sa base, comprimée vers son extrémité , ayant en dessous une rainure ou sillon qui nese prolonge pas jusqu’au bout; une dent placée dans l’échancrure de l'extrémité de la pièce postérieure du têt. Patrie inconnue.
Genre CLXXV.TacnyrLée ( Tachypleus, Leach; Limulus, Latr.; Polyphemus, Lamck. ). ff.
Caractères généraux des Limules. Dernier article des appendices des première et deuxième paires de pattes ambulatoires, étroit à sa base, renflé intérieurement vers son milieu, et se terminant tout à coup en pointe; deux doigts égaux terminant ceux de la quatrième et de la cinquième paire.
TACHYPLÉE HÉTÉRODACTYLE : T'achypleus heterodactylus, Nob.; Limulus heterodactylus, Latr., Dict. Sc. nat. Assez semblable, pour les (1) formes de son têt, au Limule Polyphème, et présentant comme lui, trois épines sur la carène mitoyenne; angles latéraux et postérieurs de la premiére pièce plus aigus
(1) C’est à l’ordre de pæcilopes que je crois pouvoir rattacher le genre DiprosiAa de M. Rafinesque ( Précis de Découv. somiol., pag. 25),
CARACTÈRES DES PŒCILOPES. 357
que dans les Limules ; épines mobiles latérales de la seconde plus grandes, etson échancrure étant plus large; queue pluslongue que le corps; couleur d’un brun marron sur les individus desséchés, et sans doute vertesurles vivans, ainsi que M. Latreille le présume, d’après un dessin chinois quireprésente cetanimal.
bien qu'il soit très-peu clairement décrit, et que son auteur le rapporte à la famille Bopyria de l'ordre des Pseudopia. Son manteau est déprimé, oblong, fendu sans articulations postérieurement ; sa queue est inférieure , longue et échancrée : il a deux yeux lisses en dessus; sa bouche est inférieure ; son corpsest étroit et articulé ; ses jambes sont formées de trois articles, et on en compte six paires; enfin , il y a deux suçoirs en avant de celles-ci. — La Diprosia vitlala, d'un blanc bleuâtre, rayé longitudinalement de pourpre violet , à dos lisse et convexe, me paroït se rapprocher des Argules, non seulement par l'existence de ses deux suçoirs ou ventouses, mais encore par ses mœurs. Parasite d'un poisson de mer, le Sparus erythrinus, elle est aussi transparente que l'Argule, et l’on aperçoit irès-facilement à travers son corps les mouvemens de la circulation.
C’est aussi dans cet ordre qu’il faudra placer, lorsqu'on le connoîtra mieux, le Binocle à queue en plumet de Geoffroy ({ns.,tom. IE, pag. 660, pl. 21, fig. 3). Ce crustacé, qui doit être fort rare, puisqu’aucun naturaliste, à l’exception de M. Duméril (article BiNoce de ce Dictionpaire) , n'en a parlé depuis Geoffroy , a le corps hémisphérique, uniformément bombé en dessus, les antennes pelites, très-courtes, composées de cin4 articles, et placées proche des yeux qui sont assez écartés entre eux ; sa bouche paroit formée en un bec recourbé en dessous; sa tête est assez grande; son corps est recouvert de deux écailles lisses à suture médiane longitudinale, comme celle des élytres de coléoptères. Ces écailles sont tronquées au bout, et laissent dépasser une queue formée de quatre segmens, et terminée par des appendices barbus comme des plumes. Les pattes sont courtes et au nombre de six, sans ventouses. Geoffroy a trouvé, dans les ruisseaux où il nageoil avec facilité, ce petit animal dont la longueur est de deux lignes. Sa couleur est le jaune brun; sa tête est marquée de trois petites taches noirâtres disposées en triangle.
358 CARACTÈRES DES PHYLLOPES,
M. Latreille, en décrivant ce crustacé, ne parle pas du renflement des doigts simples des quatre premières pattes, qui a été remarqué par M. Leach, peut-être sur une autre espèce.
Ce genre, fondé sur les caractères variables que présentent les doigts, me paroit légèrement établi.
onDRE SEPTIÈME. PHYLLOPES. Phyllopoda.
Tête confondue avec le tronc ; yeux sessiles, lisses , très-rapprochés ; antennes très-courtes; un bouclier mince d’une seule pièce, libre postérieurement, servant de tét ; deux mandibules cornées , sans palpes, demi-cylindriques, à pointe comprimée, droite ettrès-dentelée; pattes de la première paire en forme de rames , el terminées par des soies articulées; les autres branchiales, au nombre de plus de soixante paires,
disposées pour la natation (1). (Section des Payzrores, Latr.)
Genre CLXXVI. Arpus (Apus, Scop., Cuv., Latr.; Binoculus, Geoffr., Leach; Limulus, Mull., Lamck. ; Monoculus, Linn., Fabr.)
Corps alongé, conique, formé d’une quarantaine de segmens étroits, dont les sept ou huit derniers ( formant la queue) ne portent point de pattes. Tête confondue avec le corps, et recouverte comme lui par un vaste bouclier membraneux, formé de deux lames adhérentesentre elles dans toute leur étendue, ainsi qu’à la tête et au corps en dessus, mais seulement en avant : ce bouclierétant bombé, ovalaire, caréné dans son milieu, etéchancré postérieurement; portant en avant trois yeux simples, dont deux antérieurs plusgrands, très-rapprochés, un peu en forme de croissans, et le troisième très-petit, ovale et placé en arrière
(1) Cetordre répond à une partie de la seconde section de la méthode de M. Latreille, celle des phyllopes.
CARACTÈRES DES PHYLLOPES. 359
de ceux-ci. Chaperon formant en dessous et en avant du têt une large surface à peu près triangulaire sur le milieu du bord postérieur de laquelle est attachée une lèvre supérieure grande, à peu prèscarrée dans son contour, et légérement bombée dans son milieu. Bouche composée outre cette lèvre , 1.” de deux grandes mandibules arquées en voûte, minces, tronquées à leur extrémité qui est droite et dentelée ; 2.” de deux paires de màchoires dont les supérieures sont en forme de feuillets épineux et ciliés à leur extrémité, et les inférieures simplement velues, annexées à une pièce membraneuse, en forme de fausse patte; 3.° d’une languette profondément bifide, et munie d’un canal cilié qui conduit à l’œsophage. Antennes très-courtes insérées près des maundibules; formées de deux articles, dont le second plus long que le premier estterminé par troissoies trés-petites. Pattes de la première paire (antennes selon quelques auteurs) grandes, rameuses, pourvues de quatre soies articulées, dont les deux premières très-longues; les suivantes, au nombre de soixante paires environ, diminuant graduellement de grandeur, assez compliquées dans leur forme, ayant leur base ciliée, et une grande lame branchiale sur un de leurs côtés, avec un sac ovalaire vésiculeux en dessous; celles de la onzième paire pourvues d’une capsule à deux valves, renfermantles œufs qui sont rouges. Queue terminée par deux longs filets sétacés et multiarticulés. Les Apus sont de singuliers crustacés aquatiques qu’on voit dans certains cas se développer instantanément en très-grand nombre dansdesmares, ainsique dans des amas accidentels d’eau de pluie , où l’on n’enavoitjamais vu précédemment. Leur développement est trés-rapide : tous paroissent pourvus d'œufs, et la distinction de leurs sexes n’a pas encore été faite; aussi quelques naturalistes pensent-ils que ces animaux sont hermaphrodites. Leurs œufs paroissent pouvoir se conserver pendant de longues années à sec, sans périr; car l’on ne sauroit expliquer autrement l'apparition de ces crustacés dans les lieux où
on les voit tout à coup en trés-grand nombre, qu'en supposant
560 CARACTÈRES DES PHYLLOPES.
que leurs germes existoient dans le sol, et qu'ils ne se sont développés qu'a la suite du séjour de l’eau pluviale.
APUS CANCRIFORME : Apus cancriformis, Cuv., Latr., Bosc ; Limulus palustris, Muller, Entomost., pag. 127, n.° G1; le Binocle à queue en filets, Geoffr., Ins. des Env. de Paris, tom. 2|, pl.21, fig. 4; Schæff., Monogr. ,1-5 ; Apus vert, Bosc. Long d’un pouce et demi; échancrure postérieure du têt tres-grande; sa carène dorsale peu prolongée en pointe. De France: il est rare autour de Paris.
M. Leach (Edinb. Encycl., Suppl., toin. 1, pl. 20) a figuré une seconde espèce sous le nom de Apus Montagui.
Genre CLXXVII. Lérioure ( Lepidurus , Leach; Apus, Lamck., Latr.).
Caractères des Apus, si ce n’est qu'ilexiste entre lesfilets de la queue une lame alongée, horizontale et de forme ovalaire , un peu tronquée et échancrée au bout. Manière de vivre semblable.
Lérinure PROLONGÉ : Lepidurus productus, Leach; Apus productus, Lamck., Latr.; Monoculus Apus, Linn., Faun. Suecica; Fabr., Entom.Syst., Suppl., pag. 305; Limule serricaude , Herm. ; Schæff., Monogr., tab. 6. Moins grand que l’Apus cancriforme , mais généralement très-semblable, quoique plus alongé ; carène du tétprolongée postérieurement en pointe.Commun en France, aux environs de Paris, près de Maisons-Alfort, ainsi que dans les anciens travaux de la Garre proche la Salpétrière.
CARACTÈRES DES LOPHYROPES. 361 orpr& HUITIÈME. LOPHYROPES. Lophyropa.
Tête confondue avec l'extrémité antérieure du tronc ; œil ou yeux sessiles et composés ;têt tantôtplus ou moins court,etrecouvrant le haut du corps, tantôt plus ou moins vaste et composé de deux pièces réunies en forme de valves de coquilles, dont la charnière est sur le dos; mandibules sans palpes ; mâchoires sans branchies; pieds en nombre variable, propres à la natation, tantôt simples ou branchus, tantôk
formés de lames garnies de poils, que l’on a considérées comme des
organes respiratoires. (Sect. des Lorayrorss, Latr.)
I."* Division. T'étd’une seule pièce.(Fam. des Cycrorinéss, Leach.)
Genre CLXXVIII. Cyezore (Cyclops, Muller, Latr., Lamck.,
Leach ; Monoculus, Linn. , Geoffr., Degéer , Fabr. ; Amymona et Nauplius, Mull.).
Corps ovale, conique , alongé. Œil unique. Quatre antennes simples. Deux mandibules sans palpes ; des pièces placées en arrière, représentant des màchoires et des pieds-màchoires. Pieds proprement dits au nombre de huit, formés d’un pédoncule biarticulé, et de deux tiges de trois articles. Une queue longue et fourchue. Organes mäles situés, comme ceux des femelles , à la partie postérieure et inférieure du corps, doubles.
