DISCOURS
À r/BNVOYB DU COMITÉ MONtÀGNÀÏtD,
Vous connaissez , citpyejis, les^ffotfts de quelques démocrates en faveur du recouvrement des droits du peuple.
Vous savez qu'à travers les proscriptions et les échafauds, nous eûmes assez de courage et d'intrépidité pour plaider la cause sacrée de l'humanité, et que nous avons continué jusqu a ce jour d'affronter tous les dangers pour former un parti d'opposition contre la tyrannie.
A l'époque de vendémiaire , nous ne sortîmes des cachots où nous avions mérité d'être ensevelis par elle, que pour l'attaquer de nouveau; alors le feu sacré était éteint; la masse du peuple était royalisée ; une partie des patriotes, abattus, fatigués , dégénérés dans les cachots , se trouvaient trop heureux d'en être sortis; lorsqu'ils ne s'y étaient point abattus , ils étaient disposés à pactiser avec un gouvernement atroce et usurpateur, a le servir même > à accepter ses plans. Si quelques hommes encore dignes de la liberté leur représentaient tout ce que ce traité avait de déshonorant et de honteux , la plupart s'en excusaient par
quelque chose de plus honteux encore : ils disaient avoir leur arrière-pensée , et qu'ils ne fraternisaient avec leurs ennemis que pour surprendre leur confiance , afin de pouvoir*, quand ils seraient assez forts , les étouffer, . .
Nous voulûmes apporter, {dus de loyauté dans la guerre de la vertu contre le crime. Nous atta^ quâmes ce derdier de front , nous l'attirâmes , nous fîmes jouer aux républicains un rôle plus di£ite d'eux , nous les rendîmes à leur primitive dignité ; nous déroyabsàmes aussi le peuple ; nous le désabusâmes- de la fausse opinion par laquelle les scélérats l'avaient induit à croire queî l& triste état où ils l'avaient réduit, était le résultat du système républicain ; nous parvînmes a démontrer au peuple qu'au contraire c'était le résultat dé* atroces réminiscence? dx\ royalisme , et du dépé^ rtssement de l'édifice dfe-la république ; qui ,• s'il pouvait être achevé , procurerait te muœitnwk " du bonheur. .''."• ( ■.: : »..ri-: •.;:.' -^c! '.-. r. ^••'• r 'T i
Nous eûmes l'avantage d'amener le but orîi itottë tendions par cet endoctrinement, celui de disposer les' patriotes et la masse du peuple a Renverser le gouvernement tyrannique qui existe , pour 5 en substituer un plus digne de la grande révo* lution que les Français ont eu lé cottfàgé d em treprendre. ij : . i
Nous avons senti que des joutfhâttxrévolùïion^
naires ne suffirent pas pour nous conduire k notre fin. Nous avons cru devoir, il ya déjà plusieurs mois, nous rétmir en comité de plusieurs démocrates courageux , nous organiser insurrection* nellement , et organiser autour de non» tout ce qu'il faut pour parvenir à consommer une insurrection.
. Nous avnbs fait beaucoup de choses pour cdaj iftota* ct*oyons a\ioir rassemble la très-grande pais lié des matériaux, et préparé presque toutes les 4i*po^itipn» nécessaires pcnir un tel obpt.
:Ifa»' avons des renseignémëiis sur les lieu* où sont (ks ( muni tions et sur les moyens de s'en ^ajaiuv - > j - - » » -i - * ^ • - » - • - .*,..,> *
. Hqm *Von$ des listes , des patriotes v dès kw«- Wfis ,^ oa^^ct^rr de tout Paris;: nous avons les moyew de fairelever le peuplé aupremier signal. : Nous avons plus , noùts avons ttfte organisation d'âges civile et* militaires tous disposés à agir j Noua avons tout imprimé le manifeste de! nètre
Elle étftit toute prête fe éclater > lorsque deê rw>eigji3mfc»5 qpi nou»eont parvenus et des obs^rvati(wis4}uipouôanié^é faites, no**s ont pdrtés
^Wlql^^r^u^^ réfltoWK* , :; . < , ïfcus . devons vous parler très - franchement ; nous avions résolu , pour faire cette insurrection, d#. &01J& passe* de tout ce qui avait appartenu
aux différentes assemblées .nationales. Etrangers a toutes les factions, ne travaillant que patrie peuple, nous avions cru <$ue nous ne pourrions mieux faire que d'éloigner de son gouvernement tout ce qui pourrait y apporter d'anciennes pas* sions ou d'anciens préjugés , dan* le cas d'être nuisibles a sa complète régénération,
Vous souffrirez de nous , citoyens, quelques vérités un peu fortes , elles tiennent toujours à notre extrême franchise. Nous reprochions aux montagnards de n'avoir pas fait entièrement leur devoir dans la mission qu'ils avaient rççue du peuple : nous leur reprochions de n'être pas morts pour le soutien de ses droits.
