‹ Conspiration pour l'égalité dite de Babeuf (volume 2)Chapitre 10 sur 34 · ART · texte numérisé non relu

ART

L'assemblée nationale n'e peut se constituer si elle n'est composée au moins de la moitié des députés , plus un. '

. , Art. 43.

Les députés ne peuvent être recherchés , accusés ni jugés en aucun temps , pour les opinions qu'ils ont éjwwéesdans le sein d a corps législatif.

Art. 44* • • • .

Ils peuvent , pour fait criminel , être saisis en flagrant délit ; mais le mandat d'arrêt ^ le mandat d'amener ne peuvent être décernes con-

me ' ' > i 1 à • > \f

tre eux , qu'avec l'autorisation du corps législatif.

Tenue des séances du corps législatif.

Art. 45*

Les séances de l'assemblée nationale sont .publiques.

ï Aat< 46*

Les procès verbaux- de âeâ séances* seront imprimés. >

Art. 47.

Elle ne peut délibérer si elle nesV composée de 300 membres au moins.

Art. 48 r

Elle ne peut pas refuser la parole a ses membres , dans Tordre où ils Font réclamée.

Art. 49- Elle délibère à la majorité des présens.

Art. 5o.

Cinquante membres ont le droit d'exiger l'appel nominal.

Art. 5i.

Elle a le droit de censure sur la conduite de ses membres dans son sein.

Art. 5a.

La police lui appartient dans le lieu de ses séances , et dans l'enceinte extérieure qu'elle a déterminée. , •

Des fonctions du corps législatif.

Art. 53.

Le corps législatif propose des lois et rend des

décrets.

Art. 54*

Sont compris sous le nom général de loi , les actes du corps législatif , concernant :

La législation civile et criminelle ;

L'administration générale des revenus ; et des dépenses ordinaires de la république ;

Les domaines nationaux;

Le titre , le poids , l'empreinte et la dénomination des monnaies;

La nature , le montant et la perception des contributions;

La déclaration de guerre ;

Toute nouvelle distribution générale du territoire français ;

L'instruction publique ;

Les honneurs publics à la mémoire dés grands

hommes.

Art. 55. .

Sont désignés sous le nom particulier, de décret, les actes du corps législatif concernant :

L'établissement annuel des forces de terre et denier;.

La permission ou la défense du passage des troupes étrangères sur le territoire fraies ; ,

L'introduction des forces navales étrapgç£eç dans les ports de la république ; ... r ; . . , h .

Les mesures de sûreté et de tranquillité générale. ' ; ^ *,,;«. -.r , |

La distribution annule et; jiifipiqçut^Qee 4fâ secours et travaux publics ; «;. ? , 0A<A

Les ordres pour Wiahri&ation des monnaies de .tante espèce; '\ j :;..'.,/. ::i:0

< Les dépenses imprévues ^«^

Les mesurer locales et particulières k ime adh ministration , à une çouuaaiie, k un genre de travaux publics;

La défense du territoire ; ; ■ 3La ratjfieatipn des traités;

La nomination et la destination des comman-»

dans en chef des armées; - - : '

» La poursuite de la responsabilité des membres du conseil , des fonctionnaires publics; . ^

L accusation des préveiiu* de . complets contre ktaûrete générale de la répuliiqae ;

Tout changement dans la distribution partielle du territoire français : r

' L&récbmpenBfsnaticnfelB». ■'">■ ' '■> ■ ■ ■"' f:.«"B|j U fbnitàkini db la M: '■"'■ « bo

Les projets de loi sont procédés d'unrappôrt. ;

La iKSéfaskibti he peu* sVriiVriiS et la W xtè pmvmrè* fjiùmmà^^ qttë cpiiïize

jours après le rapport : : i ' : - °° : J ' ! ' '" -*V» t>jill'*upnii'«i '^Àki^'SB!" * ; ; : );îi -ï

Le projet est imprimé et envoyé k toutes f M ëôkimiffi^dëîk^u^iijuë ; feus ce tftrt f fcoi proposée. 't&j.uiw; , !,-«/..■ , > ) K'iJiw,ï

Quarante jours après l'envoi riolq loiiprdp^

sëe , si dans la moitié 4$*' départemens , plus ifn , le, dixième des assembla (dfpap^jfe chacun d<*ux , nVpas réclame, le,prpjçtes^açcfplf

et devient loi.

Art. 60.