Ces petits animaux sont communs dans les eaux douces, où ils nagent en avançant par secousses successives. Les femelles sont faciles à distinguer , parce qu'elles portent en arrière de leur corps une oû deux bourses ovales, membraneuses, remplies d’œufs bruns , bleus ou verts. Ces œufs yéclosent , etilen sort des petits qui ont quelques différences dans leurs formes générales comparées à celles de leurs parens, surtout en ce qu'ils manquent d’abord de queue, et qu’ils ont moins de pieds:aussi ont-ils d'abord été considérés par Muller comme appartenant à
362 CARACTÈRÉS DES LOPHYROPES.
des genres particuliers que ce naturaliste avoit établis sous les noms d'Amymona et de Nauplius, genres qui ontété effacés de la série des entomostracés après les belles observations de M. de Jurine.L’accouplement dure long-temps, et dans cet acte, la femelle porte partout son mâle suspendu à sa queue.
CrcLors commun : Cyclops vulgaris, Leach ; Monoculus quadricornis , Linn., Faun.Suec., n.° 2049 ; Fabr. , Syst. Ent.; Monocle à queue fourchue, Geoffr., Ins. , tom. 2, pag. 656,n.° 3; Degéer, Ins., tom. 7, pag. 483, pl. 29, fig. 11,12; Cyclopsquadricornis, Mull., Entom., pl. 18, fig. 1-14; Monoculus quadricornis rubens, Jurine, Monocl., pag. 1,pl. 1, fig. 1-11; pl. 2, fig. 1-0.; var. albidus, pl. 2, fig. 10 et 11; var. viridis, pl. 3, fig. 1; var. fuscus, pl. 3, fig. 2; var. prasinus, pl. 5, fig. 5. Corps assez renflé, formé de quatre anneaux, et prolongé jusqu’au tiers de la longueur totale; queue de sept anneaux; antennes postérieures (antennules, Jurine) assez grandes, composées de quatre articles; les antérieures trois fois plus longues qu’elles. Var. À, rougeûtre ; œufs bruns formant deux masses obliques rapprochées des côtés de la queue ; longueur totale , + de ligne. Var. B, blanchâtre , ou grise lavée d’un peu de bistre ; plus large que la précédente; masses d'œufs verdàtres, formant un angle presque droit avec la queue; longueur totale, + de ligne. Var. C, verte ; œufs verts formant deux masses, dont la direction est intermédiaire à celles des masses d'œufs des deux premières variétés; longueur, = de ligne.Var. D, d’un roux enfumé; forme générale présentant un ovale presque parfait; œufs bruns composant deux masses qui recouvrent une grande partie de la queue ; longueur totale, + de ligne. Var. E, d’un vert plus foncé que la var. C ; œufs d’un vert obscur , et passant un peu au rose, lorsqu’ils sont prêts à éclore, composant deux petites masses, immédiatement collées à la queue, et semblant faire corps avec elle ; longueur totale, © de ligne.
D'aprés les observations de M. de Jurine, ce cyclope, en sortant de l'œuf, presque de forme sphérique, n’est pourvu
CARACTÈRES DES LOPHYROPES. 363
que de quatre pattes courtes, et de deux antennes. Il reste ainsi jusqu’au quinzième jour, et alors il se développe un petit prolongement à la partie postérieure de son corps. Lorsqu’il a vingt jours il acquiert deux pieds de plus, mais ceux-ci ne sont entièrement développés que cinqjours plustard.Ilmue à vingt-huit jours, et n’est en état d’engendrer qu’apres s'être dépouillé une seconde fois de sa peau, etavoir pris la forme qu’il doit toujours conserver; ce qui a lieu vers le mois d'août, Les antennes servent au mäàle pour saisir la femelle dans l’accouplement. Celle-ci, une fois fécondée, fait de suite plusieurs pontes sans avoir besoin des approches du mâle.
Cyczorz Casror : Cyclops Castor; Monoculus Castor, Jurine, Monoc., pag. 50, pl. 4,5 et 6; Cyclops cæruleus, Mull., Ent., tab. 15, fig. 1-0 ; Cyclops rubens, ejusd., pl. 16, fig. 1-3; Cyclops laciniatus, ejusd., pl. 16, fig. 4-G; Monoculus cœruleus, Fabr., Syst. Ent. , tom. 2, pag. 500, n.° 46 ; Monoculus rubens, ejusd. , pag. 500, n.° 47. Corps alongé, peu renflé, formé de sixsegmens; queue assez courte, enayantégalementsix;antennes postérieures courtes, bifides ; œufs de la femelle bruns, formant une seule masse ovale , aplatie, placée au-dessous de la queue ; longueur totale, une ligne et demie ; couleur de la femelle bleuâtre, celle du mâle rougeàtre.
CycroreSrarnyun : CyclopsStaphylinus, Nob.; Cyclops minutus;: Mull., Entom., pl. 18, fig. 1-7; Monoculus minutus, Fabr., Ent. Syst., t. 2, P-499; Monoculus Staphyÿlhinus, Jurine, Monocl., p.74, pl. 7, fig. 1-19. Forme alongée , un peu conique; corps partagé en dix segmens, dont le premier ou l’antérieur est le plus grand , et dont Le dernier ou le plus petit est terminé par une queue bifide; couleurdes femelles d’un bleu d’aigue-marine, ou d’un bleu verdâtre; celle des mäles d’un joli rose; longueur totale, =“ de ligne ; œufs bleus verdätres, rassemblés dans une seule bourse pyriforme qui pend au-dessous du ventre de la femelle. Ce cyclope est remarquable en ce qu’il tient ordinairement relevée l'extrémité postérieure de son corps sur
364 CARACTÈRES DES LOPHYROFES.
l’antérieure, à peu près comme le font les insectes du genre des Staphylins.
f'f9 Genre CLXXIX. Carawe (Calanus, Leach ; Cyclops, Mull.).
Caractères généraux des Cyclopes, eten différant seulement par le manque des deux antennes postérieures (ou antennules de Jurine), et parle grand alongement des antérieures.
CaALANE DE FinMarcxie ; Calanus finmarchianus, Mull., Zool. Dan. Prodrom., 2415. Il vit dans la mer de Finmarckie.
Nota. Je crois qu’il faudra rapporter à ce genre le Cyclope longicornis de Muller, Entomost., pag. 115, tab. 19, fig. 7-0 ; Monoculus longicornis, Fabr., Ent. Syst., tome 2, pag. 6o1; qui n’a que deux trés-longues antennes, et qui vit dans lamer de Norwège.
II. Division. Têt formé de deux pièces. (Familles des CyPRiDÉES, et des Crcroripées, Leach.)
Susprvision ou Race I. Un seul œil; deux antennes en forme de bras ramifiés; tète séparée du corps par un étranglement, ou
une sorte de cou.
Genre CLXXX. PoryrHÈèmE (Polyphemus, Mull., Latr., Leach; Monoculus, Linn., Fabr.; Cephaloculus, Lamck.) (1).
Corps court, globuleux, arqué, un peu comprimé, couvert d’un têt s’'ouvrant en dessous, mais dont la division en valves n’est pas bien apparente. Œil ou yeux réunis, formant une
(1) Le genre Polyphème, que M. Leach range dans la division ou la famille des CycLorinées , me paroît devoir être rapproché des Daphnies, ainsi que M. de Jurine l’a proposé dans son excellent ouvrage sur les Mo-
nacles.
CAHACTÈRES DES LOPHYROPES. 36
seule masse fort grosse, figurantune espècedetête, entièrement recouverteparletêt, et portée sur un cou.Deuxpetitsbarbillons composés chacun d’un article terminé par deux filets,sortantde la coquille au-dessous de l'œil. Deux grands bras formés chacun d’un pédoncule surmonté par deux branches composées de cinq articles, et garnies de quelques soies biarticulées. Un sillon transversal séparant la partie postérieure du corps de l’antérieure, à l'endroit du cou. Une queue grêle, relevée sur le dos et bifurquée. Huit paftes apparentes hors de la coquille, composées d’une cuisse, d'unejambe et d’un tarse à deuxarticles, de l'extrémité duquel sortent quelques petits filets ( excepté de celui de la dernière paire). Œufs placés dans la coquille, sur le dos, et au nombre de dix au plus. Mäles inconnus.
PoryPhÈME Des ÉTANGS : Polyphemus stagnorum; Polyphemus Oculus, Muller, Entom., pl. 20, fig. 1-5; Monoculus Pediculus, Linn., Faun. Suec., n.° 2048 ; Monocle à queueretroussée, Geoffr. , Ins., tom. 2, pag. 656, n.° 2; Monoculus Pediculus, Degéer, t.7, p.407, pl. 28, fig. 6-13 ; Fabr., Ent. Syst., t. 2, p. 502 ; Cephaloculus stagnorum, Lamck., Anim. sans vert., tom. 5, pag. 150. Longueur, + de ligne. 11 habite dans l'eau des étangs et des marais, où on le rencontre en grandes troupes. Il nage
sur le dos, et emploie ses deux rames, ou antennes, pour se mouvoir.
Genre CLXXXI. DaPrxNie (Daphnia, Muller, Latr., Lamck.,
Leach, Straus; Monoculus, Linn., Degéer, Jurine, Geoffr., Fabr.).
