PROCES
L'emprisonnement des conspirateurs et le récit ********
*■ « ment. JSJ
de la conspiration produisirent des sentimens dif* férens; affliction et stupeur chez les opprimés, frémissement dliorreur et joie féroce chez les classes élevées , qui poussèrent des hurlemens de mort contre les babouvi$te§. De nombreux papiers saisis auprès de Babeuf firent entrevoir à l'aristocratie le moyen d'anéantir le parti qu'elle redoutait. En peu d'instans les cachots de l'Abbaye se remplirent de prévenus , qui y furent traînés a travers les marques du plus vif intérêt que leur prodiguaient le peuple et les soldats. La foule encombra pendant plusieurs jours les rues adjacentes a cette prison ; mais bientôt les détenus furent séparés, et ceux qui parurent les plus compromis furent mis au secret dans les tours du Temple. Ils s*attendaient généralement à périr subitement sous les coups d une commission militaire ; Drouet les en préserva.
Drouet su»- Par la constitution dçl'an III , un député ne poui>rét & frapper, vait être juge que sur une accusation du corps législatif et par une haute cour de justice dont les jurés étaient au choix des assemblées électorales des départemens. Il fallait plusieurs mois pour former ce tribunal extraordinaire qui ne pouvait siéger près de la commune où résidait le gouvernement.
Drouet prévenu était député , et on fut forcé
de surseoir au jugement de$ autres jusque ce
** qu'on sut si , étajit accusé t il u'entr-atoerait pas à
son tribunal ceux dont il paraissait être complice.
Peux jours après son emprisoniieinent , Babeuf
adressa au directoire exécutif la lettre suivante :
Paris, 23 floréal, an IV de la république.