‹ Conspiration pour l'égalité dite de Babeuf (volume 3)Chapitre 26 sur 46 · XI · texte numérisé non relu

XI

voudrait passer pour principal auteur dans une scène politique ; il sera assez temps de cueillir les applaudissemens de nos frères quand nous les aurons sauves : or donc , il nous parait très-praticable que les agens principaux stimulent, alimentent et guident 1 énergie du soldat, sans presque en avoir Fair ; car, puisqu il ne s'agit que de fixer son attention sur la violation de tous les droits du peuple, et sur letat cruel et déplorable ou est maintenant réduit le citoyen et le soldat , les entretiens habituels , les discussions fréquentes que nous disions que vous fassiez naître sur ce sujet important , peuvent s'engager par le seul moyen des journaux et autres écrits populaires , et il ne vous sera pas difficile de transmettre ces écrits, soit directement, soit indirectement, d'une manière sans conséquence , peu marquée et telle que vous puissiez n être partout que comme simple observateur.

La dissémination des écrits étant donc le principal moyen sur lequel nous comptons , pour engager les discussions sérieuses dans l'habitude desquelles nous voulons entretenir le soldat , nous vous recommandons ce moyen. Le choix de ces mêmes écrits ne vous sera pas difficile , et vous distinguerez aisément ceux frappés au bon coin. Au surplus, ce sera le directoire de salut public qui vous en fera passer , pour distribuer en suf-

fisante quantité : outre des écrits, tous autres moyens d'agir et de faire agir vous seront encore fournis quand il en sera besoin. Ceux des journaux , dont nous vous avons parlé , vous serviront en grande partie de boussole et d'instructions générales après celle-ci. Ils ont prêché jusqu a présent nos principes et ceux de tous les vrais démocrates ; nous croyons qu'ils continueront , et que vous reconnaîtrez toujours dans leur doctrine notre doctrine : Fappuyer ou Tapplaudir , voilà presque où peut se réduire votre rôle ostensible ; et pour cela vous n'avez point à sortir du cercle des démonstrations qui ne peuvent faire voir en vous que de simples acteurs , de simples auditeurs et assistans comme tous les autres. La partie des notes et rapports ne devant se faire qu'à huisclos, laisse encore votre mission ignorée. Cette dernière partie de votre mission ne nous engagerai pas dans aucune observation de détail; sa marché d'exécution est assez précisée par l'article V da règlement d'organisation , et par ce que nous avon^ dit plus haut dans cette instruction. '

En vous disant que les journaux populaircs,etCi (Lisez ce paragraphe jusqu'aux mots : Le fan des hommes libres: Voyez , pièce sixième, page 126.)

Of , autant il est nécessaire d'entretenir les esprits à une bonne chaleur, autant il serait inutile et iiicmc dangereux de les embrûscr trop vite

jusqu a la suprême mesure. Nous sommes certains que ropinion du peuple est faite , nous ne doutons pas davantage que celle de plusieurs bataillons soit faite de même; mais nous savons aussi qu'il est difFerens corps armes que Finlluence de l'astuce et de la perfidie a maintenus jusqu'ici dans l'erreur. Il est donc essentiel , pour la plus grande sûreté du triomphe , que tous , citoyens et soldats , soient a la fois en même mesure. Donc il ne faut pas déterminer les uns vers le terme d'énergie c|ui doit immédiatement précéder le moment d'éclat , lorsque les autres resteraient a un éloignement considérable de cette disposition. Ainsi il faut nous laisser le temps de détromper au moins la majorité de nos camarades , de les prémunir contre les insidieuses caresses d'un gouvernement qui veut s'en servir pour les opprimer les premiers et le peuple avec eux. Ainsi ce sera faire usage de sagesse que de n'échauffer les têtes des plus avancés dans l'instruction , que dans la progression exacte du thermomètre dont le point variant sera toujours indiqué par le directoire secret.

Nous ne vous avons point encore offert le levier* que nous regardons comme le plus puissant pour élever l'ame et le courage du soldat. Nous allons vous le donner : les hommes , c'est une vérité reconnue il y a long-temps , ne se meuvent forte-

ment que pour leurs intérêts ; l'intérêt général se compose de tous les intérêts particuliers. Ce sont donc ces derniers intérêts qu'il faut satisfaire pour pouvoir opérer le véritable bien commun ; et puisque ces mêmes intérêts sont le mobile le plus puissant pour faire agir tous les hommes, il résulte que lorsqu'on met en œuvre ce grand moyen , on fait en même temps la chose la plus juste et la plus capable de garantir la certitude du succès. Parlons donc à Tintérêt du plus grand nombre , c'est-a-dire , soyons vertueux et équitables , et emparons-nous du moyen le plus siir pour réussir.