Corps alongé, comprimé, évidemment compris dans un têt. Coquille bivalve, dépendante de la peau, transparente, ayant son ouverture sous le ventre et sa charnière sur le dos. Tête moyenne, très-distincte du corps, surtout en dessous, plus ou moins prolongée en forme de rostre infléchi, pointu ou
obtus; pourvue intérieurement d’un seul œil, médiocrement
566 CARACTÈRES DES LOTHYROPES.
développé, formé d'une membrane sphérique (cornée géné: rale), qui renferme une vingtaine de petites aréoles transparentes (crystallins), se détachant sur un fond noir ( rétine et pigmentum). Deux petits barbillons (Jurine), ou antennes (Straus), placés à l’extrémité du rostre que la tête formeen dessous, plus longs dans les mâles que dans les femelles. Deux grandes antennes (Muller et Jurine), ou pieds antérieurs (Straus), ou rames branchues , servant seulement à la natation, insérées aux deux côtés du cou, formées d’une première tige arrondie, conique, plus ou moins longue, et de deux branches terminales, dont l’antérieure est à trois articles, et la postérieure a quatre; supportant toutes deux, un certain nombre de svies assez longues et ciliées. Abdomen, ou corps proprement dit, divisé en huit segmens (dont le premier, très-grand), absolument libre dans l’intérieur des valves, grêle et alongé, se portant d’abord horizontalement en arrière et se recourbant ensuite en dessous, où il est terminé par deux petits crochets dirigés en arrière. Bouche placée à la partie inférieure du corps en dedans du bord antérieur des valves et à la base du bec; composée, 1° d’un long labre, comprimé par les côtés; 2° de deux mandibules trés-fortes, sans palpes ni branchies, dirigées verticalement en dessous et ayant leur tranchant arqué et uni, et 3° d’une paire de mâchoires dirigées horizontalement et en arrière, pourvues à leur extrémité d’un disque qui supporte à son bord supérieur trois épines cornées, trés-fortes, en forme de crochets et recourbées. Œsophage étroit, se portant de bas en haut, et d’arrière en avant. Estomac ou intestin cylindrique , assez gros, presque horizontal comme le corps dans sa première partie et se recourbant en dessous aussi comme lui, à son extrémité postérieure ; deux sortes de cæcum aboutissant à cet estomac prés du cardia, Pattes au nombre de dix, trés-compliquées et différentes entre elles par paires, tant pour la forme que pour la grandeur et les fonctions, maïs ayant toutes leur second article vésiculeux ;
CARACTÈRES DES LOPHYROPES. 367
Îes deux premières paroiïssant plus spécialement destinées à la préhension; les six suivantes (surtout les quatre dernières parmi celles-ci) ayant un de leurs articles comprimé, cilié fortement sur un de ses bords, et faisant fonction de branchie. Cœur situé dans la région dorsale antérieure au-dessus de l'intestin. Ovaires placés le long des côtés de l’abdomen depuis le premier segment jusqu’au sixiéeme où ils s'ouvrent séparément près du dos dans une cavité (matrice, Jurine) qui existe entre la coquille etle corps, et où les œufs, dont la forme est sphérique, sont conservés quelque temps aprés la ponte : cette partie du têt devenant opaque vers la fin de l’été (ephippium, Muller ; selle, Jurine), et se trouvant à cette époque, pourvue sur chaque valve, d’ampoules ovalaires qui forment deux capsules contenant les œufs qui doivent passer l'hiver. Organes mâles paroïssant placés vers la queue, prés de la dernière paire de pattes.
La description trés-abrégée que nous venons d’extraire du beau Mémoire de M. Straus, inséré dans le tome 5, page 380 des Mémoires du Muséum, donne un idée assez complète de l’organisation des Daphnies; mais nous n’avons pu y faire entrer une foule de détails curieux, pour lesquels nous renvoyons à la source où nous avons puisé. Un des résultats remarquables auxquels M.Straus est arrivé consiste à faire voir que les Daphnies sont fort différentes par leur système respiratoire, des Cypris, dont on les rapproche toujours. Ce sont de vrais branchiopodesainsi queles Lyncées, les Apus, les Limnadies, les Cyclopes, les Branchipes, les Polyphèmes et les entomostracés de deux genres nouveaux qu’il a l'intention de fonder pourplacer, dans l'un le Daphnia cristallina de Muller , etdans l’autre son Daphnia setifera. Il propose de former des Cypris et des Cythérées un ordre particulier, celui des Osrrarones, lequel sera caractérisé par des organes respiratoires annexés aux parties de la bouche , et des pieds simplement ambulatoires.
Les Daphnies sont trés-abondantes dansles eaux stagnantes ,
#” A 368 CARACTÈRES DES LOPHYROPES.
et quelquefois elles y sont tellement multipliées qu'elles leur donnent leur couleur propre. Une espèce de ce genre (Daphnie Puce), dont la couleur est rouge, a quelquefois donné lieu de croire que l’eau s’étoit changée en sang. Leurnatation se fait par une suite de sauts qu’elles exécutent de moment en moment au moyen de leurs bras ou antennes qu’elles agitent avec force de haut en bas.
La Daphnie Puce, étant la plus commune, est celle qui a été décrite le plus de fois, et dont l’histoire naturelle a été le mieux étudiée , principalement par Swammerdam, Néedham, Leuwenkoeck, Schæffer, Degéer, et surtout par de Jurine. Ce dernier a suivi les Daphnies dans toutes les époques de leur vie, et a observé, avec une merveilleuse sagacité, tous les détails de leurs mœurs, de leurs mues et de leurs métamorphoses. Ce sera d’après lui que nous en dirons ici quelques mots.
La nourriture de ces entomostracés consiste en animalcules et en particules végétales qui ahondent dansiles eaux des mares; ils les font parvenir à leur bouche en imprimant un mouvement de courant à cette eau introduite dans l'intervalle de leurs valves , au moyen de leurs pattes proprement dites, qui sont pour eux plutôt des organes de respiration, que des organes de locomotion. Pendant le printemps et l’été ils sont continuellement occupés de la recherche de cette nourriture, ou livrés au besoin de la reproduction , mais dans la saison d'hiver ils s’enfoncent dans la vase, et y restent ensevelis jusqu’au printempssuivant; et dans certaines années aussi, les mares où ils abondent se desséchant complétement par l’action du soleil, ces animaux se trouvent enterrés, et totalement privés d’eau quelquefois pendant plusieurs mois, mais ne périssent-pas pour cela. Aussitôt qu’une pluie abondante vient ‘remplir de nouveau les mares où ils existoient, on les voit paroître de nouveau et reprendre leur activité ordinaire.
Pendant long-temps on a cru que les Daphnies étoient an-
CARACTÈRES DES LOPHYROPES, 9C9
drogynes; mais les observations de Muller, et principalement celles de M.deJurine, ont prouvé que chez elles les sexes sont séparés;queles mâles n’apparoissent que dansune saison del’année, et qu'un seul accouplement donne lieu à plusieurs générations de femelles, qui toutes peuvent pondre des œufs productifs sans avoir besoin d’être fécondées de nouveau. Dans laccouplement, qui dure au plus huit à dix minutes, le mâle se place d’abord sur le dos de la femelle et la saisit avec les longs fileis de ses pattes antérieures; puis, se portant vers le bord inférieur de la coquille de cette dernière, et approchant la sienne de son ouverture, il y introduit ces filets, ainsi que des crochets ou harpons dont ces mêmes pattes sont pourvues; après cela il rapproche sa queue de celle de la femelle, qui d’abord cherche à l’éviter en nageant avec une grande vitesse etle transportant partout avecelle; mais, bientôt après, ellele recherche, et c’est alors que la copulation paroît avoir lieu. Les mâles, très-ardens, attaquent indistinctement toutes les femelles, même celles qui sont en état d’accouplement, ou celles qui sont déjà remplies d'œufs. Après la fécondation chez les femelles qui ont été en rapportavec un mâle, ou aprés une mue, chez celles qui, nées d’une femelle fécondée, doivent produire elles-mêmes sans fécondation, on voit d’abord dans les ovaires, une matière colorée suivant les saisons, en vert, en rose ou en brun, laquelle se rend dans la matrice ou cavité, située sur le dos, entre le corps et la coquille, et s’y sépare en boules rondes qui deviennent des œufs. Ces œufs se développent plus ou moins rapidement, suivant les époques de l’année, et plus enété qu’en hiver. Dans cette dernière saison, on voit le premier jour l’œuf formé d’une bulle centrale, entourée d’autres plus petites, dont les intervalles sont garnis de molécules colorées; du second au troisième jour la partie externe de l’œuf devient plus transparente, parce que les moléculescoloréesse rapprochent du centre; cetœuf grossit et prend la forme ovoïde dés le quatrième et le cinquième jour; ce n’est
370 CARACTÈRES DES LOPHYROPES.
que le sixième que le fœtuscommence à paroître , et déjà il ales bras détachés du corps; le septième, les rudimens des pattes proprement dites et de la tête , peuvent être distingués; le huitième , l'œil paroît d’abord séparé en deux parties égales, et l'intestin se découvre; le neuvième, tous les organes sont visibles, et l'œil est plus noir et réticulé; le dixième , le développement du fœtus étant terminé, il sort de la matrice, dont l'issue s'ouvre par l’abaissement de la queue de la mere, et il commence à nager dans l’eau en agitant ses petits bras. Ses formes ne sont en rien différentes de celles des parens dont il provient, à cela près que sa coquille a sa pointe postérieure très-alongée.
Bientôt cet animal croit, et à mesure que sa taille augmente,il se dépouille plusieurs fois de la peau qui revêt toutes ses parties, même les plus ténues. Lorsque ces mues ont lieu , il se fixe avec ses bras contre une tige de conferve, ou descend dans la vase, et y reste dans la plus grande tranquillité. Sa tête sort la premiére, et ses pattes, ainsi que ses mandibules et ses bras ramifiés, sont dégagés les derniers, mais le tout avec une rapidité surprenante. Aprés la mue, la Daphnie, loin d'être fatiguée, paroît plus vive et plus agile qu'auparavant.
Les mues se succédent rapidement, et elles sont plus ou moins rapprochées suivant les saisons. En été, elles ont lieu de deux jours l’un, et quelquefois il y a trois jours d’intervalle ; en hiver, il n’est pas rare de les attendre huit ou dix jours. Elles se succèdent ainsi pendant toute la durée de la vie de l’animal.
Aux mois de juin et de juillet, l’activité du développement des Daphnies est telle, que les petites femelles, dès l’âge de sept jours, et après trois mues, ont déjà leurs ovaires remplis de matière colorée ; cette matière passe dans la matrice dès le huitième jour, et se change en œufs, et le dixième jour les petits sortent de la matrice; ces générations, en rap-
CARACTÈRES DES LOPHYROPES. 371
port avec les mues, se renouvellent ensuite de deux en deux, ou de trois en trois jours, et leurs époques ne s’éloignent qu’à mesure que l’arrière-saison arrive. Le nombre des petits qui naissent à chaque ponte est rarement le même ; les premiéres n’en donnent guère que six; les suivantes en produisent davantage ; et quand la femelle a acquis tout son déve-
loppement, il n’est pas rare de lui en voir porter à la fois dix-huit dans la matrice.
