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Constantinople

ON m'a fait justement observer que le titre (!«• «« Cites franques » donné à ce livre, et qui indi que les parties de Constantinople exclusivement habitées par les étrangers et des chrétiens indigènes, serait à j)eine compris. Peu de gens savent chez nous, en efl'et, que le mot franc sert dans tout \r proche Orient à désigner l'Européen, quelle que soit son origine. Celte considération ne m'a pas arrête. J'ai gardé le titre, pensant qu'il est bon que le Français a()prenne la signilication d un vocable qui remonte au temps des Croisades, c'est-à-dire à un<* époque où les peuples du brumeux Occident disparaissaient dans l'éblouissant j)restige de ses grands ancêtres. Pour l'asiatique, comme pour le byzantin. l'Européen ne sera jamais qu'un Franc.

Au surplus, ce mot répond pleinement à mes intentions qui sont de présenter Constantinople sous un aspect quelque peu différent de celui ou \nn s est

placé jusqu'à ce jour. Ce livre n'est que le premier volet d'un diptyque où j'entends mettre en opposition Turcs et rayas. Je commence par le raya de Constantinople sur lequel rien n'a été dit, ou presque. Je n'ai pas cru devoir confondre dans une même page deux éléments que tout sépare, qui ne disent pas les mêmes mots, ne parlent pas les mêmes langues, ne visent pas aux mêmes destinées. De Constantinople, j'ai fait une description d'ensemble, mais j'ai laissé chaque groupe ethnique dans le cadre qui lui est habituel et je n'ai parlé du Turc que dans la mesure où il se mêle à la vie de ses voisins. Elle ne laissera personne indifierent, cette promenade à travers des quartiers habités, les uns, par les héritiers directs de Byzance, les autres par les divers groupes de populations qui y vivent tous en s'entourant d'une frontière morale, lien est même parmi eux, qui ont pu rêver de hautes destinées comme pour consoler leur séculaire captivité de l'espoir qu'un jour viendrait où, sous les voûtes de Sainte-Sophie, monterait l'hymne d'allégresse où s'exalterait le triomphe de la race. La France, de son côté, a bourgeoisement rêvé d'une Turquie intégrale où ses éléments variés se seraient réconciliés autour d'un idéal de justice et de paix, et c'est à réaliser ce programme que pendant longtemps s'est employée son activité politique. Il aurait été atteint s'il avait été humainement possible ; car la place qu'elle y a occupée était grande, mais combien précaire, les événements, hélas ! ne l'ont que trop démontré.

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