C'est pour l'intérêt du plus grand nombre qu'a été entreprisé la révolution ; c'est parce qu'avant elle le plus grand nombre se trouvait dans la position de mal-aise social , et qu'il voulut en changer pour se mettre mieux. L'intérêt du plus grand nombre fit adorer la révolution aussi longtemps qu'on eut l'espoir que s'opérerait en effet ce changement en mieux; l'intérêt du plus grand nombre lit délester la révolution , depuis qu'on a vu ses derniers résultats n'offrir qu'un changement de mal en pire. C'est l'intérêt du plas grand nombre qui nous porte ii commencer une autre révolution rpie nous voulons qui soit la dernière , et dont l'objet est de changer lé pis en bien parfait. Prouvons au plus grand nombre la [H)ssibi-

litë de ce dernier changement. Faisons plus^ donnons-lui-en la certitude , et nous verrons que son intérêt le déterminera a l'assurer par l'ascendant énergique et irrésistible de sa volonté et de sa force.

11 est deux rapports principaux sous lesquels on peut et on doit parler à l'intérêt et a l'ame des hommes qui ont défendu la patrie : leur intérêt applicable à leur sort présent , leur intérêt applicable à leur sort à venir.

N'est-ce point avec vérité que vous peindrez aux yeux du soldat sa situation présente dans un tableau oii il sera représenté malheureux comme le peuple , nud comme lui , affamé comme lui , avili comme lui ? Je vois un infortuné revenant de la frontière. Dans quel état est-il ? son seul aspect jne ferait deviner que ceux qui gouvernent sont les meilleurs amis des despotes qu'il a combattus. Je le vois extraordinairement puni d'avoir fait mordre la poussière à leurs satellites. En effet , il est décharné , il a le teint hâve , il tombe de défaillance. Je l'interroge; il me dit que l'état déplorable oii je l'aperçois n'est point surprenant , d'après les causes qu'il m'explique : j'apprends que sa paie est plus vile que celle de la plus abjecte soldatesque allemande. Avec trente sous en assignats , et deux sous par Jour en numéraire , il est impossible qu'il ne meure

pas de faim. En total , il est plus maltraité que ce houlan , cet esclave germanique , ce sbirre abruti et dégradé, presque dépouillé du titre d'homme, et lequel fait partie des légions que François d'Autriche soudoie à-peu-près , et dont le chétif aspect m'inspirait tant de pitié au commencement de la révolution. Le soldat de mon pays non-seulement meurt de faim aujourd'hui , mais il est sans souliers , sans habits : il lui est impossible de faire blanchir sa chemise , parce que cela coûte trente francs; et où les prendrait-il? 3Iais iL n en est pas quitte poiu* être privé de vétemens et de nourriture ; il faut qu'il soit encore chagriné , vexé , écrasé sous un amas de tortures qu'on décore du nom de discipline militaire , et c'est au fond une tyrannie beaucoup perfectionnée de ce qu'elle était sous les nobles ministres de Louis XVI. Le soldat y est beaucoup plus automate , Ijcaucoup plus assujetti aux caprices des subalternes. Il n'y est plus qu'une machine servilement mouvante qui ne doit connaître que le commandement. Le raisonnement, la parole, et même la pensée, lui sont interdits. Encore ce ne sont pas ceux qui Font accompagné dans les périls de la guerre qui exercent sur lui un tyrannique empire ; ce ne sont point les plus braves qui sont revêtus des grades ; ce ne sont point ceux qui se sont le mieux distingués contre

