PRÉFACE VII
magistratures romaines, celui de Serviteur de Dieu, emprunté aux Juges et aux Rois d'Israël et de Juda. De là naquit la grande idée du Service conforme à la loi de Dieu. Ce fut sous la sauvegarde de ce Service qu'il groupa autour de lui sa Maison et sa Noblesse chrétienne, dont il composa son Palais. C’est de ce Palais que sont sortis la Chevalerie et les chefs des Nations chrétiennes. Constantin se soumit à la loi de l'Evangile et reconnut la direction morale et le rôle bienfaisant de l'Eglise dans l'Empire romain.
On verra comment la Sagesse antique s’est mêlée, sous son règne, à l'Esprit divin de l'Evangile et comment un nouveau Droit civil, un nouveau Droit public et un nouveau Droit des gens sont sortis du Conseil du Prince, ouvert aux évêques comme aux jurisconsultes païens.
L’Antiquité avait poussé très loin, avec ses seules ressources, la réforme du Droit strict et de la Justice égalitaire. L'équité avait supplanté, dans les cas douteux, le Droit écrit, dans la Jurisprudence du siècle des Antonins, mais il faut reconnaître qu'il manquait quelque chose à cette Raison écrite, qu'était devenu le Droit romain et que ce quelque chose n’était autre que l’amour d’un Dieu pour l'Humanité. L'amitié entre les citoyens, enseignée par Platon et par Aristote, n'avait pas atténué l'esclavage, même en un sens purement moral. Il n'y avait aucune égalité morale entre les hommes. Pour y remédier, Constantin fit pénétrer la charité dans le Droit civil.
On constatera que le vainqueur aurait pu, après la miraculeuse bataille du Pont Milvius, imposer le christianisme, par la force, au monde romain. Il ne s’en crut pas le droit. Les évêques ne le lui conseillèrent pas et la célèbre conférence de Milan, tenue entre les Empereurs d'Occi-