Nous craâgnkms enoore qu'en lés appelant de nouveau au timon de la législation -, Tonne vît renaître les querelles et les déchiramens , fruits naturels : des anciens pointa . de dispute dont le levain existe toujours dans les têtes de la plupart d'entre eux •
Nous nous persuadions enfin de pouvoir tout; faire et mieux faire sans eux.
Nous croyons avoir acquis , dans ces derniers jours , sinon la preuve , du moins la forte présomption du contraire , et nous n'avons pas voulu risquer la perte de la patrie.
Il nous a été fait plusieurs ouvertures par lesquelles on nous a dit que , travaillant de votre
oôté dtnfc les ntfémes vues que neus , vous désiriez que nous réunissions nos efforts
Nous, nous sommes détermines à accepter cette, proposition , d'autant plus que nous avons craint que vos mesures et les nôtres ne s'entrechoquent et ne se nuisent, et, puisqu'il faut le dire, qu'ai* moment décisif , vous ne veniez vous mettre a travers nos projets , et qu'il n'en arrive que diverses compagnies de défenseurs du peuple ne se trouvent en désaccord et n'ajoutent une guerre entre eux au-dessus de toutes celles que la république a a soutenir contre toutes ses diffe^ rentes espèces d'ennemis. Un tel malheur et toutes ses suites nous ont effrayés. Nous avons résolu de les prévenir en nous réunissant at vous. Nous vous avfans appele&pour vous transmettre cette décision. Nous désirons; qu'elle vous soit agréable , <p*f nou» puissions bien nous entendre, bien réunir et combiner nos moyens pour sauver le peuple et Farracher à la tyrannie : oublions tout pour atteindre ce but heureux.
DfX-HE UT léME PIÂCE.
Paris, 18 floréal, V an 4 de la république.
Le directoire de salut public , aux agens des
douze arrondissement .
Citoyens,
Jamais conjuration ne fut si sainte que la notre dans ses motifs et dans son but ; jamais non plus il n'en fut une dont les agens se montrèrent aussi dignes de h confiance dont le dépôt sacré leur fut confié. On ne travailla jamais dans le secret contre uii gouvernemeut perfide ,. aussi longtemps et aussi heureusement que nous lavons fait. Son inquiète vigilance a eu Beau se mettre à la torture et épuiser tous les ressorts de la plus atroce inquisition , il n!a pu encore pénétrer rien
de positif. t
Ce résultat honore le choix que nous avons fait
de vous , et nous donne la plus grande garantie
pour une confiance plus grahde encore , s'il est
possible , que celle que nous* vous avons donnée
jusqua présent. Avec deshotnmes tels que vous,
nous ne devons plus avoir de peiiséfede réserve.
Vous devez lire dans nos coeurs comme nous-
mêmes, et nous vous devons la vérité tout entière/
Dépuis plusieurs jours , notre- correspondance
avec vous est de nette côté moins actiVej le ton
est moins ferme v moins décidé , plus vacillant qu'il ne l'avait été' jusque là. Une sorte de négligence , de langueur , d'incertitude , a dû vous paraître empreinte sur notre marche. Dans quel moment cependant ! dans celui où la vigueur semblait devoir être redoublée , lorsque les patriotes et la masse du peuple demandaient à grands cris bataille , et que les circonstances paraissaient leur offrir beaucoup de chances pour la gagner. Il vous mettra à portée de prononcer si notre conduite peut néanmoins être justifiée : si elle né peut l'être il faut que vous les pyejpaiers % çt epsuite tous les patriotes dont vous dirigez l'esprit , bfâmiez à jamais , punissiez même ceux qui S£ sont chargés de les conduire. , ,
Nous pourrions npus coritejiter de vous dire qu en jetant les yeux sur nos moyens d ajtt^qyfl , nous avions des raisons' fondées pour les croire ip^uffis^s^, (fttfjpb c'est ce ? qui a dà pous faire un de^ç^.feiçj^ précis dParretpr. un élaij patriotique <p pouy^t {Jpye^ le sjgp?d fo Yçp^rjmn^m
ribje? ^ g^f^al #$e j^i^Qtfrçn}; èfxe^frj
^fflste Mff% $<$ irqjHblîpains^ tf
<$^éra#fln t Np^^ay^^^q^ujin^r^eçiic^A
finit oser , il feut êtte , pour ainsi dire v plus que téméraire. Voici en principal ce qui a occasionné 4e notre part des lenteurs apparentes.
