VI PRÉFACE
est pour la première fois, complètement expliqué dans le livre présent. Une histoire hostile l'avait exploité pour tacher de sang la mémoire de ce grand protecteur de l'Eglise. On se trouve, en réalité, en présence du premier drame de l’honneur et même du point d'honneur que l’on connaisse, drame plus tragique que tous ceux que contient l’immortel théâtre espagnol. On verra que Constantin laissa périr son fils pour ne pas paraître justifier les plus abominables calomnies portées contre les chrétiens.
On trouvera dans ce livre les raisons de la création militaire de Constantinople et le récit des conquêtes qui libérèrent les catholiques dans le monde romain tout entier. Mais l’auteur s’est souvenu de la grandeur antérieure de Rome. Il croit, d'autre part avoir droit à l'indulgence des lecteurs qui n’ont pas de préventions, lorsqu'il expose les prémisses de la civilisation chrétienne.
Le sujet est, en effet, nouveau à bien des égards.
L'auteur n’a pas craint de traiter le problème de la conversion de Constantin, dans toute son ampleur, en le rattachant à celui de la conversion du monde. Le miracle de l'apparition de la croix n’est que l’annonce d’autres merveilles dont l’ensemble constitue le triomphe de l'Eglise. Constantin issu d’une famille d'empereurs adorateurs du Soleil, c’est-à-dire du dieu dont le culte était alors le plus élevé parmi les cultes des païens, se convertit complètement, lors de l’apparition de la Croix pendant sa traversée des Gaules et arriva chrétien devant Rome. I voulut, après sa victoire du Pont Milvius, organiser la Chrétienté existante, d'accord avec l'Eglise. Il laissa la voix du peuple chrétien, dans un élan d’enthousiasme, surajouter à ses titres, lesquels comprenaient toutes les