Les mâles sont en très-petit nombre, comparativement à celui des femeiles; au printemps et en été on n’en trouve que difficilement, tandis qu’en automne ils sont moins rares, ce qui, remarque M. de Jurine, fait pressentir la nécessité de leur influence aux approches de l'hiver, sur les générations qui doivent se succéder avec rapidité, dès que les frimas auront cessé, et qui n’existeroient peut-être pas sans l’intervention masculine. $
À certaines époques de l’année, notamment vers les mois de juillet et d'août, et même aussi en juin, les valves de la femelle prennent après la mue de l’opacité vers leur partie supérieure dans une étendue rectangulaire , et la couleur de cette partie finit par être d’un gris noirâtre , assez obscur. Ces taches que Muller appeloit ephippium , et que M. de Jurine a aussi nommées selle, en les considérant comme le produit d’une maladie , présentent , selon M. Straus, « deux ampoules ovalaires transparentes, placées, l’une au-devant de l’autre, et formant, avec celles du côté opposé, deux petites capsules ovales, s’ouvrant comme une capsule bivalve. Cet éphippium se partage, comme les valves dont il fait partie, en deux moitiés latérales , réunies par une suture le longde leur bord supérieur; et dans son intérieur on en trouve un autre semblable , maïs plus petit, à bords libres, sice n’est le supérieur qui tient aux valves, et dont les deux moitiés jouent en charniére l’une sur l'autre, et offrent les mêmes ampoules que les
battans extérieurs. Dans chacune de ces capsules on rencontre
372 CARACIÈRES DES LOPHYROPES,
un œuf à coque cornée et verdâtre, mais du reste semblable aux œufs ordinaires, avec cette différence qu’il reste beaucoup plus long-temps à se développer, étant destiné à passer l'hiver avant que d’éclore. Cet éphippium , à l’époque de la mue, est abandonné aÿec la vieille peau dont il fait partie, etles œufs qu'il contient; les œufs y trouvent un abri contre la rigueur du froit qui fait périr la plupart des individus vivans; et au printemps, lorsque la température est devenue assez élevée, ils éclosent, et il en sort des petits absolument semblables à ceux des œufs ordinaires. ? Mém. Mus., tom. 5, pag. 415.
Daranie Puce: Daphnia Pulex: Latr., Lamck.; Pulex aquaticus arboreus, Swammerdam, Bibl. natur., pl. 31; Monoculus Pulex, Linn., Faun. Suec., n.° 2047 ; Fabr., Syst. Ent., tom. 2, pag. 491; Jurine, Monocl., pag. 85, pl. 8,9, 10, 11; Perroquet d'eau, Geoffr., Ins., tom. 2, pag. 455; Monoculus, Degéer, Ins., vol. 7, pag. 442, pl 27, fig. 1-8; Daphnia pennata, Mull., Entom., pl. 12, fig. 4-7. Longueur, une ligne : rouge au printemps, rose en été, et d’un blanc verdâtre dans les autres saisons ; tête moyenne, infléchie , nonséparée du dos en dessus, par un sillon transversal ou un étranglement ; têt terminé en pointe postérieurement. Très-commun dans les étangs et se tenant à peu de distance des bords, ou des corps, qui sontimmergés. Ce crustacé a été l’objet d'observations trés-curieuses parmi lesquelles celles qui sont dues à M. de Jurine occupent le premier rang. k
DAPnNIE LONGUE-ÉPINE, Daphnia longispina , Muller, Entom. , pag. 88, n.° 35, pl. 12, fig. 8-10; Straus, Mém. du Mus., tom. 5,pl. 29, fig. 25 et24; Monoculus Puler, Jurine, Monocl. Longueur totale, une ligne; plus alongée que la précédente et plus rare; dos presque droit terminé par une longue pointe mince, droite etépineuse ; couleursemblable à celle dela Daphnie Puce. M. de Jurine la considère comme n'étant que le jeune àge de cette espèce, mais M. Straus l’en distingue avec Muller.
CARACTÈRES DES LOPHYROPES. 373
DapnniE GÉANTE : Daphnia magna, Straus, Mém. du Mus., tom. 5, pl. 29, fig. 21-22. La plus grande du genre, n'ayant guère moins de deux lignes de longueur; têt terminé par une longue pointe mince et épineuse, comme celle de la précédente; dos arqué; bord inférieur des valves aussi trésarqué.
Daranig cAMUSE : Daphnia sima, Mull., Ent., pl. 12, fig. 11- 1 2 ; Monoculus simus, Jurine, Monocl., pag. 129, pl. 12, fig. 1-2; Monoculus exspinosus, Degéer, vol. 7, pag. 457, n.°2,pl.27, fig. 9-13 ; Monoculus lævis, Fabr., Ent. Syst., tom. 2, pag. 492; Daphnia vetula, Straus, Mém. du Mus., tom. 5, pl. 29, fig. 25- 26.Longueur,;deligne; tête plus petite et moins pointue en devant que celle de la Daphnie Puce; partie postérieure du têt arrondie, non guillochée, mais seulement garnie de petits traits dirigés transversalement et presque imperceptibles.
DAPxNIE À GRosBRaAs : Daphnia brachiata, Nob.; Monoculus brachiatus, Jurine, Monocl., pag. 131, pl. 12, fig. 3 et 4; Daphnia macrocopus , Straus, Mém. du Mus., tom. 5, pl. 2), fig. 29-30. Longueur, -- de ligne; antennes rameuses trés-grandes et tres-fortes à la base; tête obtuse, grande, inclinée, séparée du corps er dessus par un sillon transversal profond ; barbillons très-longs et grêles; têt court arrondi postérieurement avec ses valves lisses. Trouvée dans les mares des environs de Genève, en août et septembre.
DaAPaNIE NASIQUE : Daphnia nasuta, Nob.; Monoculus nasulus, Jurine, Monoc., pag. 133, pl. 13, fig. 1-2. Longueur, uneligne!; tête non séparée du dos en dessus par un sillon transversal ; front arrondi et terminé en dessous par une pointe obtuse, un peu relevée, qui figure un nezretroussé; antennes rameuses médiocres; barbillons non apparens; valves du têt courtes, comme tronquées postérieurement , etstriées obliquement sur leur face externe; couleur jaunâtre. En automne, prés de Geneve.
Daranie À 8Ec proiT: Daphnia rectirostris, Mull., Ent., pl.12,
374 CARACTÈRES DES LOPHYROPES,
fig. 1-5; Monoculus rectirostris, Fabr., Ent. Syst., tome >, page 493 ; Jurine, Monocl., pag. 134, pl. 153, fig. 3-4. Longueur, “ deligne; yeux sans aréoles transparentes; tête distincte du corps en dessus par ur sillon transversal; museau arrondi ; une tubérosité sur la nuque; barbillons trés-apparens ; coquille ayant en arrière une petite pointe, et ciliée sur son bord inférieur; œufs blanchätres, gros, laissant voir l’œil du petit comme un point noir.
DaPanie 4 LoNG cou: Daphnia longicollis, Nob.; Monoculus longicollis, Jurine, pag. 136, pl. 15, fig. 5 et 4. Longueur, : ligne. Ne différant des deux précédentes que par l’alongement du cou, la saillie que forment en arrière les bordsinférieurs des valves deson têt, la longueur de ses barbillons qui sont biarticulés et terminés par deux filets ciliés. Œufs au nombre de quatre pour chaque ponte.
Daranis éPiNguss : Daphnia mucronata, Mull., Entom. , pl. 13, fig. 6-7 ; Monoculus bispinosus, Degéer, vol. 7, pag. 463 , n° 3, pl. 28, fig. 3-4; Fabr., Ent. Syst., tom. 2, pag. 493, n.°17; durine, Monoc., pag. 137, pl. 14, fig. 1 et2. Longueur, # de ligne; tête triangulaire ; nuque droite oblique , séparée du dos par un sillon transversal ; frontun peu échancré; bout du museau relevé ; coquille courte, à bord inférieur droit et terminé pour chaque valve en une pointe aiguë, longue et droite; une bande brune suivant ce bord ; œil paroissant formé de deux yeux accolés, lorsqu'on le regarde en dessus.
DaPanig À RÉSEAU : Daphnia reticulata, Nob.; Monoculusreticulatus, Jurine, Monocl., pag. 139, pl.14,fig.3 et 4. Longueur totale, © de ligne; tête avancée, obtuse, séparée du corps en dessus par une légère impression transversale; têt court, arrondi et cilié sur son bord inférieur, terminé en arrière et en haut parunepetite pointe, et ayant toute sa surface finement réticulée; barbillons assez longs. La Daphnia rotundata de M. Straus se rapproche beaucoup de celle-ci par la forme et la réticulation de son tét, mais cn diffère par sa tête plus pe-
CARACTÈRES DES LOPHYROPES. 375
tite, et par son bec qui est anguleux et un peu relevé à la pointe. 6
Daranie GuiLLocHés : Daphnia clathrata, Nob. ; Monoculus clathratus, Jurine, Monoc., pag. 141, pl. 14, fig. 5-6. Longueur totale, © de ligne. Assez semblable à la précédente, mais en différant par sa tête plus profondément séparée du tronc en arrière et en dessus, parson front qui offre unesinuosité, par la pointe plus forte et dentelée de l'extrémité de son têt, et parle manque de cils sur son bord inférieur ; œil rond , ne présentant que des vestiges presque imperceptibles d’aréoles; bras grêles et lisses à l'extérieur ; œufs au nombre de quatre pour chaque ponte,
verts et visibles au travers de la coquille; celle-ci réticulée.
Daranie corNuE: Daphnia cornuta , Nob.; Monoculus cornultus, Jurine , Monocl., pag. 142, pl. 14, fig. 8,9, 10. Longueur totale, + de ligne. Dos trés-bombé; tête longue pointue , infléchie et en formant la continuation, armée en devant de deux longues cornes que M. de Jurine considère comme des barbillons articulés et mobiles ; œil grand entouré d’aréoles assez transparentes ; têt lisse et tronqué postérieurement ; deux œufs seulement apparens à travers la coquille, d’abord verts, et passant ensuite au rouge.
Genre CLXXXII. Lyneée ( Lynceus, Mull., Latr., Lamck., Leach ; Monoculus , Fabr., Jurine ; Chydorus, Leach).
Corps arrondi, comprimé, renfermé, ainsi que celui des Daphnies, dans un têt dont les bords se rapprochent en dessous comme ceux des valves d’une coquille, et dont le centre, qui forme une ligne saillante sur le dos , représente la charnière. Tête plus ou moins séparée du corps par une échancrure du têt en dessous. Deux points noirs, un petit en avant, et un plus gros en arrière, considérés comme des yeux par Muller et la
376 CARACTÈRES DES LOPHYROPES.
plupart des naturalistes, et seulement comme un œil précédé d’un point noir d'usage inconnu, par M. de Jurine. Deux an= tennes en forme de longs bras bifides, ayant quelquefois leur pédoncule tres-court(1). Piedsau nombre de dix, terminés par dessoies, etaccompagnés a leur base d’écailles barbues ou branchiales. Une petite queue pointue, ordinairement repliée sous le ventre, et renfermée dans le têt. Œufs apparenssous celui-ci dans la région du dos, tantôt seuls, tantôtau nombre de deux par ponte. L
Les Lyncées ont les plus grands rapports avec les Daphnies, et n’en diffèrent évidemment que par le caractère peu important du petit point noir qui se trouve placé en avant deleur œil. Ce sont les plus petits de tous les entomostracés connus. Ilsse propagent etmuent comme les Daphnies.
