DIRECTION GÉNÉRALE DU PERSONNEL. ÉTAT-MAJOR GÉNÉRAL
Simon (Édouabd-François), baron, maréchal de camp. Né le 1" décembre 1769 à Troyes (Aube).
Services :
Sous-lieutcnant au régiment de colonel général, le 20 mai 1792.
Aide de camp du général Chanccl, le 5 février 1793.
Lieutenant, le !•' juin 1793.
Adjoint à l'adjudant-général Garin, le 25 décembre 1793.
Chef de bataillon, adjudant-général provisoire, le 22 février 1795.
Chef de brigade, adjudant-général, le 26 juillet 1795, pour être employé sur les côtes de TOcéan, mais employé à Tarmée de Sambre-et-Meuse le 30 janvier 1797.
Chef du 16" régiment de chasseurs, nommé par le général Hoche, le 6 juillet 1797.
Employé comme adjudant-général à Tarmée d'Angleterre, le 12 janvier 1798.
Chef d'état-major de l'expédition d'Irlande, le 15 juillet 1798.
Général de brigade, le 27 juillet 1799.
Employé près les troupes françaises dans la République batave, le 1" septembre 1799.
Passé à l'armée de l'Ouest, le 8 février 1800.
Chef d'état-major de cette armée, le 20 février 1801.
Destitué, le 10 août 1802.
Kéintégré et admis au traitement de réforme, le 15 juin 1804.
Remis en activité et employé à la division de réserve de Tarmée d'Espagne, le 30 octobre 1809.
Prisonnier de guerre jusqu'en 1814.
Commandant la 23' division militaire en mars 1815.
En non-activité le 30 décembre 1815.
Mis à la retraite le 1*' janvier 1820.
Campagnes : 1792 et 1793, armée du Nord; ans II, III, IV, V, VI et VII, armées des Côtes, de Sambre-et-Meuse et de Batavie; an VIII et an IX, armée de TOuest; 1809 et 1810, armées d'Espagne. Prisonnier de guerre le 27 septembre 1810. Rentré en France en mai 1814.
EXTRAIT DE L'iNTERROGâTOIRE SUBI PAR LE GÉNÉRAL SIMON LE 9 MESSIDOR AN X
... D. — Comment est-il possible que vous vous soyez porté à rédiger de pareils écrits, vous qui savez que le Premier Consul aime, protège et récompense les hommes qui ont défendu la Révolution, vous qu'il a fait chef de l'état-major d'une des armées de la République? Expliquez-moi quel était votre but?
R. — Parce que j'ai cru voir la Liberté pour laquelle j'ai combattu depuis dix ans, compromise par les actes du Gouvernement, tels que la rentrée des émigrés et le rappel des prêtres; parce qu'enfin j'ai cru que la question soumise au peuple français sur le Consulat à vie était de la part du Consul une usurpation entière de l'autorité qui anéantissait les efforts des républicains pour maintenir la République. J'ajoute de plus que tourmenté par une fièvre violente j'ai aussitôt écrit ce que je pensais....
D. — N'y avait-il pas sur chaque paquet un billet conçu en ces termes : discrétion, communication, célérité, mettre à la poste en divers endroits? N'en êtes-vous pas l'auteur?
R. — Oui....
D. — Qui a fait et écrit les adresses?
R. — Le citoyen Bertrand, moi et ma femme.
D. — Votre femme connaissait sans doute les libelles en question, puisqu'elle vous aidait à faire les adresses?
R. — Non. Je répète ce que j'ai dit dans ma déclaration au préfet d'Ile-et-Vilaine. Elle l'ignorait absolument et elle n'a fait
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qu'exécuter ce que je lui ai dit de faire. Je ne pense pas que Ton puisse abuser de ma véracité pour Tinquiéter à cet égard. Ce serait me punir d'une manière trop cruelle de ma franchise.
Une sorte d'amitié, avons-nous dit — rapports de francmaçonnerie sans doute — existait entre le général Simon et le ministre Fouché. Peut-être la ténébreuse et atroce aventure du jeune M. de Bec de Lièvre avait été l'origine de leurs relations. Ce beau fils de famille, cousin par alliance du comte de Bourmont, et entré, lui aussi dans la police consulaire, avait reçu, en décembre 1800, la mission d'empoisonner Georges Cadoudal. Mais un autre mouchard, l'agent double Charles d'Hozier, l'ayant dénoncé à « Papa- Gédéon », le Papa s'était emparé de l'empoisonneur, et, tel qu'un failli chien, abandonné aux gars fusilleurs, de ses bandes. (Voir dans l'intéressant volume de M. Ernest Daudet : La Police et les Chouans, le dramatique récit de cet événement mystérieux.) Simon, alors chef d'état-major à l'Armée de l'Ouest, avait dû jouer un rôle dans cette immonde histoire. De pareils petits secrets — « un cadavre », dirait-on aujourd'hui, — établissent toujours un lien solide entre deux hommes....
L'un et l'autre, du reste, s'étaient, depuis lors, rencontrés chez Bernadotte, dans cet hôtel de la rue Cisalpine, où fréquentait le ministre conspirateur. Un général bel esprit et lettré, était bien fait pour plaire à l'ancien régent de l'Oratoire. Et puis, le vertueux Simon, avec son équerre, ses mains maçonniques et son œil de Lumière, paraissait si crédule ! Fouché eut toujours en réserve un certain nombre de ces vertus i\aïves, qu'il destinait à devenir ses victimes ou ses complices.