IT LES BONNES ŒUVRES
Qui pourrait mettre en doute, ” écrit encore saint Augustin, ‘que les œuvres “ de miséricorde faites à l'intention des “ morts ne servent à leur délivrance, “ puisque ce n'est pas vainement que ‘ nous offrons pour elles à Dieu nos priè- £ pes ? ”
Dans cette pensée qui a été de tout temps la pensée de l’ Église, les chrétiens des premiers siècles avaient coutume, au jour des funérailles, de faire des largesses aux pauvres. On leur donnait le festin nommé Ayape, repas de charité, et on leur diatribuait des aumônes,
Saint Paulin, contemporain de saint Jérôme !, écrivant à un sénateur romain que la mort de sa femme avait plongé dans la douleur, cherchait à le consoler par ces touchantes paroles :
‘ Tout: ce que vous donniez aux pau- ‘tvyres, disait-il, la main de Jésus-Christ ‘Je rendait incontinent à vous et à elle ; ‘ car la’voix des indigents trouve une ‘“ route facile pour arriver à l'oreille de Dieu, et il est écrit : La prière du pau-
- vre perce les nuées. Votre épouse est bien- ‘ heureuse, elle pour qui tant de choses ‘“ plaident en ce moment auprès de Jésus- ‘“ Christ, vos mérites et les siens, les ‘ bonnes œuvres que vous faites pour son ‘ Âme et ses vertus héréditaires. ? ”
Notre Seisneur n’a-t-il pas attribué à l’'aumône une puissance en quelque sorte souveraine, quand il a déclaré qu'il regardait comme fait à lui-même tout ce qu’on fait pour l'amour de lui au plus petit des
1 1ve siècle.
2 His:oire de sainte Puule, par M. l'abbé La. grange, vicaire général d'Orléans,
siens, tout, jusqu’à un verre d'eau froide donné à celui que la soif tourmente ? Un verre d’eau froide! quel symbole encourageant de l’aumône même légère et facile à tous! Et ce pauvre désaltéré n'est-il pas l’image sensible d’une âme soulagée dans sa souffrance par notre charité ?