‹ Conspiration pour l'égalité dite de Babeuf (volume 3)Chapitre 2 sur 46 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Un moment avant notre condamnation , Babeuf et Dartlié "^ reçurent de moi, sur les bancs de la hautecour de Vendôme , devant la hache aristocratique qui allait les frapper , la promesse de venger leur mémoire , en publiant un récit exact de nos intentions communes, que l'esprit de parti avait si étrangement défigurées. Prés du terme de la vie , il est temps que je m'acquitte de cette obligation, que plusieurs circonstances m'ont empêché de remplir plus tôt.

D'autres devoirs, une longue et rigoureuse détention, suivie d'une surveillance plus longue et souvent fort gênante, sur trois extrémités opposées de la France , m'ôtérent pendant long-temps la possibilité de discuter , avec des témoins oculaires , les causes des grands événemens de la révolution, et de me procurer quelques pièces qui m'étaient nécessaires pour éclaircir certains faits que je me proposais de faire connaître. Cependant il

' La peine de mort venait tl'<!!trc requise contre eux , et celle tic la déportation contre Germain , Moroy , Cazin , Bouin , Mt^ncissier, Blondeau et moi.

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m'eût été possible de publier cet ouvrage beaucoup plus lot, si je n avais été arrêté par la erainte de fournir de nouveaux prétextes aux animosités et aux persécutions. Aujourd'hui, pressé par l'âge, je me décide à le faire paraître , avec d'autant plus d'assurance, que d'un côté , les hommes de l'époque ontj^resque disparu, et que de l'autre, les doctrines politiques actuelles étant à une distance infinie de celles que professaient les démocrates de l'an IV de la république française , nul rapprochement dangereux n'est plus à redouter. D'ailleurs il est juste que le parti démocratique soit enfin connu sous ses véritables couleurs.

Ayant à rendre compte d'une entreprise fort audacieuse , j'ai du faire voir comment nous y fumes conduits , et il m'a semblé que je ne pouvais le faire qu'en rappelant l'état où était alors la révolution, les phases successives qui l'y avaient amenée, et les vertus ou les vices qui nous paraissaient avoir exercé sur elle quelque influence. Aussi ai-je commencé ma narration par un aperçu rapide de cette révolution, jusqu'au temps où se passèrent les événemens que je raconte : je n'ai pas prétendu en écrire l'histoire , et n'ai voulu que peindre les impressions que nous en avions reçues.

Pour remplir la tâche que je me suis imposée , il ne suffisait pas de narrer ce que Babeuf et ses amis firent ou voulurent faire , afin de mettre leur plan à exécution , il fallait aussi expliquer le but final qu'ils se proposaient, et dire comment ils s'en

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démontraient la justice et la nécessité : j'ai donc dû faire marcher de front le récit des faits avec le développement de leurs doctrines et de leurs projets.

Mes souvenirs , les écrits des conspirateurs , les pièces de la procédure qui fut instruite contre eux , et quelques fragmens , jusqu'ici inconnus sont les sources où j'ai puisé tout ce que j'affirme relativement à la conspiration.

Tous les papiers ne furent pas saisis par la police ; quelques-uns de ceux que Babeuf n'avait pas auprès de lui , furent détruits par de trop prudens amis : j'ai pu en recouvrer d'autres que je publie dans l'état d'imperfection où ils m'ont été remis.

Je n'ignore pas que les principes politiques et économiques que j'ai dû exposer, rencontreront beaucoup de désapprobateurs ; ce n'est pas une raison pour ne pas les publier: d'autres prétendues erreurs sont devenues des vérités incontestables. N'est-il pas des hommes que le clinquant de la société civilisée et les systèmes prônés par ceux qui s'arrogent le droit de diriger l'opinion , n'éblouissent pas? Ils apprécieront peut-être l'importance de ces principes, et donneront quelques regrets à la mémoire des citoyens courageux qui , pénétrés de leur justice et fiers d'exposer leur vie pour les soutenir, les scellèrent enfin de leur sang.

Fortement lié à eux par la conformité de nos senlimens , je partageai leur conviction et leurs efforts, et si nous nous trompions, notre erreur était

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au moins complète : ils y pcrsévéréïent jusqu'au tombeau; et moi , après y avoir depuis et long-temps réfléchi, je suis demeuré convaincu que cette égalité qu ils chérissaient, est la seule institution propre cl concilier tous les vrais besoins, à bien diriger les passions utiles, à enchaîner les passions dangereuses , et à donner à la société une forme libre, heureuse, paisible et durable.

PlIlLIPPK BUONARROTI.