LyncéerosE : Lynceus roseus, Nob.; Monoculus roseus , Jurine , Monocl., p.150, pl. 15, fig. 4et5.Longueurtotale, + deligne; couleur généralement rose, avec l'intestin d’un jaune brunûtre, et les deux œufs contenus dans la matrice dorsale , roses, verts ou bruns; antennes et leur pédoncule longs; un grand filet attaché à la base de la branche supérieure de ces antennes; têteinfléchie, pointue et terminée par deux barbiilons crochus; têt lisse avec de petites épines sur les bords de son ouverture inférieure. Ilnage horizontalement dans les eaux.
LyncéE À LARGES CORNES : Lynceus laticornis , Nob.; Monoculus laticornis, Jurine , Monocl., p. 151, pl. 15, fig. 6 et7; Lynceus trigonellus, Muller, Ent., pl. 10, fig. 5-6 ? Longueur totale,
(1) C’est la brièveté de ce pédoncule, caché sous le têt dans les Lyncées, qui a fait croire à Muller que ces entomostracés avoient quatre antennes simples, et que le seul Lyncée sphérique n’en avoit que deux, parce que, chez lui, la branche inférieure est courte, écartée et à peine visible. Cette erreur de Muller en a fait commettre une autre à M. Leach, qui a,
formé le genre Cayrore, pour placer ce Lyncée sphérique.
pe
CARACTERES DES LOPHYROPES, 377
+; de ligne. Assez semblable au précédent, ayant entr’autres la même forme de tête, les antennes aussi longues ( mais plus larges ), et pourvues d’un grand filet attaché au premier article de leur branche supérieure : œil postérieur plus grand, et visiblement pourvu d’aréoles; barbillons plus découpés à l'extrémité; bordsinférieurs du têt ayant des épines bien plus nombreuses. Couleur rosée ; membrane des œufs transparente. Lyncée À BEC CRocuu : Lynceus aduncus;Nob:; Monoculus aduncus, Jurine, Monocl. , pag. 152, pl.15,fig. 8 eto. Corps plus raccourci que celui des deux espèces précédentes, et aussi comprimé, long d'un quart de ligne, fort élevé sur le milieu du dos ; tête prolongée en avant, courbée, pointue et terminée commele bec d’un oiseau de proie ; bras ou antennestrès-courts, bifurqués comme à l'ordinaire; point de grand filet attaché à la branchesupérieure decesantennes;intestins décrivant deux circonvolutions avant de se rendre à l'anus; têt lisse , tronqué postérieurementet inférieurement, où ses bordssont hérissés de petites épines; œufs au nombre de deux, de couleur de bistre claire. Lyncéssrrié:Lynceusstriatus, Nob.; Monoculus striatus,Jurine, Monocl., pag. 154, pl. 16, fig. 1 et 2; Lynceus striatus, Mull. ? Longueur totale, “deligne.Corpscomprimé surtout en avant, ayant la carène du dos continue à celle de la tête, et formant une courbe régulière; bord inférieur du têt, droit; tête infléchie, pointue; antennes ayant leurs branches de grandeur inégale et leur pédonculeentiérement caché dans la coquille, ce quipeutfaire croire qu'il en existe quatre simples; barbillons sous forme de deux tubercules alongés, placés sous la tête, et portant à leur extrémité deux petits filets; intestins faisant une circonvolution avant de se rendre à l'anus; têt verditre, obliquement strié et fortement cilié en dessous; œufs au nombre de deux ou trois, presque ronds et de couleur verte. Lycée ROND : Lynceus sphæricus, Mull., Entomost., pl. 9, fig. 7-9; Monoculus sphæricus, Fabr., Ent. Syst., tom. 2, p. 497; Jurine, Monocl., pag.157,pl.16,fig. 5, a-m; Chydorus Mullert,
578 CARACTÈRES DES LOPHYROPES.
Leach, Dict. Sc. nat., tom. XIV, pag. 541. Longueur, + de ligne; globuleux; tête trés-infléchie, pointue; antennes à pédoncule caché dans le têt, ne laissant voir au dehors bien sensiblement qu’une seule de leurs branches; couleur de bistre trèsclaire; œufs verts au nombre d’un ou deux seulement. Ce petit Lyncée semble plutôt rouler que nager dans l’eau: il parcourt desuite, sans s'arrêter , un assez grand espace, ayant toujours
l’ouverture de son têt placée inférieurement.
Suspirision ou Race II. Deux yeux; deux antennes en forme de bras ramifiés ; tête non séparée du corps par un étranglement ou une sorte de cou.
Genre CLXXXIIT. Limnanie ( Limnadia , Adolphe Brongniart ; Daphnia, Hermann fils).
Corps alongé , linéaire, infléchi en avant, entièrement renfermé dansun têtbivalve, de forme ovale et très-comprimé. Tête n’en étant pas séparée d’une manière distincte ; pourvue de deux yeux placés transversalement à une petite distance l’un de l’autre, ayant leur face interne plane, et l’externe très-convexe, et couverte d’aréoles transparentes (cristallins , Straus), placées sur un fond noir. Deux grandes antennes attachées audessous des yeux , de moitié aussi longues que le corps, ayant leur base (ou pédoncule) formée de huit articles assez gros et courts , et leur extrémité divisée en deux filets sétacés, chacun de douze articles qui supportent quelques petites soies. Deux petites antennules simples, élargies à leur extrémité, placées entre les deux grandes antennes. Bouche située audessous desantennules, composée de deux mandibules renflées, arquées et tronquées à leur extrémité inférieure, et de deux machoires foliacées, dont la réunion forme une sorte de bec ordinairement replié sous la tête. Abdomen ou tronc divisé en vingt-trois anneaux, dont les vingt-deux premiers portent
CARACTÈRES DES LOPHYROPES. 379
chacun une paire de pattes branchiales , et dont le dernier, qui formela queue, est terminépar deuxfiletsdivergens. Toutes les pattes semblables entre elles, très-comprimées, bifides, ayant leur division externe simple et ciliée sur son bord extérieur, etladivisioninterne quadriarticulée , et fortement ciliée sur son bordintérieur; les douze premières paires de même longueur et plus grandes que les autres qui vont en diminuant progressivement jusqu'aux dernières ; la onzième et les deux suivantes étant pourvues à leur base d’un filet mince remontant dans la cavité qui existe entre le dos et la coquille, et qui sert de support aux œufs, Cerveau apparent entre les yeux et l’æsophage. Canal dorsal ou cœur parallèle à l'intestin qui suit la courbure du corps. Ovaires situés dans l’intérieur du corps,surles côtés du canalintestinalentre la base dela première paire de pattes et celle de la dix-huitième, paroïssant avoir pourissues des canaux recurrens qui sont à la racine de quelques unes de ces pattes. Œufs placés aprés la ponte dans la cavité dorsale de la coquille, et y étant attachés à de très-petits filets qui tiennent eux-mêmes aux filets recurrens des pattes; ces œufs d’abord ronds et transparens, devenant ensuite jaunâtres, puis obscurs au centre, et prenant une forme irrégulière et anguleuse.
Les Limnadies trouvées en grand nombre au mois de juin dans les petites mares de la forêt de Fontainebleau , par M. Adolphe Brongniart, à qui on en doit la description complète, étoient toutes chargées d'œufs, et n’ont présenté parmi elles aucun individu qu’on pût considérer commeun male : d’où il suit que les questions qui se sont élevées à l’occasion de la reproduction des Apus et des Cypris, peuvent être renouvelées à leur égard : sont-elles hermaphrodites ? ou bien une seule fécondation peut-elle, comme chez les Daphnies, selon les observations de M. de Jurine, suflire à la ponte de plusieurs générations de femelles, les mâles ne prenant naissance qu’une seule fois par an ?
380 CARACIÈRES DES OSTRAPODES.
Les Limnadies ayant des pattes branchiales , se rapprochent plus des Apus, des Branchipes et des Daphnies que des Cypris et des Cythérées, bien qu’elles aient avec ces deux derniers genres une ressemblance notable dans l’existence de leur têt bivalve, et renfermant totalement la tête. Leurs deux yeux distincts etsur une même ligne transverse leséloignent des Lyncées et des Daphnies, aussi bien que des Cythérées et des Cypris, et les fontau contraire ressembler aux Branchipes et aux Apus, On ne connoît encore qu’une espèce de ce genre.
Limnanie p'HerMAnNx : Limnadia Hermanni, Adolphe Brongniart, Mém.du Mus. d'Hist. nat.,t. 6, pl. 15; Daphnia Gigas, Hermann, Mémoire aptérologique, p. 134, tab. 5. Longueur totale du têt, quatrelignes; couleur blanchätre , transparente.
ORDRE NEUVIÈME. OSTRAPODES. Ostrapoda, Straus.
Corps renfermé entre deux valves latérales ; point de tête distincte; unseul œil composé, sessile; pieds ambulatoires ; mandibules palpifères; branchies tenant aux organes de la bouche; antennes longues,
sélacées et lerminées par un faisceau desoies.(Sect. des LopnyYROPEs,
Latr.)
Genre CLXXXIV. Cypnris (Cypris, Mull., Latr., Lamck., Leach, Straus ; Monoculus, Linn., Fabr., Geoff., Jurine).
