DÉCÉDÉ EN ACTIVITÉ LE 25 JUIN
Aide-chirurgien à Thôpital militaire de Rennes, en juin 1791, jour où il a eu seize ans d'âge.
Caporal des chasseurs volontaires de Rennes, du 14 août 1792 au 30 octobre.
Chirurgien de 3" classe, du T' février 1793 au 19 décembre 1796.
Lieutenant adjoint à Tadjudant-général Crublier, le 22 septembre 1796.
Passé près Tadjudant-général Simon, le 23 mai 1797.
Capitaine, le 21 mai 1798.
Iderriy aide de camp du général Simon, le 2 septembre 1799.
Destitué le 10 août 1802.
Réintégré et placé au 4* régiment de chasseurs, le 4 septembre 1803.
Passé au service du roi de Naples, le 9 août 1806.
Chef d'escadron dans la Garde royale d'Espagne, le 18 janvier 1809.
Major, le 27 novembre 1810.
Officier d'ordonnance du roi Joseph, janvier 1814.
Colonel, le 21 mars 1815.
Colonel des dragons du Doubs, le 27 septembre 1815.
Maréchal de camp, le 11 août 1823.
Décédé en activité à Rennes, le 25 juin 1839.
Pétition de la citoyenne veuve Rapatel, née Beauvais^ au Ministre de la Police.
... Si la justice n'était pas un devoir pour tous les magistrats, je ferais valoir ici les titres particuliers que j'ai aux égards du Gouvernement, comme mère de neuf enfants jqui ont servi avec distinction dans les armées de la République. L'un d'eux actuellement aide de camp du général Boyer à l'armée de Saint- Domingue vient de recevoir du Premier Consul le prix de sa bravoure; un autre, ci-devant adjudant-général à l'armée du Rhin, est près d'expirer de la suite de ses blessures. 11 demande la consolation de recevoir les soins de son frère, et de l'embrasser encore avant de consommer le sacrifice qu'il a fait à sa patrie. Et moi leur malheureuse mère, je réclame de votre humanité que je n'aie pas à gémir sur les fers de mon enfant et sur la tombe de son frère.
Vv« Rapatel née Beauvais.
Fontenay-aux Roses, 16 thermidor an X.
Lettre de Louis-Marie Rapatel, employé aux Ponts et Chaussées au capitaine Auguste Rapatel.
Rennes, 15 prairial an X.
... Tu n'ignores sans doute pas, mon cher Auguste, les menées qui se trament en ce moment. Tu as même dû recevoir de Rennes, à ton adresse, un paquet d'adresses aux armées et aux officiers dont l'esprit est de soulever les uns et les autres contre le Gouvernement. Le chargement s'en est fait ici, le 4 du courant, par un nommé Jourdeuil, inconnu à tous, et dont on s'informe très sérieusement aujourd'hui.... Cet envoi qui t'est commun avec beaucoup d'autres militaires t'est-il réellement parvenu? Quant à l'usage que tu as pu en faire, il serait peut-être bon de t'observer que tu ferais peut-être bien d'en faire remise à la police, — ni ce n^est déjà fait.,.. Je te demande, mon ami, de répondre, courrier par courrier, concernant l'affaire de ce Jourdeuil.
Ton frère aîné : Rapatel.
Du même au même.
Je vois clairement qu'il ne faut plus compter sur François! Je ne puis t'exprimer tout ce que cette idée a de déchirant, après
avoir espéré le voir revenir avec toi. Maman, que deviendrat-elle? Je la prépare de loin à cet événement, en lui faisant entrevoir que tu ne dis pas toute la vérité.... Je voudrais certainement être dans le cas de pouvoir aller de suite à Paris ; je le ferais de bien bon cœur, mais pour toi seulement, et non pour François. Que veux-tu que je fasse auprès de lui?... '
Cependant, mon bon ami, j'aimerais bien à te parler de tes propres affaires et de la confidence que tu me fais. Puisque tu demandes des conseils à Tamitié, elle f invite d*abord fortement à écrire à notre bonne mère. Ne crains pas qu'elle t'en veuille. Tu sais combien elle est bonne, et qui pourrait accuser ton cœur! Ceci ne doit donc pas être un empêchement à votre union, surtout quand Tétat de ton ainio la réclame. Je ne puis guère le dire autre chose sur ce sujet délicat. Si tu avais été plus fortuné, je n'aurais pas attendu ce moment pour te presser d'épouser Félicie, et je n'ai pas cru devoir t'en parler, le premier.
Je voudrais, à présent, que vous soyez assez raisonnables, l'un et l'autre, pour faire chacun votre métier, car enfin je crois que tu aurais tort de sacrifier ton état à celui de Félicie, et elle, le sien, au tiéti. Et puis, à te dire vrai, j'aimerais mieux te savoir à l'armée que de te voir ne rien faire et te morfondre de regrets et d'ennui. Tu sais bien, mon bon ami, que tu n'es pas né pour être administrateur; je ne crois pas non plus que tu puisses te mêler de faire du commerce. Il faut donc rester ce que tu es, puisque tu es bien à ta place, c'est mon avis....