SU y a réclamation , le corps législatif fcbiivq-

que les assemblées primaires.

jDe V intitulé [des lois et des décrets,

Les lois , les décrets , les jugeroejrxs et tQ«^ l^s actes publics sont intitulés i- ^w nom dw peuple français y Fan... de. la république fr^nç^im.

Du conseil eώc*4if r ; !, \ : >j/ Art. . 6a.

Il y a un conseil exécutif Cûiçpc^é $& xiflgt-

quatre membres.

Art. 63. , ,

L'assemblée électorale de chaque département nomme un candidat. Lé cgrps législatif choisit sur la liste générale lès membres du conseil. ,

Art. 04. - - • t

Il est renouvelle par moitié à chaque législature , dans les derniers mojrs de sa session.

Le conseil est chargé de la direction et dtfj& surveillance de radtmnistràtion générale. Il ne peut agir qu'en exécution des lois otidfcs déotets du corps législatif.

Art. 66.

Il nomme hors de son sein , les agens en chef de l'administration générale de la république.

Art. 67.

, lie corps législatif détermine le nombre et les fonctions de ses agens.

Ces agens ne forment point un conseil. Ils sont séparés , sans rapports immédiats entr eux , ils n'exercent aucune autorité personnelle.

Art. 69.

Le conseil nomme , hors de son sein , les agens extérieurs de la république.

Art. 70.

H négocie les traités.

Art. 71.

Les membres du conseil , en cas de prévarication , sont accusés par le corps législatif.

Art. 72. .

Le conseil est responsable de l'inexécution des lois et des décrets , et des abus qu'il ne dénonce pas.

Art. 73.

II révoque et remplace les agens à sa nomina-

Son.

r. »i ' »'; ■. Art. 74^

11 est ténu de les dénoncer , s'il y a lieu , devant les autorités judiciaires.

Des relations du conseil exécutif avec h ; corps législatif .

Art. 75. •

Le conseil exécutif réside auprès du corps légis-

séparée

lieu de ses séances. ' ;

Art. 76-

Il est entendu toutes les fois qull a un compte

à rendre.

Art. 77.

Le corps législatif l'appelle dans son sein , en tout ou en partie lorsqu'il le juge convenable.

Des corps administratifs et municipaux.

Art. 78.

Il y a dans chaque commune de la république une administration municipale;

Dans chaque district une administration intermédiaire ;

Dans chaque département une administration

centrale.

Art. 79. .

Les officiers municipaux sont élus par les assemblées de commune.

Art. 80. j

Les administrateurs sont nommés parles assemblées électorales de département et de district.

• » . ^ V Art. 8i. • »

Les municipalités et lès administrations sont renouvellées tous leS ans pat* moitié.

, Art. 8a,

< Les administrateurs et officiels municipaux n ont aucun caractère de représentation.

Ils ne peuvent , en aucun cas , modifier les ao *8 4u ceps législatif ni e» swpendre l'exécu-

tion.

Art, 83.

( Le corps législatif détermine les fonctions des offieitets municipaux et des administrateurs , le* règles de leur subordination et les peines qu'ils pourront encourir.

, Art. 84-

Etes séances des municipalités et dès administfatkms sont publiques.

De la justice civile.

Art. 85.

Le code des lois civiles et criminelles est uniforme pour toute la république.

Art. 86.

U ne peut être porté aucune atteinte au droit qu ont les citoyens de faire prononcer sur leurs différens par des arbitres de leur choix.

' Art. 87.

La décision de ces arbitres est définitive , si les

citoyens ne se sont . pas réservé le droit de ré-

«fctt^i . ,., '■: -, ■■•■■■l .'■

Art. 88. . ' .

Il y a des juges de paix élus par les citoyens des arrondissemens déterminés par la loi.

Art. 8q.

. ; Ils concilient et jugent sans frais,

. Aa*. £b. j

Leur noBab^e et leur compétence sont réglés par le corps législatif .

Art. 91.

i: Il y a des arbitres publics élus par les assemblées électorales.

Leur nombre et leur compétence sont fixés par le corps législatif.

Art. 9!*.

Ils connaissent des contestations qui n'ont pas été terminées définitivement pat les arbitres privés ou par les juges de paix.

Ils délibèrent en public.

Ils opinent à haute voix.

IIè statuent en dernier ressort, sur défenses verbales , et sur simple mémoire , sans procédure H sans frais,

Ds motivent leur» décisions.

Art. g5.