Parmi ks partis qui firent prendre à la ré- partis et leur* volution française tant de couleui's diverses , il en ^^'^^j^'^'"'^*

■> ' pendant la

est un qui doit fixer les regards du sage, par le révolution

1 , i 1 •! française.

dévouement constant avec lequel il consacra ses efforts a la délivrance réelle de Thumanité.

Tandis que Tambition, la jalousie , Favidité et l'amour irréfléchi des innovations entretenaient une lutte déplorable entre des hommes dont les uns combattaient pour rétablir lancicnne monarchie , d'autres pour placer sur le trône de France une dynastie nouvelle , d'autres enfin pour transporter le pouvoir d'une caste à une autre caste , les uns et les autres pour s'attribuer exclusivement lautorité et les jouissances dont elle est la source , il se forma lentement une classe de citoyens qui , mus par des principes bien différcns , désiraient aussi un grand change- 1 ment politicjuc , mais un changement op[)osé aux ^

vues et aux passions de tant d'instigateurs intéressés de troubles civils.

On vit en effet plusieurs sectes politiques chercher Il donner à la France de nouvelles formes d'administration ; mais peu d'hommes aspirèrent, en faveur de la masse du peuple , à la réforme entière de la société.

C'est ainsi que la foule de ceux qui figurèrent sur la scène de la révolution , bornèrent leurs efforts à faire prévaloir un ordre de gouvernement sur un autre , sans trop s'occuper du sort de ceux en faveur de qui tout gouvernement légitime doit exister : c'est ainsi que tant de prétendus législateurs ont cru avoir fondé une république, par cela seul qu'ils avaient condamné un roi , et substitué l'autorité de plusiem-s à celle d'un seul.

L'intérêt et les principes furent les causes de nos divisions pendant la révolution. Tandis que les uns défendaient un système parce qu'ils le croyaient bon , d'autres en bien plus grand nombre se jetaient dans le parti qui leur paraissait plus favorable a leurs vues de fortune ou d'ambition : les premiers suivirent constamment la voie qu'ils s'étaient tracée, les seconds changèrent de conduite au gré des circonstances et des passions.

Ce ne fut cpc successivement que l'on put

attiiliuer a chaque secte pollticjuc son caractère particulier ; car plusieurs cFentre elles durent paraître agir clans le même sens, tant quelles eui'cnt des ennemis communs a combattre. A chaque pas vers un nouveau degré' d'amélioration , il se forma une nouvelle classe dopposans intéresse's au maintien des vices contre lesquels il était dirigé.

Si quelques nobles de rassemblée constituante parurent populaires à l'aurore de la révolution ^ ils ne tardèrent pas à suivre une route opposée , dès que les premiers vœux pour la véritable égalité se firent entendre : si d'autres s'élevèrent contre la famille régnante dans le dessein de lui en substituer une autre , on les vit se ranger sous les drapeaux de la royauté , lorsque l'espoir fut enlevé a toutes les dynasties : si des prêtres applaudirent aux efforts des réformateurs contre les usurpations du haut clergé , ils devinrent les plus acharn(;s propagateurs du fanatisme , aussitôt que la nation se refusa a l'entretien de toute espèce de culte : si ceux qui avaient voulu exploiter à leur profit la royauté constitutionnelle se montrèrent, dans les mêmes vues, républicains, ils furent en opposition ouverte avec les plus ardcns défenseurs de la répul)lique , dès que le peuple prétendit (qu'elle fût la chose de tout le montle.

A travers les orages que devait nécessairement

produire le mélange de tant d elémens discordans , les hommes qui , depuis le commencement de la re'volution , avaient conçu l'espoir d'asseoir en France lempire de la vraie justice , saisissaient avec empressement les occasions fréquentes que pre'sentait une si grande fermentation, pour habituer leurs concitoyens il re'flëchir sur leurs droits, et pour les amener graduellement à désirer la chute de toutes les institutions vicieuses qui leur en interdisent la jouissance.

Les passions utiles ou dangereuses qui agitaient les Français en différons sens , ont été, pour ainsi dire, représentées dans les assemblées qui ont exercé , depuis la révolution , le pouvoir suprême : là se développèrent les vices les plus abjects et les vertus les plus sublimes : la fut donné le signal de tant de combats : la les membres de diverses sectes politiques saisirent et firent naître les occasions d en faire prévaloir les systèmes et les intérêts.

Le parti qui demeura constamment attaché à la cause du peuple , vit à des époques marquées , se séparer de lui pour s anéantir, les factions qui avaient concouru au triomphe de ses projets, jusqu'au moment où ils furent en contradiction avec leurs vues particulières.

Tant que la monarchie exista en France, le parti républicain parut très-nombreux , et quoi-

qu on eut depuis long-temps aperçu les dififerences essentielles qui nuançaient ceux qui se rangeaient alors sous les bannières de la république, le lo août 1792 \it combattre contre la cour une foule d'hommes qui se divisèrent ensuite , et parmi lesquels il en est qui ont défendu depuis la cause des rois.