tous les (iimemis de la liberté qui sont récompensés par des honneurs : au contraire , ceux qui commandent maintenant sont pour la plupart des lâches , des intrigans, et même des contrerévolutionnaires : le vrai mérite militaire est voué à l'oubli et a l'opprobre . Ainsi le défenseur de la patrie est accablé sous toutes les calamités à la fois. 11 n est pas vêtu , il n'est pas nourri , il est sous la verge cruelle de chefs méprisaWes qui n'ont point combattu pour la république , qui la détestent , et avec elle ceux qui ont versé leur sang pour son triomphe. Si quelques exceptions sont faites au dénuement et aux privations de la masse des soldats , c'est dans une vue qui est le comble de la perfidie et de l'avilissement. On en amorce quelques-uns pour mieux consolider lesclavage de tous. Ces distril3utions de vin , d eaude-vie , que l'on fait a des bataillons dont le service est plus rapproché de la garde de la ville e^/ra-révolutionnaire (Paris) , dont on redoute toujours les élans d'énergie pour la liberté : ce traitement, beaucoup plus avantageux, splendide même V dont on gratifie les compagnies d'élite préposées immédiatement à la garde du gouvernement : tout cela est le miel présenté au bout du bâton qui doit fustiger le peuple. Si les malheureux qui reçoivent ces largesses, voilent à ceu^ d^t; ils les tiennent , l'obéissance

aveugle dont ils exigent bien qu'elles soient le prix, on peut les regarder comme les vendeurs de la patrie et de la liberté.

Tel est a peu près le tableau trop véritable de la situation présente du soldat , que vous pouvez chercher a lui mettre souvent devant les yeux. Vous devez rapprocher de ce premier tableau celui très-aisé a pressentir de sa situation future. Il ne sera pas, il s'en faut , plus riant.

Représentez-leur ce qui les attend en rentrant dans leurs foyers. Quy trouveront-ils? la misère profonde, plus profonde mille fois que celle qui a accablé leurs malheureux pères. La révolution leur avait promis un retour trop juste , trop légitime de leurs glorieux exploits pour assurer son succès ; la révolution leur avait promis des propriétés nationales , suffisantes pour fournir à la subsistance de chacun d'eux. Avec ce bienfait digne de leurs travaux , ils devaient couler, dans une honorable retraite, un reste de vie tranquille et heureuse , former de nouvelles familles innombrables , élever une autre génération dans 1 amour d une patrie oii ils auraient, pu se flatter d'avoir eux-mêmes établi le bonheur , et redire mille fois avec une nouvelle joie , un nouvel attendrissement, a leurs enfans émerveillés, par quel concours et quelle suite d actes de courage ib étaient parvenus à secouer le joug des opprcs-

( lyo )

seurs et des riches , et a fonder leur indépendance. Au lieu de cela, que seront-ils? Ces propriétés, qui leur avaient été promises et garanties solennellement par une foule de décrets , que sont-elles devenues? Elles avaient été portées à la consistance de la valeur d'un milliard effectifs c'est-à-dire , à 3oo milliards d'aujourd'hui en assignats. Oii sont les domaines de la république équivalens a cette somme ? On les a rendus aux traîtres sur lesquels ils avaient été équitablement confisqués. Le défenseur de la patrie , en rentrant dans sa chaumière , ne devait plus la trouver dominée par Iç donjon de l'insolent gentillatre qui , avec tout le sol en sa possession , faisait travailler son père en esclave , le traitait comme tel à tous égards , ne le nourrissait pas à moitié , ne permettait pas qu'il fût vêtu. Le défenseur de la patrie devait trouver sur les vastes possessions accaparées par cet ogre insatiable , sa part suffisante pour y recueillir sa subsistance. Point du tout , il trouvera ce monstre déyorateur plus furieux , plus impitoyable que jamais. Celuici verra dans le malheureux vieux soldat celui qui l'a combattu lorsqu'il était émigré , qui a vivement désiré sa perte entière , et qui est encore fâché qu elle n'eût pas été effectuée. L'homme seigneurial le fera longuement repentir d'un tel crime. L'ancien défenseur de la liberté passera

ses vieux joui^s dans un dur esclavage et sous une affreuse misère. Plus froissé que ses pères , plus avili qu'eux , outragé par les infâmes expressions de gueux , canaille , populace , il faudra , comme l'a trop bien dit et prévu l'auteur d'un véritable journal du peuple : « Ramper sous l'insolente » domination des riches , être leurs forçats , tra- » vailler pour un vil salaire , depuis la première » jusqu'à la dernière heure ; n'avoir que ses )) sueurs pour humecter le demi morceau de M pain noir desséché aux ardeurs du soleil.... )) Encore heureux ceux qui pourront ainsi pro- » longer leur existence; le reste.... ira mendier. » On verra les éclopés , les jambes de bois , )î ceux qui auront la mâchoire ou les bras fra- » cassés , etc. , couvrir les rues et les chemins , se » traîner péniblement vers la porte de ceux qui » regorgent , présenter leur humiliante requête » à cent d'entre eux ; essuyer quatre- vingt-dix- » neuf refus avec des outrages , et recevoir à la » centième porte une olwle , la millième partie » de ce qu'on vendra la portion du pain néces- )) saire pour déjeuner. »

Tel est encore l'aperçu trop sensible et trop positif de la situation à venir de nos défenseurs , que vous devez faire toas vos efforts pour les aider a l'apercevoir eux-mêmes.