Les juges de paix et les arbitres publics sont élus tous les ans.

De la justice criminelle.

Art. 96.

En matière criminelle , nul citoyen ne peut être jugé que sur une accusation reçue par les jurés ou par le corps législatif.

lies accusés ont des conseils choisis par eux , ou nommés d office.

L'instruction est publique.

Le fait et l'intention sont déclarés par un jury de jugement.

La peine est appliquée par un tribunal cri-

minel.

Art. 97.

Les juges criminels sont élus tous les ans par

les assemblées électorales.

Du tribunal de cassation.

Art. 98.

Il y a pour toute la république un tribunal de cassation.

Art. 99.

Ce tribunal ne connaît point du fond des

Il prononce sur la violation des formes , et sur les contraventions expresses h la loi. •

- - - ART* FOO. ^ «■• 'f\' ..

Lès membres de«e tribunal son t nommés tou*

les ans par les assemblées électorales.

Des contributions publiques.

■ '■ Art- ibi.

Nul citoyen n'est dispensé de l'honorable obligation de contribuer aux charges publiques.

De la trésorerie nationale. "

. « « , ' ' ' Art. io2.

La trésorerie nationale est le point central des

recettes et dépenses de la république.

Art. io3.

Elle est administrée par des agens comptables, nommés par le conseil exécutif.

Art. 104.

Ces agens sont surveilles par des commissaires

nommés par le corps législatif, pris hors de son sein , et responsables des abus qu'ils ne dénoncent pas.

De la comptabilité.

Art* io5.

Les comptes des agens de la trésorerie nationale et des administrateurs des deniers publics , sont rendus; annuellement, a des commissaires responsables nommés par le conseil exécutif.

Art. h>6.

Ces vérificateurs sont surveillés par des com-

missaires à la nomination dn cor ps législatif , pris hmbdetonxém, et r eSpdnïttbks cfefc aku6 et des erreurs qu ils he dénoncent 1 pa*.

Le corps législatif arrête le» comptes.

Des forces: de la République.

Art. 107^

La force générale de la république est compo sée du peuple entier.

. ; Art. io8. ... ;

* t'Ai . ' 1 . • - ' h ■ » < , ,. • . ' - ( . > L »#.

La république enjùretiçnt a $a t çofrjke >• même eji

temps de paix 7 une force « armée , de terre et

dçiTOçt. . ......

Tous les Français sont soldats ; ils sont exercés au .maiûcimspt des arabes.

• 1 ■; ' , ) ■>•■,', XmJLltT,. I lv» j - . , ; ■ (

flÀyapbintde^néèatisiUDe. .1 ; . r: .

ART. III. .-■•«■ t

La différence des grades /leurs marques distinctives et la subordmatioh ne subsistent que relatiTeneDtaU sérvice«t penobret «a.dufée. . • •- 1.- !.. *- n'Axar; tisL .

La f orot publique employée pour (maintenir l'ordite et la paix dans l'intérieur , n'agi t q»e sur la réquisition par écrit des autorités consti-

La force publique employée contre les ennemis du dehors, agit sous les ordres du conseil exécutif. ,.-... .

Art. ni. i

Nul corps armé ne peut délibérer.

Des côwvftticms tiaHonnhs.

"..-,: Art, u5. - .. .

Si dans la moitié des départemens , plus un , le dixième 'dos assemblées primaires de chacun d'eux » régulièrement fotniées , demande la révision de Facte constitutionnel , ou le changement de quelques uns de ses articles, le corps législatif, est tenu de convoquer toutes les assemblées primaires de la république , pour savoir Vil y a lieu à une convention nationale. . •.

Art. n 6.

La convention nationale est formée de la même manière que les législatures et en réunit les pouvoirs.

Art. 117.

Elle ne «occupe , relativement à la constitution , que des objets qui ont motivé sa otaVoc*tion.

Des rapports de la république française avec

les nations étrangères.

Art iï8.

Le peuple français est l'ami et rallié naturel des peuples libres.

Art. 119. , "

Il ne s'immisce point dans le gouvernement des autres nations. II ne souffre pas que les autres nations s'immiscent dans le sien.

Art. 120.

Il donne asyle au* étrangers bannis de leur

patrie pour la cause de la liberté ; il le refuse aux

tyrans.

Art. iai.

H ne fait point de paix avec un ennemi qui occupe son territoire.

De la garantie des droits.

Art. 122.

