‹ Constantin Guys, [le peintre de la vie moderne]Chapitre 31 sur 34 · LAINE · texte numérisé non relu

LAINE

admirable, coquets, brillants, capricieux eux-mêmes

comme des femmes. Car M. G. connaît non seulement

le cheval en général, mais s’applique aussi heureusement

à exprimer la beauté personnelle des chevaux. Tantôt ce sont des haltes et, pour ainsi dire, des campements

de voitures nombreuses, d’où, hissés sur les coussins, sur les sièges, sur les impériales, des jeunes gens sveltes et des femmes accoutrées des costumes excentriques autorisés par la saison assistent à quelque solennité du turf qui file dans le lointain; tantôt un cavalier galope gracieusement à côté d’une calèche découverte, et son cheval a l'air, par ses courbettes, de saluer à sa manière. La voiture emporte au grand trot, dans une allée zébrée d'ombre et de lumière, les beautés couchées comme dans une nacelle, indolentes, écoutant vaguement les galanteries qui tombent dans leur oreille et se livrant avec paresse au vent de la promenade.

La fourrure ou la mousseline leur monte jusqu’au menton et déborde comme une vague par-dessus la portière. Les domestiques sont roides ét perpendiculaires, inertes et se ressemblant tous ; c’est toujours l'effigie monotone et sans relief de la servilité, ponc-

tuelle, disciplinée ; leur caractéristique est de n'en point avoir. Au fond, le bois verdoie ou roussit, poudroie:

ou s’assombrit, suivant l'heure et la saison. Ses retraites se remplissent de brumes automnales, d’ombres bleues, de rayons jaunes, d’effulgences rosées, ou de, minces éclairs qui hachent l'obscurité comme des coups de sabre.

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