Comme vous le savez , nous voulons tous que cette insurrection soit la dernière , qu'elle fasse enfin le bonheur du peuple. Nous avons dû prendre toutes les précautions capables d'assurer ce résultat : nws avons voulu que le zâanifeste qui la proclamerait, garantit pour premier bienfait, pour simple préliminaire de l'état de félicité que nous nous proposons de procurer au peuple ; nous avons voulue disons-nous, que ce manifeste garantît d abord la distribution aux malheureux deè biens de tous les oonspirateitrs ; qu'ensuite il fût dit que les malheureux seraient logés et meublés d$ms les maisons des conspirateurs , etc. , etc. Pour que ces changement et d'autres aussi heureux, puissent être exécutés, il faut s assurer que le pouvoir, en sortant des mains des scélérats qui le tiennent, passent dans celles des vrais, purs et absolus démocrates, des hommes du peuple , de ses amis par excellence. Comment leur faire passer : ce pouvoir? voila la difficulté qui nous a arrêtés et qui nous arrête encore : c'est la discussion de ce point dçlkàt quo| nerçs a forées à fakuèr perdre plusieurs avantages qpï auraient pu nous être précieux j et déterminer le succès du combat que nous avons à livrer.
Gagner la bataille n'est rien , si nous ne nous assurons pas de profiter de la victoire.
Voila pourquoi nous avions fait imprimer un premier manifeste au nombre de trente mille exemplaires , oii nous avions établi que le directoire de salut public substituerait^ l'autorité tyraryriique qui existe , une assemblée nationale composée d'un membre par département , choisi parjmi les démocrates les plus énergiques et les plus éprouvés , dont il présenterait lui-même la liste , qui serait approuvée par le peuple. Cette assemblée , de concert avec le directoire insurrecteur , aurait été chargée de finir la révolution et d'assurer le bonheur de tous.
Une foule de considérations nous a ensuite menés à croire que nous serions plus forts et plus certains du succès en rappelant les députés proscrits de la ci-devant Montagne , qui n'ont point participé à la violation de la constitution de 1 793 7 et. qui n ont été chassés que par la violence. Nous examinions qu'aux yeux des démocrates ces hommes formaient l'autorité légale que le peuple n'avait point destituée , et qui par conséquent existait encore. Nous ne nous dissimulions pourtant pas que cette partie de conventionnels était presque aussi coupable et aussi violatrice que les autres : d abord , pour avoir depuis le 9 thermidor réagi et laissé réagir; pour avoir
laisse démolir pièce à pièce , et sans opposition , l'édifice démocratique ; pour n'avoir pas dit le mot le 5 messidor, lorsque l'infâme Boissy-d' Angles parut à la tribune et fit adopter son code populicide ; pour avoir eu depuis la lâcheté de ne point protester hautement contre cet exécrable attentat 1 ; pour avoir enfin eu l'insigne bassesse d'accepter, pour la plupart , des missions du gouvernement usurpateur et opprimant : mais des raisons puissantes que nous vous développerons plus tard, ainsi qu au peuple, nous ont obligés a fermer un moment les yeux sur ces circonstances , et à faire de grandi sacrifices pour tirer avantage d'hommes sans lesquels nous voyons qu'il serait peut - être impossible d'arracher la patrie k l'insoutenable esclavage qu'elle endure. Nous nous résolûmes donc à nous servir d'eux ; mais nous voulions en même temps mettre le peuple a l'abri de ne pas retomber dans leurs mains sous une tyrannie nouvelle. Nous convînmes alors que nous rétablirions les restes moifts impurs de la convention , c'est-à-dire , la partie proscrite,, qui est au nombre de soixante-huit environ ; que nous leur donnerions pour contrepoids un membre adjoint pour chaque département ; et dont le choix , fait par nous et le peu-
* Ces trois dernières imputations , ainsi généralisées, me paraissent exagérées. (Noie de routeur.)
pie insur recteur , leur présenterait un front d opposition de plus de cent démocrates des plus énergiques et des plus prononces; outre que nous conserverions , jysqitk ce que lé peuple entier sait parfmtenumt heureux et tranquille , le titre et le pouvoir de comité insurrecteur de salut public. r . Nous nous sommes à cet effet concertés avec les ex -montagnards; ils avaient accepté toutes les conditions et promis de nous aider de tous leurs moyens. En conséquence \ un nouveau manifeste fut imprimé au nombre de cinquante mille, et nous allions nous mettre en mesure de l'exécution.