La constitution garantit à tous les Français , l'égalité , la sûreté , la propriété , la dette publique , le libre exercice des cultes , une instruction commune , des secours publics , la liberté indéfinie de la presse , le droit de pétition > le droit de se réunir en société populaire , la jouissance de tous les droits de l'homme.

(9?) ÂAT. Ii3.

La république française honore la loyauté , le courage , la vieillesse , la piété filiale , le malheur. Elle remet le dépôt de la constitution sous la sauve-garde de toutes les vertus.

Art. 124.

La déclaration des droits et l'acte constitutionnel sont gravés sur des tables , au sein du corps législatif et dans les places publiques.

Signés Collot-dTÏerbois , président , Durai* d-Maillane , Ducos , Méaule, G 68 Delacroix , Gossuiw > P. A. Lalot , secrétaire.

DEÇXlàME P1JCE.

r LA VÉKITÉ AU PEUPLE,

( * , Pi* DŒ25 PATWOTBS pB %.

Z)w 1 4 juillet y du ib août et du i3 vendémiaire.

Peuple que Ton caresse ou que Ton menace , que l'dn -élève <nx que l'on'avilit, ; seioil tes vues ambitieusès de ces hommes qui ne parlent de tes droits que pour les fouler aux pieds , de ta souveroineté que pour l'usurper ; écoute de grandes vérités; connais. la cause de tous les maux qu'on t'a fait endurer depuis thermidor an II jusqu'en vendémiaire an IV. f

Quelques abus, quelques \ actes arbitraires, inséparables d'une grande révolution, avaient empreint quelques tache* sut les grands et glorieux événemens qu'avaient produits les premières années de la République. Corriger les abus , faire cesser tout gouvernement provisoire y donner au peuple une constitution qui lui garantisse ses droits et sa souveraineté , arracher le pouvoir des mains qui en abusaient , ôter tout espoir a la tyrannie de relever sa tête hideuse, voilà ce qu'aurait dû opérer la révolution de thermidor , si l'intérêt du peuple , si le bonheur commun l'avaient préparée. Mais elle eut de funestes résultats, parce qu'elle était l'ouvrage du vice, de la

diviskm , de la haine, de l'ambition et de la vengeance ; elle tourna tout au bénéfice des roya-

listes; elle a fini par entraîner danslepréti les républicains purs et courageux, et ceux4ii même dotit on s'était servi pou» I\>pérefc\ D&kçs la calomnie dkJtiHa son poison ; Xouipatriùte , UpkX&md du peuple, tout fomdatmat de In liberté était traite de fripon, àèsaélérui y de terroriste, de buveur de mng* Ces dénominations étaient devenues, synonymes de républicains ; des jour* naux stipendiés en étaient les échos, des orai teurs corrompus en souillaient la > tribune du senat E>,s-lIoo oi^mfaa la «annule dartre, le: diserédit des assignats , l'accaparement : des niarchahdises; on ne vit plus dans le peuple qui a fait la révolution , qu'une multitude d'hommes prêts à owurber la tête devant le million dbiré , qui se dit exdifehrament : le seuveraih ; 6ni s ftppitoya sur le sert des conta^re^wlulioitiwrcs^ qui: se disaient tous victinae» de lft ;Wrteub>i^O leur \ ouvrit les. portes des prisons , qite; ^onf rente ftit hien *îte de in^icains appelés teryotist*^ çt «a chassa ceuxxci de toutes fats placés civiles, et militaires pour les confiera des émigrés rmtres* b des nobles, à des prêtres iréfàtactaifos, ton&a? èoupdevenus patriotes ppr excellence* .Aussitôt 1x0s armées iureint dééorganisébs , des tir&bistttiS' écla^ tarent; 140s arsenaux ; qui peu

géaient de tout, forent viciés , nos flottes hattues , livrées & l'ennemi , et 1 notre marine anéantie. Il fallait écarter jusqu'à la surveillance, étouffer les réclamations ( droits imprescriptibles d'un peuple libre ) : aussi les nouveaux tyrans se ha tèrrent-ils de détruire les sociétés populaires , qui avaient été les sentinelles avancées de là révolu* tion , et la ter reur des Pi tt et des Cobourg , parce qu'elles étaient des loyers d'instruction publique départaient des étincelles qui électrisaient tous les coeurs et entretenaient l'enthousiasme de la liberté ; parce qu'elles opposaient une puissante digue à l'ambition et à l'intrigue ; parce qu'elles étaient toutes autant de phares qui avertissaient les pilotes des écœils où serait venu se briser le vaisseau de la liberté.

