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Si les innombrables aquarelles relatives à la guerre d'Orient ne nous avaient pas montré la puissance de M. G. comme paysagiste, celles-ci suffiraient à Coup sûr. Mais ici, il ne s’agit plus des terrains déchirés de Crimée, ni des rives théâtrales du Bosphore ; nous retrouvons ces paysages familiers et intimes qui font la parure circulaire d’une grande ville, et où la lumière jette des effets qu’un artiste vraiment romantique ne peut pas dédaigner,
Un autre mérite qu’il n’est pas inutile d’observer en ce lieu, c’est la connaissance remarquable du harnais et de la carrosserie. M. G. dessine et peint une voiture, et toutes les espèces de voitures, avec le même soin et la même aisance qu’un peintre de marines consommé tous les genres de navires. Toute sa carrosserie est parfaitement orthodoxe ; chaque partie est à sa place et rien n'est à reprendre. Dans quelque attitude qu’elle soit jetée, avec quelque allure qu’elle soit lancée, une voiture, Comme un vaisseau, emprunte au mouvement une grâce mystérieuse et complexe très difficile à sténographier. Le plaisir que l'œil de l'artiste en reçoit est tiré, ce semble, de la série de figures géométriques que cet objet, déjà si compliqué, navire ou carrosse, engendre successivement et rapidement dans l’espace.
Nous pouvons parier à coup sûr que, dans peu d’années, les dessins de M. G. deviendront des archives précieuses de la vie civilisée. Ses œuvres seront recherchées par les curieux autant que celles des Debucourt, des Moreau, des Saint-Aubin, des Carle Vernet, des
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. Lami, La Dodéria, des Gavarni, et de tous ces artistes | Lt
exquis qui, pour n'avoir peint que le familier et le joli, | n’en sont pas moins, à leur manière, de sérieux historiens. Plusieurs d’entre eux ont même trop sacrifié au joli, et introduit quelquefois dans leurs compositions un style classique étranger au sujet; plusieurs ont arrondi volontairement des angles, aplani les rudesses
de la vie, amorti ces fulgurants éclats. Moins a qu'eux, M. G. garde un mérite profond qui est bien à
lui : il a rempli volontairement une fonction que d’autres
artistes dédaignent et qu'il appartenait surtout à
un homme du monde de remplir. Il a cherché partout la beauté passagère, fugace, de la vie présente, le caractère de ce que le lecteur nous a permis d'appeler Ja modernité. Souvent bizarre, violent, excessif, mais tou- 1 jours poétique, il a su concentrer dans ses dessins Fu ja
saveur amère ou capiteuse du vin de la Vie.
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