Le croiriez-vous , citoyens ? ces conventionnels se sont ravisés et sont venus nom dire qu'ils ne voulaient plus donner dte garantie aux patriotes contre leur tyrannie prévue ; ik sont yenrçs nous dire qu ils ne consentaient plus à l'adjonction parmi eux d'un démocrate de chaque département, c est-à-dire qn'ils demandent que Von4étruise une oppression pour en mettre une autre, qus Ton renverse celle d'aujourd'hui pour établir la leur.
H$ appuient leur prétention des plus miserais sophistes , et ils comptent à pevi près pour rien une seule raison que nous croyons excellente : c'est celle que nous ne voulons abattre le
règne des coquins que pour asseoir très-solide* ment cehii du peuple.
YoiUi, nos amis, bien franchement ce q«i nous a arrêtés. Nous en sommes encore Mu Ces honnêtes montagnards nous tiennent en échec ; et pour l'intérêt de leur ambition ou; 4e leur morgue 1 iLs ne Rembarrassent pas si , tandis qu'ils en 'disputent le prix 7 la patrie est exposée à périr a jamais. Il est malheureux , nous le répétons, eve des circonstances que nous né poutL pai\*us expliquer h présent, non s for™* à ne pouvoir guère nous passer d'eux.
La conclusion de cette lettre est de vous dire que^ si nous le pouvons , nous nous en passerons néanmoins, et que, si nous ne fe pcwvons pas , il faudra diriger le peUpledé manière à prévenir le mal qu'ils pouvaient >ncm^ nout faire , de manière fe leui* opposer malgré eux le contrebalancement qu'ils rejettent : ■ ■
Le peuple nous accise d'inertie. Qu'il est déplorable que nous ne puissions pas, comme à vous, lui dire ce .qui nous entrave ! Nos écrivains populaire* ne le pourraient sans compromettre les choses les pjus essentielles. Daïfc (jette <pttition bien fâcheuse pour ftotts, détrompefe au moins les .'patriotes , bon pas en leur trarisiriettsft twuAe^ lès particularisés qufe nous veildfi* de déposer exclusivement dans votre sein , mais en
les assurant que leurs meneurs méritent toujours la confiance , et en lés exhortant à patidnter et a soutenir leur énergie , qui, dé façon ou d'autre , n'en â plus que pour très-peu de jours à être retenue. * ' "
Il feut mourir ou vaincre ; il vaut mieux mourir dans une lutte glorieuse , que d'attendre l'assassinat par un des mille moyens qu'emploient et qu'emploieront nos tyrans.
Attendez donc toujours très - incessamment l'instant décisif. Ne vous alarmez pas plus d'une manière que dé l'autre, dans le cas du vous verriez , comme dans celui où vous ne verriez, pas des débris de la montagne à coté de nous ; mais retenez pour une de «vos plus importantes instructions, celle d'entourer le comité insurrecteur d'une* grande: masse, de force populaire 7 au,mo» menlï, où iL pourra arriver qu'il se riende à la séance de la convention ressuscitée v pour h*ilntimer U volonté du peuple, afin d'assurer les heureux effets de l'insurrection v et ce que le peuplé prétendra qui soit sur-le-champ , ce qu'il entendra qui soit mis a coté du squelette conventionnel, pour garantir l'accomplissement de la totale régénération qu'il faut opérer.
. P. S. Dis-nous sur-le-champ si tu as préparé les guidons : c'est .un point de détail f mais qui est essentiel. . /
N. B. Du 18», à neuf heures du soir. Nous apprenons à l'instant que les montagnards se rendent aux argumens pressans que nous leur avons fait itérativement valoir. Ils consentent définitivement à tout ce que nous voulons : ainsi Ton va presser extraordinairement les momèns. La conclusion de notre lettre , relative à la démarche du peuple en masse à la suite du comité ijisurrecteur ; cette conclusion , disons - nous , tient toujours , et la mesure qu elle demande vous est tres-particulièrement recommandée.