Que de moyens mis en usage pour opérer et consolider la contre-révolution ! que de décrets liberticides arrachés & la Convention par la faction de l'étranger ! que d'émigrés rentrés et rayés sous la qualification de cultivateurs et d'ouvriers î que de prêtres réfractaires tolérés et fanatisant librement ! Les biens des royalistes condamnés, qui offraient une hypothèque solide aux assignats, furent rendus a desparens aussi coupables qu'eux; de la r lia ruine du crédit public. Une amnistie «si offerte aux révoltés chouans et vendéens , ils la

rt&aont , il» veulent traiter comme de puissance

à puissance. O comble de la scélératesse ! ô honte de notre patrie ! Traiter la paix avec Charette -, Stçfflet , Comartin , Sapino , et tous les chefè dès brigands insurgés ! les laissa: armer ! les payer d'avoir déchiré le sein de la patrie, d'avoir égorgé des milliers de républicains, et , par condition secrète , leur promettre le rétablissement de Tautel et du trône ! Des mandataires du peuple , conclure un traité si flétrissant qui souillera les pages de l'histoire , et le sénat français ratifier la honte de la première nation du monde ! Ah !

vous ne le croirez pas, races futures! Tu ne le croirais pas toi-même, peuple français, si tu n'en avais été témoin. Et c'est après deux ans de triomphes complets que tes mandataires stipulent ta honte et couvrent d'un crêpe tes trophées ! c'est au moment que tes phalanges, couvertes de lauriers , venaient de planter l'arbre de la liberté au-delà du Rhin , sur le sommet des Alpes et des Pyrénées, et au fond des marais bataves , que Ton ratifie eh ton < nom des traités honteux avec les despotes de Berlin et de Madrid, que tu avais vaincus, et qui , sans la réaction thermidorienne , seraient venus , eux et leurs coalises y demander la ppix aux conditions que tu aurais voulu leur, imposer !

.Mais ne soyons pas surpris si les comités de gouvernement étaient devenus la boîte de Pan* * 7.

dore 4 îk étaient peuplés des Bovère , des Boisjy , des Saladin , des Laumont , desÀuguis , des La-

rivière, dos Lan juinais , des Diimont , «te

tous royalistes bien prononcés , qui ne pouvaient «acquitter envers les tyran* quik serraient qu'en étouffant la liberté , en remettant le peuple sous le joug , et en égorgeant en masse le£ républicains tas plufc prononoés*

Cependant le» sang ne coulait pas encore assez abondamment sur les échafauds ; «lors on organisa sur tous les points de la République des hordes d'assassins sous le nom de compagnies dite* de Jésus et du Soleil : on envoya les Boisset à Lyon et a Bourg ; lès Cadroy , les Chambon* les Mariette v les Isn&rd^ àAix, à Marseille; et c'est & leur coupable voix qm, l'assassinat des patriotes fut mifi a l'ordre du jour dans tout le Midi; c'est sous leurs bannières que les assassins marchent , enfoncent les portes des cachot» , égorgent totit oe qui s y trouve de patriotes; ils sortent les habits dégouttans de sang; ils violent les domiciles, parcourent les rues, sabrent tout ce qu'ils connaissent prononcé pour la liberté : l'en&nt est égorgé sur le sein de sa mère , le mari dans les bras de sa femme , le vieillard auprès de son fils; et les eaux du Rhône , roulant des cadavres , vont ae mêler aux flou de lft Méditerranée, déjà teinte du sang des républicains! Et tant dé scènes d'har-

reuT se sont; prolongées sous les yeux dtiottmtestigres qui ^ iiferifnt; mandataires du peuple J et ^Convention , fcompriwiée par des feomm&i vendus h îor d« l'étranger >• ou livrée .1» «les fentitféfc prostituées, a laissa { pendant? <ftx ifltffe , te &àtfeè couvert* dé deuil et de carnagfc ! et elle n'a pas fait punir lin dewr de qualifi* hipe',,.. ' ■ •■>■ *-

Ce n'étàk pas assefc de laisser l'impunité aui égorgeurs , de corrompre l'esprit publie , d'abattre l'énergie , de comprimer l'enthousiasme de la liberté , de substituer à ces hymnes qui ojlt mèké pos guerriers kla vie toi m, les cHants homicide* qui provoquaient lés hécatombes des patriotes ; il Éajlait réduire lé peuple au désespoir , *n te lui donnant que deux onces) de mauvais pain , pendant cpieBoisôy venaitdérisoirement à la tribmnç Ae la Convention annoncer que ies subtil tances étaient assurées.

