‹ Constantin Guys, [le peintre de la vie moderne]Chapitre 9 sur 34 · CONSTANTIN GUYS M · texte numérisé non relu

CONSTANTIN GUYS M

d’ordonner la somme de matériaux involontairement amassée. C’est à cette curiosité profonde et joyeuse qu'il faut attribuer l’œil fixe et animalement extatique des enfants devant le nouveau, quel qu'il soit, visage ou paysage, lumière, dorure, couleurs, étoffes chatoyantes, enchantement de la beauté embellie par la toilette. Un de mes amis me disait un jour qu'étan fort petit, il assistait à la toilette de son père, et qu’ alors il contemplait, avec une stupeur mêlée de délices, les muscles des bras, les dégradations de couleurs de la peau nuancée de rose et de jaune, et le réseau bleuâtre des veines. Le tableau de la vie extérieure le pénétrait déjà de respect et s’emparait de son cerveau. Déjà la forme l’obsédait et le possédait, La prédestination montrait précocement le bout de son nez. La damnation était faite. Ai-je besoin de dire que cet enfant est aujourd’hui un peintre célèbre ?

Je vous priais tout à l’heure de considé comme un éternel convalescent ; pour compléter votre conception, prenez-le aussi pour un homme-enfant, pour un homme possédant à chaque minute le génie de l'enfance, c’est-à-dire un génie pour sus aucun aspect de la vie n’est émoussé.

Je vous ai dit que je répugnais à l'appeler un pur artiste, et qu'il se défendait lui-même de ce titre avec une modestie nuancée de pudeur aristocratique. Je le nommerais volontiers un dandy, et j’aurais pour cela quelques bonnes raisons ; Car le mot dandy implique une quintessence de caractère et une intelligence sub-

Photo Giraudon.

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