‹ Consolations à ceux qui pleurent au Trésor des malades [microforme]Chapitre 6 sur 89 · CHAPITRE LES MALADES · texte numérisé non relu

CHAPITRE LES MALADES

Incipiebat mori.

I1 commençait à mourir.

(Joan., 1v, 47)

Les leçons importantes et essentiellement pratiques qui vont faire la matière des chapitres suivants, sont d’un tel intérêt qu’on ne saurait trop y réfléchir. Nous allons nous occuper dans une série d’instructions tout à fait spéciales, des soins à donner aux malades, et de la manière de sanctifier la maladie et la mort, et cela non seulement pour les malades eux-mêmes, Ù 1

v] CONSOLATIONS

mais aussi pour les personnes qui sont appelées à leur donner des soins.

La maladie étant l’avant-coureur de la mort, il convenait de commencer ces instructions par une étude sérieuse de ce sujet. Avez-vous remarqué le texte de cette première leçon: Jncipiebat mort ?

Quelle parole, commencer à mourir !..

Mais l'enfant qui vient de naître commence aussi... La vie toute entière n'’étant que cela, une mort en train, une mort commencée: Quaedam prolixitas mortis.. (S. Grégoire). L’apôtre exprime la même chose d’une manière frappante quand il dit qu’il meurt chaque jour, quotidie morior (I Cor., xv, 31). Et vous, il y a donc longtemps que vous avez commencé...,n’approcheriez-vous pas du terme ? La maladie n’est à proprement parler qu’un avertissement, un signe qu’on pourrait bien approcher de la fin. Apprenez donc à bien commencer dès ce jour, afin de bien finir.

C’est précisément là ce qui doit faire le principal objet de notre étude: La science de la Bonne Mort.

Nous donnerons pour cela des règles de conduite bien simples et qui pourront ser-

vir à tout le monde ; elles se rapportent à deux chefs :

1° Ce que doivent faire les malades pour bien profiter de leurs maladies et s’y sanctifier en en retirant les fruits ct les bénédictions que Dieu ne manque jamais d'accorder à ceux qui la veulent supporter et souffrir chrétiennement.

2° De quelle manière doivent se conduire les personnes qui sont appelés à avoir soin des malades.

I. Si vous êtes malade, vous, quelle doit être votre conduite : 19 Quid vitandum ? D'abord vous aurez soin d'éviter la plainte, le murmure, vous souvenant que la maladie est un don de Dieu, aussi bien que la santé. Vous pouvez cependant prier Dieu d'éloigner de vous ce calice amer et dire avec Jésus-Christ : Transeat à me calix ste (Matt., xxVI, 39), mais ne manquez pas d'ajouter comme lui:

fiat ! que votre volonté pourtant se fasse, 6 mon Père, et non pas la mienne. Ensuite vous éviterez le découragement, Fennui, l'abattement, l’impatience, le désespoir surtout; c'est le moment de l’épreuve ou de la tentation ; l'ennemi des âmes est

Page 1