Oui, saAS doute, les subsistances ne |uan r qiiaîent pas pour le million dpré qui se gprgeadt de tout , lorsque le peuple manquait de tout et périssait d'inanition.

En quelles mains sont placées tes destinées, peuplé français ! Les mêmes hommes qui t'ont ^ affamé , trahi , ruiné et égorgé , siègent encore dans ton sénat , lorsque tu en as tu chasser , profc-

.çt}r^ et conduire à; Içchafaud ceux qui voulurent b'ofpposçr à , t&nt de décréta populîçides v arraches p%r le, perj^lde royalistne. à la Convention 7 qui 4^aais,rMe fnt plus opprimée que pendant la téM^ |i^ thqrtnidorieiXDç tl <)ui v tu les M jus* tt» jour? 4e 4^4;fe£ de scélératesse , ces fatales journées

4çaerrrafa«/ ^t de />r^/na7 , où turfus: traité <k sqMli e>yjç\ #du* , êtrs venu £ la barré 4e teàm*ri-

dataires demander du pain et la constitution cpit tu a vak librement t Solennellement ,et unanimement [acceptée. ",' •. • • . • „ : Youft vous sbuvdnez, courageux habitans des £wboun^r/QommeTousfike9cliasséB, poursuivis p4r la bande; dfarée ajœ ordres des -gouvernails $ assiégés dan3 vos ! maison^ , désarmés , embasti^ les,., et les plus énergiques de vœlfrèries jugés ntiïdtaùrement, et traînés sur le mena» écbàfaud oà coula le sang des seuls mandatais qui avaient ealë courage délever la voix dans Lé saiaft pour appuyer vos justes réclamations!..^ Vous aviez juré, vertueux Gougeon ^ Rortnnè, Duroy ^ Soubrany , Bourbptfce ^ Duquesnoy 7 deidéfçridre- lqs intérêts du peuple, cfe, mourir pour bii et pour la liberté ; vous avez tenu votre serment r^ôtre généretex dévoueraient a fait pâlir vos bourreaux ; ihaséryi la chose publique; il est gravé dans te c^eur des républicains ; il passera & la postérité, ei sera placé k coté de Celui des Gracques , des

( lOf )

Crirtiuset dps Kégulus Tu lie ttf sëutfehdft* dtf ces affreuses journées , peuple français , que péter' en vouer les abominables* auteurs kl'cxécratiôh* des races présentes et future* Tu «e pourras où- 1 hhétqué, pendant les quinfle mois quiont siiWi thermidor an II, les gouvernails ont accumule sûr toi toutes les vexations ,' tous les maux que nont jamaià endurés les esclaves sous le patriciat de Rome , letf serfà squfc les jJalatina de PoïogWè , f m même ces malheureux dont on fait xui trafic hohtmx sur les rivages africains. > ' *

Les lâches ! ils criaient h. la terreur , qui riV vait existe que contre le crime , ils eh exerçaient unecrueUecontreiavertiiéiterépubHcànismeT,.

Les scélérats ! ils disaient avoir abattu une tyr&nnie déttmvfcale ; et Jamais tyrannie n'a plus ptesi! sur toi , peuple , que celle qu'ils ont exercée pëàt^ dant quinze, mois... . Les imposteurs ! ils detersaient sur des hommes qui ti existaient plus , et que la postérité juger» , tous tes matix dont eux-* mêmes t accablaient. - Inhabiles à cori thi tfer ' les g**tide9 opérations de ceux qu'ils Venaient' de remplacer, 'ils brouillèrent' et désorganisèrent tout; Ils voulaient te firire regretter le régime mëhàrchiqiie ; mais le piège était trop grossier : tu saVai&bien înieux juger d'eux et des évérieménk' 1 , tu savais bien que ta misère qui te poignardait 'n'était pas l'ouvrage de tes amis, mais des £6u~