On comptait au nombre des combattans contre le gouvernement royal et de ceux qui applaudirent a leur triomphe , les hommes qu'animaient la jalousie et le ressentiment , et ceux que la probabilité d'une régence ou d'un changement de dynastie flattaient par l'espoir d'une prochaine influence; cependant tout porte à croire que la plupart voulaient alors un gouvernement républicain, quoiqu'il y eût entre eux de grandes divergences, et sur ridée qu ils s'en formaient , et sur les passions qui le leur faisaient désirer.

Tous les systèmes de politique et d'économie publique servirent de motifs ou de prétextes aux dissensions de la convention nationale. Les uns prônaient l'influence exclusive de la classe favorisée par la fortune et par l'éducation ; les autres regardaient la participation de tous à la souveraineté comme une condition essentielle du bonheur et delà tranquillité durables de la société; ceux-Ki soupiraient après les richesses , les superfluités et l'éclat d'Alhèncs ; ceux - ci voidaicnt la frugalitd,

lîi simplicité et la modestie des beaux jours de Sparte.

Cependant , ce n'est pas bien rendre la nature de ces dissensions , que de les comparer aux systèmes politiques des anciens : il faut la chercher dans nos mœurs et dans nos connaissances en droit naturel.

Ce qui se passa en France immédiatement après la création de la république , est a mes yeux Texplosion de la discorde toujours subsistante entre les partisans de l'opulence et des distinctions d'un côté , et les amis de Tégalité ou de la nombreuse classe des travailleurs de Tautre. systcmc ^" rcmontaut plus haut, on trouvera la source a\ goïsmc. Jes discussions qui eurent lieu à cette époque, dans la doctrine anglaise des économistes ^ d'une part , ^ et de l'autre , dans celle de J.-J. Rousseau , Mably et qu(ilqucs autres sages modernes.

llapptîlons - nous (jue de nombreux écrivains ont fait consister la prospérité des nations dans la multiplicité de leurs besoins, dans la diversité toujours croissante de leurs jouissances matérielles , dans une immense industrie , dans un commerce illimité , dans la rapide circulation des

» Je comprends sous cette dénomination les écrivains et les administrateurs qui ont voulu soumettre à des réglemcns l'industrie et le commerce, ainsi que ceux qui ont opine pour leur laisser la liberté la plus étendue.

mctaux nionnoyes et , en dernière analyse , clans ïinqiiiète et insatiable cupidité des citoyens *• Tantôt on a prél<ére lentassement des propriétés territoriales en peu de mains , tantôt on s'est prononeé pour la multiplieation des petits propriétaires; et tandis que les uns onteru la misère et l'abrutissement de la partie produetive néeessaires a l'opulence et à la tranquillité du tout , d'autres , en offrant la liberté illimitée de l'industrie et des transactions comme un moyen de remédier à l'inégalité établie , ont frayé le chemin à une nouvelle corruption et à de nouvelles inégalités.

Dès qu'on eut placé le l)onlieur et la force de la société dans les richesses , on fut nécessairement conduit a refuser l'exercice des droits politiques à tous ceux qui n'offrent pas , par leur fortune, une garantie de leur attachement à un pareil ordre , réputé le bien par excellence.

Dans tout système social de ce genre, la grande majorité des citoyens constamment as-

• Il fut toujours difncile aux ho)nincs de s'entendre pour établir un ordre social raisonnable. Ce fut par le commerce des superfluitJs et par les arts de luxe , que nos pères arrachèrent sans violence aux favoris de la fecxlalitc' une partie de leurs richesses. D<*s esclaves devenant ainsi nt'ccssaircs à leurs maîtres, en afTaiblu'ent la puissance. Un mal qui servit de remède à un autre fut pris pour le suprême bien, au point, que pour beaucoup de gens, la libertt' nV»t autre chose que la faculté illimitée d'acquérir.

siijcttic a des travaux pénibles, est condamnée de fait a languir dans la misère, dans Tignorance et dans resclavage ^ .

sy lèine Rousseau proclama les droits inséparables delà <i ^g 'i'i« nature humaine ; il plaida pour tous les hommes sans distinction ; il plaça la prospérité de la société dans le bonheur de chacun de ses membres, et sa force dans l'attachement de tous aux lois. La richesse publique est pour lui dans le travail et dans la modération des citoyens , et la liberté réside dans la puissance du souverain, qui est le peuple entier, et dont chaque élément conserve l'iniluence nécessaire à la vie du corps social par leffet de l'impartiale répartition des jouissances et des lumières.