Dites-leur en.suitc qu'il ne tient encore qu'à

eiix de détourner cette efFroyaLle perspective; qu il ne s'agit pour cela que d aider le peuple et ses amis a reconquérir les droits de tous. A. ceux a qui vous pourrez parler avec confiance , et que vous jugerez dans le cas de pouvoir précédemment propager ce que nous allons vous dire, vous pouvez même les assurer que dès le jour niêrne où ils auront aidé le peuple à ressaisir sa puissance , rien ne leur manquera, plus :

ILS SERONT COMBLÉS DE TOUTES LES CHOSES NÉ- CESSAIRES AUX HOMMES. Ditcs-lcur de plus que , dès le lendemain , l'abondance , le sort le PLUS heureux sera assuré pour toute la vie a TOUS LES SOLDATS. Cc uc scrout plus dcs promesses éloignées et faciles à éluder que nous donnerons ; ce sera la réalité simultanée et immédiate.

Pour les mieux amener aux seules dispositions qui conviennent au peuple et à eux , faites les réfléchir a ce qu'ils sont et à ce qu'on veut faire d eux ; au motif pour lequel on les a attirés sous les murs de Paris ; a l'indigne usage que l'on parait vouloir faire de leurs baïonnettes et de leurs bras , et au glorieux rôle contraire qu'ils peuvent remplir pour leur propre bonheur et pour celui de leurs concitoyens. Présentez-leur ces réflexions, a peu près dans le sens qu'elles leur ont été offertes par le journaliste populaire que nous avons

dëja cité et dont nous emprunterons encore ici les expressions.

a Que font de nombreuses phalanges réunies )) autour de la cité par excellence , de la ville de

» la révolution , du berceau de la liberté ?

» Pourquoi y sont -elles appelées?... Ses habi- » tans sont-ils rebelles .P s agit-il de les subju-

» guer.f* Il n'est pas indifférent d'éclaircir

)) toutes ces questions.

w Ce n'est pas pour le véritable peuple que » les soldats de la liberté forment autour des w murs de Paris une enceinte formidable : ce » véritable peuple , le peuple laborieux , le peu- » pie ouvrier.... y est maltraité, muselé, mé- » prisé , affamé , ruiné !... par le peuple d'agio- » teurs et de fripons.... Cette dernière espèce » de peuple y est donc bien en rébellion la plus w ouverte et la plus criminelle contre le bon peu- » pie ; mais est-ce pour subj uguer la partie op- » pressive et pour défendre la partie opprimée, » que nos guerriers offrent un triple rang de » baïonnettes dans toute la circonférence de Pa- » ris.f* Non, c'est tout le contraire....; on veut » faire servir leurs armes et leurs forces à acca- » bler totalement l'opprimé sous le joug de Top- » prcsscur, à maintenir celui-ci dans son odieuse » domination et le peuple dans sa chétive lan- » gueur ! Eh I si c^ëtait le peuple qu'on voulût

» défendre , il ne faudrait pas distraire ceux de )) ses frères dont la destination est de combattre » ses ennemis extérieurs ; le peuple se suffirait » de reste à lui-même : mais c est quand on veut )) immoler la masse a une portion , qu'on a be* » soin de secours étrangers.... ; cest alors quon » croit les trouver dans les hommes que Ton dit » devoir être essentiellement obêissans.... ; c'est » quand le gouvernement et la caste perverse w qu il protège exclusivement , ont perdu toute » honte ; c'est lorsque , sans pudeur et sans voile , » et par la plus infâme complicité , ils ont , avec » des rëglemens atroces qu'ils osent appeler lois ^ » consacré les injustices en tout genre , la misère )) la plus épouvantable , l'esclavage le plus ré- » vol tant ; c'est quand la mesure de leurs forfaits » est portée à un tel comble et a une telle évi- » dence , que la longue patience du peuple est » lassée , et que sa crédulité également n'y tient » plus!.... C'est alors cju'on jette les yeux sur w l'armée î ce sont les bras des punisseurs des » rois que l'on arme pour vouloir conserver , )) pour vouloir perpétuer une telle oppression ! » c'est le gouçemement Tiiilitaire qu'on établit » pour forcer le peuple a se soumettre a un ré- ):> gime où l'on prétend qu'il vive.... sans nour- » riture, sans habits, sans liberté... , et ce sont » les pères... , les époux... , les fils... , les frères... ,

