‹ Constance Verrier (volume 2)Chapitre 17 sur 17 · JOURNAL DE STÉPHEN · texte numérisé non relu

JOURNAL DE STÉPHEN

15 août 1852. — Bnole, six heures du matiû.

Cest aujourd'hui Tanniversaire d'Anicée. Hier au soir, Morenita lui a écrit de Vienne, où noire jeune couple d'artistes fait fureur. Sa lettre est charmante. Elle y parle de sa gloire au moins autant que de son bonheur, ou plutôt elle confond ces deux choses. A chacun sa destinée I

Il n'a manqué à la nôtre que la joie d'avoir des enfants. Cela aous imposait le devoir d'élever ceux qui n'avaient pas de parents. Nous l'avons rempli le mieux possible.

Quel beau bouquet je vais porter sou» les fenêtres d'Anicée ! La iwcca filamenteuse a fleuri derrière la haie des troènes. Il y 1 quinze ans aujourd'hui, nous avons planté cette fleur suystérieuse, dont l'épi luxuriant dort quelquefois si longtemps dans le sein de la terre. Anicée la croyait inféconde et ne la regardait plus. L'épi s'est élancé enfin et s'est couvert d'une girandole de fleurs d'un blanc pur, un vrai bouquet de mariée I

Déjà quinze ans d'hyménée! que c'est court, mon Dieu! et 5ue cela passe vite ! Quoi 1 ce n'est que le temps de faire éclore ine petite plante ! Celle-ci est l'image de notre félicité cachée, 3t ce jour me semble celui de la première floraison de mon xmour et de mon bonheur.

Page 1