Cet ordre social qui soumet a la volonté du peuple les actions et les propriétés particulières , encourage les arts utiles à tous, proscrit ceux qui ne flattent que le petit nombre , développe sans prédilection la raison de chacun , substitue a la

I Du grand nombre des salarie's et du petit des salarlans resuite nécessairement la misère des premiers. L'ignorance est, à la fois 5 une ne'cessité pour les travaillans surcharge's , et une pre'caution pour ceux qui ont rejette sur eux leur propre fardeau. De la misère et de l'ignorance naît chez nous l'esclavage , qui est partout où les hommes ne peuvent ou ne savent pas faire usage de leur volonté'.

Dirai-je que les économistes ont enfin trouvé un remède aux maux qui résultent du trop grand nombre des salariés ? Ils conseillent aux ouvriers de ne pas faire tant d'cnfans. Jiisiim tcneatisl..

cupidité lamoiir de la patrie et de la gloire , fait de tous les citoyens une seule et paisible famille , assujettit chacun à la volonté de tous, personne a celle d'un autre, fut de tout temps lobjet des vœux secrets des vrais sages , et eut , dans tous les siècles, d'illustres défenseurs : tels furent dans l'antiquité, Minos, Platon, Lycm^gue et le législateur des chrétiens ; et dans les temps plus rapprochés de nous, Thomas Morus, Montesquieu ' et Mably^. On a nommé ordre d'égoïsme ou Ôl aristocratie 3 celui des économistes , et celui de Rousseau ordre d'égalité ^.

» Esprit des lois , liv. 4 » chap. 6.

2 Principes de Ldgislation et ailleurs, ;jrt55//w. — Mably considère la communauté des biens , comme le seul ordre conforme au vi"ai but de la société, qui est le bonheur durable de tous ses membres. Selon lui , tous les maux qui affligent la société humaine étant les cfTets de l'avarice et de l'ambition , la politique se réduit à l'art de comprimer efficacement ces passions : l'avarice ne peut <*'tre étouffée que par la communauté des biens ; celle-ci détruit la propriété; individuelle, et diminuant en même temps les attraits du pouvoir, elle est un rempart contre l'ambition , qui doit être aussi contenue par les mœurs et par les institutions.

3 Cette dénomination a pour objet de faire entendre que , dans ce système , le ressort unique des scntimens et des actions des citoyens, est l'intérêt purement personnel et indépendant de tout rapport avec le bien général.

4 L'égalité , dont l'idée est la base de la sociabilité et la consolation des malheureux , n'est une chimère qu'aux yeux des hommes dépravés par l'amour de la richesse et de la puissance.

Tout système et toute passion à part ,%uel est l'homme qui, au fond de son cœur, ne reconnaisse un égal dans un individu de son espèce quel qu'il soit ? Quel est l'homme qui, placé dans la même situa-

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Des que Ton put saisir les tendances des différentes sectes politiques qui s'agitèrent sur le théâtre de la révolution , les esprits égares par des cœurs corrompus s'attachèrent aux promoteurs de V ordre d'égoïsme, et les cœurs purs , dirigés par

tion, n'éprouve un égal frémissement de pitié, à l'aspect des souffrances de chacun de ses semblables ?

Ce sentiment , effet de nos premières expériences, est justifié par la raison qui nous enseigne que la nature a fait les hommes égaux: mais comment et en quoi ? c'est ce qu'il importe de bien connaître.

Ceux qui approuvent les inégalités sociales, prétendent qu'elles sont inévitables , parce que , selon eux , elles tirent leur origine de celles que la nature a mises entre les individus de l'espèce humaine.

Les hommes , disent-ils , différant naturellement par le sexe , par la taille , par la couleur , par les traits , par l'âge et par la vigueur des membres, ne peuvent être égaux ni en puissance, ni en richesse -, l'égalité, soit naturelle , soit sociale , est donc un véritable être de raison.

Cependant , de ce que les différences dont nous venons de parler existent réellement , s'ensuit-il que les inégalités d'institution en sont les conséquences nécessaires ? A ce compte , l'opulence et l'autorité iraient toujours de pair avec la force , avec la grandeur , avec la beauté ; ce qui n'est pas vrai à beaucoup près.

Il est , entre les hommes , disent les partisans de l'inégalité , une autre différence naturelle qui en met nécessairement une dans leurs lumières et dans leur position sociale ; c'est celle de l'esprit. On est allé jusqu'à prétendre reconnaître dans les éminences plus ou moins saillantes du cerveau , les signes infaillibles de nos penchans et de nos passions.

Cependant un sentiment secret paraît nous avertir que les cho^/es n'ont pas été ordonnées ainsi par l'auteur de la nature , et que , si les hommes communément bien organisés , n'ont pas tous la même aptitude à l'esprit , la différence qui existe entre eux sous

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