LJBÈRTÉ, . ÉGALITÉ»
' ' BOÎNteEUR COsÀlUïr, OU LA MOlte
࣠germùaal ,1 Twi 4,
ïlaitteur de la lettre de Frari6-lÂbre\ aux frères républicains du dîrêôtoirë insurrecteiïr.
républicains , fes instructions et le brevet d'agent secondaire que Votre confiance m'a accordé par l'organe du frère D. T. H. J'espère justifier bientôt l'opinion que vous avez conçue de moi , sinon par mes talens , au moins par mon zèle , ma constance , mon courage , et surtout ma discrétion:
A la connaissance particulière que j'ai de Paris/ bù j'ai demeuré huit ans , je joins celle , plus précieuse encore , de l'esprit militaire , que j'ai étudié sous tous les rapports , en observateur , durant sept ans, et essentiellement durant les campagnes depuis cette guerre : c'est d'après ces connaissances que j'ai cru devoir tracer les réflexions suivantes que je soumets à votre sagesse.
C'est vraiment se tromper que de croire que les mêmes stimulans qui ont opéré l'insurrection des corps militaires en#9, puissent encore servir efficacement pour une nouvelle insurrection au-
jourd'hui : la machine a une autre forme , doné il faut une autre combinaison dé ressorts pour là mouvoir. Je m'explique.
Sous le régime monarchique, le soldat était moins esclave qu'il île Fést aujourd'hui , il est vrai; mais il savait qu'il était esclave , parce qu'on ne le lui dissimulait pas , iet <|iie ses officiers n'cfubliaient rien pour le lin rappeler sans cesse ; la distance immense qu'il y avait entre eux et lui, lui faisait sentir trop vivement son avilissement.
11 eh résulta en ' 1 7 89 que le soldât èmbfaàsà la cotise populaire bien moins par amour pour la* liberté et l'égalité , dont il ne pouvait avoir alors tju'une idée confuse , que par la haine invétérée qu'il portait à fces bffiëiers; haine doht lexplosioti fut d autant plus terrible , qu'elle avait été longtemps comprimée : cette haine , ce levain filt alors , sinon le seul , au moins le plus fort ressort qui fit insurger nos armées, et cette vérité est trop évidente potar être contestée. ;
Aujourd'hui tout est différent : excepte' dans les grades supérieurs seulement , là presque totalité des officiers est composée de ci-devant soldats qui n'ont que leur soldé pour vivre , laquelle sef réduit pour Un chef de bataillon à environ huit àous effectifs par jour ; ce qui oblige la plupart des officiers , capitaines et autres , a manger a la gamelle de leurs soldats, et ëoiÉiéquemmertt k
çqolT a ^v la , pU^s intime familiarité avec eux, pette égalité de misère* entre le soldat & l'officier produit une amitié , un attachement ft une conftapçe rf çjpqoquçs 9 : opposes à ce qui existait avant: 89. il. en résulte;, que le soldat, habitué, candie tous l^es hommes , k juger soi> sort par 1^ comparaison qu il en f^it avec celui des autres ,, prouve, en considérant ses officiers , qu'il y a trop mu de différence -d'eux à lui «pour leur portes; oçaucoup envie ; et l'officier qu'on berce de Tesr poir d'un prochain. meilleur sort, fait partager ce chimérique espoir au soldats ce qui les console et les endort mutuellement dans une léthargique stupeur. En outre, l'état civil actuel offre à la plupart des militaire; un sort pis encore que çe-r lui qu'ils éprouvent sous le mqusquet en ce mof ment , c? qjuj ne contribue pas peu à les teni? servilement souMe jflHSr i
Um t dira^-w» parmi les officiers f qui ne sont pas tous des automates , comment ne s^n trouver t-il pas qui dessillent les yeux dç leurs camarades? Comment ! la raison en est simple ; tons ceu* à qui le /véritable &t le seul amour de la liberté avai$ fait prendre les armes , se sont 1 autant qu'i^ l'ont
pi} (1) rptîjçs du,s^vice fi d^)n^;le 9 tbermidflr t
c'est-à-dire, depuis que ;. la cau?e quik paient eBtrenris de défendre, a été renversée. L'impôt sibiljtéde se étirer en ayait encore fiait orçster
quelques*!!»; mais le directoire ^écutif^qni fte Tcnl! que des êtres eskentielleroeat <ûhâ5$au9„ a écorné jour à <jeS dernier^ de se' retirer r par*$bii arrête du 6 du courant swf lfl|notfyelle orgaftfefr tion de Farinée. Il doit donc en résulter qu'il ay
