À CONSOLATIONS
là, au chevet de la souffrance, s'efforçant de tuer ces âmes par la tristesse, et de les perdre par le désespoir ; résistez lui avec force par la foi, et pour triompher plus facilement de ses efforts, allez contre, comme dit Saint Ignace ; oportet ire contra, c’est-à-dire portez votre âme à la confiance, à la joie, par des chants sacrés, par la vue même du ciel pur, ou des fleurs de la terre... vous. souvenant que, si la tristesse tue, l'espérance est la vie même ? spe vivit homo, et, pour éviter tous ces dangers et ces fautes, vous prendrez les moyens que nous allons indiquer.
20 Quid agendum. Prier, sans contention, sans effort, sans scrupule enfin, mais par un regard, un soupir, un mot du cœur: un regard au ciel ou sur la Croix :
un acte de douleur ou d'amour, de soumission surtout, fiat /... 1ta pater, On vous fera quelques lectures pieuses, peu à la fois, mais dans des livres de choix, et le
lus ordinairement dans l'Evangile, la assion de Jésus-Christ, quelques versets des Psaumes, l’Imitation de J.-C. ou une Vie de Saint. Je vous conseillerais encore, dans l’intérêt de votre santé même, autant
A CEUX QUI PLEURENT, Dar que dans le désir de votre salut, de terminer vos affaires promptement, si vous ne laviez pas fait avant la maladie : la paix, le calme, qui sont le fruit et le résultat de l’accomplissement de ce devoir,opérant toujours une réaction salutaire, J'ai vu des personnes qui ont été guéries dès ce moment.
Mais si cela est vrai de l’arrangement de vos affaires temporelles, que dire de leffcacité des Sacrements dans le double but de la santé et du salut ? Qu'ils contribuent puissamment à l’un ou à l’autre, cela n’est pas seulement un fait acquis et prouvé par l'expérience, c’est une vérité de foi. Je vous prie donc de prendre la résolution de ne pas recevoir plus de trois visites de votre médecin, sans appeler le père de votre âme, et dans bien des circonstances, ce serait mieux de se conformer à l'usage des pays vraiment catholiques, de ne recourir au médecin qu'après avoir vu le prêtre.
Enfin obéissez bien à l’un et à l’autre.
- II° De quelle manière se doivent conduire les personnes qui sont appelées à avoir soin des malades.
Si vous êtes appelé auprès des malades, il est évident que bien des choses,
qui ont été dites pour lui, devront trouver ici leur application. Mais, en suivant le même ordre, et la méthode de saint Thomas d'Aquin, je dirai d’abord en peu de mots: 10 Quid vitandum, ce qu'il faut éviter : l’impatience, les dégoûts, les les vaines inquiétudes, les empressements d’un zèle indiscret: c’est ici surtout que la patience arrive sûrement au but, à la perfection même... Patientia autem opus perfectum habet. (Jac., 1, 4.) Si vous avez affaire à parler près d’un malade qui souffre, que ce soit à voix basse et en peu de mots, et toujours de choses utiles ou agréables : craignez de le fatiguer, de l’impatienter surtout. Rien ne tourmente plus les malades que de parler devant eux, sans qu'ils puissent entendre ce que l’on dit, ils s’imaginent qu’on parle d'eux et du danger qu'ils courent. S'il y avait un danger réel, évitez d'en parler, même à voix basse, car souvent ils entendent bien mieux qu’on ne l’imagine, et ils se troublent, s’agitent et se désespèrent.
2° Quid agendum. Ce qu'il faut faire:
la charité, votre foi, votre amour, ne manqueront pas de vous l’inspirer, Donnons
pourlant encore quelques avis. Il faut veiller avec soin à la plus grande propreté dans la chambre et autour du malade, à l’ordre, au silence, à l'exacte observation des prescriptions et ordon nances du médecin : prévenir les désirs, deviner les goûts, et par mille moyens adoucir une souffrance:
prier, lire, comme il a été dit plus haut ; amener doucement et avec précaution un malade, à désirer, à demander de bonne heure les secours de la religion. Que dirai-je en un mot ? Aimez ! Souffrez avec celui qui souffre, quis infirmatur, et ego non infirmor ? (Cor., xxII, 9) et tout sera bien, Voyez une mère auprès de son enfant ; pour vous la foi vous dira :
C’est Jésus-Christ. Oui, c'est lui, injtrmus eram et visitastis me (Matt., xx, 36). Il s’en souviendra bien au grand jour.
"Enfin, j'inviterai nos associés, quand ils savent que quelqu'un est malade, à le faire entrer dans notre Association, s’il n’en faisait pas encore partie; et, dans le cas où il serait déjà inscrit, nous les prions de ne pas oublier de prévenir le Prêtre Directeur, afin que les prières de tous lui soient
appliquées. Tant de grâces déjà ont été eines à la suite de ces recommanditions, que nous ne saurions trop les répéter ; et c'est un devoir de mutuelle charité pour tous les membres de la confrérie.