‹ Conspiration pour l'égalité dite de Babeuf (volume 3)Chapitre 12 sur 46 · PROCÈS · texte numérisé non relu

PROCÈS

L'emprisonnement des conspirateurs et le récit E.nprisontiede la conspiration produisirent des sentimens différens; affliction et stupeur chez les opprime's, frémissement d'horreur e t j oie féroce chez les classes élevées, qui poussèrent des hurlemens de mort contre les babouçistes. De nombreux papiers saisis auprès de Babeuf firent entrevoir a laristocratic le moyen d'anéantir le parti qu'elle redoutait.

En peu d'instans les cachots de l'Abbaye se rem- . plircnt de prévenus , qui y furent traînés k travers les marques du plus vif intérêt que leur prodiguaient le peuple et les soldats. La foule encombra pendant plusieurs jours les rues adjacentes à cette prison ; mais bientôt les détenus furent séparés, et ceux qui parurent les plus compromis furent mis au secret dans les tours du Temple. Ils s'attendaient généralement a périr subitement sous les coups dune commission militaire; Drouct les en préserva.

Di ouet sus- Par la constitution de Fan III , un députe ne pou-

pend le glaive , ^ . , .

pictàfrappcT. vait être juge que sur une accusation du corps législatif et par une haute cour de justice dont les jure's étaient au choix des assemblées électorales des départemens. Il fallait plusieurs mois pour former ce tribunal extraordinaire qui ne pouvait siéger près de la commime oii résidait le gouvernement.

Drouet prévenu était député , et on fut forcé

de surseoir au jugement des autres jusqu'à ce

• q]a on sut si , étant accusé , il n'entraînerait pas à

son tribunal ceux dont il paraissait être complice.

Deux jours après son emprisonnement , Babeuf adressa au directoire exécutif la lettre suivante :

Paris , 23 floréal , an IV de la république.

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