aura plus désormais pour elfcier s qw de o*6 êUifô <jtti 1 dépourvus- de fortune t de talens «tdjei ressources , vieillis d'ailleurs dans l'esclavage , /seront incapables de désobéir 1 par la crainte de perdre des épbulettes qu r ib considèrent erounË le wc pius uldrà de leur bonheur ptfsaiWk;; que 4g ces êtres tiàfin qui, sous le règns 4es rois, s$ trour vaient honorés de porter ks.gaJtanâ d^e lame sut là manche, jet de donner des coups de plat dfc Sabfeailx soldats. Voilà justement le* officiers qfui conviennent aujourd'hui au^uye«tawent actuel . Quant aux; soldats en gene'i&l, ce me so^t ph# ces brûlans défenseurs de la liberté de j 793 etlg&t ta majeuite partie de ces feravfes e*t restée ( au champ de l'honneur j la masse (de c4ux qui rdstaift est composée de campagnards tféquisifronnairea, qui servent k liberté comme les ibrçatà servent sur les galères. Dans un bataillon de quatre cmts hommes en a peine souvent a trouver qwirawte soldats qui sachent un peu lire et écrire. Iles jaunes gens des villes un peu instruit* ont presque tous trouvé des moyens pour ietsèustnôré tu service. L'unique objet des voetn de la plupart
( *rt )
dès soldats (que par erreur on nomme encore voktfitair**) , leur vœu , dis-je , est de retourner bien vite dans leurs foyers; et je peux assurer qtfil en est mille qui tiennent si peu à la révolution , qu'ils donneraient volontiers la république pour un gâteau de leur village. Mais aussi nous en avons en revanche environ un tiers qui , soldats par métier et destines a l'être , n'importe sota quel régime , sont très-propres à tout quand on sait les employer : ce sont la plupart de vrais crânes , qui entraînent toujours les timides et les apathiques par leur ascendant. Pour mettre ces hommes en mouvement, il ne leur faut pas de beaux ni de longs discours ; du vin et 1 espoir du pillage suffisent ': sans ces deux choses , il ne faut rifen en attendre. La convention connaissait bien cette recette : le î 3 vendémiaire , elle sut en faire un bon usage. •
La troupe à cheval en général est de là classé des derniers dont je viens de parler, surtout les dragons , hussards , chasseurs.
t D'après ces observations générales, je vais vous tracer les moyens que , selon mon avis , il con-< viendrait d employer pour opérer la résurrection générale désirée :
i° fhpis nos écrits et discours saper à force les généraux et leurs états- majors 7 mais ménager les officiers subalternes. :
a? Provoquerai non la désorganisation de» corps, a« moins l'indiscipline , le plus passible ; afin de pouvoir après opérer, si besoin en «tait, la dissolution. il
3°. Parler à-la-fois du pillage dès riches et de congés absolus, on saura éluden VaccqiBplissemeB t des promesses suivant les circonstances ; cependant ne pas trop parler de 1 égalité absolue , car les chefs , chouans , ont prémuni depuis long-temps l'esprit des militaires contre ce système , au point qu'ils le croient non-seulement impossible , mais même en général ils pensent que c'est la marque certaine pour reconnaître les royalistes. Ceci paraîtra étrange , mais ce n'en est pas moins vrai.
Et 4° enfin , lorsque le jouir du grand œuvre approchera , il serait r à mon avis , très-essentiel d'établir des espèces de bals dans des guinguettes voisines des casernes , là on attirerait les soldats , et là , en les faisant boire , on monterait adroitement leur esprit à la hauteur nécessaire.
Je vous offre , frères républicains , ces réflexions dans Tin tention de vous consulter. Si vous trouvez mes opinions bonnes à suivre , je vous prie de me le faire savoir ; je vais m'occuper ces jours-ci dW ouvrage que j'intitulerai Dialogue entre Jambede-bois et Franc-libre. Ce dialogue roulera sur le détail de la misère et de l'avilissement actuel du soldat , comparé au sort dont il jouissait en 92.
Cefceuhrrage, enr^yie sollMes^p&v&^A^près (ahtaht que 3e loisir me le permettra) sum xl'un attire intitule' : Réponse de la Terreur à Franclibre.
' J'ai taet rehi rinstinotien , «t je la relirai entière pour m'en pénétrer et la suivre peiic&iette*
»! :;> . ; Sajtft fraternel
■ Cette lettre est du traître Grisel.
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