Corps réuni à la tête, ne présentant aucune trace de segmens,
‘ terminé par une queue molle, repliée en dessouset munie de deux filets à son extrémité; placé dans un têt bivalve dont la forme est plus ou moins ovalaire , comprimée, bombée en dessus sur la ligne moyenne ou la charnière, et plus ou moins échancrée en dessous ou sur le bord ouvert des valves. Un gros œil noir, sphérique , situé a la partie supérieure de la face antérieure du corps. Deux antennes insérées immédiatement en dessous de l'œil, longues, sétacées, composées de sept à huit
CARACTÈRES DES OSTRAPODES. 36::
articles et terminées par un faisceau de douze à quinze soies; se portant en avant et sortant des valves des deux tiers de leur longueur. Pieds au nombre de six; les antérieurs sortant du têt et se dirigeant en avant, beaucoup plus forts que les autres, insérés au-dessous des antennes, formés de cinq articles dont les deux premiers représentent la hanche des pattes ordinaires de crustacés, Le troisième la cuisse, le quatrième la jambe, et le cinquième le tarse (l'extrémité de ces deux derniers étant garniede quelques soies roides ou crochets); pieds de la seconde paire un peu plus foibles et plus courts, situés au milieu de la face inférieure du corps derrière la bouche, ayant leur pointe sortie du têt et dirigée en avant; pieds de la troisième paire placés immédiatement en arrière de la seconde, ne paroissant jamais au dehors, recourbés en arrière et en dessus, embrassant la partie postérieure du, corps, terminés par deux trés-petits crochets, et servant à soutenir les ovaires qui sont sur le dos. Filets du bout de la queue sortant du têt et dirigés en arrière. Bouche située vers la partie antérieure de la face inférieure du corps, et composée d’un labre en carène, d’unesorte de sternum aussi comprimé, faisant l’oflice d’une lèvre inférieure , d'une grande paire de mandibules palpiféres et de deux paires de màchoires; palpes des mandibules triarticulés, munis de soies et portant annexée au premier de leurs articlesune petite lame branchiale diviséeen cinq digitations ; màchoires dela première paire , pourvues sur leur bord interne de quatre appendices en forme de mamelons mobiles terminés par une touffe de poils, et portant sur leur bord extérieur une grande lame branchiale dont la tranche supérieure est divisée en dents de peigne; màchoires de la seconde paire beaucoup plus petites et sans lame branchiale. Œsophage droit dirigé de bas en haut. Estomac assez renflé, cylindrique, presque horizontal. Intestin droit, oblique, gros surtout près de l'estomac, dont il est séparé par un léger étranglement. Ovaires considérables
en forme de deux gros vaisseaux simples, coniques, terminés
382 CARACTÈRES DES OSTRAPODES:
en cul-de-sac à leur origine , et placés extérieurement sur les côtés de la partie postérieure du corps; s’ouvrant, l’un à côté de l’autre, dans la partie antérieure de l’abdomen, où ils communiquent par le canal formé par la queue. Œufs sphériques.
Les Cypris dont M. Straus a bien fait connoître le premier la structure et l’organisation (Mém. du Mus. , tom. VII) , nagent avec une grande facilité dans ies eaux douces tranquilles, ou peu courantes, au moyen de leurs antennes et de leurs deux pattes antérieures. Leur fourriture consiste en substance animale morte et en conferves: leurs mues sont aussi fréquentes que celles des autres crustacés du même ordre , et dans cette opération elles se dépouillent de leur ancienne coquille, ce qui prouve évidemment que celle-ci est une dépendance de leur enveloppe générale , et non le produit inerte d’une sécrétion, ainsi que l’est la coquille des mollusques acéphales. On ne sait rien sur leur génération, quoique Ledermuller aït dit en avoir vu d’accouplés; et, comme tous les individus que l’on observese trouvent pourvus d'œufs, on a cru pouvoir en conclure que ces animaux étoient hermaphrodites. Il seroit possible néanmoins, ainsi que le fait remarquer M. Straus, que les mâles n’existassent qu’à une certaine époque de l’année seulement. Cet observateur attentif a recherché l'organe mâle, et ne l’a pas trouvé, à moins qu’on ne regarde comme tel un gros vaisseau conique qui existe au-dessous de l’articulation de chaque mandibule, et qui est rempli d’une substance gélatineuse ; mais ce vaisseau , paroissant communiquer avec l'œsophage par un canal étroit, pourroit plus vraisemblablement remplir les fonctions d’une glande utile pour la digestion.
Il paroit que les Cypris n’ont pas de métamorphoses, et que ces animaux ont, en sortant de l'œuf, la forme qu'ils doivent conserver toute leur vie.
En été, lorsque la chaleur desseche les mares, les Cypris s’enfoncent dans la vase humide, et y restent vivantes jusqu’à ce que les pluies les remplissent de nouveau.
CARACTÈRES DES OSTRAPODES. 383
M. de Jurine a décrit les Cypris différemment de M. Straus. Il leur trouve huit pieds, et attribue aux soies qui terminent ceux-ci, des fonctions respiratoires. Son travail sur la distinction des espèces de ce genre nous paroiïssant très-bon, nous allons en donner l'extrait.
Cyrris oRNÉE: Cypris ornata, Muil., Entom., pl. 3 , fig. 4-6; Monoculus ornatus , Jurine, Monocl., pl. 17, fig. 1-4. Longueur totale, + de ligne. C’est la plus grande connue. Sa coquille est d’un jaune verdâtre , etmarquée de bandes vertes, dont l’une est transversale derrière l’œil , une seconde en double croissant plus en arrière, etaccompagnée d’une derniére qui lui est parallèle.
Cyrris OVALE : Cypris ovala, Nob.; Monocle à coquille courte, Geoffr., Ins., tom. 2, pag. 658,n.° 5; Monoculus ovatus, Jurine, Monoc., pl. 17, fig.5 et 6. Longueur, une ligne; têttrès-bombé en dessus, dans le point où est l'œil, de couleur verte avec une tache ovale, oblique , plus claire, de chaque côté.
Cyrris BLANCHE-LI95E: Cypris conchacea, Nob. ; Monoculus conchaceus, Linn., Faun.Suec.,n.° 2050 ;Jurine, Monocl., pag. 171, pl.17, fig. 7-8 ; Monocleà coquille longue, Geoffr., Insect. ,tom. », pag. 657, n.° 4; Monoculus ovato-conchaceus, Degéer, tom. 7, pag. 476, n.° 2 ; Cypris detecta, Mull., Entom., pl. 3, fig. 1. Longueur, + de ligne. Corps assez régulièrement réniforme , comprimé, blanchâtre et lisse. Elle se tient dans la fange des marais, et nage de côté.
Cypris a Duver: Cypris pubera., Muller, Entom. , pl. 5, fig. 1-5; Monoculus puber , Jurine, Monocl., pag. 171, pl. 18, fig. 1 et 2. Longueur totale, une ligne ; têt comprimé, un peu obtus en avant, légèrement sinueux au-dessus de l’œil, bombé dans son milieu, d’une couleur verte d’aigue-marine trés-claire, un peu teinte de rose postérieurement, hérissé de poils placés à quelque distance les uns des autres, et marqué de deux bandes parallèles obliques , qui naissent près de l'œil, et qui sont plus fortement celorées que le reste.
534 CARACTÈRES DES OSTRAPODÉS.
Cyrnis Bonne ; Cypris marginata, Straus, Mém. du Muis., tome 7, pl. 1, fig. 20-22. Longue d’un millimètre ; valves vertes à marge blanchâtre, beaucoup plus larges en avant qu’en arriére, également bombées aux deux extrémités, légèrement échancrées en dessous, et hérissées de poils roides très-apparens; soies des pattes antérieures tres-longues. Des environs de Paris.
Cyprus sruNE : Cypris fusea , Straus, Mém. du Mus., tome 7, pl. 1, fig. 16; Joblot, Obs. d'Hist. Nat., tome 1, part. 2, pag. 104, pl. 13, fig.O ; Ledermuller, Amus. Microsc., pag. 58, pl. 73. Longueur totale, * de millimètre; valves brunes, réniformes , plus étroites et plus comprimées en avant, couvertes de poils épars à peine sensibles ; antennes pourvues de quinze soies.
Cypais ROUGE : Cypris rubra, Nob.; Monoculus ruber, Jurine, Monocl., pag. 172, pl. 18, fig. 3 et 4. Longueur totale, À de ligne ; forme générale de la précédente; têt peu transparent, d’un rouge terne, avec une large zone plus colorée qui le traverse dans son milieu.
CypPris ORANGÉE : Cypris aurantia, Nob.; Monceulus aurantius, Jurine, Monocl., pag. 175, pl. 18, fig. 5 et 12. Longueur, i de ligne; forme générale des deux précédentes ; également épaisse aux deux extrémités; couleur orangée uniforme ; têt parsemé detrés-petits poils; antennes courtes comme celles de la Cypris brune. Les jeunes individus ont leur coquille beaucoup plus étroite postérieurement qu'antérieurement.
CyPRis RELIGIEUSE : Cypris monacha , Mull., Entom., pl. 5, fig. 6-8; Monoculus monachus, Jurine, Monocl., pag. 175, pl. 18, fig. 15 et 14. Longueur totale, -= de ligne; têt court, comprimé, non réniforme, assez bombé en dessus, etun peu en dessous ; couleur blanchâtre, avec la partie antérieure et inférieure des valves noirûtre.
Cyrris VERDOYANTE: Cypris virens, Nob.; Monoculus virens, Jurine, Monocl., pag. 174, pl. 18, fig. 15 et 16. Longueur, - de
CARACTÈRES DES OSTRAPODESe 385
ligne ; têt réniforme, légérement échancré en dessous, comprimé antérieurement, arrondi en arrière, non velu , d’un blanc verdàtre, avec une tache triangulaire verte, en dessus, derrière l'œil, se prolongeant sur la suture des valves ; le bord antérieur de celles-ci également vert; le milieu de chaque valve vert, avec deux bandes obliques, parallèles, vertes en arrière.
Cypris PeINTE : Cypris picta, Straus, Mém. du Mus. , tome 7, pl. 1, fig. 17. Longueur totale, -© de millimètre ; valves plus bombées en arrière , non échancrées en dessous, couvertes de poils épars assez longs ; dos nu ; couleur verte, avec trois bandes grises, se terminant en pointe en dessous.
CyprisENFUMÉE: Cypris fuscata, Nob.; Monoculus fuscatus , Jurine, Monocl., pag. 174, pl. 19, fig. 1 et2 ; Cypris pilosa, Muller,
4 Entom., pl. 6, fig. 5-6. Longueur totale , : ligne. Coquille un peu plus épaisse en avant qu’en arrière, trés-haute un peu derrière l’œil, très-foiblement échancrée en dessous, velue, avec une tache alongée sinueuse brune sur sa suture postérieure , et une tache anguleuse de même couleur sur le milieu de chaque valve.
CyPris PONCTUÉE : Cypris punctata , Nob.; Monoculus punctatus, Jurine , Monocl., pag. 175 , pl.19, fig. 3 et 4. Longueur, de ligne ; coquille élevée en avant de l'œil, à peu près également comprimée aux deux extrémités, peu échancrée en dessous, velue et parsemée partout de petits points bistrés.
Cypris VEUVE: Cypris vidua, Muller, Entomost., pl. 4 ,fig. 7-09. Monoculus vidua, Jurine , Monocl., pag. 175 , pl. 19, fig. 5 et6. Longueur, + de ligne. Coquille réniforme, ayant sa plus grande saillie au milieu du dos, velue, blanchâtre, et marquée en dessus de deux bandes noires festonnées, transverses, parallèles entre elles, et qui n’atteignent pas son bord inférieur.