» les parens... , que Ton veut qui en imposent,

» qui frappent même , si le cas y écheoit, leurs

» enfans, leurs femmes, leurs pères , leurs frè-

» res, leurs amis , leurs parens îîî et ce sont les

w soldats du peuple, qui sont eux-mêmes peu-

» pie , que Ion oppose ainsi a une autre portion

w du peuple ; c est par eux que Ion veut conso-

» lider cet état de servage , d'avilissement et de

» famine... mille fois pire que lancienne ser-

» vitude contre laquelle on s'est insurge' avec

)y tant de raison il y a six ans.

» Non , les soldats français ne seront point les

» vils satellites, les instrumens cruels et aveu-

» gles des ennemis du peuple et par conséquent

)) des leurs...; ce n'est que dans les occasions où

)) l'autorité sest rendue coupable et oii elle a

» voulu le devenir encore , qu'elle s'est en-

» tourée de baïonnettes... Quand le pouvoir est

» juste , il est toujoui^s assez fort de la force du

» peuple. C s'était fortifié d'une armée avant

» le 1 4 juillet; on sait quels étaient ses desseins ,

» et de quelle somme de crimes il voulait s'as-

» surer l'impunité.... Serait-on coupable pour

» examiner si ceux qui l'imitent ne le font point

» parce qu'il y a exacte parité de motifs ?

» Nos soldats se souviendront que cette ar-

» ixiée de C... , quoiqu élevée à l'école de la

» discipline monai'chiquc , s'est parfaitement

)) bien conduite ; elle s'est ressouvenue qu'elle

)) était du peuple ; les gardes françaises , baissant

M leurs faisceaux devant les sans-culottes, c'est

» la un exemple qui passera a l'admiration de

» tous les siècles....

» Non , non , il ne sera point dit que les dé-

» fenseurs de la république auront été moins

» grands, moins magnanimes. Il ne sera point

» dit qu'ils auront tenu cet affreux langage !

w Gouvernans ! usurpateurs de tous les droits du

» peuple! soyez paisibles, ne craignez rien; mé-

)) prisez le cri unanime qu'élèvent contre vous

)) et ce peuple indigné et ses hardis tribuns :

» fermez l'oreille à toutes les plaintes : foulez

j) aux pieds ses réclamations importunes contre

» votre oppression , qu'après tout il est fait pour

)) supporter. Tyrans î nous sommes vos soldats :

)) nous soutiendrons votre despotisme et tous vos

» brigandages : nous écraserons, s'il le faut,

)> nous foudroierons nos pères et nos frères ! I !

)) nous éventrerons nos sœurs et nos mères ! ! !

>:> nous exterminerons nos fils.... pour mainte-

)) nir votre domination insupportable et sans

)) exemple ! ! ! Nous devons vous aider à consoli-

» der l'esclavage de la patrie ! nos propres fers

» doivent être rivés par nos mains... .

w Non , non encore , il ne sera point dit que

» les défenseurs de la république auront con-

» senti à n être que des machines mobiles , des » pantins vivans , des marionnettes insensibles , » qui obéiront aveuglément à toute impulsion » de leurs conducteurs. Il ne sera point dit qu'ils » ne feront plus d'usage de leur jugement, ou » que , captés par de fausses et de vaines ca- » resses, par d'avilissantes distributions de li- )) queurs , ils auront aidé un gouvernement usur- » pateur et oppressif à bronzer a jamais l'escla- » vage de 24 millions de leurs compatriotes, w Et vous , citoyen , à qui nous adressons ces premières instructions , après vous avoir insinué la manière a peu près dont nous croyons que vous devez catéchiser nos frères armés , nous n'ajouterons rien pour vous pénétrer , vous , de l'esprit de nos principes et de l'extrême importance de la tâche que nous nous imposons. Nous ne dirons également rien de plus pour vous indiquer les moyens de nous y seconder. Votre zèle , vos lumières, votre civisme, suppléeront, etc. (Lisez la sixième pièce , pages 1 128 et 1 29 , depuis les derniers mots ci-dessus jusqu'à la fin.)

la.

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