CHAPITRE II
Troyon fait la connaissance de Th. Rousseau et de Jules Dupré. — L'influence de ces deux peintres sur lui. — A Fontainebleau. — Voyages en Belgique et en Hollande. — Tête-à-tête avec Paul Potter, Albert Cuyp et Rembrandt.
Sur ces entrefaites, Troyon fit la connaissance de deux maîtres qui devaient aider puissamment à son évolution : Théodore Rousseau et Jules Dupré. Le premier lui prodigua ses conseils; le second l'emmena dans les Landes.
L'influence que tous deux exercèrent sur le jeune artiste fut d'autant plus féconde que de secrets pressentiments, de sourdes révoltes le portaient depuis longtemps déjà à condamner les tendances d'une école dont les fâcheux exemples avaient obsédé sa jeunesse. On était, en effet, bien arriéré à Sèvres à l'époque où Troyon avait appris les premiers rudiments de son art. Le paysage classique y régnait encore en maître et le professeur que M. Riocreux avait donné à son élève semblait ignorer le mouvement de rénovation dont Turner et Gonstable avaient été les
initiateurs. Toute une admirable pléiade de paysagistes où figuraient Théodore Rousseau, Diaz, Jules Dupré, Fiers, Français et d'autres encore, s'était en effet enrôlée à la suite de Paul Huet, qui avait rapporté