Cypnis BLANCHE : Cypris candida, Mull., Entom., pl. 6, fig. 7-9; Monoculus candidus , Jurine , Monocl., pag. 176, pl. 19, fig. 7 et8. Longueur totale , + de ligne; têt réniforme, un peu plus
386 CARACTÈRES DES OSTRAPODES.
étroit et comprimé antérieurement, velu, blanc, avec une légère teinte rose en dessus, dans son milieu.
Cyrnis A UNE BANDE : Cypris unifasciata, Nob.; Monoculus unifasciatus,Jurine , Monocl., pag. 176, pl.19, fig. 9 et 10; Cypris fasciata ? Muller. Longueur totale, - de ligne; têt velu, plus large antérieurement, également droit et oblique sur ses deux bords supérieur etinférieur , vert clair, avec une bande transverse d’un vert foncé, derrière l'œil; cette bande étant bifurquée à chacune de ses extrémités,
Cyenis srae : Cypris striata, Nob.; Monoculus striatus ,Jurine, Monocl., pag. 177, pl. 19, fig. 11. Longueur totale, 3 de ligne ; têt court , réniforme , assez fortement échancré en dessous , et marqué de stries concentriques à ses bords , analogues à celles qu’on observesurles valves des coquilles du genre Mulette, Unio.
Cypris A DEUX BANDÉS : Cypris strigata, Mull., Entomost., pl. 4, fig. 4-6; Monoculus bistrigatus, Jurine, Monocl., pag. 177, pl. 19, fig. 12 et 13. Longueur, ; de ligne; têt velu, alongé, échancré en dessous, élevé en avant, et oblique depuis ce point jusqu'à sa partie postérieure, où il est arrondi; couleur blanche, avec deux bandes brunes transversales.
CYPRISVELUE : Cypris villosa, Nob.; Monoculus villosus, Jurine , Monocl,, pag. 178, pl. 19, fig. 14 et 15. Longueur totale, de ligne ; têt court, réniforme, élevé au milieu du dos, avec ses extrémités égales, d’un vert uniforme, extrêmement velu.
Cyrais œirée : Cypris ophthalmica , Nob. ; Monoculus ophthalmicus,Jurine, Monocl., pag. 198, pl. 10, fig. 16 et 17. Longueur totale, + de ligne; têt court, très-élevé dans le dos et un peu antérieurement, légérement échancré en dessous, jaunâtre, avec quelques nuances rougeâtres au bord antérieur et derrière l'œil ; celui-ci ayant une tache blanche dans son centre.
Cyrms œur : Cypris Ovum, Nob.; Monoculus Ovum, Jurine, Monocl..pag.179;pl.19,fig. 18 et 19. Longueur totale, + de ligne; coquille arrondie, peu réniforme, régulière, tout-à-fait lisse, et d’une couleur blanchàtre rosée.
CARACTÈRES DES OSTRAPODES. 387
Genre CLXXXV. Crraénée (Cythere, Mull., Latr.; Cytherina, Lamck.; Monoculus, Fabr.).
Corps renfermé dans un têt bivalve, généralement réniforme, qui a la plus parfaite ressemblance avec celui des cypris. Tête non distincte. Un seul œil. Deux antennes, simples, sétacées, formées de cinq ou sixarticles, et pourvues de quelques soies qui sont implantées à l'extrémité de chaque articulation. Pieds au nombre de huit, articulés, pointus et garnis de quelques soies, les antérieurs et les postérieurs étant plus longs que lesintermédiaires; laissant tous voir leur extrémité hors du têt.
La différence dans le nombre des pieds est la principale qui existe entre les cypris et les cythérées; mais nous avons tenu compte de ces membres chez les premières d’après les observations très-exactes de M. Straus, et nous sommes obligés de nous en rapporter à la description de Muller pour les dernieres. Il se pourroit donc que plusieurs des pieds intermédiaires des cythérées fussent des organes particuliers ,etque le nombre de leurs vrais pieds ne différät pas de celui des cypris;et ce ne sera que lorsque ces animaux auront été examinés de nouveau par un naturaliste bien exercé dans l’art des observations microscopiques, qu'on pourra fixer définitivement leurs caractères génériques.
D'après l’analogie des formes générales, il y a lieu de croire que les cythérées ,comme les cypris, ont leurs lames branchiales annexées aux mandibules etaux mâchoires, et que leurs piedssont seulement destinésàalalocomotion.S'il en est ainsi, cesentomostracés devront rester dans le même ordre, celui des ostrapodes.
Les cythérées habitent les eaux salées et saumâtres des bords de la mer, et vivent, à la manière des cypris, au milieu des varecs et des conferves.
Cyruénée VERTE : Cythere viridis, Mull., Entom., pag. 64, tab. 7, fig. à et 2; Cytherina viridis, Lamck., Anim, sans vert.,
388 CARACTÈRES DES BRANCHIOPODES.
tome 5, pag. 123. Longueur, & de ligne ; têt court, réniforme, “vert, tomenteux.
CyrnéRée 3AUNE : Cythere lutea, Mull., Entomostr., pag. 65; Cytherina lutea, Lamck., Anim. sans vert., tom. 5, pag. 125. Plus grande que la précédente ; têt réniforme , plus alongé, jaune et glabre.
CyTHÉRÉE IAUNATRE ; Cythere flavida, Mull., Entom., p. 66, tab. 7, fig. 5 et 6. De la taille de la cythérée jaune; têt encore plus alorgé, ovalaire, non réniforme, ni échancré en dessous, jaunètre, lisse. Se trouve fréquemment sur la Flustra lineata,
CyrxéRée GIBBEUSE; Cythere gibba , Mull., Entom., pag. 66, tab. 7, fig. 8 et 9. Beaucoup plus grosse que les précédentes, quoiqu’elle n’ait pas plus d’une demi-ligne de longueur; têt blanchàtre , hispide, court , avec une gibbosité très-fortesur le milieu de chaque valve.
CYTHÉRÉE BOSSELÉE : Cythere gibbera, Mull., Entomostr. , p-66,pl.7, fig. 11 et 12. Aussi grande que la cythérée gibbeuse ; têt raccourci, renflé antérieurement, etencore davantage en. arriére, un peu étranglé dans son milieu , tant en dessus qu’en
dessous, verdàtre et lisse.
ORDRE DIXIÈME. BRANCHIOPODES, Branchiopoda. ,
Deux yeux pédonculés ; paltes servant à la natation et à la respi-
ration ordinairement très-nombreuses. (Sect. des Payirores, Latr.)
Genre CLXXXVI. BraNCHiPE (Branchipus, Lamck., Latr., Leacbh ; Branchiopoda, Lamck., Latr., Bosc ; Cancer, Linn. ; Gammarus , Fabr.; Apus, Schæffer ; Branchiopus, Duméril ; Chirocephalus , Bénédict-Prévost, Jurine).
Corps alongé, presque filiforme et très-mou, sans têt. Tête distincte , munie d’antennes filiformes, droites, flexibles, composées d’une multitude d'articles presque imperceptibles, de la longueur de la tête , au nombre de deux ou de quatre.
CARACTÈRES DES, BRANCHIOPODES. 389.
Deux yeux à réseau trés-écartés, latéraux, pédonculés, mo biles. Deux espèces de cornes sur le front, beaucoup plus grandes et très-avancées dans les mâles. Bouche composée d’un chaperon bifide, avancé, d’une papille en forme de bec, et de quatre autres pièces latérales. Pieds tous natatoires, d’égale longueur, placés au-dessous et sur les côtés du corps, formés de quatre articles, dont le premier court, et les trois derniers aplatis, ovales, ciliés sur leurs bords, et faisant fonction debranchies et de rames. Queue composée de six à neuf anneaux. dont le dernier muni de deux feuillets alongés , pointus et ciliés sur leurs bords. Organes des sexes situés après la dernière paire de pattes, à l’origine de la queue, et aussi dans ia femelle prés de l'extrémité de celle-ci. (Voyez les généralités page 64.) Les animaux de ce genre, dont on a distingué deux espèces, vivent dans les petites mares d’eau de pluie, et y nagent renversés sur le dos, avec beaucoup de vélocité , à l’aide de leurs pattes branchiales,
BrancHipe DES ÉTANGS: Branchipus stagnalis, Latr., Leach, Lamck.; Cancer stagnalis, Linn.; Apus pisciformis, Schæff. ; Gammarus stagnalis , Fabr.; Herbst, Cancr. , tab. 35, fig. 3 à 10. Longueur, dix lignes; eornes du mâle horizontales ; nageoires de la queue larges; antennes au nombre de quatre; œufs des femelles bleus, renfermés après la ponte dans un sac ovale qui est placé sous la queue.
BrancuiPe DES MARAIS : Branchipus paludosus, Latr.; Cancer paludosus , Muller, Prodr. Zool. Dan., tab. 48, fig. 1-8; Herbst, Cancr., tab. 55, fig. 3, 4 et 5; Chirocephalus diaphanus , Bénédict-Prévost, Journal de Physique, messidor an]Il; ejusd. , Mém. sur le Chirocéphale, joint au travail de M. de Jurine sur les Monocles , pag. 201, pl. 20, 21, 22. Cornes du mâle perpendiculaires ; nageoires de la queue filiformes; deux antennes dans les deux sexes.
Comniÿ il se pourroit néanmoins que le chirocéphale constituàt une espèce particulière , je vais donner, d’après M. Bé-
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nédict-Prévost, quelques détails sur ses formes et sur ses mœurs. L'animal a jusqu’à un pouce et demi de longueur. La tête est séparée du corps par une sorte de col que forme le premier anneau dépourvu de pattes; les deux antennes sont droites, cylindriques et terminées par une touffe de petits poils ; les deux cornes des.mäles (premiers doigts, Bénédict-Prévost ), qui sont destinées à fixer la femelle lors de l’accouplement , sont formées chacune de deux pièces verticales, dont la dernière est étroite, courbée en dedans pour correspondre à celle de la corne opposée , et constitue avec elle une sorte de tenaille à branches courbes; deux grands tentacuies en forme de trompes molles (second doigt du chirocéphale adulte, Bénédict-Prévost), mais non traversés par un canal, placés à la base des cornes en dedans, mobiles, roulés en spirale, pourvus aleurracine, du côtéextérieur, de quatre appendices charnus, cylindriques et parsemés de petites épines, et d’une membrane triangulaire languetée, qui se déploie dans l'accouplement (1). Ces deux organes, manquant dans les femelles qui ont à la place des cornes en forme de pinces, deux simples protubérances coniques assez avancées. Yeux fort grands, à réseau, ordinairement noirs, quelquefois bruns ou marbrés de blanc, portés sur des pédoncules assez longs. Bouche composée, 1.° de deux mandibules très-grandes , ayant leur extrémité triturante, large, obtuse et garnie d’un grand nombre de petites dents, comme les dents d’une lime; 2.° de deux organes particuliers (barbillons des mandibules, B. Prévost), formés de deux pièces , l’une épaisse, et l’autre mince et garnie d’une vingtaine de filets très-déliés, qui sont placés de ma-
(1) Ces tentacules, ou seconds doigts de M. B. Prévost existent aussi dans le Branchipe stagnal. Ce sont les petites antennes, cornicule, distinguées par Schæffer. ( Apus pisciformis, 1752 , fig. V AMI et VII, lettre €.)
