‹ Consolations à ceux qui pleurent au Trésor des malades [microforme]Chapitre 13 sur 89 · I. D'abord une réflexion générale · texte numérisé non relu

I. D'abord une réflexion générale

n'est-il pas bien remarquable que, partout et dans tous les siècles, on ait conservé tant de vénération pour les tombeaux ?

c'est un vrai culte, un culte universel, un culte d’amour et de larmes, Les patriarches ne se bâtissaient sur la terre que des

DU: ONSOLATIONS

tombes, dernière demeure où ils devaient, en cffet, rester bien plus de temps que dans la vie ; pendant la vie, qu'ils appelaient un pélerinago. ils se contentaient d’une tente, Les barbares même et les sauvages tenaient plus aux cendres de leurs pères qu’à toutes les douceurs de la patrie, et j'aime cette parole des Scythes à Alexandre: ‘“ Laissez-nous seulement emporter les tombes de nos ancêtres, et puis faites de la terre tout ce que vous voudrez.” C'était leur trésor. Et qui ne verrait dans ce témoignage sacré, dans ce culte des tombeaux, une preuve sublime de la foi de tous à l’immortalité, une magnifique espérance de la résurrection ? :

#: IL. Mais exposons de suite toute notre pensée sur les tombeaux. Je prétends qu’on peut juger une religion, un peuple, une cité, une famille, à la première vne de ses tombeaux. Vent e& vide (Joann.

11. 34) Je vous dirai ce que c’est qu'un tombeau : profane,—un tombeau chrétien —un tombeau glorieux.

19 Un tombeau profane, mondain ; c'est pitié, vraiment, et il y en a beau-

coup de ces tombes, où l’on ne peut pas trop gémir, car rien n’y rappelle Dieu ; il n’y a pas même de croix, pas un mot d’espérance du ciel, mais des paroles vaines, des éloges ridicules : bon père, bon époux, bon fils !… des figures qui pleurent, j'image du temps avec sa faux, des oiseaux de nuit, des colonnes brisées, des urnes vides, des larmes qui coulent sur le marbre... Oh! pitié profonde! et que je plains les enfants qui ne voient pas autre chose sur le tômbeau d’un père, d’une mère... que je plains ces pauvres familles, et il y en a tant aujourd'hui! Oh! de grâce, une croix, au moins une croix, pour que mes larmes ne coulent pas dans le désespoir |

2° Untombeau chrétien. Là, au moins, il ya de l'espérance, des prières et des consolations: Farbre de vie, la croix domine, et quelquefois l’image de la vierge Marie, mère de douleurs : et quelles paroles de foi et d'amour vous pourriez lire sur la pierre, quels vœux touchants, quelles sublimes prières! Requiescat in pace, — De profundis — Miseremini met,

30 Un tombeau glorieux, A propre-

ment parler, il n’y en a qu'un, c'est celui du Christ vivant, sepulchrum Christi viventis— Erit sepulchrum ejus gloriosum Isaïe 11. 10.,et puis celui de sa mère...J ésus s’est levé du sépulcre par sa propre vertu.

et Marie a été rappelée par lui à la vie, et elle a été portée au ciel sur les ailes des anges. Mais encore, il y a sur la terre quelques autres tombes glorieuses, celles des saints, des amis de Dieu; on y prie, à ces tombeaux, et c'est parce qu'on sait que souvent, il s’en échappe une vertu merveilleuse, qui sauve les âmes ou qui guérit les maladies, ou même qui ressuscite les morts. Ainsi, à Paris, la tombe d’une petite et humble bergère, Geneviève de Nanterre, est assurément bien plus glorieuse que celle des rois et des empereurs, et que les mausolées superbes de tous les Pharaons en Egypte, ces hautes pyramides, les plus fastueux monuments de l’orgueil humain; car on ne peut rien en attendre ; on n’y prie pas, que dis-je? on ne sait même pas le nom de celui qui a pourri dans la plus belle de ces pyramides fameuses |

Concluons: que votre tombe soit chré-

tienne, et qu'on puisse y prier pour vous !

Au moins une Croix!

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