vernans ; tu. e'taU qrovmiHii qtrt , pendant les deu* premières ^oilé^s de U république, tes droits étaiwt respecté*, tes ennemis comprimée, l'industrie efc les arts encouragés, tes arsenaux rem*' pUs, tes flottes hiect équipées, tes pavillons flot-! tai$ sur toutes tes n»ero»t«$ quatorze armées pantov^t TiçtQfiieuf^& , lu Yeadéc détruite y tes ennemi* extérieurs en déroute, les despotes feerrifipseur lews trépes chtouéeUns et prêts a krfuber à tes gerçow t fo crédit des assignat» soutenu ; la caps-* dite des fermiers, fe$ agioteurs, riéfronée; tefll iqctcM* approvisionnés > cfc labctadando devadue ta prix des tfwmbroWes saçrifioea que ta avais faits pow- <pnquéi?i£ la liberté- ». ..',.. i Qy >H# iw sufic^w à ta»t dVwuitages ? Qod t^ea^ d&hi*?urt t> pré^té la action ther^ i^4prânne 7 f Tes^pitsontétém.é<^îw>i^^ faille* au^p^j l$z &$i*i J& iéfexmwts , tes frèrea, c^pjatfùeVj proscrite UmxGésé&i aisasainéa; k p^efôrépé agiotage^ui tu^ les répiàliqu«%siib^r tituç w commerce ^aijeaviyi^; %& ûot\#>h*tr

^ ^sjW^.^poprwsi l^y^^etUçJhfWft^ 7M$j& çéujiis&fwit leqr* foires»; l'ardwp* dessf soicfcts Républicains, paralysée f les, braves qui lea wsntymt k & yîdp iw , çhijssiés ^ rsufl^acés j>ar. A» nobles, r d$3 émigré , <fes *oyalis|,es- Trç W- YP 3p milliards d'assignats absorbés daps dix morç;

( io3 )

le riche propriétaire , lé gros marchand , l'agioteur > lacteparenr , fce par teg«r tes dépouilles , sUcer ton. sang goutté à goutte* Tu as vu la famine au milieu de l'abondance , l'extrême misère à coté du luxe le .plus débouté ; la morale publique perdue; le meurtre commande > kùpuâi; le triomphe du crime sur la vertu, la démocratie anéantie , lès marches du trône relevées , et un nouveau Tarquin prêt à y monter. Enân r la liberté périssait sans le courage de ces braves républicains tant calomniés , tant poursuivis , qui empêchèrent le massacre de la convention nationale, et sauvèrent la république dans les mé* morables journées des 1 2 , <i 3 et 1 4 vendémiaire. Ces journées,* cependant, n'ont pas. produit des résultats décisifs pour le triomphe de la démocratie , puisque les conspirateurs n'ont pas été punis; qu'ils poursuivent leur système d'assassinat , d'agiotage y d'accaparement , daVibis^Hwm du papier-monnaie, ft qu'ils trouwwt de* pttN tedtaiîs jusques dansieséhat Mais elle» n'ont pas été perdues pour toi , peuple frabçai* , ccejeuiv née* mémorables , puisque le pouvoir a &£a»* ràéhé des mains imputes qui avaient eourtiunite torts les crimes , puisqu'elles ont rendu ^ tours familles ceux des républicains qui avjri«Aa éékap^ a l'échafaud et aux poignards des bandes royales ; puisqu'elles vont donner un gouvernement dont

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la direction sera confiée a des tommes pur*, à des républicains qui ont déjà travaillé pour le bonheur commun 9 et qui feront davantage s'ils s'investissent de la confiance des patriotes qui ne savent pas composer avec les principes ; s'ils frappent impitoyablement les royalistes , les émigrés y les prêtres réfractaires > qui ne cessait de conspirer contre le gouvernement républicain , s'ils prenaient des moyens vigoureux pour faire approvisionner les marchés, pour faire baisser le prix dès denrées ; et s'ils ne laissent en place que des républicains purs , énergiques r éclairés , et qui seraient perdus avec eux si la contre- révolution s'opérait. ;

Peuple magnanime , ton salut est danç ta sublime persévérance à te roidir contre tes oppresseurs : ne dédaigne pas de les surveiller. Les maux dont ils n'ont cessé d'accabler tes. défenseurs», te les ont assez fait connaître , pour que leur astucieux civisme ne puisae plus désormais t'en imposer. Prends ta majestueuse attitude , araaè-toi de ta foudre vengeresse ., écrases-en ces modernes Titans qui osent attenter à ta souveraineté : souviens toi de tes triomphes; et s'il te resté des: périls à éviter , tu as encore dés trophées "a obtenir. ;

( io5 ) TKOUitefe Plicb.

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