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nière que les alimens qui arrivent aux mandibules doivent passer entre eux ; 3.° de deux petitsappendices (papilles, B. Prévost) , situés sous le corps, et non sous la tête, paroissant destinés à pousser les alimens entre les filets; 4.° d’une lèvre supérieure (soupape , B. Prévost), insérée à la base et au centre des parties de la bouche, un peu au-dessous d’une tache noire, triangulaire, qui est le rudiment des yeux lisses; cette lèvre s'étendant sur les mandibules et les barbillons, et arrivant jusqu’auprèés de l'intervalle qui sépare les deux papilles. Corps. en forme de bateau ou de canot alongé, dont la carène est sur le dos, composé d’un anneau sans pattes, et de onze anneaux pédigères. Queue consistant en neuf segmens dont les deux premiers supportent les organes externes de la génération. Pattes en nageoires, dont les trois derniers articles alongés, ovalaires, sont très-ciliés sur leurs bords. Organes extérieurs du mâle en forme de deux corps conoïdes, obtus, et les intérieurs composés de longs vaisseaux spermatiques.Vulves des femelles placées tout-à-fait à l'extrémité de la queue, ne servant pas à la sortie des œufs. Ovaires situés dans toute l’étendue dela queue à droiteeta gauche du canalintestinal, etremontant jusqu’au second anneau où ils communiquent avec une grosse poche extérieure, conique, remplie d'œufs, qui est ici l’analogue des sacs ou matrices extérieures des cyclopes, et dont l'ouverture est à sa pointe. Queue à laniéres étroites, pourvues sur leur contour de soies qui elles-mêmes sont ciliées. Cœur consistant en un vaisseau dorsal, semblable à celui des insectes. Intestin droit, ayant deux æsophages, et se terminant à l'extrémité du dernier anneau de la queue.
Les chirocéphales, en sortant de l'œuf, ont le corps divisé en deux masses globuleuses à peu près égales. La première renferme un gros œil lisse, et donne attache, 1.° à deux antennes courtes, cylindriques et pourvues de poils au bout ; 2. à deux très-grandes rames dont l'extrémité est ciliée,
et, 3.° à deux pattes assez courtes et grêles , formées de cinq
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articles. Aprés la premiere mue, ils ont trois yeux, l’intermédiaire lisse , et les deux latéraux composés; la partie postérieure du corps est alongée, conique, divisée en anneaux, et terminée par deux petits filets. Plus tard et aprés plusieurs mues, les pattes se montrent etse développent de plus en plus, tandis que les rames s’atrophient et disparoissent ; l'œil simple intermédiaire reste rudimentaire (1). Danslesjeunesencore, la lèvre supérieure ou soupape est énorme, puisqu'elle recouvre le ventre, mais son volume diminue progressivementavec l'âge. Les chirocéphales se trouvent dans les petites mares d’eau trouble , mais non corrompue, et souvent dans celles quiont été formées momentanément à la suite des grandes pluies. Ils nagent sur le dos avec beaucoup de facilité, et paroissent continuellement occupés à manger de petits corps animaux ou végétaux que l’eau tientensuspension. Leuraccouplementadel’analogie avec celui deslibellules, c’est-à-dire que le mâle, nageant au-dessous de la femelle , la saisit au cou avec les appendices qui munissent sa tête, et s’y tient fixé jusqu'a ce que celle-ci recourbe sur lui l'extrémité de sa queue, de façon à mettre en contact ses deux vulves avec les deux organes copulateurs qui doivent la féconder. Les œufs jaunàtres, sphériques, irréguliers , ont une enveloppe épaisse ét dure qui les conserve enété a sec et dans la poussière, ou dans la terre, jusqu’à ce qu’une circonstance favorable, telle que la présence de l’eau de pluie en quantité suffisante leur permette d’éclore. Ce quiarrive pour ces œufs, a lieu également pour ceux du branchipe des étangs, et'il faut que ces derniers aient une vitalité au moins aussi grande que la leur, car j'ai observé des animaux de cette espèce dans de petites flaques d’eau pluviale sur les sommités des rochers de grès de Fontainebleau, qui sont ordinairement à sec, et exposés pendant plusieurs mois de l’été aux rayons ardens du soleil.
RE ee Se RE (1) C'est lui qu’on aperçoit sousla forme d’un ehevron noir sur La tête
des adultes.
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Les femelles des chirocéphales font plusieurs pontes distinctes à la suite d’un seul accouplement; chacune en plusieurs reprises qui durent ensemble quelques heures, et jusqu’à un jour entier. Chaque ponte est de cent à quatre cents œufs; ceux-ci sont lancés au dehors avec beaucoup de vitesse, par jets de dix ou douze, etavec assez.de force pour pouvoir s'enfoncer un peu dans la vase.
Genre CLXXXVII. ARTÉMIE ( Artemia, Leach; Artemisus, Lamck.; Cancer, Linn.; Gammarus , Fabr.). 2
Corps ovale à tête non séparée, et postérieurement caudifère. Deux antennes courtes, subulées. Deux yeux subpédonculés. Bouche placée sous le bord antérieur de la tête. Queue longue terminée en pointe. Dix paires de pattes lamelleuses, natatoires, ciliées, finissant par une soie.
ARTÉMIS SALINE : Artemia salina, Leach ; Cancer salinus, Linn.; Gammarus salinus ; Fabr.; Cancer salinus , Montag., Trans. Soc. Lino. ,tom. XI, pag. 205, tab. 14, fig. 8, 9, 10 ; Aréemisus salinus, Lamarck, Anim. sans vert., tome 5, pag. 135. Animal tréspetit, commun dans les marais salans de Lymington en An-
gleterre, lorsque l’'évaporation de l’eau de mer est trés-avancée. Genre CLXXX VIII. EunmÈène (Eulimene, Latr.; Artemia, Leach). TZ
Corps ovale , oblong , linéaire. Tête transverse avecles yeux
noirs, latéraux , portés chacun sur un pédoncule assez grand et cylindrique. Deux antennes presque filiformes, mais un peu
plusmenues au bout, simples , un peu pluslongues que la tête , insérées entre les yeux. Deux petits corps filiformes, semblables à des palpes placés à l'extrémité antérieure de la tête. Premier article du corps élargi sur les côtés, servant de cou. Pattes au nombre de vingt-deux, placées sur les côtés du corps, paroissant composées de quatre à cinq articles membraneux
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ou en lames, dont les trois premiers et le dernier plus petits, celui-ci allant en pointe, et aucun d’eux n'étant double; le dernier de la onzième paire étroit vers son extrémité qui est arrondie. Une pièce arrondie et globuleuse , attachée vers le milieu des pattes comprises inclusivement entre la quatrième et la dixième paire. Une pièce renflée presque demi-globuleuse, remplie d’une matière noirâtre, terminant le corps postérieurement et remplaçant la queue, de laquelle sort un filet semblable à un boyau alongé, aussi noirâtre , que M. Latreille soupçonne être un oviductus.
EULIMÈNE BLANCHATRE : Eulimene albida, Latr., Ééen. Anim., tome 35, pag. 68; Nouv. Dict. d’'Hist. nat., tom. 10, pag. 333 ; Artemia Eulimene, Leach, Dict. des Sc. nat., tom. XIV, pag. 543. Couleur blanchâtre ; extrémité postérieure du corps noirâtre. De la He nrenée prés de Nice.
Genre CLXXXIX. Zoé ( Zoea, Bosc, Latr., Lamck., Leach; Monoculus, Slabber ). 47
Corps ayant un têt presque ovale, avec lequel la tête se trouve confondue, terminé en avant par un trés-long rostre infléchi. Quatre antennes presque égales, dont les extérieures sont bifides et coudées ; deux yeux presque sessiles extrêmement gros et saillans, placés à la base du rostre et au-dessus des antennes. Parties de la bouche inconnues. Une grande pointe relevée et dirigée en arrière , placée én arrière du corselet ou de la carapace. Abdomen ions, replié en dessous, formé de quatre segmens aplatis, presque égaux , étroits, et d’un cinquième terminal, plus grand et fourchu. Pattes irés-courtes et cachées sous le corps, à peine visibles, à l'exception des deux dernières qui sont trés-longues et en nageoires.
M. Latreillesoupçonne que cegenre appartient moins à lasousclasse desentomostracés qu’a celle des malacostracés, et M.Leach pense qu'il appartient au même groupe que les Nébalies.
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Zoé PÉLAGIQUE : Zoea pelagica, Bosc, Crust., tome 2, pl. 15, fig. 3-4. Transparent comme du verre; yeux et une tache à la base de l'éping dorsale, d’un beau bleu ; grandeur, = de ligne. De l'Océan atlantique.
Zo$ À Masse : Zoea clavata, Leach, Journ. de Phys., 1818, avril, pag. 504, fig. 4; Enc. Méth., pl. 554, fig. 5. Plus grosse ; rostre droit et non infléchi; têt globuleux avec deux longs prolongemens en massue de chaque côté.Dela côteoccidentale d'Afrique.
Le monoculus Taurus de Slabber, Microsc., tab. 5, paroît devoir rentrer dans ce genre (1).
(1) J'ai pris à tâche, ainsi qu'on a pu le remarquer dans le courant de ce chapitre, de passer en revue tous les genres qui ont été formés jusqu’à ce jour dans la classe des crustacés, et d’en exposer les principaux caractères. Quelques uns néanmoins ont échappé à mes recherches, et je ne connois éncore que leurs noms seulement. Ce sont ceux qui ont été appelés par M. Leach (article Crustacés du Dictionnaire des Sciences naturelles) : CHaraxta, Eryæa, GemaLria, Herynus, Isocnirus, LErrosoma, Necrocerus, Necryzeus, Psammyrius et Rueria; et par M. Rafinesque (Précis de Découvertes somiologiques) : Jaxerra, Isozus, CEro- PHAS, ProtTon14, TeLssto , Srenyo, Cycureus, P£pmreno , DaAMEus et Dinao.